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Celui qui força la main du destin [Voji]

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Voji
MARINAS



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MessageSujet: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:00

- Tu vois, cette cité est appelée Babylone !

Gaëspûr avait lu plusieurs livres qui en parlaient. Le sultan, Burna, était considéré comme un homme de pouvoir juste, capable de faire vivre son peuple de très bonne façon, amenant richesse et prospérité sur ses terres. Les régions qui entouraient la citadelle n’étaient pourtant pas des plus sûres, de nombreux brigands les polluant.

Le jeune homme y emmenait son petit protégé, Voji. Il avait recueilli le jeune garçon et, ensemble, ils s’étaient rendus en Méditerranée. Gaëspûr pensait que sa sœur y avait vécu. Il pensait également qu’elle était morte. Dans un sens, cela le soulageait. Même si cet espoir fou lui avait longtemps donné la force d’avancer, la réalité lui permettait de se détacher de tout ce qui avait eu de l’importance pour lui, jusqu’alors. Pourquoi rentrer au temple ? Qui l’attendait ? Il avait échoué lors de l’ultime épreuve pour devenir chevalier, Celesta emporterait l’armure. Le grand prêtre n’aurait plus besoin de lui à l’avenir. Il n’avait plus de famille. Seulement Celesta… Mais la jeune fille, qui devait avoir reçu l’armure, aurait de lourdes responsabilités désormais et ne pourrait s’embarrasser d’un ami. Telle était la dure vie d’un chevalier et ils l’avaient tout deux accepté. Le mieux, pour elle, était que Gaëspûr ne réapparaisse plus.

Le Pérou était sorti de sa vie, en même temps que Voji y était entré. Le jeune garçon était mystérieux et intriguait beaucoup Gaëspûr. Il parlait peu et seulement pour poser des questions. Jamais sur lui-même. Il disait ne pas se souvenir de son passé, et refusait de parler de ses goûts avec Gaëspûr. Restant silencieux aux questions de celui-ci, il préférait s’intéresser au monde qui les entourait, ainsi qu’à la vie de son nouvel ami. Il avait eu une réaction qui avait rappelé la sienne à Gaëspûr lorsque celui-ci avait avoué à Voji que son désir de devenir chevalier avait été motivé par l’espoir de revoir un jour sa sœur en vie, espoir maintenant abandonné. Le petit avait tenté de rassurer Gaëspûr en lui promettant qu’à deux, ils retrouveraient sans doute Evola. Rares étaient les jours où Voji ne demandait pas à Gaëspûr de lui parler d’Evola. Il semblait toujours si passionné que Gaëspûr ne se lassait pas de raconter. Il aimait beaucoup aussi, même s’il ne la connaissait pas, Celesta. Elle devait être bien jolie, moins qu’Evola, mais tout de même…

Ils avaient commencé à marcher tout deux, sans but. Gaëspûr ne savait pas quoi faire et Voji prétendait la même chose. Le jeune homme s’était donc mis en tête de ramener Voji chez lui. En parcourant le monde, en faisant voir au gamin différentes terres, l’une d’elle raviverait forcément des souvenirs chez Voji ! Gaëspûr se consacrerait donc à Voji et quand enfin le gamin serait chez lui, Gaëspûr pourrait penser à lui… Après avoir consacré sa vie à sa sœur, il allait en faire de même pour Voji. Au contact de celui-ci, Gaëspûr apprit beaucoup…

Lorsque Voji lui annonça qu’il voulait retrouver Evola pour lui, Gaëspûr eut tout d’abord un lourd sentiment de culpabilité. Il en voulu même à Voji d’avoir dit cela, et de le répéter si souvent. Alors que lui-même avait perdu tout espoir, le gamin y croyait encore ! Il n’abandonnait pas Evola, lui, alors que Gaëspûr ne la recherchait plus. Finirait-il par l’oublier ? Il parvint cependant à accepter cela comme une fatalité, Voji ne pouvant comprendre la certitude qu’avait Gaëspûr à propos de la mort de sa sœur. Il mit longtemps avant de comprendre… Un matin, regardant les étoiles, qui lui indiquaient chaque nuit leur chemin, il ouvrit les yeux.


*Je comprends pourquoi il veut croire en sa chance de retrouver Evola. Pourquoi il veut tellement que je lui parle d’elle. Il est essentiel d’avoir un but. C’était le mien auparavant, c’est maintenant le sien. Un espoir qui permette de croire, d’espérer, de donner un sens à la vie. Mon but est de le ramener à ses parents. Il ne doit pas en être conscient, il doit le faire juste pour moi, mais en réalité, il est aussi perdu que moi…*

Si Voji voulait espérer, le mieux était de le laisser. Tout comme lui espérait rendre le garçon à sa famille. Voilà un enseignement qui n’était pas donné au temple, où l’on apprenait seulement que chacun sur la terre avait son rôle à jouer. Que ceux qui le jouaient bien permettaient au temps de s’écouler et aux hommes de vivre harmonieusement. Le devoir d’un chevalier était de protéger son peuple, en exécutant les ordres de Viracocha.

- Tu sais Voji, je ne sais pas de quoi sera faite ta vie, mais n’oublie jamais ceci : jamais tu ne devras perdre espoir ! Il n’y a que ceux qui perdent tout espoir et qui cessent de combattre qui meurent !

Voilà des paroles bien compliquées à comprendre pour un si petit garçon. Voji semblait y méditer. Gaëspûr imaginait ce qui devait se passer dans sa tête, les questions qui devaient s’y poser, les interrogations qui ne trouveraient jamais de réponses. Voji ouvrit la bouche : quelle question allait-il poser ? Gaëspûr était certain que Voji poserait une question. Il en posait si souvent…

- Et bien alors ! Continue à rechercher ta sœur ! Sinon, tu ne la retrouveras jamais ! Moi, je continue et je suis sûr qu’un jour, je la retrouverai ! Si elle est aussi jolie que tu le dis, je me marierai avec elle !

Peut-être que Voji avait déjà compris, et beaucoup mieux que Gaëspûr, l’utilité d’un espoir, aussi fou soit-il…

*****


Babylone se trouvait devant eux. Gaëspûr avait prévu d’y faire une halte de quelques jours, pour aller consulter les livres que renfermait la bibliothèque. Au temple, on ne tarissait pas d’éloges sur la bibliothèque de Babylone et il s’en serait voulu de ne pas aller y faire un petit tour. Voji viendrait avec lui, il était impatient de voir à quoi ressemblait une bibliothèque. Le petit n’avait jamais vu de livre de sa vie…

Trois jours durant, ils restèrent dans cette bibliothèque. Gaëspûr, au soir du premier jour, remarqua que Voji passait beaucoup de temps à examiner les représentations imagées qui illustraient certains livres, gravures et autres… Lorsqu’il lui en demanda la raison, la réponse de Voji le surprit :


- Et bien… Toi, tu comprends ce qui est écrit, mais moi non. Alors, je regarde les dessins !

Puisque Voji ne savait pas lire, Gaëspûr décida de passer du temps à lui apprendre. Le lendemain, il y passa sa journée et au soir, le gamin se débrouillait déjà bien. Il y avait beaucoup de mots qu’il ne comprenait pas, mais les progrès réalisés en une seule journée laissaient présager qu’il terminait son apprentissage facilement. La connaissance des mots viendrait avec le temps…

Le troisième jour, il laissa Voji lire seul, s’intéressant lui à une série de livres contant des histoires du Pérou. Il était étonnant que de tels livres se trouvent là, d’autant que ce qu’ils racontaient semblait très proche de la réalité. La vie y était décrite avec grande précision, Gaëspûr s’y retrouvait. Lorsqu’ils décrivaient un gamin préparant de la pâte à papier, c’était lui, de longues années auparavant ! Gaëspûr aurait pu passer de longs mois là, à lire, voyant comment les différents peuples de la terre se voyaient entre eux, mais pour Voji, il valait mieux ne pas trop s’attarder.

Le soir venu, ils plièrent bagages et reprirent la route.


- Aujourd’hui, j’ai lu un livre ! Pas en entier, mais je comprends déjà plus vite qu’hier !

- Encore un peu d’entraînement et tu liras parfaitement bien, tu verras... De quoi parlait ce livre ?

- Un homme y racontait sa propre histoire. Comment il était passé du meilleur au pire. Il était pêcheur, avait une femme, mais pas d’enfants. Leur seul regret d’ailleurs. Tout se passait bien pour eux, ils étaient appréciés dans le petit village non loin de leur maisonnette. Un soir, une jeune femme mourante arriva chez eux, un bébé dans les bras. Avant de mourir, elle le leur confia. Le bébé grandit, devint une charmante jeune fille, comme si elle avait été leur propre enfant.

Voji était passionné par ce qu’il racontait. Peut-être que quelques jours de plus passés à la bibliothèque ne lui auraient pas déplu.

- Ils choisirent, un jour, de lui dire la vérité. En apprenant qu’elle n’était pas leur vraie fille, elle s’enfuit ! Ils tentèrent de la retrouver, en vain… Ils voyagèrent longtemps, sans perdre espoir à aucun moment ! Mais Shigeru, la femme du pêcheur, tomba malade et mourut, loin de chez eux. Après trois ans de recherche, Noboru, le pêcheur, rentra chez lui. Là, il vit que sa maison avait été pillée et détruite. Il préféra choisir une vie solitaire, et se retira…

- Mais comment a-t-il écrit ce livre, alors ?

- Je ne sais pas, je suppose que c’était expliqué plus loin…

- Ah oui, sans doute…

Un long silence suivit le récit de Voji. Une question de celui-ci le rompit :

- Tu penses qu’il a eu raison ?

- De quoi ? Excuse-moi, j’étais perdu dans mes pensées…

- Le pêcheur. Tout quitter et partir dans l’inconnu pour retrouver sa fille. Il dit que dés le début, il savait qu’il ne la retrouverait jamais, alors… Et puis, la fille a choisi de partir ! Pourquoi aller contre sa volonté ?

