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Voji MARINAS

Age : 23 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 1360 PV; PC : 350/350; 250/250 Postule pour : l'Ecaille du Dragon des Mers Emploi : chômeur...
| Sujet: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:32 | |
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Voji brandit fièrement son épée, qui laissa jaillir un cosmos bleuté, dégageant une atmosphère à la fois douce, telle un souffle de printemps, et dure, telle une lame trempée de sang. Le jeune homme devait bien avoir vingt ans maintenant, ses traits s’étaient affirmés, son corps endurci et son esprit, autrefois si troublé, était maintenant clair comme l’eau qui coulait non loin du champ de bataille. Car aujourd’hui avait lieu un combat : plusieurs corps étaient déjà couchés sur le sol, sans vie, s’amusant maintenant à polluer la rivière, si claire, de leur sang presque encore chaud. Voji était toujours debout, de même que deux personnes non loin de lui : un garçon et une fille, tout deux blessés légèrement. En face, deux hommes se relevaient, prêts à poursuivre l’affrontement. Un dernier restait en retrait, les bras croisés, ne perdant pas une miette du spectacle. La jeune fille se rapprocha de Voji :
- Ils ne sont plus que trois ! Nous aussi… La victoire reste possible !
- Oui, nous avons déjà accompli de grandes choses, espérons que nos dieux nous donnent la force de continuer.
L’autre garçon vint près d’eux à son tour.
- Voji, tu penses que nous y parviendrons ?
- La seule chose qui soit sûre, c’est que nous ne quitterons cette vallée que lorsque nous aurons gagné ! Ou si le courant emporte nos cadavres, évidement…
- Mais bien sûr !
Il sourit à Voji : même dans les pires circonstances, celui-ci ne perdait jamais une occasion de plaisanter, dramatisant un peu plus la situation.
- Après toutes ces années, je suis heureux d’être ici avec toi.
- Moi aussi, mon ami… Vaincre ou mourir ensemble !
Ils avaient vécu tellement de choses… Maintenant, se trouver ainsi, face à la mort, ensemble, leur procuraient un réel apaisement.
- Je suis là aussi ! Sans moi, vous seriez peut-être déjà morts.
Les deux garçons éclatèrent de rire.
- Je sais ! Ne t’en fais pas, je t’inviterai aussi à la fête, quand nous célébrerons la victoire !
- On commence à t’apprécier, ne t’en fais pas.
Voji et son ami lui sourirent, avant de retourner vers les trois ennemis, qui s’étaient maintenant rassemblés. L’assaut final n’allait pas tarder. Le marinas baissa la tête et laissa son regard se perdre sur son poignet ensanglanté, nu…
*Bah, de toutes façons, ce n’était qu’un simple souvenir…*
Un instant, les acteurs du drame laissèrent un éprouvant silence planer sur eux. Chacun se remémorait quelques événements, passages importants de sa vie, qu’il voulait garder en tête aux derniers instants. Car ils savaient tous que leur dernière heure était peut-être arrivée, et ils y étaient prêts. Lorsqu’ils se décidèrent, tout se passa très vite : les uns et les autres, sans hésiter, jetèrent toutes leurs forces dans ce dernier affrontement, chacun laissa exploser son énergie, et la rivière, un instant, s’arrêta de couler pour observer le résultat du combat, ou peut-être pour rendre hommage aux guerriers… Quelques minutes plus tard, le silence, qui avait auparavant disparu, recouvrait de nouveau la plaine.
Voji ouvrit les yeux : il était toujours vivant. Il voulu se lever, mais son corps refusa, dans un éclair de douleur : il était comme paralysé. Y avait-il d’autres survivants, avaient-ils gagné la bataille ? Il n’en savait rien. Tout semblait mort autour de lui, il n’entendait aucun bruit, ne percevait plus aucune trace d’un quelconque cosmos. Jusqu’à ce qu’une énergie extraordinaire, beaucoup plus grande que ce qu’il avait pu, jusqu’alors, ressentir, l’enveloppe. Tout d’un coup, Voji recouvra ses forces et pu se remettre sur ses jambes. Devant lui se trouvait une personne. De très loin, il s’entendit murmurer :
- Poséidon…
Voji ouvrit les yeux : maintenant réveillé, il essaya de se remémorer cet étrange rêve qu’il venait de faire. L’homme qu’il avait vu était… lui-même, avec quelques années de plus. De nombreuses questions se pressaient à son esprit : pourquoi ce rêve ? Serait-il un jour tel qu’il s’était vu ? Qui étaient les autres personnes ? Pourquoi se battaient-ils ? Pourquoi Poséidon, le dieu des mers, était-il venu ? Y avait-il eu des…
- Voji, ça va ? Tu trembles…
Léos posa sa main sur l’épaule du jeune garçon. Celui-ci, trop jeune pour comprendre ce qui lui arrivait, venait de faire un cauchemar. Régulièrement, il s’éveillait ainsi, au milieu de la nuit.
- Léos, quel genre de dieu est Poséidon ?
Toujours cette même soif de connaissance, qui étonnait Léos. Celui-ci sourit à Voji, indulgent, et se mit à lui parler du dieu des océans… _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

Age : 23 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 1360 PV; PC : 350/350; 250/250 Postule pour : l'Ecaille du Dragon des Mers Emploi : chômeur...
| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:33 | |
| Le troisième maître
Plusieurs années auparavant…
- Je vous ai déjà parlé de ma sœur, maître ?
- Non, et c’est un tort ! Je t’ai bien parlé de la mienne, moi !
- Pff, toujours à faire votre mauvaise tête. Mais je vais réparer ça tout de suite, ça vous donnera une occasion de moins de râler !
Diplonan aimait taquiner son maître. Léos était bourru, et restait très souvent maître de ses émotions, gardant pour lui ses pensées, sans jamais rire ni sourire, sans jamais rien laisser paraître. Diplonan essayait au moins une fois par jour de le dérider. Et justement, ce jour-là, Léos semblait de très bonne humeur, chose étrange s’il en était.
- Si vous voulez, après, je vous parle de mon premier amour et vous en faites autant !
Léos éclata de rire. Cela n’avait du arriver que quelques fois durant les trois ans depuis lesquels il avait accepté Diplonan comme apprenti. Pourquoi cette soudaine bonne humeur ? Diplonan ne le saurait sans doute jamais !
- Tu es bien impertinent. Mais je te pardonne… Je ne te parlerai pas de mon premier amour, mais j’exige d’en savoir plus sur ta sœur !
- Pff, avouez, vous n’avez jamais connu l’amour ! Je suis sûr que vous avez passé votre jeunesse à vous entraîner.
- J’ai effectivement passé ma jeunesse à l’entraînement, c’est le seul moyen de devenir fort. Pour le reste, je garderai mes souvenirs pour moi.
- Cela dit, cette curieuse insistance pour en que je vous parle de ma sœur… Que se passe-t-il, vous pensez qu’il serait temps pour vous de trouver femme ? Je me vois bien être votre beau-frère tiens ! Je suis sûr que je gagnerais mon armure plus facilement !
Après que Léos lui ait fait remarquer qu’il ferait mieux de penser à sa propre compagne, Diplonan accepta de lui parler de sa sœur. Son maître ne la rencontrerait certainement jamais, mais ce que l’apprenti pourrait en dire serait autant d’indications sur les sentiments qu’il avait pour elle. Et ces sentiments, un maître se devait de les connaître.
- Elle s’appelle Evola ! Elle est juste un peu plus jeune que moi, et bien plus belle ! Beaucoup de jeunes gens de mon île en étaient amoureux, quand je suis parti.
- Elle ne te manque pas trop ?
- Si, tout comme mon père. Je suis impatient de la revoir, mais j’ai promis de ne rentrer qu’avec l’armure. La seule chose à faire est donc de continuer à m’entraîner, en pensant au jour béni où, enfin, je pourrai rentrer !
- C’est bien. Crois-moi, tu progresses, et bientôt, le moment sera venu…
La discussion dévia sur la future armure de Diplonan. Léos savait où elle se trouvait, non loin du royaume sous-marin d’ailleurs. Et dans quelques temps, Diplonan serait prêt. Celui-ci, ne prit pas la peine de dire à son maître qu’en réalité, Evola n’était pas sa vraie sœur. Un jour, un voyageur était arrivé sur l’île et l’avait confiée au chef du village, qui n’était autre que le père de Diplonan. Il avait fallu longtemps à Evola pour retrouver l’usage de la parole. Et surtout, elle avait complètement oublié d’où elle venait. Son passé semblait avoir disparu. Personne ne lui avait jamais dit la vérité. Elle pensait être née dans ce village, mais Diplonan, lui, savait qu’il n’en était rien. Elle venait de loin, après avoir sans doute traversé d’éprouvantes épreuves. Et quand il aurait terminé son entraînement, il partirait à la recherche des parents de celle-ci…
*****
A peu près trois ans plus tôt
- Evola, Evola, je suis accepté !
Diplonan venait de rentrer sur l’île. Avant même d’aller saluer son père, le petit garçon avait couru vers sa sœur. Celle-ci se trouvait dans leur maison, préparant le repas. A l’arrivée de son frère, un sourire éclaira son visage.
- Enfin, tu es de retour ! Mais calme-toi, explique-moi ce qu’il se passe.
Le jeune garçon était tout excité, il sauta au cou de sa sœur et l’embrassa sur les deux joues.
- Je vais leur montrer ce que je vaux, je suis accepté !
- Tu veux dire, au royaume sous-marin ?
- Mais oui, bien sûr ! Tu croyais que je revenais d’où ?
- Diplonan, c’est vraiment extraordinaire ! Je suis très heureuse pour toi ! Tu vas devenir garde ?
- Non, pas garde… Apprenti ! Je vais avoir un maître, qui va m’entraîner pour que je puisse obtenir l’écaille de l’acarien des mers !
Le sourire de la jeune fille disparu en une seconde.
- Tu vas partir… plusieurs années… C’est très bien, tu dois être fou de joie…
Diplonan, voyant la tristesse apparaître sur le visage d’Evola, la prit dans ses bras et lui parla doucement :
- Oui. Je suis désolé, je sais que tu espérais me voir plus souvent. Mais devenir apprenti, j’en rêve depuis ma naissance.
- Je sais…
Diplonan serra Evola tant qu’il put : la jeune fille était partagée entre une tristesse profonde et une joie réelle pour son frère. Celui-ci le savait : si sa sœur était triste aujourd’hui, il ne lui faudrait que peu de temps pour retrouver sa gaieté naturelle.
L’île sur laquelle ils vivaient se trouvait sous influence de Neptune et les habitants en étaient très marqués. Ils supportaient tant bien que mal les neptuniens, mais étaient partisans de changement. Pour eux, le changement s’appelait Poséidon. Le plus dévoué à Poséidon, sur l’île, n’était autre que le chef du village, le père de Diplonan. Ainsi, il avait envoyé son fils à Poséidon, dans l’espoir qu’il devienne un jour chevalier. Poséidon l’avait donc accepté, sans en faire plus : tenter de prendre le contrôle de l’île aurait suffit à déclencher une guerre ouverte avec Neptune, ce qui n’était pas encore le cas, heureusement... Evola détestait voir arriver, de temps à autres, les envoyés de Neptune : elle les trouvait méchants et laids, bien moins valeureux que son frère…
*****
De retour à notre époque…
- Léos, quel genre de dieu est Poséidon ?
