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 Quand le Soleil rencontre la Lune (Neuf ans...) [Voji]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Voji
MARINAS



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MessageSujet: Quand le Soleil rencontre la Lune (Neuf ans...) [Voji]   Mer 22 Nov 2006 - 22:35

[Note : l’histoire se passe 9 ans après « Muchuy Yana »]


Le tonnerre frappa et il se mit à pleuvoir.

- Seigneur… Ce n’est pas possible…

Et pourtant, le grand prêtre savait que Viracocha ne plaisantait pas. Il le connaissait assez que pour percevoir le sens de ses pensées. Parmi son peuple, Viracocha était surnommé « celui qui voit par delà la brume ». Cela faisait référence à ses nombreuses décisions vides de sens à première vue, mais qui se révélaient très justes et bien pensées par la suite. Souvent, sa politique avait été critiquée, notamment par le grand prêtre lui-même, mais il devait bien admettre que Viracocha guidait son peuple avec excellence.

- Je… Il en sera fait comme vous le souhaitez.

Viracocha s’était déjà trompé. Du moins le pensait le grand prêtre. Certaines de ses décisions n’avaient pas eu d’effets positifs. Lorsque le grand prêtre osait lui donner son avis, le dieu se bornait à répondre que ces effets arriveraient… Un jour, sans erreur… Le grand prêtre ne pouvait que s’incliner !

- Je l’espère.

- Je dois vous prévenir. Si cela venait à s’ébruiter, cela pourr…

- Cela ne s’ébruitera pas. Tu es le seul à le savoir.

- Bien Seigneur. Je vais prendre mes dispositions…

- A bientôt.

Viracocha, resté seul, s’approcha de la petite lucarne qui lui servait de fenêtre et se mit à observer les étoiles, brillant plus que jamais dans le ciel. Le ciel d’où coulait une abondante pluie.

*Ah tiens, le ciel pleure… Cela a commencé lorsque j’ai fais ce choix… Serait-ce une erreur ? Non… Je suis sûr de moi, et il a beau dire ce qu’il veut, il verra que j’ai raison. Ils pourront me remercier…*

Chacune des étoiles dans le ciel représentait un citoyen sur lequel veillait Viracocha. Ses citoyens… Il les aimait tellement !


*****



Les deux apprentis de l’arc-en-ciel ne pouvaient s’entraîner ensemble. Ils n’étaient pas autorisés à se voir. Chacun avait libre choix de s’entraîner comme bon lui semblait, et ils avaient quelques missions à effectuer de temps à autres, mais sans pouvoir se croiser. Cela faisait neuf ans qu’ils s’entraînaient lorsque cette mission leur fut confiée… Neuf ans sans se voir, sans savoir ce que faisait l’autre, à quel niveau il était arrivé.

Celesta avait l’habitude de rester hors du temple. Elle connaissait par cœur les terres péruviennes et était proche des gens. Certains savaient qui elle était, d’autres non. Lorsqu’elle arrivait dans un nouveau village, elle ne donnait pas son nom. En général, les villageois idolâtraient les chevaliers du Soleil, et Celesta savait que la vie était plus paisible et son entraînement efficace lorsqu’on la laissait tranquille. Souvent, elle retournait dans la forêt dans laquelle elle avait rencontré Gaëspûr. Un endroit propice à la méditation. Elle aimait aussi aller au contact des peuples pauvres, elle apprenait à les connaître et à les aimer. Elle savait que lorsqu’elle aurait son armure, son devoir serait de protéger ces mêmes personnes et pensait que le meilleur moyen de s’y préparer était de vivre avec eux.

Gaëpûr, lui, avait une tout autre philosophie. Il ne rejetait pas la méditation, mais passait le plus clair de son temps au temple. Là, il apprenait les mystères de ses ancêtres. Il apprit à lire les mouvements du Soleil et des étoiles, à utiliser les objets qui garnissaient le lieu saint. Il étudia la signification de chaque gravure, de chaque sculpture. Il était moins proche du peuple, mais peut-être plus des dieux. Lui qui avait grandi parmi le peuple, Celesta qui avait grandi au temple…

Un jour, Gaëspûr fut mandé par le grand prêtre. Il arriva un peu à l’avance devant les portes de la salle des célébrations et s’assit sur le sol, en attendant. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il vit arriver Celesta ! Son visage s’illumina dés qu’il aperçut la jeune fille ! Il se leva et l’appela en faisant de grands signes des mains !


- Celesta, Celesta, ici !!!

La jeune fille tourna la tête vers lui, et son sourire éblouit Gaëspûr. Il n’eut pas la force d’attendre qu’elle arrive jusqu’à lui et courut vers elle !

- Ca faisait si longtemps !!!

Il la prit dans ses bras et la serra très fort ! Il osa même lui donner un bisou sur la joue, ce qui eu pour effet de les faire rougir tout les deux.

- Je suis si heureux de te revoir ! Neuf ans ! Neuf ans se sont écoulés !

- C’est vrai ! Pendant ces neuf ans, j’ai beaucoup regretté les moments que nous passions ensemble dans la forêt ! Je me sentais seule…

Celesta ne jugea pas utile de préciser qu’elle avait continué à s’entraîner énormément près de la cascade, là où elle était tombée une nuit, ce qui avait permis à Gaëspûr de prendre conscience de ses pouvoirs.

- Moi aussi. J’ai souvent espéré te voir, aux cérémonies officielles ! Mais ton père s’arrange toujours pour que nous ne nous voyions pas ! D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi, aujourd’hui, comme par hasard…

- Bah, le hasard fait bien les choses ! Je constate que tu as beaucoup grandi ! Tu es toujours aussi mignon, je suppose que les jeunes filles du temple ne doivent avoir d’yeux que pour toi !

- Ah ? Euh… Je ne sais pas à vrai dire, je… L’entraînement accapare tout mon esprit !!

