
|
| | "Coeurs à double faces" [Crysta] | |
| | | Auteur | Message |
|---|
Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 22:51 | |
| Dans des terres lointaines, perdues entre les vastes montagnes frontières du royaume d’Asgard, le royaume d’Irisia subissait sa plus grosse tempête hivernale. La nuit était noire et sombre. Les hurlements des loups de la forêt de conifères se mêlaient aux hurlements du vent qui giflait la plaine toute de neige vêtue. La vie semblait s’être tue dans tout le royaume durant ces moments de crainte, de froid et de mort glacée. Des chaumières et cités, n’était perceptible que la fumée qui s’échappait des multiples cheminées de pierres et de granits.
Dans l’est du pays où le climat était encore moins conciliant, un silence tendu et oppressant régnait dans un vieux manoir à moitié enterré sous la neige. Des fines lueurs au travers des fenêtres étaient visibles tout comme une épaisse fumée sortant de deux cheminées.
Tandis qu’on entendait des pas s’affairer à l’étage supérieur, dans la pièce principale où un feu d’enfer dansait dans l’âtre, un homme faisait les cents pas le long de la pièce. Il devait être âgé d’environ trente ans et arborait une épaisse chevelure noire de jais sertie d’un bandana de cuir ainsi qu’une belle musculature des plus tendue en ces moments d’attente. Une lueur d’angoisse pouvait se lire dans son regard azuré. Un homme plus âgé assis dans un vaste fauteuil l’observait d’un regard amusé. Il s’agissait vraisemblablement du chef de famille. Malgré son âge, l’homme possédait encore une carrure imposante, et seules quelques rides ainsi que la couleur grise de ses cheveux autrefois châtain trahissaient sa vieillesse. C’est d’une voix très calme qu’il s’adressa au jeune homme.
« Calme-toi Thaël ! Ce n’est pourtant pas la première fois que tu vas être papa » , dit-il avec un sourire en montrant deux petits garçons endormis sur une épaisse fourrure d’ours devant la cheminée.
Thaël se calma un peu et sourit à celui qu’il considérait comme son propre père. Il s’agenouilla auprès de ses fils et les recouvrit d’une chaude couverture en caressant légèrement leurs cheveux. L’aîné était alors âgé de cinq ans et ressemblait très fort à son grand-père, une épaisse chevelure châtain clair. Son jeune frère, par contre, lui ressemblait davantage avec une chevelure noire de jais comme les siens.
« Vous avez raison. Mais je ne peux m’empêcher d’angoisser. La grossesse a été éprouvante pour Anya ces derniers temps. J’espère que tout se passe bien. »
À ces mots, un cri perçant brisa le silence suivi de quelques secondes par un second. Thaël se redressa précipitamment et se dirigea vers l’escalier où descendait à pas rapides une femme plus âgée à la chevelure argentée mais dont les traits gardaient toujours une forme de grâce et de beauté. Elle n’affichait pas cependant un sourire mais plutôt une mine triste.
« Thaël ! Tu peux être fier d’Anya ! Tu es maintenant père de deux jumeaux… » « Et Anya ? » « Cela a été très dure pour elle. Elle a perdu énormément de sang et …est très affaiblie…Je ne peux rien faire de plus…Elle t’attend… »
Des larmes perlaient dans les yeux de la vieille femme qui chercha refuge dans les bras de son époux dont le visage affichait une souffrance sans nom. Ils prirent chacun un petit garçon encore endormi dans leur bras, les serrèrent contre leur cœur en prenant garde à ne pas les éveiller.
Thaël, aux paroles d’Aelys, sentit son estomac se serrer et sa respiration se faire plus difficile. Il se précipita alors à l’étage suivi de près par les grands-parents.
Le jeune homme pénétra dans une vaste chambre où la danse des flammes d’un feu ardent jouait avec les ombres sur le plafond. Une belle jeune femme semblait dormir au milieu d’un grand lit fait de fourrures et de couvertures. Elle avait les traits tirés et le front humide. Il s’approcha sans bruits vers la belle endormie et se pencha pour lui baiser le front en regardant au passage les deux fruits de leur amour endormis au creux de ses bras.
La jeune fille sentit la présence de son compagnon et rouvrit des yeux d’un vert pétillant de malice qui irradiait d’amour. Thaël lui sourit tendrement avant de l’embrasser et de lui prendre sa main et la frotter contre sa joue. La jeune femme semblait exténuée et avait le teint très pâle. C’est d’une voix faible qu’elle prit la parole.
« Thaël ! Mon amour… »
Le jeune homme mit un doigt sur sa bouche pour l’empêcher de parler.
« Chhhht…Ne parle pas et repose-toi…Regarde les petits anges que tu nous as faits… »
La jeune femme sourit et répondit :
« Un troisième fils…et ce que tu désirais depuis longtemps…enfin une petite fille… »
Thaël sourit à son tour :
« Ils te ressemblent tous les deux…Deux blondinets…Je suis sûr qu’ils vont nous donner bien du fil à retordre… Je vois déjà d’ici les bêtises que tu devras réprimander… » dit-il avec un nœud au creux de son estomac que la jeune femme put ressentir.
Elle lui caressa tendrement la joue.
« Tu devras en prendre soin…Je compte sur toi…Mon amour… »
Une larme coula des yeux du jeune homme qu’Anya, avec sourire, essuya du revers de sa main.
« Ne dis pas de bêtises…Tu ne penses pas que tu vas me laisser tout le travail…Je compte sur vous, Madame ! », dit-il en faisant mine de plaisanter.
Anya s’amusait à dessiner le contour du visage du jeune homme comme pour se l’imprégner dans sa mémoire.
« Je t’aime, Thaël…Mon mari…Mon Chevalier…Mon Amour…Mais c’est par-delà les étoiles que je veillerai sur chacun d’entre vous. Je la sens bien…La vie me quitter peu à peu…tandis que celles de nos enfants prennent leur envol. »
Les larmes de Thaël ne firent que couler de plus belles alors qu’il sanglotait comme un petit garçon sur son ventre. Très calme, elle lui caressait tendrement les cheveux avec un léger sourire aux lèvres. Elle posa son regard sur ses parents, proches du lit, tenant chacun dans leur bras, un petit garçon endormi. Anya les regarda tous deux avec amour et tristesse.
« Je vous aime aussi…Veillez sur eux…comme vous l’avez fait pour nous…avec la grâce d’Odin …et…de Poséidon… Mes si gentils petits garçons…Ils vont tellement me manquer…Je les aime tant… » dit-elle avant de reposer sa tête dans son oreiller.
Elle plongea son regard dans celui de sa mère.
« J’aurais tant aimé…Maman…voir ton royaume…de mes propres yeux…ne serait-ce que quelques secondes… »
Aelys sourit malgré les larmes qui lui coulaient sur ses joues.
« Ce souhait…Je puis encore te l’accorder…Ferme les yeux ma chérie… »
Anya s’exécuta et Aelys vint poser une main sur le front de sa fille. Elle fit alors jaillir un doux cosmos bleu argenté que seul Angus avait déjà pu voir…Il se mit à planer dans l’atmosphère une odeur mi-salée, mi-sucrée…une odeur si particulière…celle de l’océan…Aelys se mit alors à fredonner une douce mélodie rappelant étrangement l’océan.
Dans l’esprit de la jeune femme affaiblie, elle pouvait voir la cité sous-marine de Poséidon et la cité d’Atlantys telles que sa mère les avait mainte et mainte fois décrites…Une vision d’une beauté sans pareille qui fit naître des larmes de bonheur chez Anya. Elle rouvrit alors les yeux et baisa la main de sa mère.
« Merci… »
Thaël s’adressa alors à elle, la voix rauque et brisée.
« Comment veux-tu qu’on les appelle ? » demanda-t-il en désignant les deux nouveaux-nés.
« « Corrin » pour notre petit garçon…Et j’ai toujours rêvé d’appeler notre petite fille « Crysta » »
Un spasme de douleur marqua les traits de la jeune fille qui sembla encore plus épuisée. Elle baisa le fronts de ses deux bébés et plongea son regard dans celui de l’homme qu’elle avait toujours aimé.
« Je t’aime, Anya…Ne me laisse pas. » dit-il en resserrant l’étreinte de sa main sur la sienne.
Anya sourit et lui murmura faiblement d’une voix douce :
« Je serai avec toi…à jamais…Moi aussi, je t’aime…Veille…sur…nos…quatre…petits anges…Mon Amour… »
Anya ferma doucement les yeux tandis que Thaël lui répondit par un ultime baiser qui prit le dernier soupir de la jeune femme. Elle s’était endormie paisiblement entourée de ceux qu’elle aimait. Les deux nouveaux-nés dans ses bras, elle semblait dormir d’un sommeil paisible mais dont en réalité…elle ne ressortirait jamais.
« Anya ?...Anya !...ANYAAAAAAA !!!!! »
Le cri de douleur de Thaël se répercuta loin dans la vallée. Aelys prit les deux petits bébés à part dans une chambre chauffée tandis qu’Angus prit les deux garçons pour les mettre dans leur lit…laissant Thaël seul avec son chagrin. Eux-même avaient du mal à contenir leurs larmes et leur douleur…ils venaient de perdre leur unique fille…
Thaël resta une partie de la nuit avec le corps d’Anya qui refroidissait lentement. Quand il n’eut plus de larmes pour pleurer, il sortit en courant dans la tempête malgré les cris d’Angus pour le retenir…Cette nuit-là, la vallée trembla et une lumière bleue argentée illumina les cieux telle une aurore boréale. A la fenêtre, Angus regardait le ciel et le regard triste murmura faiblement :
« Thaël… ».
Aelys vint l’enlacer tendrement et cacha son regard chargé de larmes dans l’écrin des bras de son mari. Tout deux observèrent alors tristement le ciel zébré de cette lueur bleue argentée… .
****
« Mon Seigneur ? » , fit une femme d’une éclatante beauté accoudée sur un balcon d’un vaste palais dans un contrée glacée.
Ses cheveux étaient immensément longs et soigneusement coiffés, d’un blond très pur presque blanc. Elle avait un teint de pêche légèrement rosé et un regard azuré aussi profond que l’océan.
Un homme de forte carrure approcha et sortit sur le balcon. Son œil droit semblait plus brillant et cristallin que le second. Il affichait une légère barbe noire alliée à une épaisse chevelure poivre et sel nouée derrière la nuque.
« Oui, ma douce amie ? » fit-il de sa voix grave mais chaleureuse à l’instar du climat.
« Cette nuit…est étrange …et si triste…Deux étoiles viennent de naître…une autre s’est éteinte…son éclat était d’un bleu si pure comme celui des océans…et une quatrième brille si fort qu’elle a l’air d’en souffrir… Vous, qui avez le don de voyance, mon tendre ami, qu’est ce que cela peut-il bien signifier ? »
L’homme se caressa la barbe pendant de longues minutes, le regard perdu dans les étoiles.
« Mmmmhhh…Le Fil de la Vie tout comme la Lumière de la Vie prennent parfois de bien étranges chemins…Ma douce amie…Mais tous finissent par s’achever…certains plus tôt que d’autres….Les choix du Destin sont imprévisibles…pour le meilleur …comme pour le pire… »
Il passa son bras et sa cape autour des épaules de la jeune femme et continua :
« Je dénote quatre petites étoiles dont le scintillement m’intrigue…Seul l’avenir nous éclairera sur leurs destins.».
La jeune femme restait perplexe face à ces réponses incertaines mais décida pour lors de s’en contenter et continua d’observer ces étoiles si étranges dans le ciel… .
**** _________________ Fics:
Surprise: mise au point
Sur le même chemin: en préparation |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 22:54 | |
| [Trois années plus tard…]
Un fin rayon de lumière irradiait de sa douce chaleur un petit minois encore endormi. L’enfant, que cette lumière gênait, gigotait et se retournait dans son lit, émergeant peu à peu du pays des rêves. Un premier clignement des yeux…suivi d’un second précéda un long étirement suivi d’un bâillement à fendre l’âme. D’un bond, la petite fille sauta de son lit …pour très vite y regrimper d’un bond…à cause du froid mordant qui régnait dans la pièce. Elle attrapa de sa petite main une grosse couverture et s’y emmitoufla avant de redescendre du lit et grimper sur un gros coffre de bois situé sous la fenêtre. La petite fille écarta d’un revers de la main le rideau et observa le lever du soleil sur la plaine d’Irisia. Les rayons du soleil illuminaient la vaste étendue enneigée lui donnant la couleur de l’or et de l’amour. La petite fille adorait ce spectacle qu’elle nommait, selon les histoires de sa grand-mère, « l’arc-en-ciel des rêves ». En effet, Aelys se plaisait à dire que c’était grâce aux rêves d’enfants que la neige prenait cette teinte si colorée, si scintillante et si belle lorsque le soleil la caressait de ses premiers rayons.