- Il devait l’aimer beaucoup. Il aura tout essayé pour le revoir. Je peux le comprendre. Maintenant, s’il a eu raison… Personne ne pourrait le dire !

Voji avait eu la main « chanceuse » en prenant justement ce livre. Gaëspûr avait fait le même choix que le pêcheur. Abandonnant toute chance de devenir un jour chevalier, il était parti à la recherche de sa sœur. Peut-être aurait-il mieux fait, tout comme le pêcheur d’ailleurs, de bien réfléchir avant, aux risques et aux chances de réussite.
Mais tout cela était du passé. Maintenant, il avait seulement à assumer ce choix, sans plus…

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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:02

Poursuivant leur route, ils arrivèrent dans un village situé haut dans la montagne. Il était habité par des moines, qui accueillirent les voyageurs. Profitant de l’hospitalité de leurs hôtes, Gaëspûr et Voji passèrent là plusieurs jours, reprenant leurs forces et se préparant à la route qui les amènerait jusqu’à la mer. Il y avait une cascade non loin du village et Gaëspûr y amena Voji pour lui apprendre la méditation. Le même endroit où lui-même avait appris.

Alors qu’ils étaient là depuis six jours, pendant que Voji et lui se trouvaient près de la cascade, Gaëspûr ressentit une présence maléfique. Tout à coup, il se sentit oppressé, comme si quelqu’un venait avec des intentions meurtrières. Il leva les yeux et vit au loin un nuage de fumée monter vers le ciel. Le village… Gaëspûr se releva et dit à Voji :


- Attends moi ici. Je vais jusqu’au village, m’assurer que tout va bien…

- Que se passe-t-il, pourquoi ne restes-tu pas ?

Tout à sa concentration, le gamin n’avait pas vu la fumée.

- J’ai peur que le village se fasse attaquer. Un moine m’a parlé de bandes qui pillaient la région. Ils ont de bons moyens de défense, mais peut-être pourrais-je me rendre utile…

- Tu vas aller te battre ?

- J’espère que non. Toi, tu restes là, c’est peut-être dangereux, donc tu ne m’accompagnes pas !

- Mais… Tu sais te battre ?

- Je me débrouille. J’ai appris, il y a longtemps…

- Reviens vite…

Voji n’avait pas l’air très rassuré. Gaëspûr réalisa qu’il ne s’était jamais battu devant lui, le petit devait penser qu’il n’avait aucune chance face à des brigands désorganisés. Pourtant, il se remit en position de méditation et garda les yeux fermés lorsque Gaëspûr quitta les lieux.

Le jeune homme arriva bien vite au village. Avant même de l’avoir en vue, il savait que ses craintes étaient justes. L’atmosphère se faisait pesante, la nuit était tombée déjà, bien trop tôt pourtant. A croire que le Soleil se cachait…


- Oh… Ce n’est pas vrai !

Le village était en feu. De là où il était, Gaëspûr pouvait apercevoir des corps jonchant le sol. Il se précipita et arriva près d’un moine mourrant. Celui-ci avait reçu un coup d’épée dans la poitrine et respirait difficilement. Il rendit l’âme dans les bras de Gaëspûr. Auparavant, il eut le temps de lui raconter qu’ils s’étaient fait attaquer par quelques hommes, quatre ou cinq, dont un géant.

Gaëspûr parcourut le village et tomba sur le géant... Il était en train de mettre le feu à une maison. De dehors, Gaëspûr pu voir les moines qui étaient enfermés à l’intérieur, tentant en vain de se frayer une sortie… Le géant se retourna, sentant Gaëspûr arriver.


- Ah tiens, je pensais qu’il n’y avait que des moines ici. Tu n’as pas de chance, tu te trouves au mauvais endroit…

- Espèce de traître ! Les moines n’ont rien fait, ils n’ont aucune richesse, pourquoi fais-tu cela ?

Le géant éclata de rire. Il jeta sa torche, laissant aux moines quelques minutes à vivre en plus.

- Si j’étais seul, je ne me serais pas arrêté, j’ai bien mieux à faire. Mais voilà, j’ai pris avec moi plusieurs de mes hommes et il leur manquait un peu d’action…

- Je te ferai payer !

Le géant ne lui poserait aucun problème. Gaëspûr irait s’occuper de ses acolytes ensuite. Il laissa jaillir son cosmos ; si l’autre était malin, il fuirait avant qu’il ne soit trop tard. Mais plutôt que de prendre peur, le géant sourit.

- Je vois que tu n’es pas un simple vantard comme les autres… Peut-être tiendras-tu plus d’une minute…

- Tu parles trop ! Prépare toi plutôt !

Gaëspûr fonça sur le géant. Plus vite ce serait fini, mieux cela vaudrait pour les moines. Déjà, Gaëspûr avait pu constater le massacre perpétré par les brigands. Arrivant devant le géant, Gaëspûr vit que celui-ci était prêt à frapper. Sûr de sa force, il frappa également, visant le visage.

- Trop lent !

Le géant fut plus rapide que lui et son poing s’écrasa sur Gaëspûr, qui eut le souffle coupé. Il tomba à genoux, suffoquant, pendant que l’autre riait aux éclats. Qui était cet adversaire, si fort ? Le jeune homme se releva doucement, jusqu’à côté du géant…

- Qui… Qui es-tu ? D’où vient cette force ?

- Suis-je bête, je ne me suis pas présenté. Je suis Balrius des ténèbres, chevalier au service d’Inti. Mais peu importe. Ce qui compte, c’est que je suis bien plus puissant que toi !

Inti… Gaëspûr savait de qui il s’agissait. Il était en face à un des chevaliers d’Inti. Tout un tas de questions se pressaient à son esprit. Que faisait-il là ? Pourquoi avait-il attaqué ce village ? Comment s’était terminée la guerre avec Quilla ? Pourquoi si loin de chez lui…

- Je me demande si c’est bien utile que je perde mon temps avec toi. Je pourrais laisser mes hommes en finir avec toi. Mais il faudrait attendre, ils inspectent les alentours !

Gaëspûr sursauta. S’ils croisaient Voji… Il devait faire quelque chose !

- Balrius, le combat n’est pas encore fini… Il ne fait même que commencer ! Je vais t’apprendre qui je suis !

- Décidément, tu es stupide… La différence entre nous est pourtant flagrante…

Gaëspûr avait décidé de passer à la vitesse supérieure. Son bras s’enflamma…

- Voici le condor de feu !!

Gaëspûr lança son bras vers Balrius et un jet de feu alla frapper le géant. Celui-ci ne pu éviter l’attaque et fut projeté en arrière. Il s’écrasa contre la maison et la fissura, ce qui permit aux moines de s’enfuir. Balrius aurait pu les rattraper, mais désormais, toute son attention était portée sur Gaëspûr.

- Il semble que je t’ai sous-estimé. Mais rassure toi, je ne commettrai plus cette erreur. Peut-être pourrais-tu, toi aussi, te présenter…

- Je n’en vois pas l’utilité. Je vais en terminer avec toi, et irai pourchasser tes hommes !

- Soit, garde ton secret. Vu ta technique, je ne serais pas étonné que tu viennes des terres du Soleil. Dommage, tu mourras loin de chez toi !

Il faisait déjà très noir, mais lorsque Balrius se tu, les ténèbres recouvrirent complètement la montagne. Gaëspûr se mit en garde, l’attaque ne tarderait pas…

- Ami, reçois… Les rayons de la mort !

Sans que Gaëspûr pu voir ce qu’il se passait, il ressentit une douleur dans la poitrine. Il commença à avoir des difficultés à respirer. Il réalisa que son corps brûlait de l’intérieur !

*Qu’est-ce que cette technique ? Je n’ai rien vu… Que faire…*

Il resta debout quelques secondes, mais ne pu tenir bien longtemps. Il tomba sur le sol, la tête la première.

- Tu as compris ? Je l’espère pour toi… Bon, je m’en vais te laisser !

Gaëspûr rassembla ses forces et leva la main vers Balrius. Il venait de comprendre qu’il ne pourrait pas venir en aide à Voji. Si celui-ci était découvert par les sbires de Balrius, son voyage prendrait fin…

- Reconstruis ce village et restes-y ! Si je recroise un jour ta route, je serai impitoyable !

- Balrius…

- Tu ferais mieux de te faire oublier. Qui sait, si un de mes hommes venait à passer par ici… Personnellement, je préfère y aller, j’ai bien mieux à faire !

Gaëspûr sentait ses forces l’abandonner. Alors, que Balrius lui tournait en quittant le village, Gaëspûr perdit connaissance, doucement.

- Je te laisse, jeune fou. L’armure de l’aube n’est plus très loin…
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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:02

Balrius, avant de quitter définitivement le village, alla à la recherche de ses hommes. Il en avait pris trois avec lui, dont Ihoas, son fidèle lieutenant, celui-là même qui avait été son rival avant que Balrius ne devienne chevalier. Il le trouva, seul, fouillant une demeure maintenant sans propriétaire.

- Ihoas ! Où sont les autres ? Il est temps que nous partions !

- Ils m’ont dit qu’ils allaient fouiller les environs pour voir s’il restait une âme vivante…

Alors qu’Ihoas semblait trouver cela très amusant, Balrius fronça les sourcils.

- Et tu peux m’expliquer pourquoi ils perdent leur temps ainsi ?

- Et bien parce qu’ils…

- S’il reste quelques personnes, en quoi cela vous pose-t-il problème ?

- Mais enfin, …

- Ihoas ! Il est vrai que nous ne sommes pas chez nous et que ces populations valent moins que des animaux, mais je pense qu’il y a des choses plus intéressantes à faire que de courir après quelques vieillards !

- Balrius…

- J’ai rencontré un homme… Il était très fort. Peut-être autant que toi. Il aurait été heureux que l’un d’entre vous se mesure à lui.

Ihoas préféra ne rien répondre. Balrius avait l’air préoccupé, un air qui ne s’attardait pas souvent sur ses traits rugueux. Le géant lui demanda d’aller chercher les deux autres et de revenir. Ihoas se mit en route, rapidement. Plus vite ils seraient de retour, mieux cela vaudrait. Il valait mieux ne pas froisser la susceptibilité de Balrius, surtout quand celui-ci était contrarié.