La jeune fille éclata de rire. Gaëspûr n’avait rien perdu de son air benêt qui lui donnait tant de charme. Elle ne doutait cependant pas une seconde qu’il avait gagné énormément en maturité…
Gaëspûr rougit d’autant plus, et murmura :


- Toi aussi, les années t’ont changé beaucoup… Tu es vraiment une femme maintenant…

- Ah c’est vrai ? Tu me trouves comment ? Assez jolie à ton goût ?

- Mais euh… euh… euh…

Gaëspûr était au bord de l’évanouissement et Celesta préféra parler d’autre chose. Revoir son ami faisait bondir son cœur. Grâce à lui, elle avait appris beaucoup. Et durant ses neuf ans hors du temple, elle s’était entraînée en pensant très fort au jour où ils pourraient enfin être tout les deux !

- Me voilà donc de retour au temple ! Mon père m’a demandé de venir, je suis un peu en avance. Je me demande ce qu’il veut. Tu n’as pas une idée ?

- Et bien, non. Je ne le croise pas souvent et en général, il ne me dit rien ! Mais, tu dis que tu es un peu en avance. Tu devais venir quand exactement ?

- Exactement ? Euh… Il m’avait dit le deuxième Chicchan, au lever du soleil.

[Note : Le deuxième Chicchan n’est pas une mesure de temps inca. Il s’agit de la manière de noter une journée chez les Mayas. En gros résumé, les Mayas possédaient deux types de calendrier, le Tzolkin, l’année sacrée, de 260 jours, et le Haab, l’année populaire, de 365 jours. Le Tzolkin est composé de noms de jours, comme le Chicchan, et de numéro. Le deuxième Chicchan ne se produit donc qu’une fois tout les 260 jours. A noter aussi que Chicchan est le dieu de la pluie chez les incas, tiens donc… Je prends une mesure Maya car ce calendrier, contrairement aux autres (incas, aztèques…) est extrêmement précis, plus précis que le nôtre d’ailleurs, et il semble logique que Viracocha et son peuple utilise un système perfectionné au possible. D’autant que selon le BG du forum, les incas sont en bonnes relations avec les mayas. Il y a aussi un très bon système de comptage des années, le compte long, si vous êtes intéressés… Wink ]

- Mais mais… A moi aussi !

Gaëspûr eut un mauvais pressentiment. Pourquoi le grand prêtre les avait-il convoqué tout les deux au même moment ? Cela risquait d’être intéressant… Et justement, les grandes portes s’ouvrirent et on invita les deux apprentis de l’arc-en-ciel à entrer...

- Je vous ai fait venir pour vous annoncer qu’allait avoir lieu l’épreuve qui déterminerait qui de Celesta ou Gaëspûr revêtira l’armure de l’arc-en-ciel.

Un grand silence suivit la déclaration du grand prêtre. Gaëspûr voyait son pressentiment confirmé. Les deux amis ne s’étaient peut-être pas vus beaucoup durant neuf ans, mais l’un et l’autre avait senti leur cœur bondir lorsqu’on leur avait annoncé une mission commune. Maintenant, ils attendaient calmement la sentence. En quoi consisterait la mission ?

- Vous connaissez bien le territoire de Viracocha. Savez-vous ce qu’il y a au-delà ?

Gaëspûr le savait, il avait longuement médité sur ce point et répondit directement :

- A l’est s’étend la forêt qui constitue la majeure partie du territoire de Pachamama. Plus au sud, Illapa et les siens gouvernent. Juste au nord, il s’agit d’Inti. Et au-delà du continent, Quilla règne.

Le grand prêtre éclata de rire. Gaëspûr connaissait sa leçon. Le grand prêtre reprit donc :

- Vous n’êtes pas au fait de la situation, mais sachez qu’il y a énormément de tensions entre Inti et Quilla. Depuis de nombreuses années, Viracocha s’est porté garant de la paix entre les différents peuples du continent. Or, les problèmes actuels pourraient amener la situation à se dégrader… Il vous demande donc de vous rendre là-bas, dans le domaine de Quilla et de gérer au mieux la situation. Votre but est de calmer les tensions.

Mais cela n’avait rien à voir avec l’armure ! Il s’agissait d’une mission politique ! Ni Gaëspûr ni Celesta n’étaient formé pour cela…

- Le chevalier de l’arc-en-ciel a pour mission de protéger le peuple. Lorsque l’un d’entre vous portera l’armure, il devra parfois régler certains problèmes de ce type pour garantir la paix. Sachez qu’une guerre opposant Quilla à Inti aurait des conséquences jusqu’ici ! C’est une mission de première importance et c’est la raison pour laquelle il s’agit de votre épreuve finale. Lorsque vous reviendrez, l’un de vous deviendra chevalier de l’arc-en-ciel.

Le grand prêtre ne jugea pas utile de détailler ce qu’il adviendrait de l’autre… Gaëspûr et Celesta quittèrent la salle sans mot dire…

Dehors, ils restèrent ensemble. Cela faisait si longtemps ! Et pourtant, ils se sentaient gênés tout les deux… Gaëspûr fut le premier à rompre le silence.


- Une mission à deux. C’est bien. On pourra passer un peu de temps ensemble !

- C’est vrai.

Sans s’en rendre compte, ils ne se dirigeaient pas vers la sortie du temple, mais bien dans les étages supérieurs. Marchant silencieusement, chacun avait quelque chose de très passionnant à observer. L’atmosphère avait énormément changé en quelques minutes. Leurs retrouvailles si chaleureuses auparavant étaient maintenant devenues froides…
Ils arrivèrent dans la salle aux armures ! Là, devant eux, se trouvait l’armure de l’arc-en-ciel… Cette armure pour laquelle ils devraient s’affronter !




- Quand je pense que l’un de nous se sera entraîné pour rien. Neuf ans, pour se voir rejeter hors du temple…

- Ne dis pas ça… Ces neuf ans, ils auront été utiles, de toutes façons. Puis…

- C’est vrai. Mais si je n’ai pas l’armure, jamais je…

Celesta savait ce que Gaëspûr allait dire. Ou plutôt, ce qu’il voulait dire. Car elle doutait qu’il trouve le courage de lui parler. Elle l’aida un peu…

- Je pense que le plus important, pour l’instant, c’est d’accomplir la mission que l’on nous a confié. Ensuite, nous verrons bien !