- C’est une question difficile, Voji. Car Poséidon est un dieu mystérieux, qui aime garder ses pensées pour lui. Que pourrais-je bien te dire ? Personnellement, je tends à penser que Poséidon est bon. Il aime par-dessus tout son royaume, pour qui il donnerait sa vie, et ses propres marinas : tout ce qu’il fait, ses choix et ses actions, sont dictés par l’envie de voir ses hommes vivre le meilleur. Mais cela ne signifie pas qu’il ne pense qu’à eux : de manière générale, il essaye d’éviter le pire pour les autres, les étrangers. Même pour nos ennemis, il veut toujours éviter la guerre, sachant que cela causera de grands dégâts pour les deux peuples.
- Vous avez beaucoup d’ennemis ?
- Non. Poséidon a des ennuis avec l’autre grand dieu des mers : Neptune. Si la guerre n’est pas, encore, officiellement déclarée, nul ne doute que cela arrivera rapidement, trop rapidement. Poséidon fait ce qu’il peut pour l’éviter, mais son attitude n’est pas appréciée par tout le monde, au royaume sous-marin.
- Pourquoi donc ? C’est bien, de vouloir éviter la guerre.
Léos sourit : Voji était encore trop jeune pour percevoir le nombre impressionnant d’enjeux qui intervenaient et entouraient le mot « guerre ». Même lui, pourtant rompu aux intrigues du palais, savait que nombre de pensées de Poséidon lui échappaient. Néanmoins, il tenta d’expliquer au mieux la situation à son nouveau compagnon.
- Ceux qui pensent cela disent que Poséidon a été insulté de pire manière qui soit par Neptune. Et interprètent l’envie de Poséidon d’éviter la guerre comme une hésitation coupable : pour eux, Poséidon aurait peur, considérerait les siens comme plus faibles et vaincus d’avance. Alors qu’une déclaration de guerre aurait été perçue comme une preuve de force, Poséidon préfère attendre, en espérant une meilleure issue.
- Qu’en penses-tu ? Tu es très fort, toi ?
Voji n’oubliait pas ce à quoi il avait assisté lors de l’affrontement entre Gaëspûr et Balrius. Son esprit s’était rempli d’étoiles en tout genre, qu’il gardait maintenant précieusement. Léos se contenta de rire, précisant à Voji que s’il était plus fort que certains, il existait certainement bon nombre de personnes dont il n’arrivait pas à la cheville.
Le chevalier avait un but : rentrer au royaume sous-marin. Pour l’instant, Poséidon l’avait chargé de l’entraînement de Calix, un nouvel apprenti, qui désirait obtenir l’écaille du Leviathan. Au fil des ans, Léos était un peu devenu le maître en chef du royaume : après Diplonan, il avait formé Seddik, qui n’avait pu aller au bout de l’entraînement ; Faenor, qui était aujourd’hui chevalier, et maintenant, Calix. Pourquoi Poséidon lui confiait-il autant d’élèves ? Il n’en savait rien, mais prenait toujours ses missions très à cœur. Calix était actuellement avec Faenor, en mission non loin d’Athènes, et Léos comptait attendre calmement son retour, au royaume.
*Mais maintenant, Voji est avec moi…*
Il n’avait pas prévu d’emmener le jeune garçon avec lui. Il aurait tout aussi bien pu ne pas le croiser, et il serait seul maintenant. Mais il doutait que sa rencontre avec Voji soit le fruit du hasard : pour lui, rien n’était du au hasard, tout était lié au destin. Et ce qu’il avait déjà appris à connaître de Voji confirmait cela…
Certes, il avait connu nombre de jeunes garçons, du même âge que Voji, qui étaient déjà beaucoup plus forts que lui. Voji était plutôt petit, chétif, ne possédait pas des qualités physiques au-delà de la normale. Heureusement, il savait s’intéresser au monde et connaissait déjà beaucoup de choses très diverses : son ancien compagnon n’avait pas du être avare en explications. Et surtout, la détermination du gamin impressionnait Léos : Voji ne doutait jamais… Pourtant, cette détermination ne trompait pas Léos : il était certain que la recherche de cette Evola n’était qu’un prétexte pour ne pas s’avouer à lui-même qu’il n’espérait plus rien de la vie. Il était impossible, pensait Léos, d’avancer avec ce seul objectif, si lointain et si sombre, dans la tête. Pou Voji, il était certain que « je finirai par retrouver Evola, un jour, et, ensemble, nous rejoindrons Gaëspûr ». Une bien belle phrase, mais l’expérience de Léos lui avait déjà souvent montré que de telles paroles finissaient par se vider de leur sens et se perdre. Léos avait décidé de prendre Voji avec lui, non pas pour lui permettre de survivre un peu plus, mais pour le ramener au royaume sous-marin. Et en chemin, en apprendre plus sur lui…
- Voji, que sais-tu sur Evola ? Je veux dire, tu es à sa recherche, mais comment feras-tu pour la retrouver ?
- Je sais que c’est la sœur de mon meilleur ami ! Elle est très belle et il est très malheureux sans elle. Son rêve est de la retrouver.
- C’est bien de vouloir l’aider. Mais comment ? Où est-elle aujourd’hui ?
- Je n’en sais rien. Lui non plus. Alors, la seule chose à faire est d’explorer le monde, et je finirai bien par la retrouver. D’ailleurs, vous m’avez dit vous-même que ce nom vous disait quelque chose !
- Fais-moi confiance, nous marchons dans la bonne direction.
Voji avait choisi de lui faire confiance. L’homme respirait la sagesse et n’avait aucun intérêt à lui mentir. Même s’il se bornait à dire qu’il fallait continuer à avancer, que Voji en apprendrait bientôt plus sur Evola. Léos, lui, prenait son temps pour questionner Voji : le chemin jusqu’au royaume sous-marin était encore long… _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

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| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:35 | |
| Poséidon avait beaucoup de choses en tête pour l’instant. Il avait reçu, la veille, plusieurs informations en provenance du royaume de Neptune : il y régnait une atmosphère agitée, on y comptait anormalement beaucoup de départs et d’arrivées. Des diverses lettres qu’il avait lue, Poséidon s’était fait une idée précise des intentions de son rival : il avait travaillé à cela jusqu’à l’aube, et comptait se reposer un peu maintenant. Il avait accordé plusieurs audiences, mais ne doutait pas que ses subordonnés pourraient s’en occuper. En rentrant dans ses quartiers, il croisa Calypso et Téthys. Il leur promit d’être disponible une heure plus tard, comptant limiter son repos à cela. Aucune des deux déesses n’avaient d’objection. Poséidon partit, seul… Et pourtant, sa tranquillité ne serait que trop courte…
Une heure, il médita. Assis en silence, les yeux levés vers son royaume, il réfléchissait. Il avait voulu dormir un peu, mais sans trouver le sommeil. Il finit par quitter les lieux et se rendre dans la salle d’audience. Les temps étaient durs, il n’avait plus eu autant de soucis depuis longtemps. Autant de choses à penser, d’éléments à prendre en compte. Il imaginait bien que les audiences le détendraient plus que de réfléchir, seul. Les soucis mineurs de ses citoyens étaient bien peu de choses, comparés aux siens. Et pourtant, quand il le pouvait, il s’efforçait de les régler de la meilleure manière possible. Il arriva devant la salle d’audience, et en poussa la porte.
- Ah, le voilà ! Il était temps, je commençais à penser que mon Seigneur préféré ne m’aimait plus !
Un grand silence s’abattit dans la salle, les quelques personnes présentes se demandant quelle serait la réaction de Poséidon, en réponse à l’insolence de l’homme qui venait de parler. Celui-ci croqua dans la pomme qu’il avait déjà entamée. Poséidon soupira, et déclara, tout en allant s’asseoir sur son trône :
- Je suis heureux de te voir. Je commençais à me demander si toi, tu m’aimais encore. Une mission telle que celle que je t’avais confiée aurait du te prendre deux fois moins de temps. Mais enfin, je suppose que tu as une bonne explication…
- Et comment ! Attendez au moins d’entendre ce que j’ai à vous dire ! Vous en voulez une ?
L’homme venait de sortir une autre pomme, et la proposait au Seigneur des mers. A côté, Calypso murmura à l’oreille de Téthys que Poséidon accordait toujours trop de libertés à ses sujets, et qu’une telle insolence en résultait forcément. Apparemment, le ton désinvolte et détaché du nouveau venu ne plaisait pas à tout le monde.
- Je te remercie, je vais m’en passer. Je n’ai pas la tête à ça pour l’instant…
- Vous avez tort, les pommes, c’est la santé, la force et l’énergie ! Si je peux me permettre, vous semblez en avoir bien besoin…
Cette fois, ce fut Téthys qui murmura son indignation à Calypso : non seulement il était insolent, mais en plus, il se permettait de dire à Poséidon qu’il avait tort. Mais d’un autre côté, pouvaient-elles reprocher au Seigneur du Royaume Sous-Marin la façon dont il gérait ses sujets ?
- Ca va aller, il reste bien des points positifs à noter.
- Je l’espère. Il me semble surtout que les points négatifs, eux, ne manquent pas. Je ne voudrais pas que vous commenciez à déprimer. La vie est belle, le royaume agréable, les jeunes filles jolies et les pommes délicieuses. Que demander de plus ? Ah, je sais… Peut-être moins de problèmes avec nos amis neptuniens…
Poséidon sourit. Son interlocuteur, sous ses légères apparences, ne perdait pas de vue les points essentiels et savait les pointer au bon moment. Il ne doutait pas de ce que pensaient ses conseillers ainsi que les quelques notables présents, mais lui-même n’avait pas l’habitude de juger de ses hommes sur leur seule apparence.
- Faenor, Calix n’est-il pas avec toi ?
- Il est parti voir son frère. Il avait assez bien d’aventures à lui raconter, j’ai pensé que sa présence ici n’était pas essentielle. Il viendra vous faire son propre rapport plus tard…
Calix et son frère avaient perdu leurs parents alors qu’ils n’avaient pas trois ans. Ils avaient été élevés par leur oncle, leur seule autre famille au royaume. Calix s’était engagé comme garde dés ses dix ans, espérant déjà devenir chevalier. Même si le Seigneur des Mers aurait préféré qu’il continue à grandir sereinement comme les autres marinas de son âge, loin des tracas, il l’avait accepté, devant l’insistance et la volonté de celui-ci. Rapidement, il s’était distingué et avait gagné le droit d’avoir un maître. Poséidon l’avait confié à Léos, maître par excellence, qui avait déjà eu plusieurs autres élèves : Diplonan, qui avait réussi à obtenir son écaille, même si sa fin avait été précipitée ; Seddik, qui avait échoué lors de son épreuve ultime, qui lui aurait permis de revêtir l’écaille de l’Albatros ; Faenor, qui avait gagné l’écaille du Piranha et enfin Calix…
Poséidon pensait beaucoup de bien de Léos, avait une grande confiance en lui, en sa force et son jugement. Ainsi, Léos avait jugé bon de laisser Calix, son apprenti, partir en mission avec Faenor. Apparement, Calix avait apprécié, tout autant que Faenor. Le Seigneur des Mers se surprit à se demander si Calix deviendrait comme Faenor. Etrangement, si Léos était austère, calme et peu bavard, ses apprentis se révélaient toujours insouciants et particulièrement joyeux. Calix progressait vite, il ambitionnait à porter l’écaille du Léviathan, tâche qui ne serait pas aisée, mais Poséidon ne doutait pas de sa future réussite.
Faenor fit son rapport de mission à Poséidon, puis prit un repos bien mérité…
*****
De retour au royaume, Calix s’était empressé d’aller voir son frère. C’était de loin la personne qu’il chérissait le plus au monde. Depuis la mort de ses parents, il s’en était occupé comme un père. Certes, leur oncle les avait accueilli chez lui, mais c’était Calix qui s’était chargé de l’éducation de Prétos, de trois ans plus jeune que lui. Même lorsqu’il avait été accepté dans le corps armé du royaume, il n’avait cessé de se soucier de Prétos.
