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 [Enfance de Tirmee] La Vérité [Partie I]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Tirmee
ATHENIEN



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Emploi : Chef de chantier naval.

MessageSujet: [Enfance de Tirmee] La Vérité [Partie I]   Mar 14 Nov 2006 - 11:56

Le récit qui va vous être conté est celui que le jeune charpentier marin d’Athènes, Tirmee Retsu, a entendu sur son passé. De tout ce qui est raconté ici, seul lui est garant de la véracité. Les plus belles histoires ne sont pas celle racontées par un fils en parlant de son père ?


Ce n’est malheureusement pas le cas de cette dernière. Car Tirmee a vécu de longues années difficiles pour faire abstraction de son passé et du déshonneur de son père. Son père, ce poivrot, ancien guerrier réputé de la Tribu de Nengo Nengo. Un homme froid et distant, que les longues années de solitude et de désarroi, amplifié par le pouvoir de l’Alcool chinois, avait aigri au point de se détester lui-même et de mettre un terme à sa vie dans d’horrible souffrance.

De nature non imposante, il devait ces capacités de guerrier à une « magie » Chinoise. Du moins c’est ce qu’il pensait. Il possédait une cosmo-énergie exceptionnelle mais cette dernière n’était qu’une ébauche brute et non taillée de son pouvoir.

Car jamais il n’avait entendu parlé de ce pouvoir. Passant les épreuves pour devenir chasseur, Retsu reçu ces tatouages avant la plupart des adolescents de son age. Car il dégageait cette puissance brute et impure à chaque combat.

Certains le disaient puissant, d’autres le disaient effrayant. Mais Tirmee ne vit jamais ces cotés de son père. Seuls quelques anciens guerriers lui parlèrent de lui et du terrible événement qui poussa son père à devenir cette loque alcoolique assit à ces cotés tous les soirs.









Une expédition chinoise dans les îles polynésiennes, formé par trois prêtres, divers marchands et quelques soldats, trouva fort intéressant de commercer avec ces indigènes qui possédaient plein de richesses non exploitées. En faisant taire les conflits tribaux entre les îles, ils allaient prendre le contrôle de tous les commerces entre ces îles. Mais les vieilles traditions ont la peau dure et rien ne fut fructueux pour cette expédition. Pire, ils avaient ravivé de vieilles querelles entre les îles du nord et celle du sud.


Les Chinois lors d’un voyage purement commercial sur Nengo Nengo, découvrir l’extraordinaire puissance du guerrier Retsu. Ils virent en lui la capacité de s’enrichir encore plus. Et sans effort de réconciliation entre les peuples. Bien au contraire. Les moines chinois connaissaient cette puissance se dégageant de lui. Profitant de sa crédulité et de son manque de connaissance sur la cosmo-énergie, les prêtres lui firent croire à un cadeau de leur part.


- Guerrier, tu es quelqu’un d’unique. Tu nous as accueillis comme des gens de ton peuple et nous apprécions ce geste. De plus tu nous as aidé à faire des affaires avec ton île. Nous allons te donner un cadeau, à toi qui est le défenseur de cette civilisation. Ressens la force de notre magie, et prends ce bout de bois. Tu vas maintenant l’enflammer en te concentrant assez fort pour faire de ce rêve une réalité.

- Je suis donc votre élu. J’en suis fier et je saurais vous traiter comme des alliés de l’île de Nengo Nengo. Sachez que vous serez toujours les bienvenues ici.

– Notre magie demande du temps à celui qui la pratique, mais plus tu essayeras et plus tu trouveras le chemin de cette magie. Nous ne pouvons t’en faire démonstration, mais tu peux le faire devant tout ton peuple.


Restu, fier d’être reconnu par les Chinois, êtres supérieurs selon lui, comme un homme digne de pouvoir porter leur magie, prit le bout de bois et pensa à l’enflammer. Cette pensée fit traverser sa cosmo-énergie dans son bras et fit prendre feu au morceau qu’il tenait. Retsu sans le savoir venait de prendre une sérieuse place dans la tribu. Mais venait aussi de signer l’arrêt de mort de cette dernière.

Car une fois les Chinois repartis, les îles polynésiennes devirent le lieu d’une guerre sans merci. Retsu, le Guerrier surpuissant qui passa du stade de chasseur au stade de Demi-dieu. Il monta les échelons de la tribu aussi vite que le Léopard grimpe à l’arbre où se trouve sa proie. Les gens de toutes les tribus entendirent parlé du guerrier maniant la lance et le feu sacré aussi facilement qu’un bambin cueille les bananes pour la tribu.