- De toutes manières, nous resterons amis… hein ?

- Evidement ! Et tu sais, même si tu n’obtiens pas l’armure, je pourrai t’aider à retrouver ta sœur ! Je suis sûre que nous arriverons à la retrouver !

- Cela fait neuf ans… Parfois, je doute que je parvienne à la revoir un jour… Parfois, je me dis qu’elle a peut-être perdu la vie…

Gaëspûr se tut. Celesta ressentait très bien son immense tristesse et la larme qui coula le long de sa joue ne fit que lui confirmer. Elle s’approcha de Gaëspûr et essuya sa joue.

- Je suis convaincue que tu la retrouveras ! Je ferai tout ce que je peux pour ça !

- Merci… Celesta ?

- Oui ?

- Je suis heureux de te revoir. Pendant neuf ans, je n’ai cessé de penser à toi.

- Moi aussi Gaëspûr. Mais… Nos destins ne nous permettront jamais d’être ensemble… Nous devons protéger le peuple de Viracocha, nous battre et mourir pour lui.

Gaëspûr acquiesa. Malheureusement, Celesta avait raison. Peu importe qu’ils deviennent tout deux chevaliers ou non, jamais ils ne pourraient être heureux, passer du temps ensemble… Il en était de même pour sa sœur, Gaëspûr pouvait la retrouver, mais à quoi bon ? Neuf ans après, elle devait avoir fait sa vie ailleurs. A quoi bon ?
Celesta se serrait maintenant contre lui, semblant vouloir prolonger cet instant de bonheur avant de tout oublier.


- Celesta ? Dés demain, nous nous mettrons en route. Nous n’aurons plus qu’un but, réussir notre mission, peu importera le reste. Il est certain que l’un de nous « vaincra » l’autre. Je ne veux pas de compétition, je veux que nous réussissions la mission à deux. Nous pourrons envisager la suite, une fois la mission terminée. Il y a une chose que je dois te dire : je te serai à jamais reconnaissant d’avoir fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Sans toi, je n’ai pas la moindre idée d’où je serais aujourd’hui.

La jeune fille avait posé sa tête sur son épaule. Elle n’avait pas bougé, et Gaëspûr du lui relever lui-même le visage.

- Avant que nous ne partions, il y a également une chose que je veux faire…
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Dernière édition par le Sam 23 Juin 2007 - 14:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand le Soleil rencontre la Lune (Neuf ans...) [Voji]   Mer 22 Nov 2006 - 22:37

Le lendemain, les deux apprentis prirent la route. Aucun des deux n’avaient oublié ses sentiments, ni ce qui s’était passé la veille, mais maintenant, ils devaient se concentrer sur la mission. Oublié également leur rivalité, le temps de la mission. Et à peine le temple fut-il hors de vue qu’un événement imprévu se produisit…

Ils marchaient côte à côte, discutant simplement…


- Que penses-tu de la mission ? Tu ne trouves pas étrange que l’on nous confie cela à nous ? C’est quand même très important…

- Mais l’un de nous recevra l’armure. Il est normal d’avoir une mission extrêmement difficile !

- Et donc, ce qui est important pour obtenir l’armure, c’est le sens de la diplomatie ? Car j’ose supposer que nous n’aurons pas de combats à mener…

- Ah, je n’avais pas pensé à ça. En effet, c’est étrange… Viracocha doit avoir ses raisons. Tout ce que je sais, c’est que j’accomplirai la mission au péril de ma vie ! Rien ne me fera dévier de mon chemin !

- Gaëspûr…

Celesta avait un mauvais pressentiment. L’assurance de Gaëspûr lorsqu’il parlait de la sorte lui faisait peur. Ils auraient peut-être affaire à des hommes largement supérieurs à eux. Son ami aurait du être plus prudent. Même pour une armure, il ne servait à rien d’aller au-delà de ses limites. Mieux valait rester en vie, sans armure, que mourir…

- Ne t’inquiète pas ! Non seulement j’irai au bout, mais je te protégerai ! Tu n’as rien à craindre, je vais ouvrir l’œil, et le bon !!!

- Oh mais je n’ai pas peur pour ça. Je me disais que Quilla et Inti ont des chevaliers à leur service… Et dans ce cas…

- Et alors ? Nous devons être aussi forts qu’eux ! Ce sera un bon test !

- Mais réfléchis ! Si nous arrivons, nous, deux apprentis, en plein conflit, cela pourrait très mal se passer ! Le point délicat de cette mission, c’est justement de bien gérer les intérêts de ces différents peuples.

- Mwoui… Moi, j’attends avec impatience de pouvoir te montrer les progrès que j’ai fais ! Tu verras, dés que notre premier ennemi aura fait son apparition, je l’emmènerai dans ma dimension préférée… Tu verras, elle est magnifique et…

- Tiens, tu maîtrises les dimensions solaires maintenant ? Je me souviens qu’il y a neuf ans, tu m’avais sauvé la vie en ouvrant l’une d’elle ! Et on m’a dit que lors du combat face à ton ami, tu en avais ouvert une autre…

- Je ne savais pas y faire à ce moment-là. Mais maintenant, après avoir longuement méditer et étudier, je parviens à les ouvrir à ma guise.

- Je serais ravie de voir ça… Même si je préférerais que tu n’aies pas à me la montrer !

- Aaaaaaaaah bonne idée, je vais te la montrer maintenant !

Celesta faillit s’étrangler !

- Comment ? Mais tu es complètement stupide ou quoi ?

- Ben pourquoi ?

Celesta éclata de rire, tant pour la proposition de Gaëspûr que pour son expression de chien battu qui lui allait si bien.

- Mais enfin… C’est une technique parmi les meilleures de celles des chevaliers du Soleil, on ne l’utilise pas pour vanter ses progrès…

- Mais mais…

- Puis, garde tes forces, tu pourrais en avoir besoin ! Sans compter que si un ennemi se trouvait non loin d’ici, il pourrait ressentir ton cosmos !