C’était l’une de ses nombreuses histoires qu’Aelys aimait raconter à ses petits-enfants. Chaque soir, assise sur une peau d’ours devant l’âtre, la petite fillette aux longues boucles blondes dans les bras, entourée de trois petits garçons, elle narrait différents contes et légendes sous les regards bienveillants de Thaël et d’Angus qui adoraient entendre ses histoires qu’ils connaissaient par cœur.
Les récits de la vieille femme parlaient surtout des légendes de l’océan et d’un royaume situé sous la mer qui ravissaient toujours les quatre enfants au regard émeraude pétillant de malice…surtout la petite fille qui restait pendue aux lèvres de sa grand-mère.
La petite Crysta, du haut de ses trois ans, était une petite fille très douce mais terriblement turbulente…et d’une curiosité sans précédent ! Dès qu’elle fut en âge de parler…les questions commencèrent à fuser…aux grands damnes de son pauvre père qui ne savait pas toujours comment y répondre de façon à ce que la fillette puisse comprendre. Mais si elle aimait les histoires d’Aelys, il en valait de même pour celles de son grand-père. Les récits d’Angus relataient surtout son passé de chevalier dont l’armure trônait au dessus de la cheminée, et que chaque garçon regardait avec envie.
« Un jour, ce sera moi le guerrier d’alpha, Grand-Père !! », répétait souvent Willem, l’aîné de tous, à Angus.
Willem avait alors huit ans. Il était bon et courageux malgré parfois un sérieux manque de discipline et une trop grande tendance à ennuyer sa petite sœur. Angus souriait à chaque fois et caressait tendrement la tête de son petit-fils avant de lui répondre à chaque fois :
« Et ce jour-là, je serai fier…tout comme le seront Odin et le Dragon Noir ! »
Crysta observait toujours l’étendue enneigée quand soudain son frère jumeau s’extirpa de leur lit pour venir la rejoindre…le soleil l’avait lui aussi tirer de son sommeil. Il prit la main de sa sœur dans la sienne comme à leur habitude. Jamais on avait vu dans la région deux jumeaux aussi proches, il était rare de ne pas les voir ensemble. Corrin murmura quelque chose à l’oreille de Crysta pour lui faire naître un sourire, et d’un bond, sauter du coffre pour se diriger en courant vers la chambre de leur père que tout ce remue-ménage avait éveillé. Chacun de leur côté, ils grimpèrent sur le lit et vinrent se blottir dans les bras de leur père avec tendresse. C’étaient des petits moments de bonheur dont Thaël et ses enfants profitaient presque chaque matin.
Une belle journée s’ensuivit où les rires d’enfants illuminèrent une fois de plus le vaste manoir. Quand vint le soir, Aelys se mit à narrer la légende des « Sept Perles Noires » devant son auditoire toujours attentif. Elle n’avait prononcé que quelques phrases quand des coups assourdissants résonnèrent à la porte faisant sursauter les quatre enfants. Cependant, quand ils constatèrent la mine souriante de leur grand-père, les enfants se détendirent et regardèrent leur père se diriger vers la porte.
Thaël, en ouvrant la porte, poussa un cri de joie avant de se jeter dans les bras de leur visiteur.
« Lothar !!!Quel plaisir de te voir !! Ne reste pas dans le froid ! Entre ! »
« ONCLE LOTHAR !!!! », crièrent en chœur les quatre enfants en liesse en se précipitant vers leur visiteur. La petite Crysta vint directement se faire prendre dans les bras de son oncle.
« Bonsoir les enfants ! Vous avez tellement grandi que j’ai du mal à vous reconnaître ! » dit-il en caressant la tête des trois garçons avant de se tourner vers la fillette qu’il tenait dans ses bras.
« Surtout toi ma petite fée des neiges ! Tu es le portrait craché de ta maman ! »
Il n’en fallut pas plus pour provoquer l’apparition d’un sourire chez la petite Crysta. Aelys s’approcha alors et embrassa son fils sur les deux joues.
« Mon fils, viens donc te réchauffer auprès du feu. Le voyage n’a pas du être facile en cette période de l’année. Nous ne t’avons plus revu depuis un an, donne-nous quelques nouvelles d’Asgard. », fit-elle tout en l’installant dans un fauteuil.
Puis, elle se tourna vers les enfants et les empressa de monter se mettre au lit. Un grand « ohhhh » de contestation se fit rapidement entendre mais un rapide rappel à l’ordre de Thaël mit fin à la discussion. La petite Crysta déposa un rapide bisou sur la joue de son oncle avant de rejoindre sa chambre avec Corrin.
« Hé bien ! Quelle ambiance ! Vous ne devez pas vous ennuyer avec tout ce petit monde ! », déclara Lothar en souriant.
Thaël éclata de rire suite à cette remarque.
« Tu es bien loin de la vérité ! Ils sont adorables mais parfois…ils peuvent te rendre fous ! Si nos parents n’étaient présents…je ne sais pas ce que j’aurais fait ! »
Le fait de mentionner l’absence d’Anya fit naître un silence mélancolique dans la pièce. Thaël se pencha vers la cheminée, le regard perdu dans ses souvenirs. Ce fut Angus qui brisa le silence en donnant l’accolade à son fils adoptif.
« Anya serait fier de toi Thaël ! Elle vit à travers vos enfants…et Crysta lui ressemble tant de traits que de caractères…quoiqu’elle a hérité de toi, son goût de l’aventure et son tempérament impulsif », déclara-t-il en plaisantant.
Aelys arriva alors les bras chargés d’un plateau muni d’une quiche de pain et d’une assiette de potage bien chaud qu’elle déposa sur les genoux de Lothar.
« C’est le parfait mélange de ses deux parents ! Et croyez-moi, elle et Corrin n’ont pas fini de nous en faire voir ! Il n’y a qu’à regarder leurs frères…Willem et Gariël…Un jour, ces deux-là me feront faire un malaise avec leurs bêtises. Ils sont pires que vous deux à leur âge ! »
Cette référence à leur enfance fit éclater de rire Lothar et Thaël.
« Il est vrai que nous avions l’art de nous attirer les ennuis ! »
« Et comment ! Je me rappelle quand nous nous amusions à pêcher des grenouilles pour les glisser dans la bassine de bain d’Anya…mais plus encore des corrections qu’elle nous infligeait ensuite ! Ahhhh c’était le bon temps ! Puis nous sommes partis en formation …ce qui me fait penser au motif de ma visite ! »
Angus, de même que Thaël, eut un regard brillant d’intérêt.
« Thaël, tu es le meilleur maître d’armes de cette contrée. Et je sais aussi que tu es un conseiller de choix auprès du roi Eméras. »
« Où veux-tu en venir ? »
Lothar termina la soupe et tendit le plateau à sa mère qui restait attentive à la discussion aux côtés d’Angus.
« Le Seigneur Odin et la Déesse Freiya désirent élargir leur rang de guerriers. Nous soupçonnons pour l’avenir des problèmes avec le dieu Loki…Fenril s’est échappé de sa prison du Walhalla… »
Angus afficha une mine sombre.
« Qui est responsable de ce fait ? »
« Un lokien d’après ce que j’ai pu apprendre…mais j’ignore de qui il s’agit. »
« C’est une mauvaise chose ! Fenril est une vile créature dont les maléfices sont très difficiles à venir à bout ! Mes compagnons d’armes et moi l’avons pourchassé. Après beaucoup de peines et de souffrances, nous avons réussi à l’emprisonner mais ce fut au prix de terribles sacrifices parmi l’ordre des guerriers divins. L’un d’entre eux est d’ailleurs mort sous nos propres coups car Fenril l’avait envoûté par sa morsure démoniaque. Pauvre Durgin ! J’espère qu’il a pu accéder au Walhalla malgré son maléfice…J’avais beaucoup d’estime pour lui … »
Une lueur de tristesse assombrit soudain les yeux émeraudes d’Angus.
« Oncle Bëor m’avait raconté cette histoire pendant mon apprentissage. J’en avais parlé un jour avec la déesse qui m’avait dit que Durgin festoyait à présent avec nos ancêtres. Tu peux être rassuré, Père !
Ceci dit, nos dieux pensent que Fenril mettra plusieurs années avant de se manifester…Sa prison l’a fortement affaibli. Aussi…le temps des guerriers divins est revenu ! »
Lothar posa son regard sur l’armure divine d’alpha avant de le reposer sur son frère de cœur qui sortit de son silence.
« Qu’attends-tu de moi au juste ? »
« N’es-tu pas un guerrier d’Odin ? »fit Lothar en souriant.
Thaël se crispa.
« Si faible…que je me sens indigne de porter cette armure en l’honneur d’Odin. Je n’ai rien de comparable à notre père ou même face à toi, Lothar ! Et depuis le temps, l’armure ne voudrait plus de moi. Je suis indigne de la porter. »
Alors qu’Angus allait dire quelque chose, Aelys s’approcha et prit les mains de Thaël dans les siennes. Elle arborait un léger sourire et plongeait son regard azuré dans celui du jeune homme.
« Il est temps, mon fils ! J’ai eu les mêmes doutes que toi. Je ne me sentais pas digne de porter mon écaille des mers. Ma déesse m’a dit à ce moment-là que seule l’armure choisit son porteur légitime. Tu peux choisir de ne pas la revêtir mais l’armure ne choisit pas à la légère. L’armure nordique du Faucon t’a choisi…elle ne peut se tromper. La puissance d’un chevalier se reflète à sa vaillance et son courage. Il peut arriver qu’un simple chevalier surpasse un chevalier d’une classe supérieure…tout dépend de sa foi et de son courage. Si tu te crois faible, tu le seras…mais je n’y crois pas ! Jamais tu n’as cessé de chercher à te surpasser. La nuit de la mort d’Anya…cette nuit-là…tu as dépassé tes propres limites par ton chagrin et ta douleur. Endosse ton armure et sert ton dieu…comme nous l’avons fait jadis. »
Thaël s’approcha de la cheminée et contempla les flammes silencieusement. Son regard voyait les flammes mais son esprit était ailleurs. Au bout de longues minutes d’attente, il poussa une petite pierre de la cheminée. Un « clic » sonore retentit et un panneau de pierre glissa pour dévoiler la clothbox de l’armure du faucon qui attendait là depuis des années.
Une aura bleutée se dégagea de l’armure et vint entourer Thaël qui caressait la boîte animée d’une douce chaleur.
Lothar souriait.
« L’armure semble heureuse de te revoir. Mon frère, je n’attends pas de toi que tu te battes…du moins pas pour l’instant. »
« Pour quelle raison as-tu besoin d’un guerrier divin dans ce cas ? »
Lothar avait toujours son sourire si énigmatique sur les lèvres.
« Pour la plus noble des missions, je désire que tu prennes des apprentis susceptibles de devenir des guerriers divins. J’ai en tête déjà un jeune garçon très prometteur qui se prénomme Alexer. »
« Es-tu sûr que je suis le plus qualifié pour une telle responsabilité ? Je veux dire…tu me confierais des apprentis…à moi ?...qui n’ai jamais prouvé ma valeur ? …qui n’a jamais su se montrer digne de l’honneur qui me fut donné de servir Odin ? » rétorqua Thaël d’un air sceptique.
Lothar haussa les épaules et leva les yeux vers le ciel en signe d’exaspération. _________________ Fics:
Surprise: mise au point
Sur le même chemin: en préparation
Dernière édition par le Jeu 22 Nov 2007 - 0:12, édité 3 fois |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 23:03 | |
| « Tu es plus borné que…que… »
« Votre père ! » trancha Aelys avec une lueur amusée dans les yeux.
Angus toussota bruyamment pour marquer le fait qu’il n’était pas d’accord avec elle mais lui adressa discrètement un clin d’œil. Ceci fit fondre la tension régnant dans la pièce en déclenchant un fou rire général. Mais Lothar revint très vite à la charge.
« Je sais que tu es plus que qualifié ! Tu as un don inné pour enseigner ton savoir. Il suffit de regarder comment si jeune tu as acquis la confiance du roi Eméras et comment tu as réorganisé son armée. De plus, mettrais-tu en doute l’enseignement de notre père ? N’oublie pas que ce fut lui ton maître. Il t’a enseigné tout son savoir, c’est maintenant à toi de le transmettre. J’ajoute que la Déesse Freiya approuve mon choix et t’accorde toute sa confiance…Peu peuvent prétendre à cette honneur, Thaël. »
« Voudras-tu encore de moi mon armure après toutes ses années? » murmura le jeune homme en s’adressant à l’armure, oubliant complètement les trois personnes autour de lui.