Le cœur serré, il avançait vers l’infirmerie. Car c’était là que se trouvait son frère. La mort de ses parents avait traumatisé Prétos : depuis ce jour, il n’était plus capable de marcher. Calix, tout d’abord, avait commencé à passer ses journées à son chevet, avant qu’un médecin ne lance une idée folle : si Prétos était devenu ainsi suite au décès de ses parents, peut-être qu’une autre émotion forte, positive cette fois, lui rendrait sa mobilité. Calix s’était accroché à cet espoir et avait décidé de gagner une des écailles de Poséidon. Il espérait que devenir chevalier procurerait à son frère une joie suffisante…
Il entra donc dans le centre de soin et alla directement voir Prétos. Celui-ci était couché et bondit de joie à la vue de son frère.
- Enfin ! Cela m’a semblé être une éternité !
- Ca a duré plus longtemps que prévu. Mais maintenant, j’espère rester un peu ici, avant de repartir…
- Raconte moi ! Comment ça s’est passé ?
- Bah… Je n’ai pas fait grand-chose, c’est surtout Faenor qui a fait le plus gros. Mais j’ai beaucoup appris, par contre… Je m’améliore de jour en jour !
- Alors, tu seras bientôt chevalier ?
Les yeux emplis d’espoir, Prétos était suspendu aux lèvres de Calix.
- Bientôt… ce jour-là, tu seras le premier à qui je montrerai l’armure.
Lorsque Prétos s’endormit, Calix le laissa et quitta le centre de soin. Léos lui avait raconté, un jour, que chacun se battait pour une raison. Une raison personnelle, que les autres n’avaient pas à juger. Une raison qui pouvait amener un simple apprenti à se surpasser pour atteindre un niveau supérieur. Une raison qui donnait la force d’espérer et de se battre jusqu’au bout. Ni Léos ni Faenor n’avaient voulu révéler sa raison à Calix, mais lui-même avait trouvé la sienne : il deviendrait chevalier pour que son frère remarche. Rien ni personne ne l’en empêcherait ! Son frère lui donnerait la force de surmonter tous les obstacles !
*****
- Seigneur, je viens d’être informé que Balrius n’a pas réussi à prendre possession de l’armure de l’Aube.
- Comment ? Que s’est-il passé ? Nous lui avions pourtant donné tout ce dont il avait besoin !
- Je sais, mais… D’après mes informations, il aurait atteint le temple, mais là, se serait fait voler l’armure par un certain Gaëspûr.
- Gaëspûr ? Que savez-vous de lui ?
- C’est un ancien apprenti de l’armure de l’Arc-en-ciel. Elève au temple du Soleil, il aurait abandonné son entraînement, et aurait disparu, jusqu’à cet événement. On m’a dit que l’armure l’avait choisi…
Syleka s’inclina. Les yeux de Neptune lançaient des éclairs, et le général des mers crût un instant que son Seigneur allait s’en prendre à lui. Mais Neptune, finalement, resta calme :
- Maintenant, est-il retourné servir Viracocha ?
- Je n’en suis pas certain, mais il semblerait que oui. En tout cas, il a repris la route du Pérou.
- Bien. Je veux tout savoir sur lui !
- Je m’en occupe personnellement Seigneur.
Syleka s’inclina et laissa seul Neptune. Il allait prendre la direction du Pérou, le meilleur endroit pour récolter des informations sur ce nouveau chevalier. Et avec un peu de chance, il verrait Balrius.
*Balrius est déjà du niveau d’un général des mers… S’il a été vaincu par Gaëspûr, cela signifie que celui-ci est très puissant. Un affrontement contre lui pourrait se révéler très périlleux !*
Il passa le reste de sa journée à préparer son voyage, et allait quitter la cité le soir venu, mais Neptune le convoqua de nouveau. Curieux de savoir ce que lui voulait le dieu des mers, il s’empressa de se rendre au palais. Là, il vit sortir Théosor, qui lui fit signe d’entrer. Près de Neptune, dans la salle d’audience, Syleka vit Tylorios. Que son rival soit présent ne laissait présager rien de bon.
- Seigneur, je suis à vos ordres.
- Syleka, j’ai une mission à vous confier : j’ai appris des informations… intéressantes à propos de votre ami Gaëspûr, et j’ai pensé à vous pour vérifier celles-ci.
- Je comptais partir pour le Pérou dés ce soir !
- J’ai appris qu’un jeune garçon accompagnait Gaëspûr, jusqu’au moment où celui-ci trouva l’armure de l’Aube. Ils se seraient ensuite séparés, et le jeune garçon fait maintenant route vers notre royaume. A cette heure, il doit déjà être au niveau de Babylone !
- S’il vient, il nous suffit de l’attendre.
- Rien ne nous prouve qu’il vienne bien ici. Peut-être a-t-il un autre but, comme Athènes par exemple. Ou…
- Le royaume de Poséidon ! Vous voulez que j’aille à sa rencontre ?
- Je veux que vous l’interceptiez, et que vous le rameniez ici. Il servira de monnaie d’échange lorsque nous aurons affaire à Gaëspûr.
- N’y a-t-il pas moyen de voir auparavant ce que le chevalier de l’Aube a en tête ? Peut-être se montrera-t-il raisonnable, comme Balrius.
- Je n’y crois pas. Je préfère prévoir. Ce gamin pourrait nous être précieux !
Syleka réfléchit un peu, puis osa :
- Seigneur, puis-je me permettre une question ?
- Je vous écoute.
- Puisque je devais partir pour le Pérou, pourquoi ne confiez-vous pas cette mission à quelqu’un d’autre…
Syleka lança un regard plein de haine vers Tylorios, qui fit mine de ne pas l’avoir vu, fixant le Seigneur des Mers.
- Vous auriez quelqu’un à me proposer ?
- Ramener un gamin, ce ne doit pas être bien difficile. N’importe qui…
- Il vaut mieux que ce soit un général des mers, croyez-moi !
- Et bien…
- Il se trouve que j’ai déjà confié une autre mission à Tylorios, si c’est à lui que vous pensez.
Tylorios ricana, sans préciser de quoi il s’agissait. Laisser entendre qu’il savait des choses que Syleka ignorait lui procurait un immense bien-être. Les deux hommes étaient peut-être les plus forts du royaume et se disputaient la place enviée de meilleur chevalier de Neptune. Des six généraux des mers que comptait le royaume, seul Crebb était plus ancien qu’eux ; ils avaient acquis une influence importante auprès de Neptune, et chacun tentait de s’affirmer en tant que bras droit de celui-ci…
- Très bien, j’irai chercher ce garçon. Néanmoins, je continue à penser qu’un simple apprenti ferait largement l’affaire !
- Avec ce petit se trouve Léos. Je pense que vous le connaissez ?
- Léos ? Léos du Petit Cheval Marin ?
Ce nom avait fait frissonner Syleka. Dans le royaume de Neptune, tout le monde avait, un jour ou l’autre, entendu parler de Léos. De nombreuses rumeurs courraient à son sujet, et finalement, personne ne savait vraiment qui il était. Certains prétendaient que c’était le meilleur homme de Poséidon, d’autres qu’il n’était qu’un lâche à la réputation surfaite. En tout cas, il était un simple chevalier, alors que Syleka était lui un général des mers.
- Je comprends mieux. Néanmoins, face à moi, il ne sera pas de taille.
- On dit qu’il est très fort. Méfiez-vous.
- S’il était si fort, il serait général des mers !
- On raconte qu’il en a eu la possibilité.
- S’il a refusé, c’est un lâche ! Et un lâche ne me fait pas peur ! En plus du garçon, je vous ramènerai la tête de Léos !
Syleka salua Neptune et sortit, sans un regard pour Tylorios. Celui-ci s’apprêta également à laisser Neptune seul, mais se permit auparavant une petite remarque.
- Seigneur, je pense que si un chevalier de Poséidon se trouve avec un ami d’un chevalier de Viracocha, cela devrait nous faire réfléchir. J’espère que Syleka n’agira pas trop vite.
- Je vous souhaite une bonne journée.
L’entrevue était terminée. _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

Age : 23 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 1360 PV; PC : 350/350; 250/250 Postule pour : l'Ecaille du Dragon des Mers Emploi : chômeur...
| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:36 | |
| Tout en poursuivant leur route, Léos apprenait à Voji à se battre. Sans trop ralentir, il faisait faire au garçon des exercices pour améliorer sa condition physique. Voji en avait bien besoin et s’entraînait sans se plaindre. Tout se passa bien jusqu’au jour où Léos se décida à parler à Voji de l’Evola qu’il connaissait.
- Je fais des progrès, hein ?
- C’est vrai. Néanmoins, tu progresseras plus vite encore quand nous serons arrivés. Voyager et s’entraîner en même temps, ce n’est pas pratique.
- Quand nous serons arrivés, je serai assez fort pour emmener Evola au Pérou !
Apparemment, Voji était convaincu que Léos le guidait vers la jeune fille. Le maître décida que le moment était venu d’éclaircir la situation.
- Voji, je vais te parler d’Evola.
Le visage du jeune garçon s’éclaira. Entendre ce nom suffisait à son bonheur.
- J’ai eu, dans le temps, un apprenti, Diplonan. Il venait d’une petite île de la Méditerranée. Un très bon apprenti. Très vite, j’ai su qu’il réussirait à obtenir son armure…
Le souvenir de son premier apprenti emmena Léos dans ses pensées, dont il sortit un instant plus tard, pour continuer son histoire :
- Et en effet, il a réussi ! Il est devenu chevalier. J’étais au moins aussi heureux que lui et je lui ai permis, après qu’il soit allé prêter serment à Poséidon, de rentrer sur son île, pour annoncer la nouvelle à sa famille et ses amis. Je pensais… Je pensais que ce serait mieux pour lui. Je ne l’ai jamais revu…
Léos s’arrêta une nouvelle fois. Une vieille discussion lui revenait en tête…
- Mais enfin, dix jours ! Je ne vous demande que dix jours ! Ensuite, je passerai le reste de ma vie à servir Poséidon. Ce n’est que dix jours…
- Diplonan, je suis désolé, mais crois-moi, c’est mieux comme ça. Un chevalier qui ne parvient pas à oublier ses attaches est un mauvais chevalier. Oublie ton passé, cela vaudra mieux. Pour toi et pour les autres.
- Arrêtez avec votre morale ! C’est pour eux que je me suis toujours battu. Je continuerai à les aimer comme avant !
- Aime-les de loin.
- Non ! Je vous le demande une dernière fois, maître : laissez-moi quelques jours pour rentrer chez moi. J’ai toujours suivi vos ordres et j’ai prêté serment à Poséidon. Dix jours, et vous gagnez le restant de ma vie.
- Diplonan…
- Même dix jours, vous n’êtes pas capable de me les donner…
Léos crut que Diplonan allait y aller quand même, mais le jeune marinas resta là.
- Je ne l’oublierai pas…
Léos baissa les yeux et murmura :
- Dix jours, pas un de plus. Si cela peut… Peu importe. Sois là dans dix jours !
Sans même remercier son maître, Diplonan se retourna.
- C’est ça… Vous saviez que même sans votre accord, j’y serais allé. Alors… On dirait que cela ne vous fait rien, que je sois aujourd’hui chevalier.
- J’aurais pu t’empêcher d’y aller, par la force par exemple.