- Aaaaaaaah mon amour, juste une fois, pour me faire plaisir… Tu verras, c’est très beau et…

- J’ai dis non !

- Alleeeeeez ! Promis, cela ne durera que quelques secondes.

Il fallut à Gaëspûr plusieurs minutes pour convaincre la jeune fille mais il finit par y arriver. Lorsque Celesta accepta enfin, elle était loin de se douter que sa décision aurait de telles conséquences…

- Génial ! Merci merci !

En récompense, il donna un gros bisou sur la joue de Celesta. Maintenant, pour lui, elle était devenue une amie. Un idéal qu’il ne pourrait jamais atteindre. Alors, autant enfouir ses sentiments très profondément et ne laisser ressortir qu’une amitié tout aussi profonde.

Gaëspûr exécuta donc sa technique. Il ouvrit tout d’abord le passage. Comme il avait si bien appris à le faire, pendant des années…




Il prit Celesta par la main, et l’emmena avec lui. Elle du se rendre à l’évidence : la terre qu’il lui faisait découvrir était splendide !



Comme promis, ils furent rapidement de retour. Celesta était déjà en train de complimenter Gaëspûr, pendant que celui-ci refermait le passage.

- Tu as fait d’énormes progrès ! Je ne m’attendais vraiment pas à ça ! Et ce que tu m’as montré, c’est extraordinaire ! Je ne regrette pas de t’avoir fait confiance ! Vraiment, je… Gaëspûr ?

Son ami était blanc. Il ne parlait pas, ne regardait même pas Celesta, ses yeux demeurant fixés sur le passage encore ouvert. Il semblait ne même plus respirer…

- Gaëspûr, que se passe-t-il ? Gaëspûr, je… Oh, Gaëspûr !

Le jeune garçon pleurait… Il tourna son visage vers Celesta, et celle-ci pu y lire un désespoir énorme.

- Celesta… Celesta… Je suis désolé… Je t’ai dis que rien ne m’empêcherait d’accomplir ma mission. Et de te protéger… Mais j’en suis sûr, elle est là !!

- De qui parles-tu ?

- Je peux ressentir sa présence… Elle est là ! Je ne sais pas comment, pourquoi… Mais je n’ai pas de doute ! Ma sœur est vivante et elle se trouve dans cette dimension !

- Evola ? Tu… Tu es certain ? Comment aurait-elle fait pour…

- Peu importe… Celesta, pardonne moi. Tu devras terminer cette mission seule… Je suis vraiment désolé. Tu mérites d’obtenir l’armure. Je reviendrai te féliciter, une fois que j’aurai retrouvé ma sœur…

- Je… je comprends… Gaëspûr ? Promet-moi de revenir en vie.

- Promet-moi alors de porter un jour l’armure de l’arc-en-ciel.

- Nous nous reverrons…

- Oui.

Une dernière fois, Gaëspûr prit la main de Celesta dans la sienne. Il se dirigea ensuite vers le passage, le prit et disparut, refermant le passage derrière lui. Celesta demeura seule…


*****



Peut-être le pouvoir d’ouvrir les dimensions se transmettait-il de famille en famille ? Celesta ne parvenait pas à expliquer autrement la présence d’Evola, la sœur de Gaëspûr, disparue depuis neuf années, dans cette dimension.

Celesta se remit en route, seule. La mission qui ne s’annonçait déjà pas facile prenait une tournure des plus désagréable. D’autant qu’avec Gaëspûr à ses côtés, Celesta se sentait heureuse. Elle ne l’avait pas vu pendant neuf ans… Et leurs retrouvailles avaient été si courtes. Elle comprenait la difficulté avec laquelle Gaëspûr avait du la laisser poursuivre seule.

Elle avait prévu de passer une journée de repos dans un petit village qu’elle connaissait bien, situé sur son chemin. Les gens étaient accueillants et peut-être certains se souviendraient-ils d’elle… Arrivée en vue de celui-ci, elle comprit directement que quelque chose n’allait pas ! De nombreuses fumées montaient vers le ciel. Cela ne pouvait être du feu fait par les habitants eux-mêmes. Ce n’était pas la saison et ils avaient coutume de n’en allumer qu’un seul, au centre du village…


*Ils ont du se faire attaquer !*

Celesta fut très vite sur les lieux et réalisa l’horreur de la situation ! Le village avait été attaqué. Les maisons étaient en ruines, et certaines brûlaient encore ! Le sol était jonché de morts. L’agresseur ne devait pas être loin ! Celesta resta attentive tout en inspectant rapidement les ruines. Partout, des morts… Très vite, elle comprit que l’auteur de ces crimes n’était plus là. Elle ne ressentait pas de présence maléfique dans ce village. Mais qui, qui avait bien pu faire cela ?

*Nous ne sommes pas en guerre… Pourtant, il est clair que c’est l’œuvre d’une bande bien organisée et puissante…*

Quoiqu’après avoir mieux inspecté le village, Celesta commença à douter. Nulle trace de lutte, d’armes ; rien qui laissait penser qu’il y avait eu un combat. Ce qui pouvait signifier que l’ennemi était extrêmement puissant…
La jeune fille prit le temps d’enterrer les morts, avant de reprendre sa route. Elle prendrait sa journée de repos un peu plus tard. Peut-être même sortirait-elle du territoire de Viracocha auparavant… Car elle n’était plus très loin de la limite de celui-ci ! Bientôt, elle se trouverait sur les terres d’Inti…

Toutefois… elle sentit une présence, non loin du village… Personne avec de mauvaises intentions, mais plutôt quelqu’un qui pleurait… Près du ruisseau… Elle y alla, silencieusement, et vit un jeune garçon, qui devait avoir 4 ou 5 ans. Celui-ci n’avait pas entendu Celesta et continuait à pleurer doucement. Elle s’approcha de lui et il leva son visage vers elle.


- Petit… Que se passe-t-il ? Tu étais… Tu faisais partie de ce village ?