Comme pour répondre à sa question, la clothbox s’ouvrit, laissant apparaître dans une nuée d’un bleu argenté l’armure du faucon. Un cri de faucon résonna dans la tête de Thaël tendit que l’armure quitta sa boîte pour venir à la rencontre de son porteur et ne faire qu’un avec lui.
Angus et Aelys regardaient, émus, le chevalier de nouveau en paix avec lui-même qui se dressait devant eux. Lothar, quant à lui, approuvait d’un hochement de tête. Thaël se sentit rajeunir de dix ans. L’armure vibrait au rythme de son propre battement et l’imprégnait d’une douceur chaleur. Elle semblait lui dire à quel point il lui avait manqué et Thaël ressentait exactement la même chose. Il sentait à nouveau la joie indescriptible qu’il avait ressentie lorsqu’il avait obtenu son armure. Sortant de sa rêverie, il se tourna vers Lothar et mit solennellement un genou à terre devant lui.
« Je te suivrai à Asgard, Grand-Prêtre , et me montrerai digne de la tâche qui m’est assignée ! »
« J’aimerais également que Willem et Gariël fassent partie du voyage. »
Thaël se raidit malgré lui. Il en avait presque oublié ses enfants !
« Quoique je connaisse déjà leur réponse, tu devras leur demander toi-même. Par contre, je m’apprête à partir pour Asgard…en laissant Corrin et Crysta…Ils sont si jeunes ! Ils auront plus que jamais besoin de vous ! » dit-il en regardant ses parents adoptifs avec une inquiétude qui s’évanouit dès qu’il eut croisé leurs regards bienveillants.
« Ne t’inquiète pas ! Nous nous en occuperons comme nous l’avons fait avec vous jadis ! Pars l’esprit en paix ! »
« Merci, Père. »
« Quant à Corrin…,, commença Lothar d’une voix lente et un éclat brillant dans les yeux, , j’ai quelques projets pour lui. Mais il est trop tôt pour en parler…Quoi qu’il en soit…tu as quatre enfants avec de grands potentiels, mon frère. Et je pense que ce seront les jumeaux qui nous réserveront d’étonnantes surprises. On peut sentir le lien invisible qui les unit, ce sera une de leur force. Oui, d’étonnants enfants pleins de promesses. » termina-t-il avec un sourire et le regard perdu dans un avenir hypothétique.
Thaël sourit à cette remarque.
« Tu me diras…Ils ont de qui tenir ! », rétorqua-t-il en dévisageant leurs parents.
« Des « cœurs à double face »…partagés entre le Froid du Nord et la Douceur de l’Océan. »
Aelys eut un sourire triste.
« La Douceur de l’Océan…encore aujourd’hui…Elle est presque palpable. Je la ressens moins depuis la perte d’Anya qui aimait autant que moi l’océan et ses secrets engloutis. Votre force réside dans cette étrange alchimie qui est née de votre père et moi. Mais, je vous le répète. Vous êtes les seuls à savoir mes origines et…pour le bien de tous…cela doit le rester. Je ne doute pas que vous en comprenez les raisons. Pardonnez-moi ! » dit-elle avant de quitter la pièce précipitamment, une main sur sa bouche, et les yeux se chargeant de larmes.
Les trois hommes la regardèrent s’éloigner et n’osaient plus prononcer un mot. Angus prit enfin la parole tout en commençant à se diriger vers l’escalier.
« C’est toujours difficile pour votre mère de parler ouvertement de ses origines. Ne lui en veuillez pas. Bonsoir à vous deux ! »
Lothar et Thaël prirent eux aussi la direction de leur chambre qu’ils allaient partagés pour la nuit. Angus pénétra dans la sienne et vit Aelys pelotonnée dans ses couvertures, parcourue de légers soubresauts. Il savait que pour la vieille marinas, son passé avait laissé un vide douloureux dans son cœur. Si le fait de propager la culture atlante l’emplissait de joies, parler de son passé de marinas faisait ressurgir de vieilles plaies douloureuses qu’il valait mieux ne pas réveiller trop souvent.
Il s’allongea à ses côtés et l’entoura de ses bras avec douceur ce qui eut pour effet de stopper les sanglots.
« Ils n’ont pas dit cela pour te faire de la peine…C’était même tout le contraire. Ils sont fiers de ce que tu es, ma chérie, alors pourquoi ces pleurs ? » murmura-t-il avec douceur.
« Je sais qu’ils sont fiers de toi, de moi…Mais…S’ils savaient quelle piètre marinas j’ai pu être jadis. Par trois fois…par trois fois…j’ai perdu des êtres qui m’étaient chers…et je n’ai rien su faire. Aveuglée de rage, j’ai permis à Neptune de capturer ma propre Déesse. J’étais faible…Je ne méritais pas cette écaille…J’ai failli à ma mission…par manque de sagesse…Il n’y a pas de quoi être fier de moi ! »
« Je pense avoir deviné de qui Thaël a hérité son discours absurde de mériter ou non son armure… » risqua-t-il sur le ton de la plaisanterie. Aelys resta silencieuse.
« Aelys…Jamais tu n’as abandonné Poséidon…Même pendant ton exil, tu lui es restée fidèle…Tu as su transmettre ta foi à Anya qui était une marinas dans son cœur …Tu as transmis tes traditions, ta culture, ton savoir de marinas à nos enfants. Et…les guerriers divins te doivent beaucoup ! Je sais quelle puissance t’habite mais surtout…je sais que depuis que je te connais…jamais tu ne l’as employé à mauvais escient. Tu as fait des erreurs dans le passé…Tu t’es toi-même exilée en guise de pénitence…Alors, cesse de te culpabiliser…Les erreurs sont humaines…Tu as assez pleuré les erreurs du passé… Je te connais de grandes et merveilleuses réussites dont tu peux être fière… »
Aelys, dont les larmes ne coulaient plus, se tourna alors vers lui.
« Quoi ? »
Angus l’embrassa avec tendresse et lui murmura d’une voix douce à l’oreille deux mots qui eurent pour conséquence de provoquer une nouvelle étreinte de la part d’Aelys dont les larmes venaient de recommencer à jaillir de plus belle. Mais Angus souriait et caressait délicatement les longs cheveux blancs de sa « Sirène des Neiges » et, il remerciait chaque jour Odin…et Poséidon de l’avoir rencontrée à moitié morte de froid lors d’une lointaine nuit d’hiver… .
****
Au petit matin, la première chose que firent Thaël et Lothar fut de présenter leur excuse auprès d’Aelys. Mais celle-ci avait déjà oublié et leur affirma qu’ils n’avaient rien à se faire pardonner. Il s’ensuivit le repas de famille qui prit une allure inattendue pour les quatre enfants.
« Mes enfants, je vais devoir partir et accompagner votre oncle Lothar à Asgard. »
Des cris de surprise se firent entendre mais les jumeaux, encore trop jeunes, ne comprirent pas tout de suite les paroles de leur père.
« Willem…Gariël…Voulez-vous nous accompagner et suivre l’entraînement pour devenir des guerriers divins ? »
Deux cris d’enthousiasmes percèrent brusquement les tympans de Lothar.
« Plus que jamais Mon Oncle !!! » répondirent-ils en chœur.
Corrin comprit alors ce qui se passait et afficha un sourire triste. Angus le remarqua et lui tapota l’épaule en signe de réconfort.
« Un jour, ce sera ton tour ! »,murmura-t-il à l’oreille du jeune garçon qui adressa un regard reconnaissant au vieil homme.
Crysta, elle aussi, semblait avoir compris. Elle descendit de sa chaise et vint tirer les pans de la chemise de son père qui la prit alors sur ses genoux. Les yeux de Crysta étaient brillants et tristes. Thaël sentait son cœur se fendre en deux sous le regard de sa fille.
« Qu’y a-t-il ma petite Fée des Neiges ? »
Il savait parfaitement ce qui n’allait pas. Il devina la phrase que la fillette murmura faiblement :
« Tu vas…partir ? »
Son père l’embrassa sur le front et fit venir auprès de lui Corrin qui était resté sur sa chaise. Le petit garçon prit place sur le second genou de son père. Thaël entoura de ses deux bras les deux petits enfants qui se regardaient les yeux chargés de larmes.
« Ecoutez mes petits anges…Je dois partir avec votre oncle. C’est mon devoir. Je ne peux pas refuser d’y aller. Willem et Gariël vont nous accompagner parce qu’ils sont assez âgés pour le faire. Mais, vous mes petits anges, vous êtes encore trop petits. Vous allez rester ici auprès de Grand-Père et de Grand-Mère. Nous viendrons vous rendre visite aussi souvent que nous le pourrons. Quand vous serez assez grands, je vous promets de vous emmener voir Asgard ! »
Pour toute réponse, les deux enfants se mirent à sangloter et s’accrocher au cou de leur père.
« On veut paaaaaas !!! »
Il fallut de longues minutes pour permettre à Thaël de calmer les deux jumeaux. Les cris de leur frère et de leur sœur avaient freiné les éclats de rire et d’enthousiasme de leurs frères aînés. Ces derniers préférèrent se taire et attendre la fin des pleurs.
Les pleurs essuyés, calmés et maîtrisés, ils terminèrent tous leur repas. Thaël commença alors à préparer les chevaux et les poneys qui transporteraient leurs bagages. Willem et Gariël, surexcités, ne cessaient d’aller et venir en courant dans les couloirs, passant en coup de vent devant Corrin et Crysta qui erraient main dans la main ne sachant pas vraiment où se diriger. Aelys passa auprès deux et leur demanda de la suivre. Elle tenait un étrange objet dans les mains qu’ils n’avaient jamais vu auparavant.
Son corps courbé brillait avec autant d’éclat que la neige irradiée par la lumière de la lune. Plusieurs fils de cette même teinte argentée parcouraient l’objet. La lumière du soleil se reflétait à leur surface comme une myriade de minuscules petites étoiles. Sur le socle d’argent, un trident d’or étincelait de milles feux. La vieille femme s’assit sur le fauteuil devant l’âtre, le mystérieux objet posé sur ses genoux.
« Qu’est ce que c’est ? », demanda Corrin qui s’était assis aux pieds d’Aelys, sur la couverture d’ours.
« Cela s’appelle une lyre. »
« ça sert à quoi ? » demanda alors Crysta.
Pour toute réponse, Aelys ferma les yeux. Avec des gestes lents et précis, elle positionna ses dix doigts sur les différentes cordes de l’instrument. Puis, avec une grâce presque oubliée, les doigts virevoltèrent sur les cordes dans un ordre précis…une douce musique s’en échappant sous les regards émerveillés des deux jumeaux.
Jamais la petite Crysta n’avait entendu un son si joli. Elle ferma les yeux et, au rythme de cette musique qui la faisait frissonner sur certaines notes, son esprit fertile se mit en marche. Elle imaginait un royaume sous la mer décrit si souvent par sa grand-mère. Elle pouvait presque sentir une agréable odeur mi-salée, mi-sucrée qu’elle ne connaissait pas mais qui lui semblait étrangement familière. Elle imaginait ses dames magnifiques dotées d’une queue de poisson parées de leurs coquillages, de leurs bijoux, jouant avec des poissons siffleurs géants qu’Aelys appelait « dauphins ».
Corrin, aussi, sentait son esprit s’évader. Il voyait de longues étendues vertes balayées par le vent, telles les vagues ondulant à la surface de la mer. Il imaginait une horde de chevaux galopant plus vite que le vent. Il imaginait Irisia parée de ses atours d’été éphémère. Il pouvait presque sentir le parfum de l’herbe fraîche et des fleurs sauvages. Il pensait à ce pays, ces montagnes, ces forêts et cascades qu’il adorait. Il s’imaginait aussi cette contrée qu’il n’avait jamais vue mais dont son père et son grand-père lui avait parlé mainte et mainte fois…Asgard avec sa gigantesque statue dressée face à la mer.
Le temps semblait s’être arrêté dans la pièce enveloppée de cette étrange atmosphère de souvenirs enfouis et de rêveries infinies. Dans leur chambre, Willem et Gariël tendirent l’oreille. C’était un son qu’ils n’avaient plus entendu depuis des années. Intrigués, ils en recherchèrent la provenance…leur pas les menèrent dans la pièce principale de la maison. Sagement, ils s’installèrent auprès de leurs frère et sœur et écoutèrent avec délice la mélodie jouée par Aelys.