Les deux autres, Sepp et Dâta, deux apprentis de Balrius, avaient fait route sans trouver personne. Les moines, n’ayant prévu aucune attaque, devaient tous être dans leur village. Ils finirent par arriver à la cascade…


- Regarde ! Il y a quelqu’un, là.

En effet, ils virent un gamin assis, les yeux fermés, laissant son esprit se faire bercer par la chute d’eau. A défaut d’avoir pu s’amuser avec des fuyards, ils pourraient toujours s’occuper de lui. Même s’il était très jeune, il lutterait sans doute avec acharnement pour sauver sa vie. Ils s’approchèrent… et constatèrent que le petit était plongé dans une méditation plus profonde que ce qu’ils avaient cru au premier abord. Ils se trouvaient juste devant lui et, même s’ils restaient silencieux, le bruit de leurs pas et leur présence auraient du réveiller le petit. Ils s’en chargèrent donc.

- Et, petit, réveille toi !

Un coup de pied suivant cet ordre, Voji fut jeté en arrière et sortit de sa transe. Il n’avait cessé de penser au retour de Gaëspûr et finalement, c’étaient des brigands qui venaient… Voji recula d’un pas et il sentit le bord de la falaise juste derrière lui. Il reçut une gerbe d’eau, le torrent était plus agité qu’à l’accoutumée.

- Que voulez-vous ?

- Nous allons jouer tout les trois ! Tu es d’accord au moins ?

L’éclat de rire qui suivit cette affirmation ne laissa aucun doute à Voji sur leurs réelles intentions. Il jeta un rapide coup d’œil autour de lui : la seule issue était le chemin gardé par les deux hommes ! Il pouvait aussi sauté, mais vu la hauteur de la cascade, il ne réussirait qu’à se briser les os sur les rochers… Voji essaya de rester calme. Gaëspûr lui avait appris qu’il fallait, en toutes circonstances, garder l’esprit froid et clair. Cela permettait de réfléchir efficacement…

- Je suppose que je n’ai pas le choix… Mais dites-moi, qui êtes-vous ?

Voji vit qu’il avait bien agi. Voir un gamin prendre sa situation sans s’énerver avait surpris les deux hommes. Cela ne serait peut-être pas utile, mais lui ferait gagner du temps. Il n’avait pas grand-chose à espérer, à part un retour de Gaëspûr… Son ami ne pouvait le laisser ainsi, abandonné !

- Tu poses trop de questions ! Tiens, je vais t’apprendre à rester muet !

Il prit son couteau et le lança en direction de Voji. Celui-ci ne s’attendait pas à cela et resta immobile ! Le couteau arrivait droit sur son visage quand la cascade gronda ! Un jet plus fort que les autres frappa la roche et éclaboussa tout autour.

- Non, ce n’est pas possible ! Tu as vu ?

- C’est… C’est cette cascade qui l’a protégé ! C’est un magicien !

Une gerbe plus grande que la précédente était retombée juste devant Voji et avait légèrement dévié le couteau, qui avait seulement éraflé la joue du petit. Une goutte de sang tomba sur le sol, au milieu des gouttes d’eau.

- A mon avis, il faut s’empresser de le tuer, nous n’aurons plus de problèmes… Si on le laisse en vie, qui sait ce qu’il nous prépare ?

Les deux étant d’accord, ils s’avancèrent. Voji, lui, n’avait pas bougé. Il avait senti la colère de la chute d’eau croître en un instant et lorsque l’autre avait lancé le couteau, exploser. Ces hommes devaient avoir fait beaucoup de mal pour que le fleuve leur en veuille à ce point…

*Il n’empêche… Si Gaëspûr ne revient pas vite… Que faire ? Je ne peux pas fuir, ni sauter. Quant à les affronter…*

Finalement, c’était peut-être la moins mauvaise des solutions. Si seulement Gaëspûr lui en avait appris un peu plus…

- Bon, le sorcier, plus vite nous en aurons fini avec toi, mieux cela vaudra pour tout le monde ! Fais tes prières !

Les deux hommes s’élancèrent vers lui. Voji se mit en garde, près à en découdre… Il se rappelait très bien des paroles de Gaëspûr, et n’avait qu’à les appliquer !

* Il n’y a que ceux qui perdent tout espoir et qui cessent de combattre qui meurent !*

Alors, il combattrait jusqu’au bout…

- Vous n’avez rien de mieux à faire ?

- Ihoas ! C’est toi… Nous terminons vite ici, et nous sommes à toi…

- Je vois que votre cible est ce gamin. Vous avez raison, c’est bien de votre niveau !

Voji ne connaissait pas plus le nouveau venu que les deux précédents, mais celui-ci lui laissait entrevoir un mince espoir. La vie coulait toujours en lui… Par contre, la colère du fleuve n’était pas apaisée, Voji pouvait toujours sentir son rugissement…

- Mais enfin Ihoas, ce gamin est un démon !

- Vous n’avez rien d’autre pour vous justifier ? Pour dire de telles sornettes, il vaut mieux se taire.

- Il commande à la cascade… C’est certainement un démon des eaux !

La détermination de ses lieutenants fit hésiter Ihoas. Si c’était réellement le cas… Il s’avança, doucement, vers Voji, et l’apostropha :

- Comment t’appelles-tu ?

- Je suis Voji. Et vous ?

- Je me nomme Ihoas, fidèle bras droit de Balrius des ténèbres. Es-tu un démon des eaux ?

Sa surprise pu se lire sur le visage de Voji. Mais qu’allaient-ils imaginer ? Un démon des eaux ?

Ihoas sortit lui aussi son couteau, et le lança à son tour ! Il n’avait pas visé Voji, mais quelque chose beaucoup plus haut… Le jeune garçon vit un oiseau tombé à ses pieds, transpercé !


- Tu vois, je te tuerai sans difficulté s’il m’en prend l’envie. Alors, réponds à ma question, vite. Peut-être déciderai-je de t’épargner, finalement…

Voji n’avait rien entendu. Son regard demeurait fixé sur l’oiseau. Il venait de comprendre ce qui risquait de lui arriver… Jusqu’alors, il n’avait pas réalisé. Il risquait de mourir, mais avait pris cela comme un changement, tout au plus. La réalité se rappelait à lui, désormais. Cet oiseau était rouge de sang. Une partie de ses entrailles se trouvait à l’air libre. Et surtout, il avait gardé les yeux ouverts. C’était peut-être un acte courageux, il osait affronter la mort en face, mais cela eut l’effet d’enlever à Voji le peu de courage qui lui restait ! Le gamin tomba à genoux, incapable de prononcer un mot.

- A mon avis, tu n’es rien de cela. Perdre plus de temps avec toi serait stupide. Nous allons donc te laisser, au revoir !

Ihoas se retourna et dit aux deux autres de le suivre, Balrius les attendait. Ceux-ci, un peu dépités de s’être laisser avoir par un mioche, le suivirent. Voji resta immobile, sans vraiment comprendre que son espoir de vie augmentait sérieusement. Dés que les trois hommes seraient hors de vue, il serait sauvé.

Les trois hommes firent quelques pas avant de s’arrêter. Ils restèrent un instant silencieux, sans bouger, écoutant simplement. Et se murmurant quelques paroles :


- Vous entendez ?

- Il y a quelque chose d’étrange… Mais quoi ?

- C’est la cascade… Ecoutez bien ! Ecoutez !

Lorsqu’il comprit ce qu’il se passait, Ihoas ouvrit de grands yeux ! On n’entendait plus le bruit de l’eau qui s’écrasait contre les rochers ! Comme si le courant s’était arrêté ! Tout trois firent volte-face et constatèrent qu’en effet, il ne subsistait plus qu’un mince filet d’eau qui dégringolait… Et devant eux, Voji était toujours à genoux…

- Vous pensez qu’il est responsable de cela ?

- Ce serait vraiment une bonne idée de s’en débarrasser !

- Vous devez avoir raison… Laissez-moi faire !

Laissant ses deux hommes en retrait, il y alla seul. Dans quelques secondes, tout serait fini… Mais lorsqu’il fut à trois mètres de Voji, le sol commença à trembler…

- Ihoas !!! Reviens, partons d’ici, laissons ce monstre seul !

Il y eu un bruit sourd et furieux au-dessus de leurs têtes : le fleuve avait décidé de reprendre son cours, et sa chute, normaux.

*Non… C’est plus fort encore… En nous attaquant à lui, nous avons déclenché la colère du dieu de ce fleuve ! Oh… Ce n’est pas vrai !*

Le cours d’eau était de retour et avait, avec force, éclaté plusieurs rochers qui servaient de barrières ! Il était très dangereux de rester là, ils avaient toutes les chances de se faire engloutir par le torrent, à moins qu’ils ne reçoivent une pierre immense sur la tête…

Ihoas se précipita, prit Voji dans ses bras, et quitta, avec ses hommes, cet endroit maudit…

Tout les quatre, ils retrouvèrent Balrius, à la sortie du village, qui fumait toujours. Ihoas présenta Voji à Balrius et proposa à celui-ci de le prendre pour apprenti.


- Tu sais, je suis sûr que le fleuve le protégeait, tout à l’heure. Il doit avoir de grands pouvoirs mentaux !

- Je n’ai que faire d’un apprenti aussi chétif. Tu n’as qu’à le laisser ici, il mourra de faim !

- Mais… Peut-être pourrai-je le prendre, moi ? S’il devient mon apprenti, il ne t’ennuiera pas, tout en étant à tes ordres.

Balrius savait qu’Ihoas ne parlait pas souvent à la légère. Mais pouvait-il s’embarrasser d’un gamin qui ne servait à rien ? Si Ihoas s’en occupait, pourquoi pas ? Soit le gamin serait assez fort et deviendrait un serviteur utile, soit il n’aurait pas les forces pour suivre leur entraînement et mourrait… Le géant s’adressa alors à Voji.