Alors que son arrivée avait calmé le gamin, Celesta venait de le refaire pleurer. Elle le prit dans ses bras et attendit calmement qu’il arrête de pleurer pour de bon.

- Alors… raconte moi, que s’est-il passé ?

Elle doutait qu’il ait la force de lui dire, il devait avoir subi un grand choc. Mais le gamin, une fois ses pleurs terminés, semblait redevenu maître de lui. Il devait posséder une grande force de caractère.

- Nous… Nous avons été attaqué par un géant ! Il était effrayant ! Je ne sais pas pourquoi, nous n’avions fait de mal à personne.

Il sauta sur ses jambes et se mit à faire de grands gestes pour expliquer ce qui s’était passé. Selon lui, le géant n’avait pas posé de questions, ne cherchait rien de spécial. Il serait venu uniquement pour tuer… Personne n’avait réussi à lui résister et tous étaient morts… Sauf lui, qui était parvenu à fuir loin du village, de l’autre côté du ruisseau. Il était revenu dés que les cris avaient cessé, et avait constaté le massacre. Pas beaucoup plus tard, Celesta était arrivée…

Celesta était elle-même très impressionnée par la maturité du jeune garçon. Si petit, une vie dramatique, et pourtant si réfléchi. Il savait comprendre la situation et maîtriser ses nerfs…


- Je peux t’amener quelque part, tu as de la famille non loin d’ici ?

Il fit non de la tête… Il n’avait plus personne désormais. Celesta ne savait pas quoi faire : elle ne pouvait pas le laisser là, et non plus le prendre avec elle. Quant à retourner en arrière…

- Petit… Que vas-tu faire maintenant ?

Un haussement d’épaule fut tout ce qu’il parvint à exprimer. Sans plus personne, sa vie était en grand danger. S’il restait avec elle, au moins, il aurait une chance. Même si cela compliquerait la mission…
Celesta fit son choix…


- Tu vas venir avec moi. Je vais m’occuper de toi. Pour l’instant, je ne peux rentrer chez moi, mais le plus vite possible, tu auras une nouvelle demeure.

Le visage du petit resta sans expressions. C’était normal, il venait de perdre sa famille, Celesta n’y pouvait rien. Toutefois, il la remercia poliment.

- Comment t’appelles-tu ?

- Eyclidas.

- Eyclidas, l’abandonné… Et bien, Eyclidas, allons-y !
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MessageSujet: Re: Quand le Soleil rencontre la Lune (Neuf ans...) [Voji]   Mer 22 Nov 2006 - 22:40

Celesta apprit à connaître Eyclidas tandis que celui-ci à faire confiance à la jeune fille. Au fil des jours, il devint en quelques sortes son disciple. Il était habituel au royaume de Viracocha que les chevaliers du Soleil forment des élèves afin que ceux-ci occupent plus tard des postes importants au sein de l’organisation du temple. Même si elle n’était pas chevalier, elle pouvait apprendre des choses à Eyclidas. Et celui-ci était avide d’entendre ce que Celesta avait à lui dire. Il comprenait vite et avait une mémoire des plus efficaces. Une véritable amitié venait de naître. Celesta considérait le petit comme le frère qu’elle n’avait jamais eu, le gamin qu’elle pourrait guider à travers les dangers du monde. Eyclidas voyait en Celesta une femme capable de s’occuper de lui et de lui donner de l’amour, de dont il avait le plus besoin pour l’instant.

Petit à petit, le but du voyage se rapprochait. Ils entrèrent dans le territoire de Quilla sans même s’en rendre compte…


- Tu vois ces fleurs ? Elles sont très dangereuses et pourtant, si précieuses…

Tout en marchant, Celesta détaillait la nature à Eyclidas. Celui-ci écoutait avec attention.

- Mais pourquoi ? On peut les utiliser pour empoisonner nos ennemis ?

- Euh… On pourrait, si on voulait… Mais ce sont les traîtres qui empoisonnent comme cela ! Lorsque tu as un ennemi, il faut l’affronter, face-à-face, en utilisant tes forces et tes connaissances. L’art du combat est un art compliqué et difficile à maîtriser, mais il implique une grande loyauté et un respect de son adversaire. Tenter de l’empoisonner lâchement… Tu le tueras, peut-être… Mais finalement, tu seras toujours rattrapé par quelqu’un d’autre qui ne se laissera pas berner. Apprends à combattre, deviens fort…

- Oui ! Quand je serai grand, je tuerai ce géant qui a assassiné mes parents !

Pas une larme, pas de tremblement dans la voix. Celesta sourit, ce petit avait sans doute un grand destin devant lui, même si devenir aussi fort qu’il le voulait relevait du miracle…

- Donc, regarde bien. La fleur est empoisonnée. On peut la toucher, mais surtout pas en respirer les parfums ! Ils sont toxiques et capables de pénétrer la tête des gens pour en faire sortir leur âme ! Je n’ai jamais vu ça de mes yeux, mais on m’a dit que les gens qui avait respiré avait cessé de parler et de bouger. Ils n’étaient pas morts, non, mais restaient sans rien faire, complètement immobiles…

- Mais en quoi est-elle précieuse alors ?

- Pour ses feuilles ! En les faisant sécher, on peut en extraire une pommade qui peut soigner certaines blessures. J’ai vu une fois un homme remarcher après avoir posé sur sa jambe cassée cette pommade !

- C’est génial alors ! Mais il faut faire attention !

- C’est vrai. Faire attention, mais aussi connaître beaucoup de choses. Il ne sert à rien d’être attentif si tu ne sais pas quels sont les effets de ces plantes.

- Heureusement que tu vas tout m’apprendre alors ! Il faut que j’écoute bien…

- Oh, mais je suis loin de connaître tout ce qu’il y a dans le monde. Pour cela, il faut beaucoup étudier et beaucoup voyager. Il ne faut jamais négliger aucun de ces deux aspects : l’étude et le voyage. L’un comme l’autre sont indispensables ! C’est la même chose quand tu veux devenir fort ! Il faut s’entraîner au combat mais aussi méditer. Cela entraîne ton énergie psychique, et te permet de mieux te connaître !

