AccueilPortailFAQRechercherS’enregistrerConnexion
 Jas fait face à la véritéVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jasoune
SPECTRE



Age : 16
Inscrit le : 01 Sep 2006
Messages : 419
PV; PC : 92 /92 & 97/97
Emploi : responsable juridique

MessageSujet: Jas fait face à la vérité   Jeu 1 Mar 2007 - 17:35

Jasoune venait d’avoir 14 ans. Depuis tant d’années, il dormait les yeux ouverts, traversant les nuits, plus blanches les unes que les autres. Il ne pouvait fermer les yeux car ses paupières closes étaient alors l’écran de visions si effrayantes qu’il en devenait fou. A force de vouloir changer cet état, ses pensées s’échappaient de son esprit et malgré qu’il tente de ne voir que le réel, elles prenaient forme devant lui, qu’il soit ou non endormi.

Jasoune tentait de fuir ses démons et son passé torturé, il gardait en lui son âme morte, semblable à un oiseau qui aurait voulu s’envoler pour se libérer mais qu’on avait écrasé et brisé les ailes et laissé pour mort dans un coin de son être, englouti dans le néant de son corps vidé et épuisé.

Il passait des nuits entières à fumer, il gardait une pipe ouvragée, seul souvenir qu’il possédait de son père. Il s’enveloppait alors de l’enivrance, perdu dans la fumée qui le protégeait comme une armure psychique de ses souvenirs. Il voulait vider sa mémoire, s’accrochant à ces infimes moments bien éphémères où il s’oubliait et plongeait dans un état de torpeur proche du sommeil mais sans aucun rêve. Il flottait dans l’éther, le cinquième élément, le fluide dans lequel se propage la lumière, l’énergie du vide, milieu de transmission de la magie. Les portes de la perception étaient nettoyées, toutes choses lui apparaissaient telles qu’elles l’étaient : infinies.

Mais rien ne semblait effacer complètement la douleur qu’il ressentait et à chacun de ses éveils, ses fantômes étaient toujours présents, le hantant, dévorant son cœur. Il ressentait le poids immense de la culpabilité d’une faute qu’il avait commise il y a si longtemps qu’il la refoulait du mieux qu’il le pouvait sans y réussir complètement. Il ne parvenait pas à réussir à pardonner à celui qui l’avait tant fait souffrir et ne se pardonnait pas non plus à lui-même. Parfois, il tentait de dessiner l’image de ce fantôme noir et grimaçant qui torturait son âme, il passait des heures à former des traits de sa plume, ou même au grès de ses promenades, taillait des roseaux et dessinait des formes dans le vide.
Il composait également des chansons, se plaisant à créer des poèmes qu’il se récitait pour lui-même.


Pris dans une trombe de couleurs et de sons,
Mes sens s’égarent et s’effacent, j’en perd la raison.
Les contours se mélangent et je ne sens plus rien.
Egarés dans la brume, des regards assassins

me fusillent et me narguent mais je ne les craint plus.
J’ai tellement vacillé dans le chaos des mots
Que j’ai fini par fondre dans ce noir absolu,
Dans ce gouffre sans fond où se perdent les échos.

Le néant me dévore et me vide peu à peu
Une coquille sans pensées et sans émotions,
Je suis plus légers que l’air, je ferme les yeux
Pour fuir la vision de ces spectres qui dansent en rond

Pour courir plus vite que l’horreur des souvenirs.
Ils ont déjà arraché mon âme et mon cœur.
Ce passé torturé a tué mon avenir,
Mon enfance broyée et souillée de malheur.



Vois la brune feuille d'automne soumise aux jeux du vent
cadavre seché, pathétique abandonné
sur laquelle est écrit l'épitaphe des damnés
ode macabre à l'antre des éternels tourments

Sur elle mon destin semble avoir été noté
puisque toute ma vie ne fut que souffrance et peine
la colère et la haine, je les ai oublié
il ne me reste plus rien mis à part ces chaines

Rien ni personne n'a la moindre importance pour moi
achevé le vide m'emplit jusqu'à l'agonie
seule la mort poura me libérer de ce poids
ce genre de souffrance est forte nul ne le nie

je l'ai gardée si longtemps tout au fond
pourquoi devrais-je toujours essayer de penser
je tombe mais personne n'est là pour me rattraper
je dégringole dans la noirceur de ma prison

tant d'années en enfer m'ont fait perdre mes sens
perdu en moi meme, je suis piégé dans mon corps
les ténèbres grandissantes pointent et j'atend la mort
mon esprit enfermé hurle, pas de délivrance