- C’est bon, tu peux venir avec nous. Tu deviens, dés aujourd’hui, l’apprenti d’Ihoas, mon lieutenant ! Et tu resteras donc en vie… pour le moment ! Alors, qu’en dis-tu ?

Pour Voji, les choses s’étaient enchaînées beaucoup trop vite et il ne pensait pas avoir bien assimilé tout ce qu’il aurait du. Du départ de Gaëspûr à l’arrivée des brigands, de la colère du fleuve à son sauvetage par un des brigands, et maintenant, on lui faisait rencontrer un géant qui lui proposait de venir avec eux. Au moins, la vie de Voji était sauve. Mais d’un autre côté…

*Puis-je partir avec eux et abandonner ce pourquoi je vivais jusqu’ici ?*

Oublier Evola, la sœur de Gaëspûr ? Ne pas essayer de retrouver celui-ci, qui devait certainement, lui, être à sa recherche ? A moins que…

- Je te donne cinq secondes. Après quoi, je t’écrabouille le crâne.

- Si je viens, je deviendrai fort ?

Balrius sourit. Le gamin avait un certain caractère.

- Oui. Si tu survis, bien sûr…

- Si je deviens fort, je pourrai partir à la recherche de deux personnes chères ?

- Tu es bien exigeant… Mais si je juge que tu es assez fort, c’est d’accord, tu pourras partir à leur recherche.

Voji savait qu’en cas de refus, le géant le tuerait. Il n’avait pas le choix, il devait les suivre. Si vraiment il pouvait devenir fort avec eux, alors il pourrait retrouver Gaëspûr et ensemble, ils repartiraient à la recherche d’Evola ! Il savait que parfois, les choix que l’on faisait avaient des conséquences imprévisibles. Tel celui du pêcheur… Peut-être que pour lui, ce chemin lui ouvrait d’autres horizons… Même s’il savait que maintenant, il quittait un homme de savoir pour des brigands, cruels et sans pitié… Voji se promit de ne jamais oublier Gaëspûr ! Et de toute façon, il le reverrait, un jour ou l’autre…
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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:05

Lorsque Gaëspûr reprit connaissance, il se trouvait sur une paillasse. Il fut rapidement sur pieds, même s’il ressentait encore les blessures infligées par Balrius. Partout dans son corps, il avait l’impression que l’on avait incrusté des petites lames coupantes et hérissées de pointes. Les moines survivants l’avaient soigné. Mais il n’y avait plus aucune trace de Voji… Ni de Balrius d’ailleurs. Le jeune homme n’avait pas la moindre idée de ce qui était arrivé à son ami, mais il redoutait le pire…

Les moines lui proposèrent de rester un peu au village, pour se reposer, et il accepta. Il les aida d’ailleurs à le reconstruire. Il avait besoin, plus que de repos, de temps pour réfléchir posément. Il avait rencontré Voji juste après avoir quitté le Pérou, et depuis ce jour, avait traversé maintes régions, à la recherche de la terre natale du petit. Et maintenant ?

Sans Voji, cette quête n’avait plus de sens. Quant à rentrer chez lui, Gaëspûr ne voulait pas y penser. Il risquait d’être affreusement déçu et préférait garder simplement ses souvenirs… Mais une parole lancée par Balrius lui revint à l’esprit :


- L’armure de l’aube n’est plus très loin…

Ainsi, Balrius était à la recherche d’une des deux armures de Viracocha. Cette armure que quelqu’un avait dérobé de nombreuses années auparavant et dont personne n’avait entendu parler depuis ! Ce vol avait été la cause de bien des malheurs… Notamment, il était à la base de la rivalité qui était née entre Celesta et lui. Balrius était un chevalier d’Inti, il n’avait pas à avoir l’armure de l’aube !

Peu après qu’il se soit souvenu de ce détail, un moine lui raconta ce qu’il avait vu près de la cascade. Il y avait eu un effondrement, de nombreuses roches de taille imposante étaient tombées et le fleuve coulait maintenant beaucoup plus rapidement qu’auparavant. En entendant cela, Gaëspûr perdit tout espoir de revoir un jour Voji. Les brutes l’avaient sans doute surpris, et s’étaient… amusés… Rarement Gaëspûr avait autant haï les hommes, capables de tant de haine.


* Je vais venger Voji… Balrius est fort, trop fort pour moi sans doute. Mais qu’importe ! Si je dois mourir, je préfère que ce soit en combattant pour l’honneur de Voji ! Jamais je ne reverrai le Pérou. Ni le temple, ni mon ancienne maison…*

Jamais il ne reverrait Evola et Celesta. Sa sœur qu’il avait tant protégé et la seule femme qu’il avait aimé en tant que telle. Il avait fait beaucoup de mauvais choix. Celui-ci serait le dernier !

Le cœur empli de noirceur et de larmes, Gaëspûr se mit en route. Il ne savait de la route qu’avait prise Balrius que la direction. Le géant avait pris la direction de là où le Soleil se levait, vers l’est… Gaëspûr, après avoir chaleureusement remercié les moines, et s’étant excusé de son inutilité, se mit en route…

Après une longue marche, il atteignit la mer, et un marchant ambulant du nom de Daichi lui offrit une place sur son bateau pour la traverser. Gaëspûr avait entendu parler d’un géant qui terrorisait certains villages, et était sûr que Balrius avait traversé, lui aussi, la mer. Il était certain que sur l’île sur laquelle le navire de Daichi l’emmènerait, il le retrouverait. Et là, sa route prendrait fin…


*****


Voji était toujours bien vivant. Le groupe faisait de fréquents arrêts et Ihoas en profitait pour entraîner son apprenti. Bien que Balrius le recommande sans cesse, Ihoas n’encourageait pas Voji à trop d’exercices physiques. Tout au plus, le jeune garçon travaillait sa respiration et son agilité. Ihoas était certain qu’il était trop tôt pour développer sa masse musculaire. Voji savait parler lorsqu’on le lui demandait et se taire le reste du temps. Ainsi, sa place dans le groupe était faite.

Ils avaient perpétré nombre de massacres durant leur trajet jusqu’à la mer, et Voji avait été forcé d’y participer. Il n’y mettait jamais beaucoup d’ardeur, ce qui lui valait les moqueries de Balrius, qui aimait à l’insulter. Mais pour le petit, il était impensable de commettre des meurtres pour le plaisir. Tout au plus, il pilla des maisons débarrassées de leur propriétaire. Balrius était très différent de Gaëspûr. Alors que celui-ci parlait souvent à Voji, lui décrivant le monde, Balrius ne savait que railler et se moquer.

Toutes sortes de brimades que Voji supportait en silence. Il savait que lorsqu’ils rentreraient chez eux, seul Ihoas continuerait à s’occuper de lui. Et même si mon maître n’hésitait jamais à tuer, Voji était sûr qu’il ne le faisait pas par plaisir. Souvent, alors que les autres tentaient de tuer le plus, Ihoas préférait mettre le feu aux granges, crier haut et fort pour faire peur aux habitants… Pour peu, Voji aurait cru qu’il le faisait exprès pour permettre aux hommes de fuir ! Après tout, Ihoas avait d’abord choisi de ne pas le tuer, avant de le sauver. Etait-ce cette relative générosité, ou le fait qu’Ihoas n’hésitait jamais à prendre la défense de Voji, mais le jeune garçon commençait doucement à s’attacher à son maître. De plus, il s’était peu à peu fait à l’idée que Gaëspûr avait été tué. Et il voyait en Ihoas celui qui remplaçait son ami…

La traversée de la mer fut douloureuse pour Voji et son maître… L’un et l’autre ne supportaient pas les mouvements du bateau. Lorsqu’ils atteignirent enfin la terre, Voji s’écroula sur le sol, le regard levé vers les étoiles, priant pour ne plus devoir monter sur un bateau de sa vie !

Et alors qu’avant, Balrius permettait à ses hommes de se distraire en attaquant des villages isolés, il changea complètement d’attitude ! Sur l’île, il ne voulait pas se faire remarquer. Il interdit à chacun d’entre eux de quitter le groupe et de faire quoi que ce soit qui pourrait attirer l’attention sur eux… Ils ne marchèrent que quelques jours, avant d’arriver devant un temple. Celui-ci se trouvait à la fin de la plaine, et était surmonté par d’énormes falaises. Au loin, on pouvait apercevoir une montagne…


- C’est ici. Ihoas, tu entres avec moi. Les autres, vous restez dehors et vous montez la garde. Si une seule personne s’approche, tuez-la !

Ihoas intervint, et dit à Voji d’entrer, lui aussi.

- Certainement pas. C’est trop dangereux à l’intérieur. Ton disciple ferait mieux de rester là.

- C’est mon disciple, tu l’as dit. C’est donc à moi de décider ce qui est bon ou pas pour lui.

- Soit. S’il meurt, tu ne pourras en vouloir qu’à toi-même.

Balrius, sans autre parole, pénétra dans le temple. Ihoas dit à Voji de passer devant lui, et ils entrèrent à leur tour. Les deux autres hommes de main de Balrius restèrent dehors…

Dedans, le couloir n’était éclairé que par des torches, allumées, disposées régulièrement sur les murs. Ceux-ci étaient vides, sans peintures ni gravures d’aucune sorte. Pas de portes où entrer, ni de couloirs confluents où se diriger. Balrius commença à expliquer à Ihoas ce qu’il avait en tête :


- Ils m’ont dit que l’armure se trouvait sur cette île. Je ne sais pas pour toi, mais dés que j’ai posé le pied sur cette terre, j’ai ressenti sa puissance. Il semble qu’elle soit dans ce temple…

- Je ressens son aura qui enveloppe ces lieux. Mais il n’y pas que cela. L’air se fait oppressant, comme si quelque chose se préparait !

- Je suppose que ce chemin est bourré d’embûches. Une armure n’aurait pas été placée à la portée de tous.

Voji ne comprenait pas grand-chose à ce qu’il se passait. Il ne savait pas ce qu’était une armure, pourquoi elle était cachée dans un temple, ni qui avait donné ces informations à Balrius. Il osa une question…

- Euh… Excusez-moi, mais… Pourquoi voulez-vous cette… armure ?