- On verra ça…
Aucune émotion, pas un regard en arrière : Diplonan partit. Seul, Léos continua à murmurer, le regard vide :
- Tu n’imagines même pas à quel point je suis fier d’avoir été ton maître…
Il aurait une discussion avec Diplonan, pour mettre les choses au clair, au retour de celui-ci. Malheureusement, Diplonan ne revint jamais et ce fut l’image glaciale de son dos que Léos garda à l’esprit pour le futur…
Léos soupira. Encore aujourd’hui, plus de quatorze ans après, il regrettait de ne pas l’avoir empêcher de partir. De sa faute, son apprenti était mort.
- Léos, ça va ?
Voji tira le marinas de ses songes et celui-ci, la voix légèrement brisée, reprit son histoire :
- Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Deux jours plus tard, le Royaume Sous-Marin a tremblé. J’ai su que Diplonan n’était plus de ce monde. Et plus tard, j’ai appris que son île avait disparu de la surface de la mer…
Voji, surpris, ne sut pas quoi répondre : ainsi, il était possible q’une île disparaisse comme cela ? Il ne voyait cependant pas encore où Léos voulait en venir.
- Evola était la sœur de Diplonan. Elle a péri en même temps que lui. Je suis désolé, Voji.
Le cœur du petit bondit dans sa poitrine. Ce n’était pas possible ! Evola ne pouvait pas… Des larmes coulèrent sur ses joues : ainsi, celle qu’il recherchait, celle à qui il consacrait sa vie, n’était plus… Pourquoi Léos ne lui avait-il pas dit plus tôt ? Il leva les yeux vers le chevalier, et comprit alors : tout simplement, ce n’était pas la même Evola !
- Ce n’est pas elle, c’est une autre !
- Voji, je pense que…
- Evola a disparu, elle peut être n’importe où, d’accord. Mais ce n’est pas la sœur de votre élève, c’est la sœur de mon ami ! C’est évident non ? Ce sont deux personnes différentes.
Léos ouvrit de grands yeux. C’était logique. Comment avait-il pu croire qu’il s’agissait de la même personne ? Qu’est-ce qui l’avait amené à penser que la sœur de Diplonan était cette Evola que Voji recherchait ? Il ne savait plus quoi dire, face à la colère de Voji…
- Vous m’avez entraîné avec vous, vous m’avez abusé ! Moi, je vous ai fais confiance, et… C’est décidé, je pars !
Peut-être que la véritable raison était qu’il voulait que Voji vienne avec lui ?
- Tu… Tu ne veux pas venir avec moi ?
- Je pensais que vous aviez compris : je vais retrouver Evola et aller au Pérou avec elle. Je vous remercie pour ce que vous avez fait pour moi, mais nos chemins se séparent ici !
Sans autre forme de procès, Voji tourna le dos à Léos.
- Voji, regarde-moi !
Mais le garçon ne se retourna pas, trop marqué par la haine. Léos, pourtant, aurait donné beaucoup pour garder une autre image que ce dos tourné, s’éloignant de plus en plus…
*****
Un jour après leur retour, Faenor et Calix furent convoqués par Poséidon. Celui-ci les attendait, non pas dans la salle d’audience comme à son habitude, mais bien dans un des jardins qui entouraient le palais. Il y régnait un calme apaisant et, ce qui ne manqua pas d’étonner les deux marinas, Poséidon avait préféré la fraîcheur de l’herbe au confort d’un siège pour s’asseoir. A leur arrivée, il leur fit signe de venir se mettre près de lui.
- Je réfléchissais. En essayant de comprendre pourquoi vous étiez revenu en retard.
- Ah eh ! Hier, je vous ai expliqué. Fallait écouter, hein…
- J’ai écouté. Tes explications m’ont convaincu, mais…
Faenor lança un regard amusé à Calix : les intrigues et les paroles à double-sens de Poséidon le faisaient rire.
- Ce que je veux dire, c’est que… En général, mes hommes ne reviennent pas avec tellement de retard. Surtout lorsqu’ils sont deux. Si cela avait été deux autres, ils auraient certainement mis au point une stratégie. Par exemple, l’un d’eux serait revenu me donner les nouvelles, pendant que l’autre serait resté là-bas. Je ne sais pas, mais quelque chose… Les marinas sont ponctuels, le plus souvent…
- Oui, ou alors, ils ne reviennent jamais, mais bon…
- Je me disais que vous aviez un bon maître. En effet, j’attends Léos depuis maintenant trop longtemps. J’ai cependant eu de ses nouvelles, me disant qu’il allait bien et qu’il reviendrait plus tard que prévu. Qu’il m’expliquerait tout à son retour.
- Qui sait ce qui l’a retenu ?
- Je trouve qu’il fait beaucoup de mystère…
- Et c’est vous qui dites ça ?!
- Calix ! Tu peux aller retourner t’occuper de ton frère. Tant que Léos n’est pas revenu. Je pense que lui et toi partirez ensemble, ensuite. Faenor, j’aimerais que tu partes chercher Léos. Il faudrait qu’il rentre au plus vite. Je compte sur toi.
Les deux marinas s’inclinèrent, mais avant de quitter Poséidon, ils avaient tout deux des questions. Faenor parla d’abord :
- On peut savoir pourquoi il est si pressant que Léos revienne ?
- Non. Dites vous simplement que j’ai besoin de parler avec lui et le plus vite sera le mieux. Il y a, pour l’instant, beaucoup de choses qui demandent réflexion, et malheureusement, trop qui demandent d’agir. Léos m’apportera une aide précieuse, à son retour.
- Bon… Où se trouvait-il, la dernière fois ?
- Quand j’ai eu de ses nouvelles, à Babylone. Il a ensuite fait route en ligne directe jusqu’ici.
- C’est parfait. Je le trouve et je vous le ramène ! Une mission si compliquée, cela faisait longtemps…
- Pars au plus vite.
Faenor s’inclina et fit signe à Calix de le suivre. Mais le jeune apprenti avait lui aussi une demande à formuler à Poséidon.
- Seigneur, durant la mission que Faenor et moi avons menée, j’ai appris beaucoup. Je souhaite donc faire route avec lui, afin d’aller chercher mon maître, Léos.
Etonné, Poséidon suggéra qu’il pouvait profiter du temps libre accordé pour rester auprès de Prétos. Mais Calix n’en démordit pas.
- Mon seul but est de devenir chevalier. Plus vite j’aurai mon écaille, mieux cela vaudra. Donc, je préfère m’entraîner encore et encore.
- Tu es conscient que tu risques de ne pas pouvoir t’entraîner énormément, durant ce voyage ? Il n’y a rien de difficile…
- Faenor fera un bon maître, plus tard. Il suffit de l’écouter pour apprendre. Même si je ne m’entraîne pas au sens où on l’entend généralement, je sais que ce voyage à ses côtés peut apporter beaucoup.
Faenor, souriant jusqu’aux oreilles, sortit une pomme et croqua amoureusement dedans.
- J’ai toujours dis que je ferais un meilleur maître que le vieux ! Mais bon, apparemment, vous préférez lui confier les apprentis à lui… Si ce n’est pas rageant !
- D’accord Calix. Fais comme il te plaira.
- Seigneur, dans combien de temps pensez-vous que je pourrai avoir une armure ?
Faenor, pourtant habitué à l’impertinence envers Poséidon, se retourna vers Calix, surpris. Comment Poséidon aurait-il pu répondre à cette question ? Même s’il l’avait voulu… Calix lui répondit sans un mot : il ne savait pas pourquoi il avait demandé cela. Poséidon n’avait pas répondu, et semblait totalement ailleurs. Les yeux fermés, la sérénité avait quitté son visage : il fronçait les sourcils et serrait les poings. Il se redressa ensuite.
- Calix, j’espère le plus rapidement possible. Mais c’est à Léos, ou au futur maître Faenor, qu’il te faut demander. Vous m’excuserez, mais j’ai à faire.
- Encore des soucis ? Je vous ai toujours dis, vous devriez…
- Le temps de l’insouciance est terminé. Désormais, il faut être vigilant à chaque instant. Si le calme apparent peut durer plusieurs années, le mal gronde… Pour l’heure, c’est vers le Nord que mes pensées se tournent.
Vers le Nord ? Aucun des deux marinas ne voyaient où Poséidon voulait en venir. Ils connaissaient pourtant les royaumes du Nord, mais avaient du mal à faire le lien avec le leur.
- En ces temps de doute se joue beaucoup. Que ce soit ici, près de notre royaume, mais aussi dans des terres lointaines. Et au Nord… au Nord… Excusez-moi !
Poséidon s’en alla rapidement, marchant plus vite qu’à l’accoutumée… Calix et Faenor quittèrent le palais et s’apprêtèrent à partir. Faenor prit quelques affaires, dont un nombre étonnant de pommes, pendant que Calix restait au centre de soin. Le soir venu, ils quittèrent le royaume… _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

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| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:37 | |
| Pourquoi Neptune ne lui faisait-il pas plus confiance ? Jusque là, ses missions avaient toujours été couronnées de succès. Il était aussi fort que Tylorios, mais Syleka sentait que Neptune avait une préférence pour son rival… Que faire pour inverser la tendance ?
*Réussir au mieux les missions qu’il me donne…*
Etait-ce suffisant ? Le Seigneur des Mers attendait-il plus encore ? Peut-être… Vaincre Léos, par exemple, serait un atout non négligeable. Et pourquoi ne pas faire un tour, sur le chemin de retour, chez Poséidon ?
*On raconte qu’il n’a aucun général. Si j’y allais, cela pourrait faire beaucoup de dégâts…*
Neptune avait toujours interdit à ses hommes d’aller chez Poséidon ou de faire quoi que ce soit qui soit susceptible de déclencher une guerre. Mais pourtant, Syleka savait qu’ils étaient les plus forts…
*C’est une bonne idée, ça. Tuer Léos, tuer de nombreux marinas chez eux et ramener le garçon à Neptune !*
Soit, il ferait ainsi. Neptune pourrait être fier de lui…
Syleka arriva dans un village. La nuit tombait et il n’avait pas l’intention de la passer dehors. Il se dirigea vers l’auberge, pour y prendre une chambre, dans laquelle il laissa son armure. Ensuite, il ressortit, afin d’aller manger à la taverne. Déjà, les rues étaient vides. Il n’y avait qu’une ou deux personnes, devant leur maison, qui terminaient un travail quelconque commencé pendant la journée. Lorsque plus tard, il retourna à l’auberge, il faisait totalement noir et les gens s’étaient réfugiés à l’intérieur. Arrivé à l’auberge…
*Mais qu’est-ce qu’il fait là, lui ?*
Il y avait un garçon, appuyé contre le mur de la bâtisse. Il n’avait qu’un petit baluchon et gardait les yeux fermés. Il grelottait…
- Petit, si tu entrais ? Tu as l’air d’avoir froid.
- Je n’ai pas d’argent. Mais ne vous en faites pas, ce n’est pas la première fois que je dors dehors, il ne m’arrivera rien.
- Prends une chambre. Adieu.
Syleka jeta quelques pièces d’or devant le jeune homme et entra dans l’auberge. Une minute plus tard, il était suivi par le garçon. Celui-ci courut derrière lui, pour le remercier. Syleka le repoussa froidement.
- Ecoute, prends une chambre et va dormir. Je n’ai aucune envie de parler avec toi, je veux rester seul.
- Je ne vais pas vous ennuyer, mais il faut que je vous remercie.
- C’est fait maintenant, donc…
- Je pars, je pars… Vous êtes gentil, ce n’est pas comme ce menteur de Léos ! Bonne nuit à vous !
Voji s’en retourna, allant vers l’aubergiste, mais Syleka s’était arrêté. Il remettait les éléments en ordre et réfléchissait à la marche à suivre.