Tout ceci, Tirmee le découvrit lors de son premier voyage après la mort de son père. Pour inaugurer son premier navire entièrement construit de ces mains, il avait pris place à bord avec le marchand qui descendit dans les îles polynésiennes. Il voulait savoir ce qui avait fait que son père ne soit pas resté sur les îles comme le voulaient les Légendes que ce dernier lui comptait lors de ces délires alcoolisés.


Arrivé sur Hao, Tirmee fut reconnu par la majorité des habitants comme le sosie de son père. Seul la couleur de sa peau, plus claire, du au métissage avec une chinoise, changeait selon les dires des anciens. Tirmee voulait en savoir plus sur son père et son passé. Mais il se frotta à un mutisme populaire qui le laissa sans voix. Tout le monde le reconnaissait comme le Fils de Restu, mais personne ne lui adressa directement la parole. Cela en était trop. Les regards fuyants et les messes basses sur son passage eurent raison de sa patience. Assis devant une case, il se leva et fit face à la place du village.



- Beaucoup d’entres vous parlent de mon père. Mais personne ne me dit ce qu’il sait vraiment. Pouvez vous m’aider ? Qu’a t’il fait de si terrible ?



Toute la vie du village se stoppa. Rien ne bougea jusqu’à ce qu’un vieillard se lève et s’approche de Tirmee. Il lui glissa à l’oreille.


- Je ne peux te compter cette histoire, mais si tu le veux, je te l’écrirai. Reviens me voir à la fin de la journée et je te donnerai un parchemin à lire seulement sur le trajet du retour. Ne l’ouvres pas avant, ni sur les îles, ni sur les mers des îles. Ce récit porte malheur.



Seul le vieil homme avait répondu et avait intrigué le jeune charpentier. Plutôt décrépi selon ces souvenirs. Après avoir visité les huttes de boue et de feuilles de Pandanus, arbre de 5 à 10 mètres d’envergure, reconnu pour l’usage de ces feuilles tressées et séchées, le jeune homme se retrouva devant celle du vieillard. Tirmee reçu alors ce récit des mains de l’ancien guerrier, Perida de son nom.


Le vieillard se donna la mort après avoir retranscrit cet événement. La mort qu’il se donna ne fût pas parce qu’il avait vécu ce drame en temps que guerrier, mais en tant que traître à sa tribu. Il avait abandonné l’île lors des premières transactions avec les Chinois. Trop d’années l’avaient accablé et ce manuscrit était ce qui allait libérer sa conscience. Deux suicides pour cette même histoire, Tirmee semblait ne pas se faire à ce genre de pratique pourtant courante.



Reparti sur son bateau, avec les Chinois qui s’étaient encore enrichis sur le dos des pauvres polynésiens, Tirmee ouvrit le parchemin fait de feuilles séchées de bananier. L’odeur qui s’en dégageait, chaude et sucrée, contrastait avec ce qui était écrit dessus. Le récit d’une guerre.
Plus qu'une guerre, ce fut un massacre. L'histoire prend place entre les îles Marokau, Hamanu, Hao et Nengo Nengo. Mais avant de vous en dévoiler la fin, commençons...



Perida a écrit:
Un traité de non-agression existait entre ces îles, ainsi qu'un acte d'entre aide en cas de conflit avec les îles du nord. Les closes de ce contrat étaient de tout partager, pour rattraper le retard sur les autres îles. Les tribus sur ces îles n'étaient pas réparties en gros villages, et leur niveau de développement était plus faible que les îles du nord. "Les barbares" les appelaient les habitants du nord. C'est de la que vient Retsu, le père de Tirmee.


C'était un chasseur pour la tribu, chasseur et pêcheur, car la chasse se faisait le plus souvent sous l'eau. Un très grand guerrier pour sa famille et sa tribu. Mais même lui ne pût rien pour les secourir. Alors qu'il était tranquillement sur sa pirogue en train de ramener sa pêche du jour, il entendit des cris venant du large.


Se retournant, il vit des pirogues, des centaines selon lui. Toutes étaient remplies de guerriers et les cris qu'il entendait ressemblaient aux cris de l'Enfer eux-même. Il prit alors son vieil arc, enflamma une flèche à l'aide de la magie chinoise et l'envoya en l'air. C'était le signal pour que toutes les îles se regroupent avec leurs guerriers. Retsu se leva sur sa pirogue, lança aux guerriers devant lui :



" - Vous ne pouvez rien contre les fils de Nengo-Nengo. Nous avons le savoir Chinois avec nous. Je vous attends sur la terre ferme fils d'anguilles de mer"



Retsu arriva sur la plage et fut vite rejoins par les guerriers de sa tribu. Retsu salua de nouveaux les Chinois qui leurs avaient troqué des lances plus développées et plus dangereuses. Mais face à la menace arrivant, Retsu ressentit qu'ils allaient perdre. Car ces guerriers qui arrivaient en pirogues n'étaient pas seuls. Toutes les îles des alentours avaient envoyé leurs guerriers pour récupérer et annexer l'île de Nengo Nengo à celle de Marokau.