Celesta repensait souvent à Gaëspûr et à leurs entraînements croisés. L’un comme l’autre étaient passés par ces deux types d’épreuves…
Elle ne dit plus rien et se permit ces quelques instants nostalgiques. Dont elle fut tirée par Eyclidas !


- Dis, Celesta… Elle aurait bien besoin de notre aide, elle…

Eyclidas indiquait une femme, sur le bord du chemin… C’était dit d’un air tellement innocent… Il expliqua qu’elle devait dormir, mais qu’elle risquait de prendre froid. Celesta vit tout d’abord que la jeune femme était nue… Mais elle ressentit un étrange malaise à la vue de celle-ci ! Elle dit à Eyclidas de rester en arrière et alla seule, voir…

- Oh, ce n’est pas possible !

Elle n’avait pas pu se retenir. Le corps devant elle était couvert de sang. La jeune femme avait le ventre ouvert de haut en bas, on pouvait voir les entrailles qui en dépassaient ! Le cœur de la jeune fille se trouvait non loin du reste du corps… Son visage était horrible, digne des pires cauchemars de la jeune fille. Ses yeux avaient été arrachés, ses oreilles coupées et ses joues tranchées.

*Mais quel monstre a bien pu faire ça ? Ce n’est pas l’œuvre d’un être humain, ce n’est pas possible !*

Eyclidas, qui s’était approché, était devenu tout blanc et respirait avec difficultés. Celesta le vit, et le prit dans ses bras, lui cachant l’horreur du cadavre qui commençait à servir de repas aux bêtes.

Mais que s’était-il passé ? Celesta priait intérieurement pour que ce soit un acte isolé et non dépendant d’un quelconque problème lié à sa mission. Elle avait du mal à y croire, comment un chevalier pourrait-il se laisser aller à de telles atrocités ?

Le temps de se lamenter n’étant pas encore venu, elle reprit la route, plus méfiante que jamais…

Les villageois qui peuplaient les terres de Quilla étaient tout aussi sympathiques et accueillants que ceux de Viracocha, mais Celesta remarqua qu’ils avaient peur. L’air était malsain ici, on sentait qu’une guerre se préparait. Selon les dires des gens, les guerriers d’Inti rodaient. Un vieil homme lui parla même d’un certain géant… Ce ne fut pas sans rappeler de douloureux souvenirs à Eyclidas. Ce qui inquiétait beaucoup Celesta, c’était qu’on associait ce géant aux hommes d’Inti… De qui pouvait-il bien s’agir ? On murmurait qu’il tuait les hommes et les enfants, et qu’il violait les femmes… Elle ne pensait plus qu’à lui, et un jour, le hasard fit que son chemin croisa le sien…



*****



Ce fut, étrangement, Eyclidas qui comprit le premier. Alors qu’ils mangeaient tranquillement au bord du fleuve, il pâlit. Il dit simplement qu’il avait déjà ressenti une telle atmosphère, puis resta muet. Celesta comprit rapidement que quelque chose n’allait pas. Eyclidas avait raison, le soleil venait de disparaître derrière de gros nuages, il commençait à faire plus sombre…

- Je peux avoir quelque chose à manger ?

Tout deux se retournèrent. Il était là ! Le géant, d’au moins 2 mètres et demi ! Celesta ne l’avait même pas entendu venir… Elle se leva, dit à Eyclidas d’aller se cacher, et se mit en garde. Son ennemi était habillé simplement, il n’avait pas d’armure. Heureusement, il ne s’agissait pas d’un des redoutables chevaliers d’Inti…

- Oh, je viens amicalement, mais il semble que je ne sois pas le bienvenu…

Le géant se mit à rire. Il s’approcha du feu, se saisit de quelques fruits et commença à manger. Eyclidas s’était mis derrière un arbre, Celesta ne bougeait pas, attentive au moindre mouvement du géant.

- Allons, je vous en prie, venez manger avec moi. Il est impoli de laisser un invité seul. Je serai très heureux que nous partagions ce repas.

N’obtenant aucune réponse, il se leva.

- D’après ce que je vois, vous me connaissez… vous aurait-on conté certains de mes exploits ? Non, ce ne doit pas être le cas, sinon vous auriez déjà fui ! Surtout une jeune fille aussi fraîche et belle que vous, ma chère…

Celesta recula d’un pas. Il émanait une puissance maléfique de cet homme, une puissance gigantesque. Aussi impressionnante que démoniaque… cet homme était né pour faire le mal !

- Qui êtes-vous ?

Il venait de faire un pas vers elle, Celesta fit jaillir son cosmos. Il devait être très puissant, mais peut-être… Elle n’avait pas le choix. La fuite n’était pas une solution, ils seraient toujours retrouvés…

- Ah, je vois que j’ai affaire à quelqu’un de très puissant. Permettez-moi de me présenter : je suis Balrius des ténèbres, chevalier au service du Seigneur Inti. Envoyez par lui pour détruire le royaume de Quilla. A qui ais-je l’honneur ?

- Eyclidas, fuis !!!

Celesta se précipita sur Balrius. Du coin de l’oeil, elle vit Eyclidas suivre son conseil et se fondre dans la nature.

- Lorsque je me serai occupé de toi, je n’aurai aucun mal à le retrouver !

- Occupe toi d’abord de moi, tu n’as pas encore gagné !

Le poing de Celesta fut très facilement paré par le géant. Celui qui vint en retour s’écrasa sur la joue de la jeune fille qui fut projetée plusieurs mètres plus loin.

- Nous allons nous amuser ! Mais rassure toi, je tâcherai de ne pas trop t’abîmer.

*Je ne dois pas utiliser la force brute, sinon je n’ai aucune chance. S’il est effectivement chevalier d’Inti, il est plus fort que moi. Je dois tout donner rapidement, le prendre par surprise et en terminer au plus vite ! Plus le combat durera, plus il a de chance de l’emporter ! Je vais faire diversion, l’attaquer avec une simple technique… Directement après, j’enchaînerai avec autre chose… Voyons voir comment il va résister à cela !*

Celesta ferma les yeux et joignit les mains.