Ihoas éclata de rire, mais se reprit bien vite et répondit lui-même à Voji, après avoir vu les éclairs de mépris lancés par les yeux de Balrius.

- En fait, cette armure possède une grande importance pour notre nation. Elle ne nous appartient pas vraiment, mais si nous la trouvons, elle nous permettra d’avoir une influence inimaginable sur les autres peuples de notre terre.

- Balrius va la garder pour lui alors ?

- Balrius possède déjà sa propre armure, qui est également très puissante. Celle-ci, il la remettra à notre dieu, Inti !

Voyant que Voji allait continuer à poser des questions, Ihoas clôtura la discussion.

- Une fois dehors, je t’expliquerai ce que tu dois savoir sur Inti et notre royaume. Mais pour l’instant, reste sur tes gardes.

Voji se tu, et fit bien attention à ce qu’il pourrait se passer… Rien en fait, jusqu’au moment où ils arrivèrent devant une porte. Celle-ci était ridiculement petite, comparée à la hauteur du couloir. Balrius la dépassait de deux têtes au moins.

- Finalement, il n’y avait pas de dangers !

- Ce n’est pas fini… Restons attentifs !

Balrius sortit de son pagne un parchemin, qu’il déroula. Il se mit à lire, et Voji ne comprit rien du tout ! Cela devait être quelque parole magique… Dés que Balrius eut fini sa litanie, Voji pu constater qu’il s’agit en effet d’une formule magique car la porte sortit, d’elle-même… Ils s’engagèrent tout trois dans la salle…

Et l’armure était là… Voji n’avait jamais rien vu d’aussi éblouissant. Elle dégageait une douce chaleur qui se répandait dans la pièce, posée sur un autel. Les trois hommes s’approchèrent doucement, et Balrius vint poser sa main dessus…




- Balriuuuuus !!!!!!

Le géant enleva précipitament sa main, pensant avoir déclenché un mécanisme de protection, mais il n’en était rien. L’un des deux hommes qui était resté dehors arrivait en courant. Il termina sa course aux pieds de Balrius, essoufflé, mais réussit à balbutier :

- Il… Il… Il est mort !!!

- Quoi ? Qui est mort ? Que se passe-t-il ?

- Un homme… nous a attaqué ! Il a dit… qu’il… qu’il… qu’il venait pour te retrouver !

- Qui ? Qui est-ce ?

- Je ne sais pas… Mais il… Il a tué mon meilleur ami !!

Balrius leva les yeux. Serait-ce cet homme qu’il avait laissé en vie, dans ce petit village de Chine ? C’était bien possible… Il prit Ihoas par les épaules.

- Je vais m’occuper de l’armure. Toi, va dehors, et charge toi de cet individu ! Prend cette loque et ton apprenti avec toi, je veux rester seul !

- Mais… Cet adversaire risque d’être coriace. Voji pourrait rester ici et…

- S’il reste, je ne réponds pas de sa vie !

- J’ai compris…

Dépité, Ihoas dit à Voji de venir avec lui. Avec le dernier homme de main de Balrius, ils prirent la direction de la sortie…
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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:10

Gaëspûr avait enfin retrouvé Balrius ! Il sentait sa cosmo-énergie émaner du temple… Il y avait deux hommes qui montaient la garde devant l’entrée. Balrius devait se trouver à l’intérieur ! Il en était certain, il pouvait sentir la malveillante puissance de celui-ci. Mais il était capable de ressentir autre chose. Une douce aura, bonne, pleine de joies et de lumières, qui provenait de ce temple. Peut-être l’armure de l’aube…

Sans hésiter, Gaëspûr avait pris la direction des deux hommes. Ceux-ci l’avaient vu arriver de loin. Lorsqu’il fut devant eux, il alla droit au but :


- Je viens affronter Balrius. Je sais qu’il est là. Laissez-moi passer !

Malgré sa détermination, il avait réussi à déclencher le fou-rire de ses deux opposants. Loin de se laisser distraire, Gaëspûr leur répéta son ordre.

- Si vous ne vous écarter pas, je vous tue tout les deux.

Loin de faire peur aux autres, cela ne fit que redoubler les éclats de rire. Gaëspûr savait qu’il avait été battu par Balrius lors de leur première rencontre, mais ces deux-là n’étaient certainement pas aussi forts que le géant. Et même si c’était le cas… De toutes manières, le jeune homme savait sa dernière heure arrivée, puisqu’il n’envisageait pas battre Balrius.

- Vous l’aurez voulu !

Il passa à l’attaque ! Son poing s’écrasa sur le visage du plus malheureux… Sans même qu’aucun n’ait esquissé un geste ! Alors que l’homme frappé par Gaëspûr tombait à la renverse, l’autre avait arrêté de rire et regardait son ennemi, médusé.

- Mais… Mais…

- Ecarte-toi, ou je te tue !

Gaëspûr venait de comprendre. Ces deux-là, c’étaient les hommes de main dont lui avait parlé Balrius. Voji était mort de leur faute ! Il sentait la colère monter en lui…

- Tu vas voir !

- Dâta, non !

L’apprenti de Balrius encore debout s’élança à son tour sur Gaëspûr, alors que son compagnon lui hurlait de faire attention. Gaëspûr s’attendait à cela, et il esquiva sans aucun mal le poing de Dâta. Sans mot dire, il utilisa la même technique qui avait fait basculé Balrius : le condor de feu ! Son poing, enflammé de cosmo-énergie, frappa la poitrine de Dâta, qui tomba lui aussi.

- Dâta !

Son compagnon s’était précipité vers lui. Mais toute vie avait quitté le corps de Dâta…

- Ce n’est pas possible… Qui es-tu ?

Il s’était mis en garde, son regard trahissant la peur qui tiraillait ses entrailles.

- Va et ramène moi Balrius. C’est ta chance de rester en vie, prends la !

Gaëspûr n’eut pas besoin de se répéter. L’homme, paniqué, pénétra dans le temple en courant, et disparu bientôt.

*Voji. Je t’ai déjà vengé un peu… Maintenant, je vais affronter Balrius, pour toi. Et ensuite, je viendrai te rejoindre…*

*****


Ihoas, Voji et Sepp, le dernier apprenti de Balrius en vie, allaient arriver à la sortie du temple quand Ihoas s’arrêta. Prenant Voji par les épaules, il lui dit, d’une voix douce :

- Voji, tu vas m’attendre ici.

- Mais Ihoas, je veux venir ! Je ne vais pas te laisser y aller seul.

- Voji, un homme a déjà été tué. Dâta était plus fort que toi, tu ne pourrais donc rien faire. Au contraire, tu seras plus utile ici. Si tu viens, je devrai faire attention à toi. Reste ici, et attends moi.

- Ihoas, fais attention…

Voji se souvenait très bien du jour où il avait perdu Gaëspûr, de la même manière. Celui-ci lui avait demandé de l’attendre et il ne l’avait jamais revu. Depuis, Ihoas avait été le seul à l’accepter et à s’occuper de lui, il ne voulait pas le perdre à son tour. Son maître semblait certain de sa victoire.

- Ne t’en fais pas, je serai vite de retour. Fais moi confiance… Je ne me bats pas souvent, mais quand je le fais, je me donne à fond !

Il tourna ensuite les yeux vers Sepp et lui dit froidement :

- Je te confie mon apprenti. Qu’il lui arrive quelque chose, et tu es mort. J’espère avoir été clair.

Il fit un clin d’œil à Voji, lui demanda de rester là, avec Sepp, et s’en alla vers la lumière, seul…

Plus loin dans le temple, Balrius réfléchissait. Il allait amener l’armure à Inti, mais qu’en ferait celui-ci ? Avec elle, son Seigneur posséderait un atout non négligeable, mais n’était-ce pas gaspiller la chance qu’ils avaient ? Pourquoi ne pas remettre l’armure de l’aube à un de leurs hommes… Ils seraient donc trois chevaliers à servir Inti, avec Allata et lui. Alors que Viracocha n’aurait qu’un guerrier…


*Même si nous déclenchions nous-même une guerre, nous serions sûrs d’en sortir vainqueurs ! Et je sais qui pourrait porter cette armure…*

Ihoas en avait la capacité. Lui et Balrius avaient eu le même maître, qui les avait entraîné tout deux pour revêtir un jour l’armure des ténèbres. Si Balrius ne l’avait pas vaincu, sans doute aurait-il réussi à devenir chevalier, lui aussi. Le géant le connaissait mieux que personne et ne doutait pas une seule seconde que son ami puisse devenir chevalier de l’aube.

Soudain, alors que Balrius était perdu dans ses pensées, il entendit une explosion ! Elle ne s’était pas produite dans le temple, mais à l’extérieur. Sans doute Ihoas et son ennemi…


*Serait-ce vraiment cet homme du village des moines ? Il était fort, c’est vrai, mais tout de même. Ihoas ne devrait pas avoir trop de soucis face à lui.*

Balrius savait que cet homme avait réussi à le frapper, ce qui le plaçait au-dessus de beaucoup. Mais de même, il avait été vaincu facilement. Comment pourrait-il, aujourd’hui, tenir tête à Ihoas ? Balrius hésitait. Il prit l’armure avec lui, et sortit de la salle. Il allait rejoindre Ihoas dehors et là, il aviserait…

*****


- Tu es doué…

Ihoas avait trouvé un adversaire à sa mesure. Son adversaire maîtrisait plusieurs techniques efficaces, il était rapide et savait se battre. Ihoas devrait sans doute puiser au plus profond de ses forces pour en venir à bout. Déjà, le début du combat avait été spectaculaire. Son ennemi avait utilisé une technique nommée le « condor de feu », Ihoas avait contré avec son « aile de feu ». Sa propre vague enflammée s’était heurtée au poing de son opposant et l’explosion qui en avait résulté avait fait trembler les montagnes de la région. Son ennemi ne s’en était pas sorti sans mal, et son bras sanguinolent était devenu douloureux. Un instant, les deux hommes reprenaient leur souffle.