A l’extérieur, Thaël sellait les chevaux pendant que Lothar s’occupait d’attacher les bagages sur le dos d’une mule. Angus, quant à lui, préparait un sac contenant arcs, flèches et épées en cas d’attaques de brigands ou d’animaux sauvages durant le voyage.
« A part pour les garçons, ce sac ne servira à rien pour vous deux ! » déclara-t-il en l’attachant à l’arrière du cheval de Lothar.
« On n’est jamais assez prudent, père. Et puis, le voyage risque d’être long en cette période de l’année. Ça nous laissera de quoi occuper les garçons…leur apprendre quelques rudiments de combat, ne leur feront pas de tort. »
Thaël se mit à rire.
« Lothar, tu as un peu de retard. Notre père s’en est déjà occupé depuis qu’ils sont en âge de tirer à l’arc…D’ailleurs, je te suggère de leur laisser la tâche de chasser. Cela fait longtemps qu’ils sont devenus plus rapides et habiles que moi. Et…je te sens légèrement « rouillé » de ce côté » dit en lançant un clin d’œil à l’adresse de son frère.
« Oserais-tu dire que je ne sais plus tirer à l’arc, espèce d’effronté ?! » s’écria Lothar l’air faussement indigné.
« C’est précisément ce que j’essaie de te dire ! » rétorqua Thaël du tac au tac. _________________ Fics:
Surprise: mise au point
Sur le même chemin: en préparation
Dernière édition par le Jeu 22 Nov 2007 - 0:29, édité 1 fois |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 23:05 | |
| Lothar s’apprêtait à répondre quand il entendit une musique à l’intérieur de la maison.
« Ecoutez ! »
Angus terminait sa tâche en affichant un sourire sur son visage.
« Cela fait beaucoup de bien de l’entendre à nouveau. Votre mère avait perdu l’envie d’en jouer depuis la mort d’Anya. Il semble qu’elle l’ait enfin retrouvé pour notre bonheur.»
Les trois hommes, qui en avaient terminé, rentrèrent et découvrirent le tableau touchant qui s’offrait à eux devant la cheminée. Aelys cessa enfin de jouer et adressa un petit sourire aux trois hommes dans un coin de la pièce. Les enfants semblaient avoir les yeux remplis d’étoiles et restaient admiratifs et silencieux. Toutefois, les jumeaux brisèrent le silence et demandèrent d’une même voix :
« Tu nous apprendras ? »
Aelys acquiesça joyeusement provoquant deux bonds et la réception d’un bisou sur chaque joue de la part de Corrin et Crysta.
Thaël mit cependant fin à tout cela en sonnant l’appel du départ. Willem et Gariël filèrent dans leur chambre chercher leur sac de voyage et redescendirent plus vite qu’un éclair. Après avoir embrassé Angus, Aelys, Crysta et Corrin, ils se précipitèrent dehors et grimpèrent sur leur monture, prêts à partir.
Les « au revoir » furent plus déchirants pour les deux « petits » qui ne purent retenir leurs larmes. Pour Thaël, le moment était difficile aussi. Il aurait voulu emmener ses enfants avec lui…mais c’était hélas impossible.
« Veille sur ta sœur ! » dit-il à l’adresse de Corrin qui le promit à son père.
« Quant à toi, ma petite Fée des Neiges, veille aussi sur ton frère et reste toujours douce et gentille. Grand-mère et Grand-père resteront toujours auprès de vous. Je tâcherai de revenir le plus souvent possible.
Je vous les confie ! Prenez soin d’eux ! » finit-il en s’adressant à ses parents.
« Pars tranquille…Chevalier ! », dit Angus en montrant la clothbox toujours posée sur la cheminée à côté de la sienne. Son apparition avait suscité de nombreuses questions de la part des enfants mais Thaël était resté discret sur le sujet. Il leur avait juste dit que l’armure était la sienne sans entrer dans les détails malgré les insistances de Willem et Gariël.
Il prit la clothbox sur ses épaules et sortit de la maison. Tout le monde était prêt, on n’attendait plus que lui. Il attrapa les rennes de la mule et lança le signal du départ. Il avait décidé de faire le voyage à pied, afin de ne pas surcharger une autre monture avec le poids de son armure. Crysta et Corrin regardèrent longtemps le convoi s’éloigner dans l’immensité blanche…jusqu’à ce qu’elle disparaisse à l’horizon. Ils se sentaient très seuls désormais... .
****
Le soleil se levait sur la belle contrée d’Irisia. Tapissée d’un épais manteau blanc immaculé, elle resplendissait au soleil telle une mer de diamants. Les sapins et les vallées donnaient du relief à ce pays enclavé entre les montagnes voisines du royaume d’Asgard. Les cascades figées par le froid ne s’écoulaient plus, s’étaient tues le temps du long hiver qui touchait à son terme.
Les rayons du soleil commençaient doucement à réchauffer l’atmosphère et la couche de neige diminuait de jour en jour. Très bientôt, les premières pousses de ce qui deviendrait une plaine verdoyante où s’ébattent les chevaux sauvages apparaîtraient à la surface.
Dans ce paysage montagneux encadré d’une épaisse forêt de conifères, une grande bâtisse faite de chaumes, de pierres et de rondins de bois surplombait un petit village. Une épaisse fumée blanche s’échappait de la cheminée et le hennissement de chevaux résonnait dans une écurie toute proche.
Un bruit répété se répercutait dans le vaste manoir. De l’extérieur, il était possible de distinguer un éclair doré passer rapidement au niveau des fenêtres givrées par le froid. Une petite fille n’ayant pas plus de 5 ans courait d’un bout à l’autre de la maison, faisant virevolté de longs cheveux blonds dorés comme le soleil. Ses pas précipités résonnaient en écho sur le plancher et la pierre noire qui recouvrait le sol. La maison semblait vide…pas une âme à l’horizon.
Essoufflée, elle s’arrêta contre un escalier de marbre noir zébré de stries blanchâtres.
« Grand-mère !!!...Où es-tu ??!!! …Grand-mère !!! » criait-elle à plein poumon...n’obtenant pour réponse que le silence glacial de la maison vidée de ses occupants .
**…Peut-être…sous la maison de pierre…** pensa la fillette avant de se précipiter du même pas cadencé vers l’extérieur, dans le froid glacé qui la prit par surprise.
Mais qu’importe, la fillette n’en était pas à une première escapade dans le blizzard. Combien de fois son Grand-Père ne l’avait-il grondée pour être sortie seule dans le froid ? La fillette, têtue et butée, ne les comptait plus. Elle voulait retrouver sa grand-mère et était prête à risquer de s’enrhumer pour cela ! La jeune enfant était presque certaine de trouver sa grand-mère sous un kiosque de pierre au fond du jardin qui jouxtait un petit ruisseau.
Tandis qu’elle marchait dans la neige, ses membres s’engourdissaient et ses lèvres virèrent au bleu. Mais, plus elle se rapprochait du kiosque où une silhouette agenouillée se dessinait peu à peu, plus une douce chaleur se faisait ressentir. Autour de la personne, une étrange lumière bleue brillait. Le ruisseau, qui en cette saison était figé par la glace, s’était réveillé par la chaleur de cette aura et s’écoulait doucement...répandant une douce musique dans le jardin.
Aelys, ancienne marinas de la Néréide, priait les yeux clos, son Seigneur des Sept Mers. Chaque jour, le rituel restait le même depuis son arrivée à Irisia. Elle remerciait la bonté de son Seigneur et priait pour le salut et la protection des siens.
** Ô Grand Seigneur Des Sept Mers…Sois remercié pour ta bonté…Veille sur ma famille et accorde leur tes bienfaits…**
La petite tête blonde essaya de se rapprocher en silence. Sa grand-mère semblait si paisible et si concentrée sur sa prière qu’elle n’osait la déranger. Mais le froid était mordant et l’enveloppait totalement. Elle grelottait, tremblait de la tête aux pieds. Très vite, des claquements de dents se firent entendre amenant un sourire sur le visage d’Aelys qui gardait toujours les yeux clos.
« Si ton Grand-Père t’aperçoit dehors dans cet accoutrement, il va encore te gronder…Crysta ! »
La petite fille sursauta.
« Comment savais-tu que j’étais là ? »
Aelys se retourna et lui sourit :
« Tes claquements de dents ne trompent pas…Quelle idée de sortir dans ce blizzard ! Sais-tu que tu aurais pu te perdre si la neige était venue à retomber comme hier soir ?...Parfois…Je me demande où tu as la tête, ma chérie…Viens donc te réchauffer près de moi » sermonna Aelys d’un ton doux et maternel, une lueur rieuse dans le regard.
La fillette s’approcha doucement de sa grand-mère dont la chevelure dorée d’antan avait laissé place à une longue natte argentée. Plus elle approchait d’Aelys, plus Crysta se sentait frissonner de bien-être grâce à une chaleur qui la parcourait et dont elle ignorait la provenance. L’aura d’Aelys n’avait pas faibli et, quand la jeune enfant fut enfin dans ses bras, elle le déploya encore plus intensément pour les réchauffer toutes les deux.
Crysta, avec un air admiratif, lui demanda de sa petite voix :
« C’est quoi cette lumière Grand-Mère ? Elle est si douce et si chaude…tout comme toi…et je la vois souvent quand tu viens ici… » fit-elle en fermant les yeux et en se blottissant dans les bras d’Aelys.
Aelys réfléchit à une réponse suffisamment simple pour que la fillette puisse comprendre.
« Tu connais déjà cette histoire mais…Par delà notre beau royaume d’Irisia, entouré de ses blanches montagnes, s’étend un autre royaume bien plus grand et plus majestueux que ceux qui existe dans les rêves des hommes… »
La petite fille qui adorait les histoires s’assit face à sa grand-mère enveloppée dans un épais manteau dont Aelys l’avait couverte. De grands yeux émeraude fixaient l’ancienne marinas avec une attention redoublée. Aelys poursuivit son récit :
« Ce royaume s’étend sur l’ensemble des Sept Océans qui recouvrent notre Terre … »
« Je me suis toujours demandée à quoi cela pouvait bien ressembler en réalité l’océan … »
« Imagine un grand lac d’eau salée dont tu ne pourrais voir ni le fond ni les contours…L’océan est une vaste étendue d’eau …un horizon bleu qui s’étend à perte de vue…Il recèle à la fois les plus belles merveilles du monde et les pires dangers…Sa nature est belle et sauvage…Audacieux, courageux et parfois même inconscients sont les hommes qui partent à sa découverte…
Un grand Seigneur régente ce monde. Sous la surface de l’eau, au fond des océans sur une plaine de sable blanc, il a bâti la plus belle cité du monde…où tout a le reflet de l’or, du marbre et du nacre. Son peuple est prospère et aime profondément leur Seigneur qui n’est autre que le dieu des Océans et des Rivières : Poséidon. »
La petite Crysta répéta à voix basse le nom de ce dieu qu’elle n’entendait pourtant pas pour la première fois. Sa Grand-Mère lui en avait déjà tant parlé. Elle connaissait aussi bien sûr Odin car il était de tradition dans sa famille et à Irisia de servir ce dieu du royaume d’Asgard. Son père et ses frères étaient partis depuis deux ans pour le servir de leur mieux. Pour Crysta, elle n’avait pas encore saisi cet engouement…la notion de divinité… devoir respecter un être supérieur…Cela n’avait pas encore de réelles significations pour elle.
« Il est comment Poséidon ? Comme le Seigneur Odin ?»
« Il ressemble au Seigneur Odin, c’est vrai. Ce sont tous les deux, des dieux qui ont beaucoup d’affection pour leurs sujets. Poséidon est doté d’un caractère très mystérieux. Il est très difficile de deviner ses pensées. C’est un dieu bon et généreux, et pour quand tu seras en âge de comprendre, le plus grand séducteur du monde., fit Aelys avec un léger sourire. Je ne connais pas de dieu d’une telle grandeur. Même si parfois il se met en colère, et alors l’océan subit une forte tempête, il demeure un grand Seigneur d’Ame et de Cœur. Chaque jour, je le prie et le remercie de m’avoir accorder la chance d’arriver en Irisia…sans quoi…tu ne serais pas là »
Crysta resta silencieuse tout en tâchant d’assimiler les paroles d’Aelys. Elle ne comprit pas tout mais très bien que sa grand-mère aimait beaucoup ce dieu qu’elle priait avant tant d’ardeur.
« Tu le connais bien ? Tu l’as déjà vu ? »
A ces questions, un voile de tristesse passa dans le regard de la vieille femme.