- Balrius, tu vas voir de quoi je suis capable.

- Jeune fille, je suis impatient.

Celesta fonça. Le géant vit la jeune fille se dédoubler et trois Celesta se jeter sur lui. L’une avait une boule de cosmos pur dans les mains. La deuxième avait une épée éblouissante, et la dernière faisait rejaillir la lumière de son corps.

- Ca c’est une attaque… Je te félicite…

Il cria et une onde de choc vint frapper Celesta. Celle-ci résista tant qu’elle pu et tenta de frapper Balrius… Un éclair de lumière éblouit toute la montagne, obligeant Celesta a fermer les yeux. Lorsqu’elle pu de nouveau voir devant elle, elle su qu’elle allait perdre le combat. Elle avait frappé, mais le géant n’avait rien senti, et pour cause… Son armure venait de le recouvrir !



- A mon tour…

Le ciel était déjà très noir, mais le cosmos de Balrius réussit à le rendre plus sombre encore. Comme si la nuit venait de se lever, en quelques instants… Celesta frissonna. L’atmosphère, si chaleureuse une heure auparavant, était maintenant réellement démoniaque !



- Reçois les rayons de la mort !!

Celesta ne comprit pas ce qui se passait. Elle se sentit brûlée de l’intérieur. Balrius souriait, sans bouger. Elle tomba à genoux, se tenant le ventre, hurlant pour que le supplice s’arrête. Le géant s’approcha doucement. Un coup de pied fut suffisant pour que Celesta perde connaissance…

Cela ne dura que quelques secondes. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, l’armure de Balrius avait disparu, tandis que le ciel avait retrouvé un éclat plus clair. Le géant était près d’elle et… il était en train de lui enlever son pagne !

Elle voulait crier et se dégager, mais Balrius la fit taire d’un coup dans la tempe. Ses yeux se fermèrent de nouveau, elle allait perdre connaissance. Auparavant, elle eut le temps de penser que c’était mieux comme ça, qu’elle ne soit pas consciente. Une larme coula…


*Je m’étais réservée durant neuf ans…*

Mais elle avait croisé le chemin de Balrius…
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MessageSujet: Re: Quand le Soleil rencontre la Lune (Neuf ans...) [Voji]   Mer 22 Nov 2006 - 22:40

Celesta ouvrit les yeux…

- Oh, mais qu’est-ce que je fais là ?

Elle était revenue au temple du Soleil. Son père, le grand prêtre, se trouvait à ses côtés.

- Celesta, donne moi ton bras, je vais te guider. Je sais que tu as besoin de repos, mais Viracocha souhaite te parler…

Il parlait à contre-cœur… Au prix d’un grand effort, Celesta réussit à se mettre debout. Teohuatzin, son père, devait la mener dans la salle des armures, où l’attendait Viracocha. Sur le chemin, plusieurs fois, elle faillit tomber, mais il la retint.

Arrivée, elle la vit : l’armure de l’arc-en-ciel ! Qu’elle n’aurait sans doute jamais…

Viracocha était là, lui aussi. Elle alla vers lui, et s’inclina.


- Seigneur…

- Celesta, je suis heureux de te savoir en vie.

- Seigneur, que s’est-il passé ? Je… Je n’ai pas pu accomplir la mission que vous m’aviez confiée…

Viracocha fit asseoir la jeune fille. Puis lui expliqua les choses telles qu’il en avait eu connaissance.

- En fait, nous avions décidé, Pachamama et moi-même, de tenter d’éviter un conflit entre Inti et Quilla. Tout se jouait dans le palais de Quilla, à l’extrême nord, c’est la raison pour laquelle je vous ai envoyé là, Gaëspûr et toi. Je n’ai personne d’autre… Mais vu la difficulté de la mission, nous avons pensé qu’il pouvait s’agir de votre épreuve finale. Pachamama a, de son côté, envoyé Elyane, un de ses chevaliers. Il y a six jours, Elyane est revenue. Avec toi… Tu étais très mal en point, nous avons cru que jamais tu ne te réveillerais.

Il expliqua que cette Elyane avait trouvé Celesta inconsciente, seule, blessée et nue de surcroît.

- Nous savons que les chevaliers d’Inti sont passés à l’attaque. De force très supérieure, Inti semble avoir gagné. Quilla et quelques fidèles se sont regroupés dans les montagnes hors des limites de leur royaume et s’y cachent pour l’instant. La mission est un échec.

Celesta se sentit tressaillir. Viracocha lui demanda ensuite de lui expliquer ce qu’elle savait. Qui l’avait blessée, et où était Gaëspûr.

- Seigneur, Gaëspûr a… a du partir.

- Comment ça ?

Le calme de Viracocha étonnait Celesta. Elle s’était préparée à de grandes réprimandes, ce n’était finalement pas le cas.

- Il a ouvert une dimension solaire et s’y est engouffré. Sa… Sa sœur s’y trouvait.

Viracocha eut un regard foudroyant. Celesta remarqua cependant qu’il ne lui était pas destiné, mais bien à son père… Elle avait la détestable impression qu’on lui cachait beaucoup de choses. Elle reprit.

- Retrouver sa sœur est la chose la plus importante à son cœur, je le comprends parfaitement.

- Et ensuite ?

- Une fois dans le territoire de Quilla, j’ai senti que la guerre était proche. Et je me suis fait attaquer par Balrius.

- Balrius, chevalier des ténèbres, serviteur d’Inti ?

- Oui.

Nouveau regard échangé entre Viracocha et Teohuatzin. Le grand prêtre resta toutefois silencieux, laissant son seigneur s’exprimer.

- Je… Je comprends mieux.

- C’est là qu’il m’a vaincue. J’ai perdu connaissance…

- Je comprends…

Nul ne souhaitait en demander plus à la jeune fille, ils savaient très bien ce qu’avait fait Balrius. Néanmoins, Viracocha ne pouvait pas encore la laisser partir.

- Alors, j’envoie mes deux apprentis en mission. L’un fuit lâchement, l’autre se fait vaincre sans gloire. Que dois-je en penser ?