Gaëspûr, lui, ne s’attendait pas à ce qu’un simple homme de main puisse être si puissant. Lorsqu’il l’avait vu sortir du temple, sa colère l’avait poussé à l’affronter. Encore un qui était responsable de la mort de Voji. Mais maintenant, il se demandait s’il sortirait vainqueur de cet affrontement. Il le devait, pour avoir le privilège d’un combat face à Balrius lui-même.


- Ecoute, je suis venu pour Balrius. Reste en dehors de ça !

- Balrius m’a envoyé pour toi. Si tu es capable de gagner face à moi, alors tu auras le droit de te mesurer à lui. Considère ça comme une épreuve.

- Si nous continuons, tu mourras. Je… je ne tiens pas à te tuer.

Ihoas sourit. Il laissa son cosmos l’entourer doucement, mais en continuant à parler à Gaëspûr.

- Je vais te l’avouer, moi non plus. Je n’aime pas tuer. Toutefois, je suis aux ordres de Balrius des ténèbres. Il m’a ordonné de te tuer, je vais donc exécuter cet ordre. C’est tout.

- Tu vas le servir même si tu n’es pas d’accord avec cet ordre. Mais pourquoi ?

- Balrius sait beaucoup plus de choses que moi. S’il pense qu’il est bon que tu meures, il doit avoir raison.

- Peut-être faudrait-il que tu penses par toi-même ?

- Cela t’arrangerait bien. Mais ce n’est pas ainsi. Et de plus, je vais en terminer rapidement, mon apprenti m’attend !

- Dans ce cas, je me ferai un plaisir de l’envoyer de rejoindre quand j’en aurai fini avec toi !

- Alors… Par l’aile de feu !!

Balayant l’air de son bras, Ihoas envoya une véritable vague de feu vers Gaëspûr. Mais celui-ci était prêt et, alors que le feu allait le recouvrir… disparut !

- Mais, où est-il ?

Gaëspûr réapparut juste devant lui, le poing déjà près à frapper ! Il s’écrasa contre le visage d’Ihoas, qui fut projeté contre le mur du temple. Gaëspûr le laissa se relever, préparant sa prochaine attaque.

- Tu es rapide… Et puissant.

- Je te l’ai dis, tu vas mourir…

Ihoas avait encore plusieurs arguments à faire valoir, ce combat était loin d’être terminé. Il leva les bras vers le ciel, et d’un coup, celui-ci s’assombrit !

- Etranger, ta rapidité ne te permettra pas d’éviter mon attaque, cette fois.

- Je l’attends avec impatience.

- Ricane tant que tu veux, pendant que tu le peux encore.

Ihoas ferma les yeux. Sa bouche s’ouvrit une dernière fois, pour prononcer, dans un murmure :

- Tu vas connaître le supplice de la douleur noire…

Gaëspûr sentit tout à coup son cœur s’arrêter de battre. Cela ne dura heureusement qu’une seconde, et tout refonctionna très bien ensuite. Il y avait juste une petite différence… Gaëspûr se sentait déprimé, triste. Pourquoi se battait-il contre cet homme ? Après avoir connu tant d’échecs, il aurait mieux fait de renoncer. Ces affrontements interminables étaient inutiles. Gaëspûr était las. Il avait envie de s’asseoir et de fermer les yeux, pour échapper à sa tristesse. Tout comme Ihoas, Gaëspûr ferma les yeux.



Ihoas, lui, gardait les yeux fermés…
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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:12

Balrius arriva près de Sepp et Voji.

- Ihoas se bat seul ? C’est bien… Sepp ! Tu vas garder cette armure ! Je compte sur toi ! Ne le laisse toucher par personne, surtout pas par ce microbe ! Je vais aider Ihoas, il semble que ce soit cet homme du village des moines qui nous ait suivi.

Il déposa l’armure aux pieds de Sepp et pris la même direction qu’Ihoas. Ni Sepp ni Voji n’avaient pu dire un mot. Toutefois, Voji réfléchissait…

*Cet homme du village des moines…*

*****


Ihoas savait qu’il avait gagné. Son esprit se trouvait aux côtés de celui de Gaëspûr, et il contemplait les résultats de sa technique. La douleur noire consistait à perturber les pensées de l’ennemi afin qu’il n’ait plus conscience que des souvenirs négatifs. Ceux-ci l’agressaient, se faisant de plus en plus oppressant et l’ennemi finissait par devenir fou, sous le regard d’Ihoas. Gaëspûr n’y échapperait pas…

Le jeune péruvien avait perdu tout ses soutiens, tout ce en quoi il avait cru jusque là. Trois visages le hantaient. Celui d’Evola. Sa sœur était morte. Il ne l’avait pas aidée et jamais ne le pourrait. Celui de Celesta. En voulant poursuivre sa chimère, il avait abandonné Celesta. Elle non plus, il ne la reverrait jamais. Elle finirait par l’oublier. Celui de Voji. Le jeune garçon lui avait fait confiance et était mort maintenant. Gaëspûr sombrait doucement dans les ténèbres. Il avait peut-être la force de se relever, mais n’en avait tout simplement plus l’envie…

Ihoas ne pouvait pas croire ce qu’il venait de voir ! Après deux visages féminins, celui d’un petit garçon était apparu dans l’esprit de son ennemi. C’était Voji ! Ainsi, il connaissait son apprenti. Ihoas força les barrières mentales de Gaëspûr pour voir plus de choses… Il y découvrit que Voji était une des personnes que son ennemi avait le plus aimé.

Ihoas ouvrit les yeux. Gaëspûr, libéré, en fit de même. Alors que le regard d’Ihoas trahissait une haine croissante à l’encontre de Gaëspûr, celui de ce dernier était un peu perdu. Il ne semblait pas savoir ce qu’il faisait là.


*Ainsi, c’est lui que Voji voulait retrouver. Il est venu le rechercher. Si ce que j’ai vu est exact… Il aime beaucoup Voji et il en est de même pour mon apprenti. Alors…*

Ihoas serra les poings. Cela le mettait dans une situation impossible. Et en attendant, Gaëspûr venait de reprendre complètement ses esprits. Il se tenait près à continuer le combat.

- Ton petit tour était très réussi, malheureusement tu n’as pas été capable d’aller au bout ! Et maintenant, c’est à moi de te faire découvrir autre chose.

- Espèce d’idiot ! Je t’aurais tué si je l’avais voulu. Mais j’ai décidé de ne pas me battre face à toi.

Ihoas se pinça ses lèvres. Il venait de faire son choix. Qui ne plairait certainement pas à Balrius…

- Tu as peur désormais ! Mais ne rêve pas, je ne te laisserai pas fuir comme cela !

Ihoas soupira. S’il tuait Gaëspûr, il risquait que Voji soit un jour au courant. Il imaginait sans peine la tristesse du petit et ne voulait pas en être la cause. S’il laissait Gaëspûr vivre, peut-être celui-ci serrait-il assez malin que pour partir. Et cela vaudrait mieux pour Voji.

- Il se trouve que j’ai autre chose à faire que perdre mon temps avec toi. Je sais, maintenant, que je suis plus fort. Alors, adieu, étranger !

- Attends !

Ihoas s’apprêtait à tourner le dos à Gaëspûr, mais celui-ci ne comptait pas le laisser partir.

- Par ta faute, mon meilleur ami est mort. J’ai décidé de le venger. Si je ne suis plus en état de me battre face à Balrius, tant pis. Mais sa mort ne restera pas impunie ! Tu mourras, comme ton ami !

Ihoas vit le corps sans vie de Dâta. Il soupira.

- Si c’est vraiment ce que tu veux… Je t’attends.

Il se remit en garde. Cet entêté allait donc mourir.

- Prépare toi alors ! Tu vas subir la fureur du condor doré !

Le cosmos de Gaëspûr explosa. Ihoas reçut une onde de choc qui le fit reculer d’un pas. L’énergie qui se dégageait du corps de Gaëspûr était impressionnante. Ihoas n’était plus tout à fait sûr de sa victoire… Il se prépara à parer l’attaque. Le cosmos de Gaëspûr l’entourait, semblable à une brume d’or, et petit à petit, Ihoas pu y distinguer quelque chose…

*On dirait… un condor ! Un condor géant !*

En effet, derrière Gaëspûr, un condor avait pris forme. Ihoas du plisser les paupières, tant il était éblouissant.

- Condor doré ! Va et foudroie mon ennemi !

Le condor, criant furieusement, pris son envol, s’éleva dans les airs, fit disparaître les ténèbres qui s’étaient abattues sur la plaine et, tels les rayonnements du Soleil, fonça sur Ihoas. Celui-ci, le voyant s’abattre sur lui, su qu’il avait vu pour la dernière fois la lumière, et en remercia Gaëspûr. Mourir dans les ténèbres aurait été un châtiment. Il leva les bras et tenta de repousser le condor, de toute son énergie, mais en sachant que ses efforts seraient vains…

Le condor, après avoir frappé Ihoas, s’envola vers le Soleil et disparut. Gaëspûr vit Ihoas étendu sur le sol, les yeux levés vers le ciel. Doucement, il s’approcha, se demandant si le combat était terminé. Lorsqu’il fut au-dessus d’Ihoas, il su que oui. L’homme gisait dans son sang, il gardait les yeux fermés et avait du mal à respirer. Il bougea les lèvres et Gaëspûr approcha l’oreille.


- Etranger, tu m’as vaincu. Tu as gagné le droit d’affronter Balrius. Tu… tu n’étais peut-être… pas le plus fort… mais… les dieux en ont décidé ainsi. J’ai… une faveur… à te demander. Prends… prends soin de mon apprenti… Tu… Tu…

Une voix, plus forte que le murmure d’Ihoas, se fit entendre.

- Ainsi c’était bien toi. Tu es toujours là, et tu viens de vaincre mon meilleur homme.

Gaëspûr se releva, laissant Ihoas, et fit face à Balrius. Il se sentait très fatigué, ayant du puiser dans ses dernières forces pour vaincre, mais il tâcherait de mourir dignement.