« Oui…mais c’était il y a très longtemps…Je ne connaissais pas encore ton grand-père. »
Le froid redoublant d’intensité, Aelys intensifia son doux cosmos, laissant apparaître de petits scintillements turquois autour d’elle et au dessus du ruisseau. Une agréable chaleur réchauffa le visage de Crysta qui restait émerveillée par cette étrange lumière.
« Ooohhhh…Qu’est ce que c’est ?...C’est toi qui fait ça ? »
Aelys sourit légèrement.
« J’arrive à la fin de mon explication. Vois-tu, si on possède une sagesse suffisamment développée…les dieux semblent nous accorder un peu de leur pouvoir…celui d’utiliser l’essence même de la vie…on appelle cette énergie « le cosmos »... un guerrier l’utilisera pour se défendre ou porter des coups à son adversaire…comme ton Grand-Père utilisait le sien lorsqu’il était guerrier divin d’alpha…un sage ou un prêtre l’utilisera pour faire le bien autour de lui…Ce cosmos sommeille en chacun de nous…Certains parviennent à le réveiller grâce à leur foi, leur amour en leur dieu ou par la seule force de leur volonté…d’autres n’y arriveront jamais…Cette lumière que tu vois, c’est le pouvoir de Poséidon qui ne me quitte jamais. »
Crysta resta bien pensive et semblait se poser des questions.
« Mais…Grand-Mère…tu n’es pas un guerrier, ni un prêtre, ni une sage…comment ça se fait alors que tu as un… cosmos ?... »
« Ahhhh…Ceci, c’est une autre histoire ma chérie...peut-être te la conterais-je quand tu seras plus grande… »
Premièrement déçue par la réponse, Crysta se mit à sourire et demanda avec enthousiasme :
« Je pourrai avoir un cosmos aussi un jour ? et rencontrer Poséidon ? »
Aelys resta silencieuse un instant, puis avec un clin d’œil malicieux répondit :
« Peut-être…seuls les dieux et Poséidon peuvent le savoir… »
Aelys savait que c’était vrai. Poséidon, lorsqu’elle n’avait encore que sept ans, avait déjà compris qu’elle deviendrait plus tard la porteuse de l’écaille de la Néréide…Oui…les dieux étaient réellement les seuls à savoir.
Crysta, la mine décidée, déclara alors :
« J’en aurai un, un jour !...et j’irai voir Poséidon !...Il doit être très gentil pour que tu l’aimes autant…Pourquoi les autres ne le prient pas comme toi ?... »
Aelys sourit et caressa avec tendresse les boucles blondes de la fillette.
« …Ton Grand-Père, ton père et tes frères ont choisi le dieu de leur cœur…qui est Odin comme la majorité des gens de notre pays…il faut respecter ce choix…Mon cœur est et sera à jamais tourné vers l’Océan et Poséidon…Eux seront tournés à jamais vers Asgard et Odin…Cela dépend de notre destin à chacun…Toi aussi, tu feras ton choix un jour…mais l’heure n’est pas encore venue…car tu es encore trop jeune …ce choix gouvernera toute ta vie…personne n’a pour cela le droit de t’influencer…ni moi…ni ton père…ni tes frères…Un jour, tu sauras…et tu feras ce choix dans ton cœur… »
« Quand ? »
« …Le moment venu…Quand tu seras complètement à l’écoute de ton cœur, tu entendras ses murmures …Mais d’ici là, promets moi de ne parler de ton choix que lorsque celui-ci sera fait… »
La petite fille promit de ne plus en parler même si elle ne comprenait pas encore bien pourquoi.
« Bien ! Il est temps de rentrer. Grand-Père et Corrin vont s’inquiéter s’ils ne te trouvent pas dans la maison par ce temps. »
Avant de prendre le chemin de la maison, la vieille marinas ne pouvait s’empêcher de réfléchir.
** …Ton coeur est encore partagé entre Poséidon et Odin…Tes frères sont déjà du côté d’Odin…Même si Gariël a toujours été difficile à cerner… »
Mais…pour Corrin et Crysta, cela reste incertain…leurs destins ne sont pas encore définis…Je me demande bien ce que les dieux leur réservent…**
Crysta hocha de la tête et suivit sa grand-mère. Cette dernière lui laissa sa fourrure dans laquelle se blottit la petite tête blonde. Aelys affrontait le froid sans rien dire, tenant la petite main dans la sienne. Elle remerciait le ciel de lui avoir fait découvrir cette terre de paix qu’était Irisia.
Dernière édition par le Jeu 22 Nov 2007 - 0:45, édité 1 fois |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 23:09 | |
| Cela faisait maintenant deux ans que Thaël et les deux jeunes garçons étaient partis à Asgard. Thaël revenait tous les deux-trois mois prendre des nouvelles et en apporter de Willem, de Gariël et d’Asgard. Mais cela faisait six mois qu’il n’était pas revenu, et même si elle n’en disait rien, Aelys s’inquiétait. Elle espérait le revoir rapidement. Tout en marchant vers la maison, elle repassait en revue ces deux dernières années. Angus et elle avaient repris en main l’éducation des jumeaux. Chacun enseignant son propre savoir. Angus privilégiait les traditions irisiennes, l’apprentissage des runes, l’art de la chasse, de la pêche, de l’équitation et du tir à l’arc. Il dispensait même quelques fois des leçons de combat, plus particulièrement à Corrin…même si la petite fille insistait pour y participer aussi. Aelys, de son côté, enseignait toute l’étendue de son savoir Atlante, des traditions et légendes en passant par les sciences, la musique et la médecine. Elle était d’ailleurs très réputée en Irisia pour soigner différents maux où la médecine asgarde échouait. Corrin et Crysta avaient chacun leurs points forts. Corrin était très doué pour la lecture des runes, le combat à l’épée et les sciences atlantes. Crysta, quant à elle, excellait en médecine, musique et au tir à l’arc. Ce dernier point était d’ailleurs souvent un sujet à discussion entre eux deux car Corrin ne supportait pas se faire battre par sa sœur.
Toutefois, les disputes se terminaient toujours bien. Corrin apprit à sa sœur à mieux manier une arme tranchante comme une dague, tandis que Crysta lui prodiguait de précieux conseils pour améliorer sa technique à l’arc. Les gens du village ne les entendaient presque jamais parler car il était plus simple pour eux de communiquer par un simple regard. Ils étaient inséparables comme la nuit et le jour, la folie et la raison…la terre et le ciel.
Aelys repensait à tout cela en serrant la petite main dans la sienne, sur le chemin du manoir. A l’intérieur, de nouveaux bruits de pas saccadés résonnaient à vive allure. Quand elles arrivèrent dans la maison, Corrin se précipita vers elles.
« Crysta ! Mais où étais-tu ?! Grand-Père et moi t’avons cherché partout ! »
Il affichait une moue d’un genre grognon, les bras croisés sur le torse.
« Pardon, mon frère chéri ! J’ai été cherché Grand-Mère…dehors… »
« T’en rates pas une ! Si Grand-Père l’apprend tu vas encore te faire gronder! «
« Si j’apprends quoi ? , fit Angus en arrivant l’air faussement sévère. Dois-je comprendre que tu es encore sortie dehors sans te couvrir , jeune fille ? »
« Ben…Heuuu… »
« Ne la gronde pas ! Elle n’a pas eu froid ! Et elle m’a promis de ne plus recommencer ! » déclara Aelys en lançant un discret clin d’œil à la petite fille qui lui sourit de reconnaissance.
« Bon ! ça passe pour cette fois ! Allez derrière la grange, une surprise vous y attend. » fit Angus en laissant passer « l’ouragan » empressé d’aller voir la dite surprise. Il jeta une œillade à sa femme.
« Tu la gâtes trop ! J’ai toujours le mauvais rôle ! C’est toujours moi qui joue les Grands-Pères sévères…J’aimerais avoir le beau rôle de temps en temps aussi tout de même ! » fit Angus d’un air faussement indigné qui eut pour effet de déclencher un éclat de rire chez Aelys.
« C’est toi qui oses me dire ça ! Elle est bien bonne celle-là ! Mon chéri, rassure-toi…Tu n’as pas changé en trente ans…Toujours à être mené par le bout du nez par les enfants…plus encore par nos petits-enfants…Celui qui les gâte trop…ce n’est pas moi ! » répliqua Aelys avec un éclat de rire amusé face à l’air mi-amusé, mi-grognon de Angus. Elle s’approcha et vint l’embrasser sur le bout du nez avant d’ajouter :
« Tu devrais aller voir ce qu’ils mijotent avec leur « surprise » » dit-elle avant de s’éloigner.
Angus la regarda s’éloigner un sourire aux lèvres. Aelys avait raison, tout compte fait…Il faisait tout pour gâter Crysta et Corrin, et ces derniers le lui rendaient bien.
Il s’empressa de retrouver les enfants derrière la grange. Il pouvait déjà entendre leurs impressions et leur enthousiasme. Il les vit en train d’essayer les nouveaux arcs qu’il venait juste de fabriquer pour eux. Ils étaient finement travaillés de même que leur carquois pourvu d’une quinzaine de flèches neuves.
Les jumeaux s’exerçaient déjà sur leur cible fétiche au fond du jardin, une vieille souche d’arbre. Quand ils virent Angus arriver, ils se précipitèrent vers lui pour le remercier. Leurs vieux arcs étaient usés et trop petits pour eux. Ceux-ci conviendraient pour plusieurs années avant de rendre l’âme.
« Mes enfants, il y a deux raisons particulières à ce cadeau. La première …est que vos vieux arcs sont trop usés et trop petits. Mais surtout… »
Angus fit une pause et prit un air théâtral, qui, les enfants le savaient, était en général le signe d’un grand évènement. Quand le suspens fut à son comble, le vieil homme termina sa phrase.
« Le Grand Concours de Tir à l’Arc d’Irisia va se tenir la semaine prochaine dans la capitale ! »
Crysta fit un bond sur elle-même.
« On pourra y participer ??? »
Corrin leva les yeux au ciel face à la demande de sa sœur.
« On est trop jeune…On ne pourra pas ! …Ce serait trop beau ! » dit-il la mine déconfite.
Mais Angus affichait toujours un grand sourire.
« Hum…Cette année, un concours est organisé pour les jeunes enfants…Donc…vous êtes libres d’y participer si le cœur vous en dit ! … »
Il put voir les visages déçus se métamorphoser en une fraction de seconde mais avant qu’ils ne purent manifester leur joie, il poursuivit :
« De plus, je connais plusieurs personnes qui seront très fiers de vous voir y participer … » finit-il avec un air énigmatique.
Les jumeaux se regardèrent sans comprendre de qui il pouvait s’agir. Le sourire d’Angus les mit rapidement sur la voie. Ce fut Corrin qui comprit le premier.
« Père !!!! Père sera là !!! Willem et Gariël aussi ?...Et l’oncle Lothar ??? »
Le sourire d’Angus affirma ce que le jeune garçon savait déjà. Corrin poussa un cri de joie et prit sa sœur tout aussi joyeuse dans ses bras. Angus regardait les deux enfants d’un regard attendri. Leur joie était naturelle. Il y avait si longtemps qu’ils n’avaient plus vu leur père et leurs frères que cette nouvelle les rendaient euphoriques plus que de nature.
« J’ai reçu un courrier ce matin. Ils seront tous au Concours la semaine prochaine. Donc, je compte sur vous pour défendre l’honneur de notre famille et nous ramener un prix ! »
Les enfants hochèrent la tête d’un air déterminé et décidèrent de s’entraîner directement, décidés tous les deux à remporter la victoire. Angus les laissa et retourna dans le manoir prévenir Aelys de la nouvelle. Cette nouvelle réchauffait le cœur des enfants…mais il pressentait une autre nouvelle qui surement ferait plus de torts aux jumeaux…la présence, entre autres, de Lothar n’était pas anodine. Avant de retrouver la douce chaleur du manoir, il jeta un dernier regard à Corrin et sentit son pressentiment se renforcer davantage.
** Nous verrons…**
Crysta et Corrin étrennèrent directement leurs nouveaux arcs sur leur cible favorite. Corrin était surexcité par la nouvelle du retour de leur père. Il était tellement déconcentré qu’il n’arrivait pas à lancer une flèche correctement. Crysta, quant à elle, demeurait très silencieuse…comportement des plus étranges pour ceux qui la connaissait bien.
Son mutisme alerta Corrin qui se tourna vers elle qui affichait un visage fermé. Cela semblait étrange surtout qu’elle venait d’éclater de joie à l’annonce du retour de leur père.
« Crysta ? ça ne va pas ? ça ne te rend pas heureuse de les revoir ? »
Crysta fit naître un sourire sur ses lèvres.
« Non, ce n’est pas ça ! Je suis très contente que Papa revienne …mais… »
« Mais ? »
Crysta s’assit alors sur la vieille souche.