- Petit, connais-tu Léos ?
- Oui. J’ai voyagé avec lui, mais il m’a menti…
- Attends-moi…
Le neptunien retourna chercher son armure et revint, la portant sur le dos. Il sortit de l’auberge, accompagné de Voji.
- Amène-moi à Léos !
- Léos ? Mais je…
- Amène-moi à lui, c’est tout !
- Mais pourquoi ?
- Je dois le voir d’urgence. J’ai un compte à régler avec lui…
Voji haussa les épaules. Peu lui importait, finalement, de savoir ce que cet inconnu voulait à Léos. De toutes façons, il n’avait pas la moindre idée d’où pouvait se trouver Léos, maintenant.
- Je n’en sais rien, moi. Je suppose qu’il a pris la direction de son royaume, c’est tout.
- Tu es sûr ?
- Je pense. C’est ce qu’il m’avait dit, en tout cas.
- C’est parfait. Viens avec moi !
- Non ! J’ai autre chose à faire, je ne vais pas voir Léos ! Je dois retr…
Syleka n’avait pas de temps à perdre : d’un coup de poing, il envoya Voji plusieurs mètres plus loin. Il alla relever le garçon à moitié sonné et, en le traînant derrière lui, se mit en route.
- Je ne te laisse pas le choix. Tu viens avec moi, c’est tout.
*****
La tempête faisait rage. Désormais seul face au fleuve, Léos reprenait son souffle. De nombreux doutes l’assaillaient de toutes parts, il avait mal à la tête. Le fleuve, de nouveau bleu comme l’océan, résistait comme il le pouvait, face à la tempête.
Pourtant, une éclatante lumière perça les ténèbres. Sortie du fleuve, l’écaille du Cheval des mers lui faisait face. Il n’avait qu’à tendre le bras et l’armure viendrait le recouvrir. Il avait gagné le droit d’être un des généraux des mers, de défendre un pilier et par là, de devenir une des personnes les plus importantes du royaume.
- Après tant et tant d’efforts… La récompense suprême !
Léos resta de nombreuses minutes à regarder l’écaille. Elle avait, durant de si nombreuses nuits, enjoués ses rêves. C’était certainement la plus belle des armures que Poséidon pouvait lui confier. Elle venait de le choisir comme porteur…
- Léos, général du Cheval des Mers, gardien du Pilier du… De quel pilier ?
Un avenir de gloire s’ouvrait à lui. Il ne sentait plus le vent, les gouttes de pluie et les blessures. Il tendit la main…
Et la rabaissa instantanément. Qu’avait-il fait ? Il leva les yeux vers le bout du fleuve, là où l’horizon et le cours d’eau se fondaient en un seul point. Il se revoyait encore, assoiffé de puissance. S’il était redevenu normal, rien n’effacerait ce qu’il avait fait. Il s’avança vers l’armure, passa à côté et posa la main dans le fleuve.
- Poséidon. Vous devez avoir tout vu. Bientôt, je reviendrai et vous me jugerez. Peu m’importe ce que vous direz alors. Je sais ce que je dois faire.
Léos se redressa posa la même main sur l’écaille. Non, il ne voulait pas qu’elle le recouvre. Il s’éloigna doucement, et d’une vague immense, le fleuve reprit son bien…
Léos pleurait. Il n’avait pas encore tiré un trait sur ses souvenirs. Le plus souvent, il ne s’en souciait pas, mais quand il était seul, il était difficile de ne pas y penser. Et dans ces moments, il avait affreusement honte…
*Diplonan, Seddik, Faenor, Calix… Je vous ai vu grandir près de moi, je vous ai vu progresser. En fait, je peux dire que vous m’êtes bien supérieurs. Vous méritez tous plus que moi d’être chevalier, aujourd’hui…*
Et pourtant, Diplonan et Seddik étaient morts et Calix n’avait pas encore d’écaille… D’un revers de la main, il s’essuya les joues et marcha plus vite. _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

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| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:38 | |
| Syleka était plutôt fier de lui : il avait redouté que Voji ne le suive pas facilement, mais le garçon s’était montré raisonnable. Même s’il ne parlait pas à Syleka, il le suivait calmement. C’était la situation parfaite pour le général neptunien : il n’aurait même pas à chercher Léos très longtemps.
Combien de marinas tuerait-il avant de s’en aller ? Il ne savait pas. Bien entendu, il ne pourrait pas faire comme il le voulait, Poséidon n’hésiterait pas à intervenir. Syleka n’était pas idiot, il savait à quel point il était dangereux de défier Poséidon dans son propre royaume. Et pourtant, en agissant intelligemment, il pourrait créer un tel désordre que Poséidon ne saurait pas où agir en priorité. Il était toujours plus simple de détruire en masse que de protéger des innocents…
- D’ici quelques jours, nous y serons ! Puis, nous ferons route vers mon royaume. Tu devrais être heureux : Neptune s’intéresse à toi ! En fait, c’est plutôt à ton ami Gaëspûr, mais cela te donne une certaine importance pour nous. A ta place, je marcherais fièrement !
Pour toute réponse, Voji regarda encore plus bas, fixant le sol au possible. Le destin de Voji, toutefois, n’était pas d’aller au royaume sous-marin. Par encore, du moins…
Car en direction de Syleka marchaient Faenor et Calix. Le chevalier du piranha avait une idée précise de l’itinéraire emprunté par son maître, ce qui facilitait leur recherche : il suffisait de suivre ce chemin pour être sûr de trouver, tôt ou tard, Léos. Contrairement à certains, ils discutaient beaucoup. Calix aimait écouter son aîné, qui connaissait beaucoup de choses. Il disait la vérité quand il prétendait que Faenor ferait un bon maître : il était fort et sage. Deux qualités indispensables à un maître. Et de plus, il possédait cette étincelle de bonne humeur qui le rendait si sympathique : il était passé maître dans l’art de dédramatiser une situation tendue.
- Tiens, Calix, je trouve que tu devrais passer moins de temps à admirer les arbres. Ils sont jolis, d’accord, mais quand même… Ca devient de l’adoration, là…
- Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne regarde pas les arbres…
- Ah non ? Tu regardes quoi, alors ? Pas les jeunes et jolies filles, elles se font rares par ici. Alors quoi d’autre ? Les oiseaux peut-être ? Tu t’y connais ? Chez nous, il y a deux ou trois vieillards qui sont très forts pour reconnaître les oiseaux.
- Je ne regarde pas les oiseaux ! Pourquoi veux-tu que je regarde quelque chose ? Je regarde devant moi, c’est tout.
- Aaaaaah… Tu es plongé dans tes pensées, c’est pour ça…
- Tu dis que Poséidon aime les mystères, mais tu n’es pas mieux ! Explique-moi !
Faenor fit signe à Calix de s’arrêter. Il lui dit de fermer les yeux :
- Et dis-moi de quel côté souffle le vent.
- Il vient de face. C’est agréable de le sentir effleurer mon visage.
- Maintenant, ouvre les yeux et regarde les arbres. Les feuilles des arbres.
Calix observa attentivement les arbres, sans pour autant voir où Faenor voulait en venir.
- Le vent souffle, mais les feuilles des arbres sont totalement immobiles, comme s’il n’y avait pas de vent.
- Ah, c’est vrai, je n’avais même pas remarqué.
- Maintenant, en gardant les yeux ouverts, dis-moi d’où vient le vent.
Calix, même en se concentrant, fut incapable de répondre. Pourtant, un instant auparavant, il avait clairement senti le vent venir de face. Mais là, plus rien, c’était comme si le vent avait disparu.
- Regarde maintenant les oiseaux. Il n’y en a pas tellement, c’est vrai. Et pourtant, comment expliquer qu’ils volent tous dans la même direction. Celle du vent qui a disparu…
- Mais…
- Tu vois, même lorsque tu n’es pas en mission, ou que cette mission est très simple, il faut toujours rester vigilant. La vigilance… Poséidon en a parlé, si je me souviens bien. Là, par exemple, je peux te dire qu’une personne très puissante marche vers nous !
Faenor expliqua à son ami qu’il pouvait percevoir une infime partie d’un cosmos très puissant, loin devant. Avec le temps, Calix apprendrait aussi à développer son sens de la perception…
- C’est pour cela que tu me demandais si je regardais les arbres et les oiseaux ?
- Entre autres, oui.
- Et les jeunes et jolies filles ?
- Ah non, c’était juste pour te taquiner, ça…
- C’est Léos qui vient vers nous ?
- Je ne pense pas : si c’était lui, je l’aurai reconnu. C’est une autre personne… Mais je n’ai pas la moindre idée de qui il s’agit…
- Marchons, nous verrons bien.
- Calix, attention. Ce peut très bien être un ennemi. Il y a peu de chance que nous ayons à nous battre, mais on ne sait jamais. Reste sur tes gardes…
Ils poursuivirent leur route, sans dévier de leur chemin, vigilants et attentifs à souhait…
*****
Syleka était particulièrement ravi : sur le chemin menant au royaume de Poséidon, il allait croiser des marinas ! Il pouvait d’ores et déjà savoir qu’ils étaient deux, que le premier était particulièrement faible et le second, bien que plus puissant, ne représenterait pas non plus une menace. De plus, il aurait l’avantage de la surprise, puisqu’il était certain que les deux hommes ne l’avaient pas repéré. Ils n’auraient pas osé rester sur son chemin, si c’était le cas.
*Je vais m’échauffer un peu avec eux. Ensuite, ce sera Léos, et quelques autres. Et peut-être…*
Syleka s’était dit qu’avec un peu de chance, il aurait le temps de s’attaquer à l’un de piliers ! Pourquoi pas ? S’il parvenait à en détruire un seul, Neptune lui en serait grandement redevable. Même s’il savait que les piliers étaient particulièrement résistants, il supposait que la légende qui prétendait que « les piliers du Royaume de Poséidon sont indestructibles, plus durs que toutes les armures du monde » était un mythe tiré de l’imagination de quelque vieux poète. Il avait envie d’essayer, juste pour voir…
Les énergies des deux marinas, qui n’avaient toujours pas changé de chemin, se rapprochaient encore et encore, et lorsque Syleka vit au loin un château, il sut que celui-ci serait le théâtre de l’affrontement. Tant pis pour les innocents, qui n’avaient qu’à ne pas se trouver là. Le château et les champs qui l’entouraient seraient parfaits…
*Ils arriveront bientôt… Cela risque d’être amusant !*
Il y passa la nuit et le lendemain, ne reprit npas la route. Voji ne comprenait pas, mais cela lui allait très bien ainsi, il sentait qu’au plus ils avançaient, au plus il allait au devant de moments désagréables. Syleka attendait, avec Voji, devant le château. Soudain, il se releva et sourit :
- Enfin…
Il s’avança, suivi du garçon. Au loin, Voji put bientôt distinguer nettement deux hommes, qui se dirigeaient droit vers eux. Lorsqu’ils furent plus prêts, Syleka s’arrêta, laissant les deux autres faire le reste du chemin. Quand enfin, les quatre hommes furent réunis, il prit la parole :
- Je vous salue, hommes de Poséidon. Je suis Syleka, général des mers du Poisson Scie, serviteur de Neptune et gardien de l'épée sacrée.
- Oh, un ami neptunien ! Bien le bonjour à toi, Syleka. Je suis Faenor, chevalier du Piranha, serviteur de Poséidon et gardien de… ben de rien, en fait.
- Un petit comique, j’adore. Et ton compagnon ?
- Je suis Calix, apprenti chevalier du Leviathan.
- Un apprenti. Je m’en doutais. Quant à moi, je vous présente Voji, mon compagnon du moment. Nous faisons route vers votre royaume, chers marinas.