- Alors, je vais t’affronter. Et aujourd’hui, je te tuerai.

- J’y compte bien !

Gaëspûr se remit, une nouvelle fois, en garde. Il savait que les pouvoirs du géant dépassaient l’imagination…

*****


*L’homme du village des moines…*

Un doute venait de naître dans l’esprit de Voji. Gaëspûr avait rencontré Balrius et ses hommes, dans un village de moines… Il avait été tué par ceux-ci. Mais serait-il possible qu’il ait, d’une manière ou d’une autre, survécu ? Si c’était le cas, peut-être que l’inconnu qui était dehors, et qui affrontait Ihoas…

- Sepp… L’homme dont tu nous as parlé, comment était-il ?

Sepp commença à détailler à Voji l’homme qui avait tué Dâta. Et plus Sepp parlait, plus les yeux de Voji s’ouvraient. Il comprit que son ami Gaëspûr était venu pour le sauver… Il avait du mal à le croire, mais savait que son cœur ne mentait pas.

*Gaëspûr est en vie… en vie…*

Il resta plusieurs minutes silencieux, puis se mit à marcher vers la sortie, à son tour. Sepp l’arrêta directement !

- Tu restes ici ! Balrius et Ihoas vont bientôt revenir, nous les attendons !

- Mais… Mais… C’est Gaëspûr dehors ! Je dois y aller !

- Gaëspûr ? Tu… connais cet homme ?

Sepp ne savait pas quoi faire. Si Voji était un traître, il méritait la mort. Mais Ihoas risquait de ne pas croire les explications que Sepp pourrait lui fournir après la mort de son disciple… Le mieux, c’était encore d’attendre, et d’en parler à Balrius. Sepp se plaça entre Voji et la sortie.

- Ecoute, nous allons attendre ici, tout les deux…

Voji devait savoir. Il voulait sauter au cou de Gaëspûr si celui-ci était vraiment toujours vivant. Il essaya de surprendre Sepp, et se mit à courir. Un coup de poing dans le menton le ramena à sa place.

- Je t’ai dis que nous allons attendre. Tu ferais mieux de te tenir tranquille ou… Mais… Que fais-tu ?

Voji venait de saisir la petite dague qu’Ihoas lui avait remise. Il la pointait vers Sepp, qui ricana.

- Tu veux t’en servir contre moi ? Mais si tu fais ça, tu meurs, j’espère que tu en es conscient !

Pour narguer Voji, Sepp tendit le bras.

- Allez, frappe seulement ! Et une minute plus tard, tu recracheras tes entrailles !

Voji, le regard vide, s’élança vers Sepp et lui entailla le bras. Il recula ensuite, et se mit en garde. Sepp, lui, n’avait pas bougé : il regardait l’enfant, le regard surpris.

- Jamais je n’aurais cru que tu signes ainsi ton arrêt de mort… Je ne plaisantais pas tout à l’heure !

Sepp bondit et frappa Voji, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que celui-ci s’effondre. Il était encore en vie, mais son visage était rouge de sang.

- Alors jeune fou, tu dégustes ? J’espère, car ce n’est pas fini !

Sepp leva de nouveau son bras, mais le laissa en suspens. Voji venait de se mettre sur ses genoux. Il leva doucement la tête, le regard tourné vers la sortie. Il se redressa, et se fit un pas.

- Tu veux vraiment y aller… Et bien, je n’ai plus le choix ! Tant pis pour toi !

- Mais… Sepp…

Voji se retourna, toujours avec ses mouvements saccadés, vers Sepp.

- Sepp… Tout va bien ?

Sepp ne comprit pas tout de suite ce que Voji voulait dire. Il vit le regard de l’enfant le quitter pour se diriger vers la dague d’Ihoas. Et soudain, il sentit son estomac lui faire mal, et il recracha du sang !

- Tu penses… qu’Ihoas… utilise une simple… dague ?

- Que veux-tu dire ? Réponds, que m’arrive-t-il ?

- Cette dague… il l’avait enduite de poison. C’est toi qui va mourir Sepp…

Sans plus se préoccuper de Sepp, qui recrachait maintenant de véritables gerbes de sang, avant de s’effondrer, Voji avait repris son chemin. En passant près de l’armure, il s’en saisit. La traînant sur le sol, il marcha, pas après pas, vers son destin…

*Gaëspûr, j’arrive…*

Pour la première fois, il venait de tuer. Mais n’éprouvait rien pour cet homme dont il avait ôté la vie. Il y avait plus important pour l’instant. Il venait se comprendre ce qui se passait dehors et une seule chose comptait pour lui : sortir de ce temple et empêcher Ihoas et Gaëspûr de s’entretuer !
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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:13

Balrius venait de bloquer le poing enflammé de Gaëspûr. Il l’avait repoussé sans aucun problème et riait maintenant à gorge déployée !

- Tu pensais me surprendre deux fois avec la même technique ? Tu es pitoyable…

De son côté, Gaëspûr ne pouvait que constater, une nouvelle fois, la différence énorme qu’il existait entre son ennemi et lui. Sans compter qu’il gardait des traces de son combat avec Ihoas…

- Tu as tué deux de mes hommes, dont mon meilleur. Pour cela, il n’existe qu’une punition : la mort !

Balrius leva les bras, comme dans le village des moines, et l’obscurité se fit. Mais Balrius avait déjà révélé cette technique et Gaëspûr était prêt !

- Reçois les rayons de la mort !!

Gaëspûr n’avait pas compris sur quoi reposait cette technique. Il comptait simplement sur sa propre force pour empêcher les rayons de Balrius de l’atteindre à nouveau ! Son cosmos n’avait jamais été si fort, il l’enveloppait complètement, dégageant cette aura caractéristique, douce et puissante à la fois. Il espérait que le condor doré pourrait contrer les rayons de la mort, et qu’il frapperait Balrius, tout comme Ihoas auparavant !

Il ressentit une petite douleur, sa respiration s’accéléra un peu, mais ce n’était en rien comparable à ce qu’il avait connu la dernière fois. Il résistait !

De son côté, Balrius venait de comprendre que Gaëspûr ne serait pas aussi simple à vaincre que lors de leur première rencontre. Il avait certainement progressé. S’il les avait suivi ainsi, c’était qu’il avait compris que la mort l’attendait. L’énergie du désespoir avait un effet surprenant !


*Dans ce cas… Il va falloir passer aux choses sérieuses. En tout cas, je ne l’oublierai pas, cet homme ! Je comprends mieux qu’Ihoas ait été vaincu…*

Le condor de Gaëspûr venait d’apparaître, au-dessus de celui-ci. Les rayons de la mort avaient échoué et Gaëspûr prit sa chance ! La lumière dégagée par le condor avait dispersé les ténèbres de Balrius !

- Balrius, tu vas connaître la fureur du condor doré !!!

- C’est ça, je l’attends…

Gaëspûr envoya le condor, qui plongea vers le géant. Balrius sourit, et fit, lui aussi, exploser son cosmos ! Il leva les bras, et des ses seules mains, stoppa net le condor. Celui-ci tenta bien de prolonger son effort, et, hurlant sa rage, de fondre sur Balrius. Mais un mur de ténèbres s’était formé devant celui-ci, et le condor d’or avait beau tout faire pour passer, rien n’y faisait. Balrius, d’un cri, fit s’évanouir le condor. Ensuite, il rassembla, sous les yeux ébahis de Gaëspûr, les ténèbres dans son poing. Jamais le jeune péruvien n’avait vu une telle chose ! Le géant tenait les ténèbres dans sa main, et ce cosmos obscur ne demandait qu’à être libéré.

- Si tu te relèves après celle-là, je te considérerai vraiment comme quelqu’un de puissant…

Criant sa rage, hurlant, Balrius lança la boule de ténèbres vers Gaëspûr. Celui-ci se protégea comme il le pouvait, mais sans succès… Un instant plus tard, la nuit était tombée sur la plaine et Gaëspûr était étalé dans l’herbe brûlée. Balrius avait gagné.

*Finalement, il fut un adversaire mémorable…*

Balrius s’avança vers Gaëspûr, et vit que celui-ci bougea légérement !

- Tu es toujours vivant ? Tu es tenace !

Gaëspûr avait survécu, mais n’était plus capable de bouger. Ses forces l’avaient maintenant définitivement abandonné, et Balrius allait l’achever bientôt. Une dernière fois, Gaëspûr eut une pensée pour ceux qu’il aimait…

- Tu vas mourir… Adieu !

Gaëspûr sentit monter la puissance de Balrius. Le cosmos froid de celui-ci commençait à l’envelopper. Et soudain, dans ce flot entraînant, il entendit une petite voix qui lui réchauffa le cœur :

- Gaëspûr… Gaëspûr… Tu es là… Je… Je le savais ! Tu ne m’as pas abandonné !

Il ouvrit légèrement les yeux et le vit : Voji était là ! Il venait d’apparaître, à l’entrée du temple. Il saignait, son visage était rouge de sang, mais il était en vie ! Gaëspûr sentit son cœur se partager entre des larmes de joie et des feux de courage.

- Gaëspûr… N’oublie pas ! Il n’y a… que ceux… que ceux… qui perdent tout… tout espoir et qui… cessent de combattre… qui… qui meurent !

Balrius aussi avait vu Voji.

- Tu es toujours là toi ? Mais… Que fais-tu avec cette armure ? Tu ne m’as pas écouté, tu mourras donc aussi… Quand j’en aurai fini avec celui-ci !

Le géant s’intéressa de nouveau à Gaëspûr, mais directement, recula d’un pas, horrifié ! Alors que quelques secondes auparavant, Gaëspûr était aux portes de la mort, son cosmos resplendissait plus que jamais. Au-dessus de lui était en train de réapparaître le condor !

- Ce n’est pas possible… Qui est-ce ?

La nuit était tombée maintenant, et pourtant, l’obscurité, une nouvelle fois, tendait à se retirer. Le condor s’était maintenant totalement reformé, et il éclatait de lumière encore plus qu’avant ! Balrius, pour la première fois, douta de sa victoire.