Il avait eu le droit de rester avec sa mère pendant un moment. Seul avec elle désormais dans la cité de Spartes, en attendant de repartir à l’entraînement. Son père était parti sans donner de nouvelles, sans laisser savoir s’il était vivant ou mort. Jasoune ne l’avait plus vu depuis ses 6 ans, jour où il s’était rendu dans les montagnes avec les autres.
Sa mère était toujours là du moins son corps était présent mais son regard était vide de tous sentiments. Jasoune la respectait et contemplait son visage inexpressif et figé, ses cheveux d’ébène flottant derrière elle comme des ombres dans lesquelles se tapissent les monstres du passé. Car Jasoune voyait dans ses yeux ce que personne d’autre ne pouvait voir : la rancune, le mépris. Ses yeux étaient comme un miroir sombre qui reflétait la promesse d’un châtiment expiatoire.
Jasoune était hypnotisé par se regard silencieux qui promettait le pire, il ce sentait écrasé par elle, elle qui se laissait plonger dans un état de décadence et de folie et qui semblait si indifférente à son propre fils. Jasoune luttait pour ne pas se laisser envahir par les visions d’horreur dont le regard de sa mère gavait son esprit. Ses reproches silencieux suffisaient pour qu’il se sente complètement démuni et l’espoir semblait glisser comme de l’eau entre ses doigts.


Pourtant il était prêt à déposer à ses pieds toute sa vie, lui offrir son être son âme et son corps inertes et soumis à toutes ses envies. Désarmé, elle seule pourrait disposer de son sort. Mais Jasoune se sentait déjà mort au-dedans, rongé de l’intérieur et sans avenir, il se laissait emporter dans les délires de la folie de sa mère.

Jasoune avait bloqué dans son esprit un passé qui le traumatisait. Il avait occulté les souvenirs de son père qui était un homme mauvais et qui lui avait fait subir mille tortures. Il ne voulait pas se souvenir de cela. Il ne voulait garder à l’esprit que l’image édulcorée d’un père parfait, un héro, un exemple. Même dans ses rêves où l’inconscient libérait les souvenirs, il ne se voyait que dans la peau d’un autre, un enfant appelé Logan, comme si ces souvenirs n’étaient pas les siens. En faite, c’était bien à lui que tout cela était arrivé. Son père était bel et bien ce monstre, ce tortionnaire, cet être impardonnable qui ne méritait que la mort. Et cette mort il l’avait tellement imaginée, rêvée. Il se pouvait se pardonner d’avoir de tel désirs envers celui à qui il devait la vie et le respect mais ces chants et ses fantasmes de morts et de destructions trahissaient ses envies parricides.

Ma colère monte et elle guide mes pas
le vent m'emporte, je ne sens plus mes bras
la haine rageuse mènera mon combat
sa peau se fend son sang gicle sur moi


Et c’est uniquement dans ses rêves que ses pensées se concrétisaient, où par magie, on lui donnait la force de l’age adulte et le courage de mettre à mort cet être qui avait souillé son âme, brisé son enfance, réduit à néant son innocence d’enfant.

Il était temps pour lui de voir les choses en face et d’affronter ses démons, il l’avait évité trop longtemps, ce spectre noir qui le poursuivait sans répit durant toutes ces nuits où il ne pouvait trouver le sommeil, effrayé par ces chuchotements, ces murmures. Jasoune le regardait pour la première fois en face et osa enfin lui demander son nom.
[/i]
-« Qui es tu, fantôme de mes nuit, spectre noir qui hante mes rêves, qui me souffle ces désirs de vengeance ? »


-« tu le sais, je suis le bras armé de la justice des ombres, je suis l’envoyé du puissant Hadès et un jour, tu seras amené à nous rejoindre. A présent que tu as enfin décidé de ne plus me fuir, je vais m’installer dans ton âme, qui pourra resurgir enfin du néant. Je me nomme Shadow et ton pouvoir viendra de moi, comme tu l’as toujours cherché toi-même à t’aveugler par ces fumées, tu pourras rendre aveugle tes ennemis en prononçant mon nom. Mais souviens toi, en échange tu honoreras le grand Hadès… »

[i]Jasoune ne compris pas tout de suite très bien ce que cette ombre voulait dire. Il ne connaisait rien de L’Hadès et du royaume des morts mais depuis toujours il avait été destiné à le rejoindre…


-« tout cela est mon histoire, je ne dois plus le cacher, je dois voir la vérité en face et affronter mon passé et mes soufrances si je veux pouvoir vivre. Je suis obligé de me remettre dans la meme situation pour pouvoir mieux combattre ces angoisses et ces mauvais souvenirs, pour les dépasser, il faut leur faire front, ce n’est qu’ainsi que je pourrai les vaincre »
Revenir en haut Aller en bas
Jas fait face à la véritéVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: LE RESTE DU MONDE :: LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE D'ALEXANDRIE-