- Ah, c’est dommage, nous aurions pu vous montrer la route, mais il se trouve que ce n’est pas votre chemin. J’ose supposer que vous le trouverez sans notre aide. Pour ma part, je pense que le jour où je devrai me rendre chez vous, j’y arriverai sans difficultés !
Syleka serra les poings : il ne goûtait pas à l’humour de Faenor. Lorsque celui-ci sortit une moitié de pomme et y mordit à pleines dents, celles de Syleka grincèrent.
- Tu te prends pour ce que tu n’es pas, chevalier de Poséidon !
- Euh… Je n’ai pas compris, là. Je suis chevalier, mais ça, tu le constates à mon armure. J’aime les pommes, ça, tu le constates à mon occupation du moment. Et j’aime, comme mon ami Calix d’ailleurs, les jeunes et jolies filles. Ca, désolé, mais je ne peux pas te le prouver là maintenant, tu vas devoir me croire sur parole !
- Tu fanfaronnes, tu parles beaucoup, mais pendant un combat, cela ne te servira à rien !
- Ah, effectivement… Quoique les pommes, c’est la santé, la force et l’énergie, comme je dis toujours. Cela dit, j’ai de la chance : aucun combat ne m’attend à l’horizon.
- Ah bon ?!
- Bien entendu. Nous sommes attendus par un ami, alors, je pense que nous n’allons pas nous attarder !
Faenor, suivi par un Calix qui ne comprenait pas vraiment la stratégie de son ami, s’avança gaiement vers Syleka. Il passa devant lui, le général neptunien se mit en gardes, mais Faenor poursuivit tranquillement son chemin. Syleka se retourna, et l’appela :
- Aurais-tu peur, Faenor du Piranha ?
- De qui, de toi ? Bien entendu, je ne suis pas fou. Toutefois, ce sentiment est atténué, car je sais que nous ne nous battrons pas, Syleka.
- Je suis en route pour ton royaume, afin d’en détruire la plus grosse partie !
- Ah… Tu penses que c’est une bonne idée ? Non mais parce là, tu risques d’entraîner une guerre. A ta place, je réfléchirais un peu…
- Tu n’as pas tort. Le problème, c’est que j’ai envie de tuer du marinas. Alors…
- Tu voudrais t’en prendre à nous ? Tu aurais tort… Tout d’abord parce que nous sommes faibles, par rapport à toi. Et ensuite car cela risquerait aussi de déclencher la guerre. Alors…
- Pour qu’il y ait la guerre, il faudrait que vous soyez en état de tout raconter à Poséidon. Ce qui ne sera plus le cas une fois que j’en aurai terminé avec vous.
- Tu as l’air décidé, hein…
Faenor fit face à Syleka. Calix, déjà, fit exploser son énergie : il était prêt à se battre pour défendre son royaume. Faenor, cependant, posa la main sur son épaule.
- Désolé mon ami, mais toi, tu continues ton chemin.
- Certainement pas. Je me bats avec toi !
- Alors, notre mission n’est pas de nous battre contre lui. Tu continues la mission, je me charge de lui.
- Mais Faenor… Seul, tu n’as aucune chance.
- Avec toi non plus. Continue la mission.
- Ne faut-il pas, lors de circonstances spéciales, adapter sa stratégie ? C’est Léos qui disait cela.
- Si, et c’est ce que je fais. Tu continues la mission.
- Faenor, mon frère aurait honte de moi, s’il me voyait fuir.
- Peut-être préférerait-il que tu partes et que tu vives, plutôt que tu restes et meures, non ? Tu continues la mission.
- C’est lâche et inutile…
- Continue la mission.
Il fallu plusieurs minutes avant que Calix ne comprenne où Faenor voulait en venir : l’aveuglement et le désir de défendre son royaume étaient tels que l’apprenti avait une vision des choses brouillées. Pour lui, seul importait de donner son maximum contre l’ennemi. Faenor, au moins, voyait plus loin : si Calix s’en allait, il pourrait prévenir Poséidon du danger.
- C’est d’accord. Bonne chance !
Quand Calix s’en retourna, il savait qu’il ne reverrait plus Faenor. Celui-ci n’avait aucune chance, face à un général. Le chevalier du Piranha prit deux pommes et en donna une à Calix, avant de mordre dans l’autre.
- En souvenir...
- Adieu !
- Attends toi, j’ai prévu de vous tuer tout les deux !
Syleka bondit, mais Faenor était prêt : le général reçut son poing en pleine poitrine, ce qui le fit reculer. Lorsqu’il se releva, il vit que Calix était déjà loin. Sans doute aurait-il pu encore le rattraper, mais après tout… Il voulait prendre son temps avec Faenor, qui avait osé le frapper !
Plus loin, Voji s’était éloigné : assez loin que pour éviter toute blessure, assez prêt que pour voir ce qui allait se passer…
- A nous deux, alors.
Faenor jeta sa pomme, encore presque entière, au loin, et se mit en gardes.
- Syleka, tu es peut-être général des mers, mais tu ne devrais pas me sous-estimer. Tu ne sais pas de quoi je suis capable ! Surtout lorsqu’on menace mon royaume. Je vais déchaîner contre toi toute ma puissance, et nous verrons qui de nous deux est le plus fort.
Le neptunien était ravi : enfin, son adversaire révélait son véritable visage. Ce n’était plus le joyeux marinas moqueur, mais bien un vrai chevalier, qui voulait la victoire.
- Tu vas connaître ta douleur, Faenor !
Syleka ne plaisantait pas : le cosmos de Faenor qui recouvrait la plaine fut recouvert en un instant par celui de Syleka, lorsque celui-ci le décida. Il leva les mains vers le ciel, et cria :
- Par l’aiguille noire !
Faenor vit apparaître de nulle part des milliers d’aiguilles qui foncèrent vers lui. Directement, il bondit en l’air, tout en créant entre ses paumes une sphère bleutée, pour contre-attaquer. Mais les aiguilles de Syleka étaient bien trop rapides pour lui, et il en reçut plusieurs dizaines à travers le corps. Il retomba sur le sol, hurlant de douleur : les aiguilles, en plus de lui transpercer la chair, étaient brûlantes !
- Ton calvaire ne fait que commencer. Qui prétendait être de taille face à moi ?
- Ce… Cela ne fait que commencer ! Tu vas voir…
Faenor entreprit de se relever, mais Syleka repassa à l’assaut… _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

Age : 23 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 1360 PV; PC : 350/350; 250/250 Postule pour : l'Ecaille du Dragon des Mers Emploi : chômeur...
| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:38 | |
| Calix courait. Il sentait qu’il pourrait trouver un cours d’eau non loin de là. Grâce à cela, il pourrait prévenir Poséidon. Il n’avait jamais communiqué de cette manière, mais avait souvent vu Léos et Faenor le faire. Il n’avait pas le choix, il devait réussir !
Il était un peu déçu de ne pas avoir pu se mesurer à Syleka. Non pas qu’il croyait en sa victoire, au contraire : il était certain qu’il aurait péri. Mais laisser ainsi son ami seul face à la mort lui déchirait le cœur. Il avait honte de lui. Il savait qu’il avait fait de grands progrès au combat, et il aurait pu gêner Syleka…
Enfin, il trouva une rivière. Elle devrait suffire. Il s’accroupit et y mit la main. De toutes ses forces, il appela Poséidon.
*Je dois me concentrer… Je dois me concentrer !*
Il se força à oublier toutes ses autres pensées, ne gardant que celle-là : il devait communiquer avec son royaume. Il fixa l’image du palais, se forçant à en détailler les coins et recoins. Il laissa son propre cosmos emplir la rivière. Sans résultat.
*Ce n’est pas possible… Je DOIS réussir ! Pour la survie des marinas…*
Il se plongea dans une transe, communiant avec la rivière. Et n’en fut tiré que lorsque quelqu’un posa sa main sur son épaule : il devait être bien concentré, pour ne même pas l’avoir entendu s’approcher. Il se retourna et failli tomber à l’eau :
- Maître ! C’est vous !
- Calix, je pensais que tu m’attendrais au royaume. Que faisais-tu là ? Tu essayais de communiquer avec Poséidon ?
- Maître, j’étais avec Faenor, mais nous nous sommes fait attaquer par un général de Neptune.
Léos resta étonnement calme, alors que son apprenti criait sans cesse. Il lui donna la main pour se relever et posa doucement quelques questions :
- Calme-toi, Calix. Dis-moi, qui est ce général ?
- Syleka je crois. Je ne sais plus le reste… Mais c’est Syleka.
- Bon. Etait-il seul ?
- Il y avait un petit garçon avec lui, mais très jeune. Il allait se battre seul contre Faenor.
- Il y a combien de temps que tu les as laissé ?
- Trop longtemps, maître ! En fait… pas tellement, je ne sais pas. J’ai couru, couru… Maître, je voulais me battre ! C’est Faenor qui m’a convaincu de partir, mais je n’aurais pas du ! J’ai honte de moi, je devrais être à ses côtés.
- Il voulait que tu préviennes Poséidon ?
- Oui maître.
- Pourquoi ? Pourquoi prévenir Poséidon de ce combat ?
- Syleka a dit qu’après, il irait dans notre royaume, tout détruire !
- Je comprends. Calix, montre-moi où ils sont, s’il te plaît.
- Mais… Maître, vous, vous pourriez prévenir Poséidon !
- Inutile. Quand notre combat prendra fin, Syleka n’aura plus besoin d’aller jusque chez nous. Montre-moi.
Sans comprendre l’idée de Léos, Calix le guida jusqu’à l’affrontement. En réalité, Léos aurait pu y aller seul, mais il préférait garder un œil sur Calix. Celui-ci était trop peu expérimenté pour ce genre de situation difficile, et il valait mieux qu’ils restent ensemble, même si cela la rapprochait du danger. Calix, de toutes façons, y serait retourné pour se battre…
*Calix est fort… Cela ne fait même pas un an que je m’occupe de lui. Après un an, Faenor était moins fort. Pourtant…*
*****
- Par la marée noire !
N’étant même pas encore debout, Faenor ne put qu’encaisser cette seconde attaque du général. Il tenta quand même de rouler un peu plus loin, pour disposer de plus de temps ensuite. Mais les deux assauts de Syleka l’avaient laissé bien mal en point. Il saignait de plusieurs endroits, avait des difficultés à respirer et souffrait de nombreuses brûlures. Syleka avançait doucement vers lui, Faenor se releva, mais savait maintenant que sa dernière heure était venue. Au moins devrait-il le retenir assez longtemps que pour que Calix puisse prévenir Poséidon. Faenor avait toujours rêvé d’une mort paisible, loin des affrontements idiots. Dans son lit, de préférence. Ce ne serait pas le cas…
- Tu abandonnes ?
- Certainement pas. Je m’en voudrais de ne pas t’avoir montré mes pouvoirs. Tu es là pour ça, non ?
- Je suis là pour deux choses : m’amuser, et ce n’est pas le cas pour l’instant, et te vaincre, ce qui ne laisse plus guère de doute.
- Ah, contre un adversaire normal, d’accord. Mais moi… Tu oublies que je suis nourri aux pommes ! Les pommes sont la santé, la force et l’…
- Je sais, je sais. J’ai bien peur que tes pommes te soient montées au cerveau. Tu délires. Tu vas mourir, et tu plaisantes encore. Fou !
Pour toute réponse, Faenor ferma les yeux et joignit ses paumes.