- Balrius… Tu vas mourir !

Gaëspûr venait de se relever ! Balrius recula d’un pas, où trouvait-il la force de tenir encore debout. Quel était ce cosmos ? Ce n’était pas un simple humain…

- Qui… es-tu ?

Alors que le condor les éblouissait les yeux, Balrius vit une lumière intense arriver de derrière lui. Il se retourna, affolé, ne contrôlant plus la situation, et vit que l’armure de l’aube lévitait doucement, dégageant une folle énergie. Balrius ne pouvait pas croire ce qu’il voyait. L’armure émit une lumière plus intense encore et Balrius hurla de douleur, en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, l’armure n’était plus là.

- Tu m’as demandé mon nom…

Balrius resta de marbre. Il mit longtemps avant de se retourner, comme pour retarder le moment où il serait face à la réalité. Lorsque enfin, il se tint de nouveau devant Gaëspûr, il vit que l’armure de l’aube avait recouvert celui-ci !

- Et bien le voici : je suis Gaëspûr de l’aube !

Sans attendre la réaction du géant, qui ne serait peut-être jamais venue, Gaëspûr lança le condor à l’attaque ! Balrius leva son mur de ténèbres mais, cette fois, le condor passa au travers et s’en alla frapper Balrius au niveau du cœur. Le géant s’effondra…

Gaëspûr s’approcha de lui, doucement, lui laissant tout le temps de se remettre sur ses jambes. Balrius avait perdu de sa superbe, il avait l’air fragile désormais.


- Balrius, j’ai rarement haï quelqu’un comme je te haïs aujourd’hui. Tu m’as laissé en vie la dernière fois, mais je ne commettrai pas la même erreur !

Le géant vit la mort en face. S’il avait eu son armure, il aurait pu se battre et résister. Le combat aurait été équilibré sans doute, mais le peu d’expérience de Gaëspûr aurait joué contre lui. Mais sans sa propre armure, il n’avait aucune chance de l’emporter face au chevalier de l’aube. Le géant se décida donc à jouer son dernier atout.

- Tue moi, et sois la cause d’une guerre qui ravagera notre terre natale, entraînant d’innombrables morts d’innocents !

- Que veux-tu dire ?

Balrius avait visé juste, Gaëspûr s’était immobilisé.

- Réfléchis. Un chevalier de Viracocha qui tue un chevalier d’Inti. Cet affront ne restera pas impuni !

- Qu’importe ! Tu mérites la mort.

- Certes, mais cela ne changera rien. Inti déclarera la guerre et de nombreuses personnes viendront me rejoindre dans la mort…

Gaëspûr réfléchit. L’armure de l’aube venait de le choisir comme porteur. Il se devait donc d’agir en tant que chevalier. Ne plus penser à lui, mais au bien de son peuple. Balrius avait raison. Il valait mieux reporter leur conflit... Gaëspûr resta silencieux.

- Je vois que tu te montres raisonnable. Bien, je vais donc vous laisser…

Sans demander son reste, Balrius se mit à marcher. Après quelques pas, il leva les bras et une pluie de poussières vint le recouvrir. Il suffit d’un coup de vent pour les disperser… Balrius avait disparu !

Gaëspûr, lui, avait autre chose en tête. Il se dirigea vers Voji. Et vit avec étonnement que celui-ci était aux côtés d’Ihoas… Voji pleurait doucement.

- Allons… Voji… Je n’en ai plus pour longtemps. Alors écoute moi.

- Mais Ihoas… Pourquoi a-t-il fallu que tu te battes contre Gaëspûr ? Vous méritez de vive tout les deux !

Gaëspûr s’était approché et il ne lui fallu que quelques secondes pour comprendre. L’apprenti dont Ihoas avait parlé, c’était Voji ! Ainsi, si Ihoas avait voulu cesser le combat, c’était simplement… pour Voji… Gaëspûr comprit que contrairement aux autres, Ihoas aurait en effet mérité de vivre. Il resta silencieux et se recula, laissant Ihoas partager ses derniers instants avec Voji.

- Voji, je ne sais pas de quoi ton futur sera fait. Mais sache que ton attitude avec nous fut irréprochable. Toute ma vie, j’ai tenté de servir au mieux les intérêts de mon peuple. Peut-être ais-je réussi ? Je n’en sais rien. Si tu ne sais pas quoi faire de ta vie, essaye, toi aussi, de la consacrer à aider les autres.

- Ihoas, nous allons te soigner, tu vas vivre !

- Tu trouveras en ton ami un compagnon des meilleurs. Si tu choisis de le quitter, n’oublie jamais ceci…

- Quand tu iras mieux, tu viendras avec nous et… Ihoas… Ihoas…

Les yeux d’Ihoas étaient déjà morts. Il ne voyait plus rien, entendait encore un peu les pleurs du gamin. Il sentait par contre très bien les larmes de Voji couler sur son visage et se mêler à son sang.

- Ta vie devra avoir un sens. N’écoute pas, comme je l’ai fais, ce que tes supérieurs t’ordonnent. Apprends à réfléchir par toi-même. Fais ce qu’il y a de mieux à faire, pas ce qu’on te dit de faire… Et surtout… Voji… Voji…

Ihoas ne pu terminer, sa voix s’éteignit dans un souffle, emporté par le vent et qui se perdit quelque part dans cette immense plaine.

Voji resta près de lui quelques minutes, durant lesquelles Gaëspûr attendit patiemment. Lorsque Voji se leva pour revenir vers lui, il ne pleurait plus. Gaëspûr posa ses mains sur le corps du jeune garçon et soigna ses blessures. Ensuite, il s’assit près de lui et tout deux passèrent un long moment à s’expliquer ce qui s’était passé…

Quelques jours plus tard, ils se trouvaient au port d’un petit village. Gaëspûr allait rentrer au Pérou.


- Tu es sûr que tu ne veux pas venir ?

- Certain.

- Mais que vas-tu faire ?

- Je te l’ai dis. Je ne viendrai te retrouver qu’avec Evola. Donc, je vais me mettre en route pour la retrouver !

- Voji, je t’ai dis ce que j’en pensais.

- Quand tu me verras arriver avec elle, tu verras qu’elle est toujours en vie ! Et tu pourras me remercier.

- Oh, je n’ai pas besoin de cela pour te remercier, je te dois déjà énormément.

La maturité dont faisait preuve Voji étonna encore Gaëspûr. Il avait choisi de poursuivre seul sa route, certain de retrouver un jour la sœur de Gaëspûr, Evola.

- Et bien, je ne te cache pas que je suis un peu triste de te quitter.

- Moi aussi. Mais quand nous nous reverrons, nous n’en serons que plus heureux !

- Tu as raison. Mais quand même, tu es bien jeune pour t’en aller seul…

- Je ne me fais pas de soucis. Je trouverai sans doute d’autres compagnons de route, que je pourrai aider à mon tour.

Voji recula d’un pas. Le moment de quitter Gaëspûr était venu.

- Ne m’en veux pas. Si je viens maintenant chez toi, j’aurai toujours au fond de moi cet échec, et je m’en voudrai de ne pas avoir tout tenté pour la retrouver.

- Je compte sur toi pour y venir plus tard. Je t’attendrai !

- Nous sommes d’accord… Au revoir Gaëspûr.

- A bientôt, Voji, et merci.

Les deux amis s’en retournèrent, chacun de leur côté. Gaëspûr ne se faisait pas de soucis pour Voji. Il savait le jeune garçon plein de ressources et assez intelligent que pour se débrouiller. Il avait lu dans ses yeux un destin plein de surprises, et ne doutait pas qu’un jour, peut-être dans des années, Voji viendrait au temple, et le retrouverait. Que cela arrive ou pas, Gaëspûr n’oublierait jamais Voji. Sans lui, il ne serait pas devenu ce qu’il était, finalement. Maintenant, il allait rentrer chez lui !

Il y avait bien réfléchi. Toutes ses craintes s’étaient estompées maintenant. Avec l’armure, il avait sa place au temple. De plus, Celesta était certainement devenue chevalier de l’arc-en-ciel et il pourrait la revoir. Ses qualités serviraient son peuple. Désormais, il avait trouvé son but : se battre pour les siens.

Sans se retourner, il se mit en route, priant pour que Voji comprenne rapidement qu’Evola n’était plus, et pour que Celesta l’accueille sans lui en vouloir de l’avoir laissée seule…

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MessageSujet: Re: Celui qui força la main du destin [Voji]   Jeu 25 Jan 2007 - 17:14

Il ne fallut que quelques jours à Voji pour tomber sur quelqu’un d’intéressant. Alors qu’il s’était arrêté dans la bibliothèque d’une grande ville, quelqu’un fit mine de s’intéresser à ce qu’il faisait.

- Oui je sais lire… On m’a appris !

- Et que lis-tu ?

- Des informations, je suis à la recherche d’une personne.

L’homme s’assit près de lui. Il lui fit un petit sourire.

- Qui donc ? Il y a peu de chances que je la connaisse, cette personne, mais sait-on jamais…

- Evola ! La sœur d’un ami !

Voji remarqua tout de suite le changement dans le visage agréable de l’homme.

- Evola dis-tu ?

- Oui, c’est ça ! Vous connaissez ?

Voji s’était levé et regardait l’homme avec espoir. Pourtant, celui-ci avait l’air de réfléchir profondément.

- Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu ce nom. Mais oui, j’ai connu une Evola. Qui avait un frère…

- C’est peut-être elle ! Je vous en prie, menez-moi à elle !

- C’est que…

L’homme réfléchit encore plus profondément, durant de longues minutes, avant de déclarer :

- Très bien, j’accepte de te prendre avec moi. Comment t’appelles-tu ?

Voji ne se tenait plus de joie ! Ce n’était peut-être pas l’Evola qu’il cherchait, mais il avait une piste !

- Voji, je suis Voji ! Et vous ?

- Je m’appelle Léos. Allons, en route.

Ensemble, Léos et Voji se mirent en route…



A mon maître

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