« Mais…je sais très bien qu’il va encore une fois repartir…et ça me rend triste…Qu’est ce que je vais devenir quand un jour il t’emmènera avec lui ? »
Corrin sembla surpris que sa sœur lui pose une telle question.
« Petite sœur...Rien ne dit que je vais partir un jour ! …Et puis, je te laisserai jamais toute seule !!! Je t’emmènerai avec moi !!! » déclara-t-il en se bombant le torse, cherchant à se faire plus grand qu’il ne l’était.
Son expression fit éclater de rire la fillette qui lui sauta au cou pour lui déposer un bisou sur la joue.
« Je t’adore, mon frère chéri ! », dit elle avant de murmurer à voix basse sur un ton taquin, mais…ne va pas imaginer me battre au grand Concours…"
Corrin voulut attraper sa sœur pour une séance de torture « chatouillis» pour lui faire payer ses derniers murmures mais Crysta fut plus rapide que lui.
« Je ne me laisserai pas battre par ma petite sœur. »
Crysta lui tira la langue.
« Petite…petite…Je suis née quelques secondes après toi…Je suis pas plus petite que toi !!! », rétorqua-t-elle.
Corrin allait maintenant piquer là où ça faisait mal…
« Peut-être pas en âge…mais en taille…Ahem… »
Des « feux rouges » commencèrent à apparaître sur les joues de la fillette.
« Et qu’est ce qu’elle a ma taille ??? »
Corrin, avec un grand sourire taquin, leva les yeux au ciel et répondit sur le même ton :
« Ohhhh riennnnn….Tu as de la chance…on dit que « ce qui est petit, est tout gentil » »
Crysta lança un regard noir à Corrin et s’écarta d’une dizaine de mètres.
« Tu vas pas m’en vouloir parce que je t’ai un peu ennuyée ? »
Crysta le regarda droit en face et jeta un coup d’œil vers le ciel. Un sourire naquit sur son visage. Sans rien dire, elle encocha une flèche, banda son arc et le pointa en l’air. Corrin la regardait perplexe…se demandant ce qu’elle cherchait à faire.
« Qu’est-ce qu… ? » allait-il dire quand Crysta libéra son tir. La flèche alla frôler les branches de sapin chargées d’une épaisse couche de neige situées juste au dessus de Corrin.
Ce dernier leva le nez dans la direction de la flèche et fut à moitié recouvert de neige. Il s’extirpa avec difficulté et entièrement frigorifié. Crysta, de son coté, avec du mal à garder son sérieux. Corrin prit un air offensé et fit mine de se diriger vers le manoir. Pourtant…lorsqu’il fut au niveau de sa sœur…une belle boule de neige jaillit de sa main pour venir s’aplatir au nez de la fillette. Après un fou rire général des deux côtés, une bataille de neige s’engagea…l’entraînement au tir à l’arc attendrait le lendemain matin… .
****
Tout le restant de la semaine, les deux enfants se levèrent aux premières lueurs de l’aube pour s’entraîner autant que possible. Crysta n’avait pas vraiment de problèmes pour viser une cible fixe tandis que Corrin montrait plus de difficultés. Pour les aider, Angus avait fabriqué deux sortes de cibles…un panneau fixe et un tronc d’arbre muni de quelques branches où Angus avait fixé des petits disques de bois au bout d’une corde. Les disques bougeaient au gré du vent ce qui donna plus de mal à la fillette.
Souvent, elle venait auprès de son frère. Elle lui montrait avec quelle force il devait bander l’arc, avec quels points de repères il devait viser, comment anticiper la trajectoire de sa flèche en fonction de la direction du vent… Après quelques conseils et démonstrations de sa soeur, sous l’œil attentif de leur grand-père, Corrin parvint enfin à toucher la cible en son centre. Crysta était fière de lui car elle savait que ça le peinait d’être en retard sur elle dans cette discipline.
« Je te l’avais dit que tu réussirais !!! »
« C’est grâce à toi ! Comment tu as compris tout ça aussi vite ? »
Crysta réfléchit un instant. Angus écoutait d’une oreille intéressée car il avait été aussi très surpris que la petite fille comprenne si vite à jouer avec le vent.
« Je te croyais plus observateur que ça, mon petit frère !! » dit-elle avec un sourire.
« Tu n’as qu’à regarder autour de toi ! »
Corrin eut alors une expression intriguée…Angus avait, quant à lui, un regard brillant.
« Ben oui ! Par exemple…quand tu regardes un faucon dans le ciel…il joue avec le vent pour se laisser porter par lui…il sait ainsi voler pendant longtemps sans se fatiguer et attaquer sa proie au moment où il le faut ! »
« Mais tu as compris ça toute seule ?! »
« Ben non…Grand-Père nous l’a expliqué en été quand on a vu un faucon plané au-dessus de la maison… Comme les flèches ont des plumes…elles jouent sûrement aussi avec le vent…alors quand j’en ai eu assez de rater ma cible …j’ai vu qu’en tirant un peu plus sur le haut ou sur le côté suivant l’origine du vent…je touchais plus souvent le rond en bois… »
Corrin réfléchit aux paroles de sa sœur…et après quelques minutes se fit la réflexion que ce n’était pas bête du tout…et essaya de prendre en compte la direction du vent…après un ou deux essais ratés…la troisième flèche fit « mouche » sur le bord externe du morceau de bois.
Angus lui demeurait pensif. Certes, ces deux petits-enfants n’avaient qu’un peu plus de cinq ans mais il devait bien reconnaître qu’ils possédaient une vive intelligence. Il n’était pas courant que des enfants de leur âge comprennent un principe du tir à l’arc aussi compliqué que celui que Crysta, avec ses mots, avait réussi à faire comprendre à son frère.
** Ces deux-là ne cesseront jamais de m’étonner ! Mais… je ne pensais pas que Crysta se rappellerait cette histoire sur les faucons…Décidément, je crois que le Concours sera intéressant !** _________________ Fics:
Surprise: mise au point
Sur le même chemin: en préparation
Dernière édition par le Jeu 22 Nov 2007 - 1:02, édité 1 fois |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 23:15 | |
| Le jour du concours arriva enfin. Angus et les enfants étaient partis l’avant-veille pour la capitale. Ils s’installèrent dans une auberge avant de partir s’inscrire au tournoi. Pour cette compétition, les enfants et jeunes adolescents furent à l’honneur. Il y avait 2 catégories de participants : les enfants âgés de moins de dix ans et les plus âgés qui ne dépassaient pas dix-sept ans. Si les jumeaux étaient pressés de débuter la compétition, ils n’en étaient pas moins impatients de revoir leur père et leurs frères. Mais ces derniers n’étaient pas encore présents.
Le concours prenait place dans une vaste prairie où plusieurs cibles étaient disposées les unes à côté des autres. Des gradins avaient été érigés face à l’aire de tir. Le roi Eméras et un jeune garçon à ses côtés y étaient installés ainsi que d’autres membres de la Cour. C’est là qu’Angus vit Lothar et Thaël, installés aux côtés du roi. Willem et Gariël se tenaient à côté des gradins accoudés sur la balustrade. Crysta et Corrin qui étaient déjà sur l’aire de tir ne semblaient pas les avoir vus.
Les deux enfants étaient dans deux groupes différents…le gagnant de chaque groupe irait en finale. Avant de lancer leur première flèche, Corrin et Crysta se lancèrent un regard chargé d’encouragements…ils se souhaitaient mutuellement de se rejoindre au dernier tour de la finale. Une musique de cordes pincées qui se tendent et se relâchent commença à se faire entendre. La foule encourageait les enfants avec chaleur. Parfois, on entendait un pleur, un cri de douleur…un doigt foulé…un poignet cassé…les petites blessures n’étaient pas exclues…et les enfants les plus jeunes abandonnèrent rapidement. Mais les jumeaux continuaient de passer les tours et de se rapprocher de la finale. Crysta, sur les cibles fixes, n’avait pas beaucoup de problèmes et atteignait le centre de la cible dans la majorité des cas. Corrin, quant à lui, avait plus de mal…Ses adversaires, plus âgés, semblaient plus adroits mais il mettait en application, les conseils de sa sœur et parvenait toujours in extremis à devancer son adversaire.
La fillette, si elle n’avait pas trop de difficultés à atteindre sa cible, ne pouvait pas en dire autant de l’entente auprès de ses rivaux…une majorité de garçons deux fois plus vieux qu’elle. Ils tentaient de la déstabiliser en lui rappelant qu’elle n’était qu’une fille, que sa place n’était pas là…Mais la fillette ne répondait pas, les paroles des autres la blessaient…mais elle voulait prouver qu’elle pouvait y arriver. Elle voulait que sa famille soit fière d’elle et ferait tout pour y arriver.
Le vent se mit doucement à souffler. Les enfants firent la moue en maudissant les éléments qui venaient rendre le concours plus difficile encore. Crysta adressa un rapide regard à Corrin qui affichait un air inquiet.
** Ne t’inquiète pas ! Joue avec le vent…comme le faucon dans le ciel **
Crysta, du regard, lui désigna un faucon qui planait au-dessus d’eux. Elle lui sourit avant d’armer son arc et tirer…sa trajectoire fut légèrement déviée mais toucha le cercle espéré. Corrin fit un signe d’entendement de la tête et eut de nouveau un sourire. Il avait compris le message et regarda aussi le faucon avant de tirer sa flèche qui toucha aussi sa cible.
Angus se rapprocha du gradin officiel et y pénétra pour venir à la rencontre de ses fils et petit-fils.
« Père ! Que je suis heureux de te revoir ! » s’écria Thaël en le voyant arriver.
Angus lui fit l’accolade avant de présenter ses hommages au roi Eméras et au petit prince qui semblait extrêmement intéressé par la compétition.
« Majesté ! Heureux de vous revoir ! Thaël, je crois que tu peux être fier de tes deux jumeaux…Jusqu’à présent, ils font une superbe prestation ! »
« Il y a bien longtemps que je ne vous ai plus revu, Angus ! Ces deux jeunes enfants sont de votre famille » demanda le roi en désignant Crysta et Corrin qui discutaient tranquillement en attendant leur tour.
Thaël les regardait avec fierté, tout comme Lothar, Willem et Gariël qui de leur place les encourageaient à pleines voix.
« En effet, Sire ! Ce sont mes petits-enfants. Ils sont très jeunes mais étonnants ! Je ne pensais pas qu’ils arriveraient aussi loin dans la compétition. »
Eméras sourit.
« On ne peut renier les liens du sang. » déclara-t-il à l’adresse d’Angus, Thaël et Lothar qui répondirent d’un signe de tête.
La compétition devint encore plus difficile car les conditions climatiques empiraient…le vent se mit à souffler plus fort…Corrin, qui s’était si bien défendu jusqu’alors, fut éliminé aux portes de la finale. Crysta, de son côté, avait réussi à toucher in extremis sa cible tandis que son dernier adversaire, le chef de la bande de garçon qui ne cessait de la tourmenter avait raté son tir à cause du vent. Il s’approcha de la fillette et lui serra le poignet et murmura entre ses dents, agressif :
« Prends garde à ne plus te retrouver face à moi…sinon je te montrerai la place d’une fille ! »
Sous la pression de la poigne, la fillette eut les larmes lui monter au yeux. Elle s’apprêtait à lui envoyer un coup de pied quand deux mains se posèrent sur l’épaule du garçon. Il se retourna et fit face à Willem et Gariël dont les regards n’étaient pas bienveillants.
« Elle a déjà montré qu’elle était meilleure que toi ! Si tu ne veux pas de problèmes, je te conseille de la lâcher et de ne plus t’approcher d’elle ! » vociféra Willem d’un ton sec. Il était bien plus grand que le jeune garçon qui en voyant son regard implacable prit la fuite accompagné de ses acolytes.
Crysta se précipita dans les bras de Willem, une fois relâchée. Corrin accourut et vint rejoindre ses frères et sœur. Crysta pleurait à chaudes larmes, un immense sourire sur le visage.
« Vous êtes là ! Vous êtes là ! Je ne pensais plus vous revoir ! Vous m’avez tant manqué ! »
Willem l’entoura de ses bras et souriait.
« Nous aussi, tu nous as manqué ! Papa est dans les gradins avec Grand-Père et l’oncle Lothar. On va les rejoindre…Toi… »
Il la fixa avec fierté avant de poursuivre sa phrase.
« Promets-moi de gagner ce tournoi ! »
Crysta regarda tour à tour ses trois frères puis les gradins où elle aperçut enfin Thaël. Elle hocha la tête, d’un air déterminé.