- Pour que tu puisses me montrer, je ne vais rien faire. Attaque, et attaque bien. C’est la dernière fois que tu peux le faire…
Faenor resta silencieux. Pour lui, se concentrer au maximum était primordial. Lorsqu’il fut enfin prêt, il écarta ses mains. Une lumière intense en jaillit, qui obligea Syleka à fermer les yeux. Même Voji, qui était pourtant plus loin, n’avait pas su les garder ouverts.
- Prends ça, Syleka !
Faenor lança la sphère bleue qu’il venait de créer, et qui dégageait cette lumière, sur le général des mers. Syleka se protégea instinctivement et ce furent ses deux bras qui reçurent la sphère. Il ne recula pas, mais lorsque la lumière disparu, il ne put que constater les dégâts : ses deux avant-bras saignaient abondement, malgré l’armure qui le protégeait. En effet, l’attaque de Faenor était intéressante. Trop peu, cependant… Car Faenor était au seuil de la mort et serait incapable de réitérer cela !
- Alors, qu’en dis-tu ?
Syleka releva la tête, ébahi : Faenor avait bondit en face de lui, et lui donna plusieurs coups, qui le projetèrent en arrière !
*Comment fait-il ? Il était presque mort, et là…*
Faenor savait que son avantage serait de courte durée : Syleka restait bien plus puissant que lui. Il fallait à tout prix l’empêcher d’attaquer, car sa prochaine attaque pourrait être fatale !
Il courut vers lui, tentant de surmonter sa douleur, et préparant sa prochaine attaque. Mais Syleka était déjà debout et lui aussi, se préparait !
*Les aiguilles noires…*
Faenor disposait d’une seconde pour décider la marche à suivre. Ce fut suffisant : il ne pouvait esquiver les aiguilles noires. Donc, cela ne servait à rien d’essayer. Il choisit de poursuivre sur sa lancée et de tenter l’épreuve de force : sa propre technique contre celle du général !
Mais rien à faire… La puissance de Syleka était trop grande, par rapport à la sienne. Un instant plus tard, le général avait de nouveau repris l’avantage.
- J’admets qu’il y a quelque chose d’intéressant. Mais c’est trop peu, beaucoup trop peu, pour que tu aies une chance, contre un général. Sans compter bien entendu la différence innée entre un neptunien comme moi et quelqu’un… comme toi.
Faenor avait perdu toute envie de rire. Il avait essayé et n’avait rien à se reprocher.
- Je pense qu’il est temps d’en finir. Sans doute pourrais-je m’amuser plus tard. J’imagine… j’espère, qu’il y a des chevaliers plus forts que toi, dans ton royaume.
- Il… Il s’en est fallu de peu…
Le marinas, puisqu’il allait mourir, tenait à faire face à son destin avec courage. Doucement, il se remit sur ses genoux, puis se releva. En repensant au combat, il se disait qu’avec un peu plus d’entraînement, il aurait pu poser de gros problèmes à Syleka. D’un côté, cela le rendait fier, car c’était un général qu’il avait en face de lui. Mais il n’aurait pas l’occasion de devenir plus fort…
- Tu crois ? Tu ne te rends même pas compte de la différence qu’il existe entre toi et moi. Mais tu es toujours debout, c’est bien. Pour en finir, je vais utiliser ma technique préférée. Que les forces des tourbillons viennent à moi !
Le cosmos de Syleka se mit à croître, à croître… Syleka, debout, se mit en garde, sans vraiment croire en sa chance.
- Les forces des tourbillons me permettent de recréer l’effet d’un tourbillon dévastateur, tels qu’ils existent dans les profondeurs des océans, sans même qu’il y ait d’eau. C’est assez étonnant, je dois dire, et tu vas en être le premier surpris ! J’appelle les forces des tourbillons !
Voji, qui s’approchait encore, dut fermement se tenir au sol pour ne pas s’envoler. Il avait rarement eu à faire avec un vent d’une telle intensité. Et puisque l’attaque de Syleka ne lui était pas destinée, il imaginait sans peine la difficulté qu’éprouvait Faenor.
Lorsque Syleka arrêta, il put constater que le marinas était allongé sur le sol, les yeux levés vers le ciel. Il devait être mort. Syleka s’approcha, doucement. Arrivé près de lui, il vit que Faenor respirait toujours…
- Tu es vraiment coriace. Toutefois, c’est fini.
Faenor n’avait tout simplement plus la force de bouger. Tout juste parvenait-il à rester en vie, mais il était à la merci de Syleka. Celui sortit de son armure une dague d’or, et la pointa vers Faenor. Celui-ci essaya de dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Le général était prêt à abaisser son arme, et pourtant, son bras resta suspendu en l’air. Il se mit à rire. _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

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| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:39 | |
| - Ainsi, tu es revenu… Avec un ami pour t’aider, c’est bien, quel courage !
Il se retourna, laissant Faenor avec ses douleurs, et fit face aux nouveaux venus.
- Jeune Calix, tu aurais du fuir pendant que tu en avais encore le temps. Cette erreur te coûtera la vie.
- Je suis revenu pour me battre !
- A mon avis, un combat face à ton ami sera nettement plus amusant pour moi. La différence de niveau est flagrante. A qui ais-je l’honneur ?
- Je suis Léos, chevalier du Petit Cheval Marin. Et en l’occurrence, ton prochain adversaire, Syleka.
Syleka éclata de rire : le destin lui était favorable.
- Cela va m’éviter la peine de te rechercher. Quelle chance ! Tu as sans doute remarqué que j’ai ramassé ton petit protégé…
Léos avait vu Voji. Il fit un signe au garçon, qui ne répondit pas.
- On peut dire qu’il a de la chance, il va assister à un beau spectacle. Enfin, je l’espère, car l’autre derrière moi était minable. Normalement, tu devrais mieux résister…
- L’autre minable est un chevalier que j’ai moi-même formé. Avec le temps, il deviendra très fort. Certainement plus que moi, peut-être autant que toi.
- Le problème, c’est qu’il va mourir aujourd’hui.
- Je pensais pourtant que les neptuniens avaient entendu parler de moi. Je devrais me sentir vexé que tu n’en saches pas plus à mon sujet.
- Je sais que tu es un lâche, c’est bien suffisant pour moi !
Léos demanda à Calix de s’écarter. Avant qu’ils arrivent, il lui avait permis de se joindre au combat, mais seulement lorsqu’il lui ferait signe. Léos voulait débuter seul. Calix s’éloigna un peu, mais resta en garde, attentif et prêt à venir en aide à son maître. Syleka, lui aussi, était prêt : il avait en tête la mise en garde de Neptune, et pourtant, ne doutait pas de sa victoire. L’horizon s’éclaircissait pour lui. Faenor, derrière le général, était toujours immobile, se demandant si son maître serait de taille. Il espérait pouvoir l’aider, mais doutait de son utilité. Et enfin, Voji, qui ne savait pas s’il devait espérer la victoire de l’un ou de l’autre. La blessure infligée par Léos était toujours ouverte, mais il savait que, contrairement à Syleka, Léos ne souhaitait la mort de personne.
- On dit de toi que tu aurais eu la possibilité de devenir général.
- C’est en effet vrai. Il s’agissait de l’écaille du Cheval des Mers. Cela fait longtemps…
- Comment est-il possible de refuser cela ? C’est l’aboutissement, pour un chevalier, le rang le plus haut…
- J’imagine. Pour quelqu’un qui cherche à devenir fort, c’est la meilleure chose possible. Pour ma part, il m’a semblé plus juste de choisir un autre destin.
- Mon opinion est faite : tu es un lâche !
- Est-ce de la lâcheté que de choisir de servir au mieux son royaume plutôt que ses intérêts personnels ? Si oui, alors je suis un lâche.
- De belles paroles… Tu justifies ton choix comme tu le peux, mais cela ne me trompera pas.
- Que faut-il faire pour te convaincre ? Te montrer que je possède la puissance d’un général ? Si c’est cela que tu attends, tu vas être servi.
Syleka eut un instant de doute : se pouvait-il que ce simple chevalier soit du même niveau que lui ? Cela semblait invraisemblable, et pourtant… Il avait l’air si sûr de lui. Le général ne pouvait cependant pas croire que Léos avait refusé d’endosser l’écaille du Cheval des Mers. Ce n’était pas possible, personne ne pouvait refuser cela.
- C’est ce que nous allons voir. Les faits sont là, je possède une écaille bien supérieure à la tienne. Cette différence, lors d’un combat, est primordiale.
- Syleka, toi qui a menacé mon royaume, tu vas apprendre à me connaître…
- En garde, chevalier !
Syleka ne perdit pas de temps : levant les bras au ciel, il invoqua, encore une fois, les aiguilles noires. Léos, pour sa part, récitait quelque chose, que Syleka ne pouvait entendre. Lorsque les aiguilles foncèrent vers lui, Léos, pour toute défense, créa un mur aqueux devant lui. Cela fut suffisant pour arrêter de nombreuses aiguilles, mais pas toutes. Le premier assaut tournait à l’avantage du général et le calme revenait dans la plaine. Curieusement, il n’y avait personne d’autre, comme si les habitants du château savaient qu’il ne faisait pas bon de sortir ce jour-là.
Syleka bondit vers Léos, à toute vitesse ! Celui-ci, calmement, lança un poing vers le ciel, avant de recevoir celui du général en plein visage.
- Tu ne cherches même pas à te défendre, tu es pitoyable !
Léos se releva, alors que Syleka préparait, encore, les aiguilles noires. Il observa le ciel un instant, puis sourit :
- Il pleut…
En effet, quelques gouttes tombaient à présent sur la plaine. Le tonnerre gronda et le ciel s’obscurcit. Ce ne fut bientôt plus une petite pluie, mais bien un violent orage qui vint recouvrir les lieux. La tempête était apparue trop soudainement, nul ne doutait que c’était Léos lui-même qui en était la cause.
- A moi maintenant !
Léos décrivit un arc de cercle avec ses bras et les pointa vers Syleka.
- Les aiguilles noires auront raison de toi !
Les aiguilles noires foncèrent vers Léos, en même temps que celui-ci envoyé sa tempête sur Syleka. Calix, de là où il était, admirait la technique de son maître : il ne l’avait jamais vu se battre ainsi. Les aiguilles ne parvinrent pas jusqu’à Léos, la tempête était trop forte pour elles. Syleka se protégea de la même manière que Léos auparavant, en levant devant lui un mur d’eau. L’assaut terminé, la tempête n’en continua pas moins.
- Cela faisait longtemps, Syleka, que je n’avais plus utilisé cette technique. On ne rencontre pas un général neptunien très souvent, et heureusement…
- Cette technique est belle…
- Cela me rappelle tellement de choses. Le faiseur de pluie… Il y a si longtemps !
Léos se remit à faire d’étranges gestes de ses bras. Syleka passa à la vitesse supérieure : les forces des tourbillons seraient plus efficaces que tout le reste. Quand il passa à l’attaque, Léos ne chercha pas à se défendre. Il lança également sa technique, qui consistait, apparemment, à relancer des trombes d’eau sur Syleka.
- Maître !
Léos avait reçu les forces des tourbillons de plein fouet et était tombé sur le sol, devenu maintenant boueux. Léos cracha du sang et se remit sur les genoux. Il prit le temps de souffler, tout en observant Syleka d’un air victorieux. Car le général était maintenant au centre d’un grand tourbillon, formé de rafales de vent et d’eau, qui tournait autour de lui.
- Maintenant, Syleka, tu ne peux plus attaquer. Essaie donc de sortir de ce tourbillon !
Léos voulu se relever, mais il n’y parvint pas : il gardait des traces des coups du général et aurait besoin d’un peu de temps avant de pouvoir poursuivre… Il comprenait pourquoi Faenor était, encore maintenant, couché sur le sol, immobile. La puissance de Syleka était impressionnante…
- Reposez-vous, maître, je me charge de lui !