Nengo Nengo avait traité avec les Chinois et comptait s'enrichir en revendant ce savoir. Les autres îles se concertèrent et le traité fut rompu. Alors que les premiers ennemis s'avançaient sur lui, Retsu les déchiqueta à l'aide de sa lance. Rien ne pouvait pénétrer dans le cercle d'un mètre qu'il avait tracé autour de lui sur le sable. La première vague fut décimé. La seconde de même. Retsu repris espoir, la crique de débarquement était trop petite pour que toutes les pirogues accostent.

Et il vit au loin les guerriers d'Amanu et Hao arrivés. Ils allaient enfin faire nombre égal avec ces ennemis. Mais à sa plus grande surprise, les guerriers des îles de l'Est ne se dirigèrent pas vers les combats, mais vers le village. Retsu pensa à une manœuvre avant de voir les premières flammes s'élever des cahutes.

Les habitants de Nengo Nengo furent décimés en quelques secondes. La magie et les armes chinoises ne purent rien contre les hordes des îles voisines. Retsu laissa alors la plage aux guerriers de Nengo Nengo. Il voulait défendre le village. Mais en arrivant la bas, il ne vit que mort et flamme. La rage s'empara de lui, et il se mit à massacrer ses ennemis par groupe de dix, prit une seconde lance et se lança dans le tas.

Il savait qu'il allait mourir, mais il ne voulait pas le faire sans avoir emporté tous ces traîtres avec lui. Le combat fut de courte durée. Malgré son excellence dans les arts du combat, Retsu ne pouvait faire face à toutes les tribus des îles aux alentours. Voyant sa défaite en face, il préféra fuir son île. Nengo Nengo attisait la jalousie des autres îles car elle entretenait des rapports privilégiés avec les Chinois.

Retsu compris alors la morale de cette histoire. On est toujours en course pour savoir qui aura toujours plus que l'autre. Mais la course n'aura jamais de fin. Alors il vaut mieux conserver ce que l'on a, même si ce n'est pas le mieux, car on ne le trouvera jamais assez bien par rapport à ce que possède le voisin.




Tirmee ressenti alors ce sentiment humain certes mais tellement minable de vengeance. Les Chinois à bord n’étaient que des profiteurs et avaient engrangé cette tuerie parmi son peuple, et lui les avait servis gracieusement pendant des années, le peuple de sa propre mère. Il passa le reste du voyage enfermé dans la cale, à réfléchir à ce qui avait poussé les Chinois à faire ceci à son peuple.

Ces derniers leur avaient donné des privilèges, faisaient du commerce avec eux et ne les avaient même pas secourus lors de cette guerre. Ils s’étaient contentés de faire du commerce avec les vainqueurs de ce massacre. La Tribu de Nengo Nengo fut anéantie totalement, perdant toute trace de sa culture. Les tribus de l’époque se ressemblant tellement, Tirmee ne compris pas cette haine entre frères. Mais rien qu’en pensant à son propre père, ce « Demi-dieu » qui n’avait pas su préserver son peuple de la terrible tragédie, Tirmee sentit la haine monter en lui.



Nous ne sommes que des humains. Nous agissons comme des humains. Je vais donc faire de même. Je me dois de partir de ce royaume. Les Chinois ne sont plus des gens de confiance. Je partirai vers l’ouest, avec le prochain transport de Giuyan.



Giuyan était le chef de chantier naval où Tirmee travaillait. Il avait été son élève pendant plusieurs années, ramenant l’argent nécessaire pour vivre à sa famille. Son père ne pouvant plus rien faire de ses mains à cause des quantités astronomiques d’alcool qu’il ingurgitait chaque jour.

Tant d’enfants subissaient son sort que Tirmee n’éprouvait aucun sentiment particulier envers ses parents. Enfin tout ceci était avant cette révélation, qui paru éclaircir le ciel du jeune charpentier. Alors que son seul désir était de fuir la Chine, son bateau y accostait justement. La vue de ce paysage hier si accueillant se transforma en une terre hostile et puant la trahison et le profit à plein nez. Tirmee descendit alors de bord, la tête dans ces pensées. Il se dirigea alors vers le chantier naval. La-bas il demanderai de partir avec le prochain convoi pour l'ouest. Peu importe le pays du moment qu'il y ai des bateaux et de quoi refaire sa propre vie.




*** Le dernier retour dans ce royaume. S’il existe des êtres supérieurs, qu’ils me viennent en aide. ***

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