« Je te le promets ! »
Willem et ses deux frères retournèrent vers les gradins pour assister à la fin de la compétition. Elle regardait sa famille qui l’encourageait de loin. La seule pensée de leur présence auprès d’elle l’emplissait d’une vague de chaleur et de réconfort.
Depuis le début de la compétition, elle n’avait pas regardé le monde qui l’entourait. A présent, son regard balayait l’espace de l’aire de tir, les gradins, la plèbe qui hurlait ses encouragements, le palais royal qui trônait majestueusement sur la colline. Elle pouvait entendre le murmure des cascades qui le parcouraient comme celui des cascades du Destin que son Grand-Père lui avait montré un jour. Son regard croisa celui de son dernier adversaire…un jeune garçon de sept ans. La petite fille lui adressa un léger sourire auquel il répondit. Lui aussi, semblait angoissé d’être le point de mir de cette foule.
Chez les concurrents plus âgés, le vainqueur venait de remporter la victoire. C’était bientôt à leur tour de terminer la compétition. Crysta sentait l’appréhension la gagner. Ses mains devenaient moites et ses jambes flageolaient légèrement comme si elles étaient faites de coton. Dans sa tête, les pensées allaient bon train. Elle pensait à Aelys, seule dans leur manoir. Elle devait certainement prier sous le kiosque de pierre. Crysta essaya de se rappeler cette douce chaleur qu’elle avait ressentie ce fameux matin autour de sa grand-mère.
L’arbitre la sortit de sa torpeur. Son adversaire venait de tirer ses trois flèches…C’était à présent à son tour. Crysta s’avança et respira profondément pour retrouver un peu de calme. Les yeux clos, elle laissait le vent fouetter son petit visage. Le vent soufflait encore plus fort que précédemment et elle avait le bout des doigts tout endolori à force de tendre la corde de son arc. C’est à ce moment précis qu’elle ressentit toute la fatigue de la compétition. Elle eut soudain envie d’abandonner…A quoi bon se ridiculiser ? Le jeune garçon avait tiré trois fois de suite dans le cercle du centre…Comment pouvait-elle espérer l’égaler ?
Un sentiment d’impuissance et de déception l’envahit.
**Je ne peux pas le faire…C’est trop dur…Il est plus fort …J’ai mal mes doigts…Mes bras me font mal aussi…Je ne gagnerai jamais…**
Ses petits yeux s’emplirent de larmes et elle tourna son regard pour rencontrer celui de son père. Il était doux et chaud. Il hocha la tête d’un air entendu. Sans qu’elle ne sut pourquoi la fillette comprit que même si elle ne gagnait pas…Son père serait toujours fier d’elle…
Soulagée, le cœur plus léger…Elle banda son arc par trois fois…Les deux premières flèches touchèrent le premier cercle intérieur. En bandant la troisième, Crysta sentit son corps trembler… Une crampe vint lui arracher un rictus face à une douleur au niveau de son bras. Son tir fut moins précis…Sa main trembla…et le vent joua encore plus que d’ordinaire avec la flèche qui toucha le bord le plus externe de la cible. Le jeune garçon avait gagné…Elle avait perdu…
Elle lui sourit gentiment, ne prononçant aucun mot pour ne pas laisser s’échapper le torrent de sanglots qui ne désiraient que jaillir à l’extérieur. Des larmes chaudes au goût salé coulaient sur ses joues. Elle tomba à genou sur le sol enneigé…Elle ne sentait plus le froid…Elle ne sentait d’ailleurs plus ni ses doigts, ni ses bras, ni ses jambes. Elle prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer.
Cela sembla des heures quand quelqu’un l’enroba dans une couverture et la souleva dans les airs. Quand elle ouvrit les yeux, Thaël, le regard brillant de fierté, un sourire aux lèvres, la tenait dans ses bras. Elle se jeta à son cou, elle sanglotait.
« Pardonnnnn !!! Papaaaaaah….J’ai perduuuuuu…J’av…J’avais…prom..mis de ga..gagner le tournoiiiiii !!!! »
Thaël caressa avec douceur les boucles blondes de sa petite fille.
« Ce n’est rien ! Ma petite fée des neiges…Nous sommes tous très fiers de toi…Pour nous, c’est comme si tu avais gagné…Allons…cesse de pleurer… »
Thaël emmena la petite fille auprès du reste de la famille qui l’attendait avec impatience. Chacun la félicitèrent d’être arrivée aussi loin…Corrin semblait le plus heureux de tous. Il se jeta au cou de sa jumelle tout heureux. Crysta ne comprenait pas cette joie alors qu’elle n’avait pas réussi à tenir sa promesse. Angus caressa la tête de la petite et prit ses doigts meurtris dans ses mains. Crysta affichait toujours une mine triste et déçue.
« Grand-Mère soignera cela en un clin d’œil. Je suis fier de toi ma chérie…Je sais que tu es déçue…sûrement beaucoup…Mais l’important n’était pas de gagner, mais de participer…Tu tireras une leçon de cette journée…Même le faucon…rate sa cible quand le vent souffle trop fort ou quand sa fatigue l’empêche de planer correctement…Vous avez donné le meilleur de vous-même…C’est pourquoi nous sommes si fiers de vous Corrin et toi. »
« Grand-Père a raison les enfants ! Nous ne pensions vraiment pas que vous atteindriez la finale. Viens Crysta ! Le roi va te remettre ta récompense. » déclara Lothar avec un sourire.
La fillette ouvrit de grands yeux étonnés. Une récompense ?...Mais elle n’avait même pas gagné ?! Elle accompagna tout de même son oncle et comme lui fit une révérence au roi Eméras. Il s’agissait d’un homme un peu plus vieux que son propre père. Une légère barbe blonde encadrait un visage carré où deux yeux d’un noir profond l’observaient avec douceur. Un jeune garçon de quelques années de plus que la petite fille se tenait à sa droite. Crysta n’eut pas le temps de dévisager davantage le garçon qu’Eméras s’approcha d’elle. Avec douceur, il lui caressa ses boucles soyeuses et adressa un regard bienveillant à Thaël et les autres membres de la famille.
« Petite Crysta…Tu n’as que cinq ans mais tu as montré une maturité qui mérite d’être félicitée. Tu nous as procuré un beau spectacle…et j’ai hâte de revoir ton adresse l’an prochain. Et voici ce qui te revient en tant que finaliste du tournoi des archers d’Irisia. »
Il lui passa autour du cou un collier de cuir finement travaillé où une pierre d’un bleu aussi pur que celui du ciel ou de l’océan qu’elle n’avait jamais vu. Crysta le remercia à sa « manière »…en l’embrassant sur la joue avec simplicité. Cette réaction inattendue laissa Eméras surpris mais il sourit avec douceur de la candeur de la fillette. Le petit garçon regardait la scène avec un intérêt redoublé mais ne disait aucun mot. Derrière Crysta, son père, Lothar et Angus observait la scène avec tendresse tandis que les trois frères se retenaient de rires. Crysta était déjà en ce temps-là…la spontanéité même !
« Vous avez là une charmante petite fille, Angus ! La maison des Alyanor ne cessera, je pense, jamais de m’étonner ! »
Ils prirent enfin congé du roi et le chemin du retour. Pendant le trajet qui les ramenait auprès d’Aelys, les trois adultes s’échangèrent des nouvelles d’Asgard et d’Irisia. Angus se concentrait sur l’éducation des jumeaux tandis que Thaël discourait de ses disciples qu’il avait laissés à Asgard pour quelques jours. Willem et Gariël, quant à eux, vantaient à leurs frère et sœur les merveilles d’Asgard et ce qu’ils accomplissaient pendant leur apprentissage. Gariël leur apprit ainsi qu’il s’apprêtait à partir loin d’Asgard pour son entraînement. Cette nouvelle choqua légèrement Crysta mais il lui fit comprendre qu’il n’y avait qu’ainsi qu’il parviendrait à devenir un guerrier divin. Willem lui écoutait d’une oreille attentive. Crysta avait du mal à reconnaître son grand frère. Lui toujours aussi intrépide et taquin dans ses souvenirs affichait maintenant un grand calme. Il semblait attentif à tout. Son regard bougeait sans cesse d’un endroit à un autre. Il parvenait souvent à débusquer, avant les autres, un lapin, un animal sauvage dans le paysage. Ils étaient tous à cheval ou à poney. Les jumeaux s’amusèrent à rivaliser d’adresses avec leur poney. Mais la fillette s’avoua vaincue par les écorchures laissées par les cordes de son arc sur ses doigts... _________________ Fics:
Surprise: mise au point
Sur le même chemin: en préparation
Dernière édition par le Jeu 22 Nov 2007 - 1:16, édité 1 fois |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 23:17 | |
| Quand Aelys vit tout ce petit monde arriver, elle se précipita avec une agilité étonnante malgré son âge pour embrasser ses enfants et petits-enfants qu’elle n’avait plus vu depuis une éternité. Puis, elle se tourna vers les jumeaux et apprit leurs prouesses par l’intermédiaire d’Angus. Crysta montra fièrement son pendentif avec un grand sourire. Aelys vit tout de suite les blessures aux doigts des jumeaux car Corrin n’en était pas dépourvu non plus. Elle emmena toute sa famille au chaud et leur servit un copieux repas qu’elle avait préparé en vue de leur arrivée. Elle soigna aussi les écorchures et foulures à l’aide d’onguents de sa fabrication. Crysta aimait l’odeur de cette pâte verte que sa grand-mère posait ses doigts. Mais…si l’odeur était agréable…la sensation n’en était pas moins douloureuse…Cela piquait atrocement au point de lui faire monter les larmes aux yeux. Corrin souffrait en silence mais sa sœur pouvait lire dans son regard que c’était aussi douloureux pour elle que pour lui.
« La douleur va s’atténuer. C’est la preuve que cela guérit… » furent les paroles d’Aelys pour réconforter les jumeaux qui dodelinaient de la tête, écrasés de fatigue.
La journée avait été rude. Ils étaient partis aux aurores de la capitale pour arriver le soir même auprès d’Aelys. Les enfants n’avaient pas eu le temps de récupérer et sentaient le contre coup de la compétition. Les adultes demandèrent aux aînés de coucher leurs cadets et d’eux-mêmes aller dormir.
En regardant les jumeaux s’éloigner, Thaël eut une mine attristée.
« Je sens que les séparer ne va pas être facile. »
Aelys soupira.
« C’était donc ça ! Je savais que cela arriverait un jour…mais je ne pensais pas aussi tôt ! Willem et Gariël ne sont partis pour Asgard que vers l’âge de sept, huit ans ! Il est trop tôt pour Corrin d’être envoyé à Asgard ! Ce n’est encore qu’un petit garçon qui n’a que cinq ans ! »
Aelys semblait en colère. L’idée de séparer les jumeaux lui était insupportable, surtout aussi jeunes !
« Je suis aussi de l’avis de votre mère…Corrin est bien trop jeune…De plus, vous allez perturbé leur équilibre…Jamais, je n’ai connu deux enfants si liés l’un à l’autre…Votre décision risque de leur nuire. »
« S’il ne tenait qu’à moi, Père, ils resteraient ici en paix avec vous. »
« Corrin a été choisi pour me succéder…Je n’ai ni femme ni enfants, et de ce fait, aucun successeur…comme ce fut le cas de l’oncle Beör. J’avais l’âge de Corrin quand j’ai quitté la maison familiale pour Asgard. Il doit débuter son apprentissage dès à présent... »
Aelys poussa un soupir d’agacement.
« C’est absurde ! Pourquoi faut-il que le Grand-Prêtre d’Asgard soit issu de la lignée des Alyanor ?! Je ne doute pas que Corrin sera un Grand-Prêtre d’Asgard plus tard…il a toutes les qualités requises…Mais…Que faites-vous de Crysta ?! Quelle raison allez-vous lui donner pour le départ de son frère et pas le sien ?! Pensez-y car elle ne laissera pas partir Corrin aussi facilement que cela.
Ils sont jumeaux…Ils auront toujours un lien puissant entre eux que rien ne pourra briser…Autant Corrin acceptera son départ avec une douleur au cœur, que Crysta ne l’acceptera pas ! En tout cas, vous serez avertis ! »
Angus resta silencieux mais il était de l’avis de sa femme même s’il savait qu’ils n’avaient pas le choix. Il était de tradition qu’un Alyanor devienne Grand-Prêtre…Ce serait le destin de Corrin. Lothar avait laissé sa mère lui faire ses mises en garde mais il ne put que répondre :
« Je suis conscient que cela ne sera pas facile. Mais nous ne pouvons emmener Crysta à Asgard. Nous ne pourrions nous en occuper pendant nos différentes missions. Il vaut mieux qu’elle grandisse normalement comme toutes les filles de son âge. Elle aura une vie plus simple et heureuse ainsi. »
« Pour tout cela, je suis entièrement d’accord avec toi ! …Mais connaissant ma petite fille, elle cherchera à ressembler à ses frères, à son père et son grand-père ! De grâce, pour l’équilibre des enfants, venez nous rendre visite le plus régulièrement possible ! »
« Je ne peux rien te promettre, Mère, mais je tâcherai de faire en sorte que Crysta et Corrin se voient aussi souvent que possible. »
La discussion prit fin et tous allèrent se coucher.