Sans écouter Léos, qui lui cria de rester en place, Calix fonça vers Syleka. Conscient de son avantage, il resta en dehors du tourbillon, et attaqua de loin. La vague bleue qu’il avait lancé sur Syleka atteint sa cible, mais sans faire bouger le général.
- Espèce d’idiot. Même si je ne peux pas attaquer, je peux me défendre. Et ce ne sont pas tes coups si faibles qui pourront me blesser. D’ailleurs, nous allons voir, si je ne peux attaquer !
Syleka essaya cette fois la marée noire : la technique consistait à créer une pluie artificielle et à la projeter sur l’adversaire. Les gouttes d’eau étaient brûlantes, ce qui rendait l’attaque doublement dangereuse. Mais en vain. La protection que Léos avait placée tout autour de lui était efficace. Syleka hurla de rage, et, alors que Calix s’était résolu à aller soutenir son maître, il essaya par tous les moments de trouver une issue.
- Je continue le combat. Aide moi maintenant, mais ne le combats pas seul. Regarde ce qu’il a fait à Faenor et n’oublie pas que tu n’es qu’un apprenti. Tu es fort, j’en suis conscient, mais pas de taille à te mesurer, seul, à lui.
Léos se redressa et, suivit de Calix, s’approcha de Syleka. La pluie, lorsqu’il fut à quelques mètres du général, redoubla d’intensité. Il joignit les mains et y concentra sa cosmo-énergie, imité par son apprenti. Tout deux lancèrent la vague d’énergie vers Syleka qui fut projeté en arrière. Le tourbillon de Léos accompagna sa chute…
- Serait-ce la fin, Syleka ?
Calix et son maître se préparèrent à une nouvelle attaque, mais Syleka, cette fois, allait tout donner pour sortir de ce tourbillon !
*Ce n’est pas possible… Les forces des tourbillons doivent me sortir de là !*
Alors que les marinas attaquaient, Syleka lança sa technique…
*****
Poséidon avait refusé toutes les audiences qu’on lui demandait, aujourd’hui. Il avait fait un tour dans la cité, discuté un peu avec quelques citoyens, puis s’était rendu devant le pilier du Pacifique Nord. Aujourd’hui, il n’y avait aucun général pour garder les sept piliers. En cas d’attaque, son royaume subirait de grands dégâts. Il y avait pourtant de valeureux guerriers, mais aucun général. Pendant un temps, il avait pensé donner les sept écailles aux meilleurs. Mais avec le temps, il avait jugé qu’il valait mieux attendre. L’exemple de Léos en était la meilleure illustration.
Poséidon posa la main sur le pilier : un jour, un de ses chevaliers devrait le défendre. Il espérait que ce jour n’arrive jamais, mais savait que ce serait le cas. La seule chose qu’il pouvait faire était de retarder cela au maximum.
*Quand ? Quand le prochain chevalier se montrera-t-il digne d’une de ces écailles ? D’où viendra-t-il ?*
Jusqu’alors, la majorité des généraux avaient pour origine la cité-même. Mais les temps étaient troublés et Poséidon pensait que les prochains étaient à chercher ailleurs…
*Il est temps que je rentre, il va pleuvoir…*
La pluie commença effectivement à tomber, mais Poséidon resta là, près du pilier, pensif… _________________ Le faiseur de pluie: 10/25 Surprise: vais y penser!
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|  | | Voji MARINAS

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| Sujet: Re: Le troisième maître Mer 17 Oct 2007 - 12:40 | |
| Dans la plaine, le combat faisait rage. Syleka, au prix d’immenses efforts, venaient de réussir à sortir de sa prison. Léos et Calix avaient réussi, eux, à toucher plusieurs fois le général, qui commençait doucement à ressentir la fatigue. Il gardait des traces des affrontements successifs qu’il avait eu à mener… Toutefois, à armes égales, il gardait l’avantage. Et savait comment affaiblir ses adversaires…
- Calix, encore un effort ! Nous pouvons gagner.
- Je sais. Si nous en sortons victorieux, ce sera pour moi un signe de grands progrès. Je pourrai commencer à entrevoir l’armure…
Léos savait que Calix était loin de devenir chevalier, mais il ne pouvait briser l’enthousiasme de son élève dans ces circonstances. Voyant que Syleka allait faire appel, encore, aux forces des tourbillons, Léos fit signe à Calix. Tout deux se mirent en place.
*Prétos… Grâce à toi, je vais me surpasser, aujourd’hui !*
Syleka, soudain, se tourna vers Faenor et fit mine de l’attaquer. Si Léos resta calme et, sans se perturber, attaqua aussi, ce ne fut pas le cas de Calix, qui bondit vers son ami. Voyant la précipitation du jeune apprenti, Syleka se retourna vers lui et déchaîna sa puissance contre Calix. Léos ne put que constater les dégâts…
Un instant plus tard, Calix gisait au sol, mortellement touché. Tout avait été trop vite pour lui. Il avait toujours imaginé la mort comme quelque chose de glorieux, sur le champ de bataille, auréolé d’honneur et de gloire. Il venait d’apprendre, sa dernière leçon, que la mort était quelque chose de glacial. Déjà, il sentait la vie le quitter. Sa vue se brouillait, il avait mal à la tête. Faenor devait toujours être couché, plus loin. Il entendait Syleka parler, mais sans comprendre ce qu’il disait. Il sentit quelqu’un venir le soutenir et entendit la voix de son maître.
- Calix, tu as été un apprenti valeureux. La chance ne fut pas de ton côté, tu n’aurais pas du rencontrer cet adversaire.
- Maître…
Calix parlait à Léos, mais celui-ci n’entendait pas. En vérité, les mots refusaient de sortir…
- Maître, mon frère… Laissez-le, ne lui dites pas… Il faut qu’il remarche… Ne lui dites rien…
- Calix, je m’occuperai de ton frère. Il sera fier de toi. Tu peux t’en aller tranquille, tu as bien rempli ta mission.
- Maître, je n’aurai jamais d’armure…
- Calix, repose en paix.
Léos se releva. Il voulait laisser seul son apprenti, pour ses derniers instants. Gardant les yeux baissés, il réfléchissait : après Seddik, son deuxième apprenti venait de mourir avant même d’avoir terminé son entraînement. Si les deux autres avaient obtenu leur écaille, l’un d’eux avait déjà quitté le monde des vivants. De ses quatre élèves, il ne restait que Faenor. Il regarda une nouvelle fois Calix et vit que c’en était fini.
*Pauvre homme… Il s’est tant battu pour son frère… Il n’était pas fait pour devenir chevalier. Je pense qu’il le savait. Mais… Mais il a tout fait pour, en espérant un miracle pour Prétos.*
Il n’avait rien manqué à Calix, aujourd’hui. Après moins d’un an d’entraînement, il avait fait plus que ce que Léos aurait pu attendre de lui. Le destin était ainsi, on ne pouvait rien y faire.
- Alors, tu es prêt à en finir ?
Et cet homme, pour qui Léos éprouvait toujours plus de haine, qui ne respectait pas son deuil. Sans doute n’avait-il jamais eu d’élève. Le chevalier leva les yeux vers son adversaire : le combat n’avait que trop duré. Il ne parviendrait pas à le vaincre. Mais s’il le blessait assez, Syleka n’irait pas au Royaume Sous-Marin.
- Syleka, tu vas pouvoir juger de l’étendue de mes pouvoirs…
Le général voulait aussi en finir.
- Seigneur Neptune… Prêtez-moi votre puissance… J’en appelle à la Foudre Noire !
Syleka ouvrit les bras devant lui et y apparu un cercle noir. A l’intérieur, on distinguait des formes qui bougeaient. Il venait d’ouvrir une dimension…
Léos, lui, gardait les bras au-dessus de sa tête. Il cria quelque chose et derrière lui, la pluie redoubla d’intensité, alors qu’elle diminuait du côté de Syleka. Doucement, le général put voir apparaître, par endroits, la pluie qui se rassemblait…
- C’est avec cette technique que j’ai gagné le droit de devenir général. Juge de ma puissance et dis-moi si je divague !
Syleka referma le poing sur la dimension qu’il venait d’ouvrir et lança son poing vers Léos. Derrière celui-ci, des grands cheveux fait de pluie attendaient. Il tendit les bras vers Syleka et les chevaux furieux bondirent !
- Par la Foudre Noire !
- Par la Fureur du Fleuve Bleu !
Léos était moins puissant que Syleka. Si les deux chevaliers subirent les effets de cette double attaque, si tout deux tombèrent sur le sol et mirent plusieurs minutes avant de se relever, Syleka fut le premier debout. Alors que Léos tendait doucement de relever la tête, il vit Syleka s’avancer vers lui, d’un pas lent.
- Léos… Tu es très fort, oui… Mais c’est moi qui ai gagné… Tu vas mourir…
Le chevalier de Poséidon estima qu’il avait une minute devant lui, avant que Syleka ne puisse abattre sur lui la dague qu’il tenait maintenant en main. Une minute pour faire quelque chose et éviter de mourir.
- Je prendrai quelques jours de repos, et j’irai dire bonjour à tes compatriotes… Deux chevaliers et un apprenti, j’ai passé une bonne journée…
Léos frissonna. Il n’avait pas pu protéger Faenor, non plus. Alors que son élève avait survécu aux assauts du général, sa survie dépendait du résultat du combat. Il avait perdu, Faenor mourrait…
La minute passa trop vite. Léos vit Syleka arrivé à côté de lui et préparer la dague.
- Non, arrêtez !
Les deux chevaliers tournèrent la tête et virent Voji qui se tenait là. Le jeune garçon aux vêtements détrempés s’avança :
- Ne le tuez pas ! Pourquoi faites-vous cela ?
- Je t’avais presque oublié, toi. Tu as de la chance, je dois te ramener en vie. Sinon, crois-moi bien, tu ne serais déjà plus de ce monde.
- Syleka… Il est trop jeune, laisse-le en paix.
Sans plus se soucier de Voji, Syleka abattit son arme sur Léos, mais avant d'avoir pu toucher le marinas, reçut un coup de poing venu de derrière.
- Je t’ai dis… que ce n’était pas… fini !
Syleka se retourna et vit Faenor, debout, qui avait déjà joint ses mains.
- Encore toi !
- C’est à mon maître que tu t’en prends… Après avoir tué mon ami ! Je ne vais pas te laisser faire. Prépare toi, Syleka.
- Mais… mais…
Faenor attaqua et Syleka ne put rien faire. La lumière que Faenor créait était si intense qu’elle indiquait que le chevalier du piranha était prêt à reprendre le combat. Le général était toujours debout, mais cette fois, doutait : le combat durait depuis trop longtemps et les blessures qu’il avait accumulées le faisaient souffrir. Etait-il possible qu’il ne puisse pas vaincre ? La puissance qui se dégageait de Faenor, si elle n’était rien comparée à la sienne, avait de quoi le faire hésiter. D’abord, parce qu’il pensait vraiment que Faenor ne pourrait plus se relever. Ensuite, parce que lui-même n’était pas sûr de pouvoir continuer longtemps. Et si, pendant qu’il se battait avec Faenor, Léos se relevait… Syleka se mordit les lèvres :
- C’est bon, Faenor. Je crois qu’une victime me suffira, pour aujourd’hui.
Faenor resta en garde, prêt à agir, redoutant une ruse. Néanmoins, Syleka avait l’air d’être très sérieux.
- A presque quatre contre moi, vous pouvez vous vantez de m’avoir usé. Bravo. J |
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