****
Un fin rayon lumineux vint éveiller la petite Crysta. Se rappelant la présence de son père à la maison, elle quitta son lit pour aller le rejoindre et profiter d’un câlin matinal comme elle le faisait auparavant. Mais la chambre était vide, Thaël était déjà levé. Elle s’habilla à la hâte sans réveiller Corrin qui partageait son lit et descendit les escaliers de marbre noir. Elle s’apprêtait à pousser la porte du salon quand elle entendit la voix des adultes parler sérieusement de l’autre coté de la porte. Elle tendit l’oreille, curieuse pour écouter la conversation sachant parfaitement que cela ne se faisait pas.
« Quand comptes-tu leur annoncer ? »
« Le plus tôt sera le mieux ! »
« Pauvres enfants ! …Ils se faisaient une joie de vous revoir et vous allez leur briser le cœur en les séparant ! »
« Mère, Crysta sera beaucoup mieux ici…et pour Corrin…nous te l’avons expliqué hier…Il doit nous accompagner ! »
« Je sais…mais ne plus les voir ensemble va me manquer ! »
Thaël s’apprêtait à dire autre chose quand la porte s’ouvrit sur Crysta avec fracas. En la voyant, son père fut horrifié. Il n’avait pas voulu que Crysta apprenne les choses de cette manière…hors ses yeux chargés de larmes ne laissaient guère de doutes qu’elle avait compris leur conversation.
« Crysta ! »
Mais la petite tête blonde ne fit qu’un pas en arrière. Son regard passa sur tous les visages présents dans la pièce et la première larme coula le long de sa joue. Elle fit un mouvement négatif de la tête avant de prendre la direction de la porte d’entrée et de sortir en trombe à l’extérieur.
« CRYSTA !!! » Thaël se précipita et la rattrapa avant qu’elle n’atteigne les écuries. La fillette se débattait en pleurant.
« Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi Corrin doit partir et moi pas ?! Je vais me retrouver toute seule ! Vous n’êtes que des méchants ! »
Thaël la ramena à l’intérieur et lui prit les épaules par les deux mains. Il cherchait son regard mais la fillette refusait de le regarder, elle fixait le sol.
« Mon ange, c’est le devoir de Corrin de nous accompagner. Toi, ta place est ici auprès de tes grands-parents. »
« Pourquoi ?! »
« Nous avons tous un rôle à jouer sur Terre. Corrin doit apprendre à jouer le sien pour le Seigneur Odin. »
Crysta se raidit…pour Odin !...C’était à cause de lui que tous étaient partis à Asgard…à cause d’Odin !! Un ressentiment envers ce dieu qu’elle n’avait jamais vu commença à naître dans son cœur.
« Vous aimez plus Odin que moi !! Vous allez me laisser seule à cause de Lui !! »
Thaël soupira ne sachant comment faire comprendre à Crysta ses raisons. Elle était trop jeune pour comprendre.
« C’est un honneur de servir son dieu…Crysta…Toi aussi, un jour, tu comprendras pourquoi il faut parfois faire des sacrifices pour lui. »
« NONNNN ! JE NE VEUX PAS COMPRENDRE !!!JE NE VEUX PAS QUE VOUS PARTIEZ !!!...JE …JE VOUS DETESTE !!! » hurla la petite fille avant d’échapper à l’étreinte de son père et partir se réfugier au grenier.
« Crysta ! » cria Thaël, blessé par les paroles de sa fille. Il n’avait pas voulu lui faire de peine. Mais la fillette était trop petite pour tout comprendre. Il soupira d’impuissance.
« Laisse-la ! Tu devais t’attendre à une telle réaction de sa part. Cela lui passera quand elle sera calmée. » fit Angus.
« Peut-être bien…Mais j’espérais que cela se passe mieux… »
Corrin entra dans la pièce. Il avait assisté à la fin de la scène sans bien comprendre l’ensemble des évènements. Son père le fit approcher et Lothar lui expliqua qu’il désirait que le jeune garçon l’accompagne à Asgard pour le prendre pour apprenti. Corrin eut une mine triste et affligée mais accepta la décision. Les adultes furent surpris de son calme et de sa réserve mais chacun s’aperçurent que son sourire avait quitté ses traits…et ce, pour une longue période.
« Je vais retrouver Crysta ! » dit-il avant de quitter la pièce.
Là-haut, il dut faire plusieurs supplications pour que sa sœur daigne enfin lui ouvrir la trappe du grenier. Elle avait les yeux rouges et s’était enveloppée d’une robe plus grande qu’elle…une ancienne robe de leur mère. L’odeur de ces vieux vêtements l’apaisait. Après un moment de silence, la fillette se mit à parler d’une voix blanche.
« Tu vas partir ? »
Il hocha affirmativement de la tête.
« Je n’aime pas Odin ! Il fait partir tout le monde !! » s’écria-t-elle avec colère.
Corrin vint la prendre dans ses bras. Crysta sentit une larme tomber sur une de ses joues. Son frère pleurait aussi.
« Il ne faut pas dire ça ! Je savais qu’un jour je partirais… comme Willem et Gariël. »
« Je ne veux pas que tu partes ! »
« Et moi, je ne veux pas te laisser toute seule…Mais on a pas le choix…Je penserai toujours à toi quand je regarderai les étoiles dans le ciel…Même loin l’un de l’autre, on sera toujours ensemble si tu penses à moi et que je pense à toi ! Arrête de pleurer petite sœur ! »
Crysta hocha la tête et essuya ses larmes. Elle gardait la main de Corrin dans la sienne, ne voulant pas la lâcher.
« On devrait redescendre… » déclara Corrin en attirant Crysta hors du grenier.
Tous furent soulagés de les voir redescendre. Crysta semblait calmée mais son visage était triste et fermé. Elle s’avança devant son père. Elle gardait toujours les yeux rivés sur le sol.
« Je te demande pardon, papa ! Je ne te déteste pas…je t’aime beaucoup …mais… »
« Je sais ! Ce n’est rien, ma chérie ! »
Le reste de la journée, les jumeaux ne se quittèrent pas une seconde ou presque ! Ils restèrent ensemble pendant les préparatifs du départ, prévu le lendemain matin. Ils en avaient perdu l’appétit ce qui inquiétait beaucoup Aelys. Voir ses deux petits anges aussi tristes et malheureux lui fendait leur cœur comme chez tous les membres de la famille. Corrin et Crysta passèrent la nuit pressés l’un contre l’autre, se tenant main dans la main. Pendant leur sommeil, Thaël vint les observer. Ils semblaient si sereins et heureux ensemble. Le jeune homme sentit un nœud à son estomac se former en pensant au lendemain matin. Il verrait le sourire de ses « petits anges » endormis s’effacer et n’était pas sûr de le revoir avant longtemps.
« Le destin est souvent cruel… »
Comme deux ans auparavant, le matin du départ fut difficile et douloureux. Pendant un long moment, les deux jumeaux se regardèrent s’éloigner en silence, les larmes coulant le long de leurs joues. Les paroles de leurs proches n’endiguaient en rien le vide qui se créait autour d’eux. Chacun se sentait vider d’une partie de lui-même. Ils se sentaient à présent …pour la première fois de leur vie…entièrement seuls.
Crysta ne prononça plus un mot pendant presque trois semaines. Sa solitude lui pesait. Elle avait repris ses leçons avec Aelys et Angus mais c’étaient de véritables fiascos. La fillette n’écoutait plus et ne prêtait plus attention à rien ! Elle préférait passer des heures à scruter le ciel étoilé. Au bout d’un mois, elle ne tint plus… . _________________ Fics:
Surprise: mise au point
Sur le même chemin: en préparation
Dernière édition par le Jeu 22 Nov 2007 - 1:30, édité 1 fois |
|  | | Crysta MARINAS

Age : 24 Inscrit le : 05 Nov 2005 Messages : 516 PV; PC : PV: 160/160; Cosmos: 210/210 Postule pour : L'armure de la Sirène maléfique
| Sujet: Re: "Coeurs à double faces" [Crysta] Mer 21 Nov 2007 - 23:19 | |
| Un beau matin, Crysta se leva bien avant l’aube. Elle se dirigea vers la cuisine et remplit un sac de nourritures et une outre d’eau. Elle se dirigea vers le salon et décrocha un cadre où une vieille carte du royaume était exposée. Elle en découpa soigneusement les contours et la plia soigneusement pour la glisser dans sa tunique en fourrure. Elle attrapa son arc et son carquois rempli de nouvelles flèches et sortit de la maison. Elle prit le chemin des écuries où « Prunelle », son poney l’attendait. Après l’avoir scellée, elle la monta et s’élança au galop dans la plaine d’Irisia… .
La fillette voulait revoir son frère…et était décidée à le rejoindre à Asgard. Elle avait appris récemment à lire une carte, disposait d’assez de nourritures pour tenir une semaine et avait son arc pour chasser ou se défendre au besoin. Elle s’orientait par rapport aux étoiles …toujours vers le Nord. Elle savait que le voyage serait difficile…mais elle s’en fichait éperdument. Elle avait pris sa décision et ne ferait pas machine arrière… .
Alors qu’elle était déjà loin du manoir, l’aube se leva en même temps qu’Aelys. Cette dernière eut une impression étrange de « vide » dans la maison. Elle s’alarma quand elle l’état dévasté du garde-manger et du cadre du salon. Elle se précipita en courant dans la chambre de Crysta, réveillant au passage Angus. Mais la chambre de la petite fille était vide et les draps étaient froids. Angus se précipita vers l’écurie et constata la disparition de Prunelle. Il revint dans le manoir le visage fermé.
« Où est-elle donc partie ?! Tu ne penses pas que… »
« Si ! Elle en serait bien capable ! Je vais tenter de la retrouver ! Prépare-moi vite un sac de provision pendant que je scelle mon cheval ! »
Tandis qu’elle s’affairait à la cuisine, Aelys ne pouvait s’empêcher de penser :
** Je savais que ça allait arriver !! Je le sentais ! Nous aurions du être plus attentifs ! Dieu sait ce qui pourrait lui arriver ! O Poséidon…Je t’en prie mon Seigneur…Protège ma petite fille ! **
Elle se répétait cette prière en silence quand Angus revint prêt à partir dans la cuisine. Il avait revêtu sa tunique de voyage. Un arc était attaché à son dos ainsi qu’une épée à sa ceinture.
« Envoie un messager à Asgard pour prévenir Thaël et Lothar. Je vais tenter de la retrouver mais si elle arrive là-bas avant que j’en ai le temps, ils seront au moins au courant ! »
Aelys hocha de la tête et le prit dans ses bras avant de le laisser partir.
« Ramène-la saine et sauve ! Je prierai pour vous deux en votre absence ! »
Aelys le laissa partir au galop à la recherche de la petite. Elle ne le regarda pas s’éloigner mais se dirigea directement vers son autel de prière au fond du jardin. Elle fit jaillir son cosmos et pria Poséidon pour le salut de sa petite fille.
Crysta poussait Prunelle au galop le plus souvent possible…n’ignorant pas que son grand-père était très certainement parti à sa recherche.
** Je ne rentrerai pas avant d’avoir vu Corrin ! ** se répétait-elle sans cesse.
Elle avait décidé de ne pas emprunter le chemin le plus évident pour brouiller les pistes d’Angus. Elle choisit de longer les flancs de la montagne jusqu’à la fameuse « Passe » vers Asgard. Il s’agissait d’un passage entre deux pics montagneux qui débouchait directement sur le royaume d’Asgard.
Le voyage était difficile. L’hiver touchait à sa fin mais un froid mordant régnait toujours. La petit Crysta ne sentait que les piqûres du vent fouettant son visage. Ses doigts étaient engourdis et elle devait sans cesse les frotter pour se réchauffer. Si le froid ne l’inquiétait pas plus que cela, il n’en valait pas de même pour les nuits à la belle étoile. Dans le silence glacé des montagnes et des forêts, les nuits étaient glaciales et le « peuple » des animaux de la forêt commençait à trouver |
|
|
|