Ni Celesta, qui sentait ses yeux se mouiller doucement, ni Teohuatzin, qui fixait obstinément le sol, ne répondit. Viracocha n’avait pas l’air de vouloir en dire plus, il se taisait maintenant. Ce fut finalement Celesta qui osa rompre le silence, le souvenir de quelqu’un de cher refaisait surface dans son esprit.

- Seigneur, je vous prie de me pardonner. Je suis honteuse de m’être ainsi fait vaincre, je vais me retirer dans un village loin du temple et vous n’entendrez jamais plus parler de moi. Auparavant, savez-vous si Elyane a trouvé une trace d’un très jeune garçon, Eyclidas ?

- Non, elle ne m’en a rien dit. Quant à toi, Celesta, avant de partir, tu ferais mieux de me laisser terminer…

- Pardonnez-moi Seigneur, je suis à vos ordres.

- Balrius est très fort. Tu n’aurais pas pu le vaincre, pas avec neuf années d’entraînement seulement. Une chance qu’il n’avait pas son armure, sinon une seule attaque t’aurait tuée !

- Mais, Seigneur, il…

- Un jour viendra peut-être où tu seras assez forte que pour le vaincre. Il te faudra beaucoup pour cela, pas neuf années, mais cent ans au moins ! Et encore…

- Seigneur, je…

- Gaëspûr ou toi. L’un de vous devait avoir l’armure. Tu es la seule maintenant, cette armure te revient de droit !

Celesta ne devait pas avoir bien entendu. Elle avait vu Gaëspûr à l’œuvre, il était bien meilleur qu’elle ! Elle avait lamentablement échoué lors de sa mission, avait trahi la confiance qu’Eyclidas avait placée en elle. Elle ne méritait pas l’armure de l’arc-en-ciel.

- Seigneur, je ne peux pas…

- Tu es très forte Celesta. Prends cette armure et sers le royaume.

A quoi cela servait-il que Viracocha l’accepte en tant que chevalier si elle-même n’en était pas capable ? Elle prit quelques minutes de réflexion. Car elle ne pouvait pas désobéir à son dieu. Quelques minutes durant lesquelles il n’y eu aucun bruit dans la salle. Pas même une respiration.

- Seigneur, j’ai pris ma décision.

- J’en suis heureux Celesta. Bienvenue…

- Je refuse !

- Comment ?

Pour la première fois, Viracocha venait de s’énerver, élevant la voix.

- Seigneur, je ne me considère pas digne de revêtir l’armure de l’arc-en-ciel. Je vais quitter ce temple, à tout jamais.

- Très bien, reste maître de ton destin.

- Je vous remercie.

Le grand prêtre Teohuatzin était atterré.

- Mais, avant, sache que l’armure est capable de reconnaître qui est digne de la porter. Laisse toi faire. Si cette armure ne vient pas te recouvrir, tu pourras partir sûre de toi, et pour ma part, je saurai reconnaître mon erreur. Mais crois-moi, cela n’arrivera pas. Je sais que tu es destinée à revêtir cette armure…

- Très bien, j’accepte.

Celesta était quant à elle certaine du contraire ! Viracocha alla poser sa main sur l’armure, puis se recula, s’écarta de Celesta, et attendit. Les trois personnes retinrent leur souffle…

Le tonnerre frappa et il se mit à pleuvoir. Le Soleil préféra se dissimuler derrière de gros nuages…


- Je pense que c’est clair. Seigneur, Père, je vous salue.

Laissant les deux hommes effarés, Celesta sortit et prit le chemin de la sortie du temple.
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MessageSujet: Re: Quand le Soleil rencontre la Lune (Neuf ans...) [Voji]   Mer 22 Nov 2006 - 22:41

- Teohuatzin… Je me suis trompé. J’étais sûr que cette jeune fille était notre futur chevalier de l’arc-en-ciel.

- Seigneur, je déplore comme vous ce qui vient de se passer.

- Celesta… Gaëspûr… Je pensais avoir trouvé la paire idéale, ils étaient si prometteurs ! Tout est à recommencer.

- En une journée, notre royaume vient de se voir affaibli…

- Surtout, que cela reste secret. Je vais envoyer un messager à Pachamama. Je pense que c’est la personne en qui je peux avoir le plus de confiance. Ensuite… Espérons…

Teohuatzin n’avait pas souvent vu Viracocha si peu sûr de lui.

- Teohuatzin… Cela ne m’arrive pas souvent, mais des échecs comme celui-là… Je dois avouer que je n’ai plus aucune certitude sur l’avenir… Un tel échec… Va maintenant, dépêche un messager pour Pachamama, qu’il parte aujourd’hui même. Quant à moi, je vais prendre un peu de repos…

Il venait de vieillir de plusieurs années…


*****



Celesta, arrivée à la sortie du temple, regarda le ciel.

- Puisque j’ai perdu l’armure, perdu Gaëspûr, il ne me reste plus que ça à faire. Je vais me rendre dans le palais d’Inti et je vais retrouver Eyclidas ! Ce petit me faisait confiance, alors je vais tout faire pour la ramener. Si je dois y laisser la vie, tant pis…

Elle se mit en route, alors que la pluie cessait. Le Soleil osait une petite apparition.

*Gaëspûr, je suis désolée, je ne pourrai pas tenir ma promesse. Nous ne nous reverrons probablement jamais…*

Elle ne se retourna pas vers le temple, regardant l’horizon, l’avenir. Elle ne vit pas son père qui l’observait d’une lucarne surélevée. Elle ne vit pas non plus le superbe arc-en-ciel qui venait d’apparaître…


*****



Gaëspûr n’avait pas trouvé sa sœur. Evola n’était pas là. Le souvenir de sa sœur avait du s’estomper avec l’âge, cela faisait quand même neuf ans. Ce qu’il avait pris pour l’énergie de sa sœur était en réalité celle d’un garçon d’à peine quelques années. Il l’avait rencontré alors que celui-ci était complètement perdu, seul…
Il ne comprenait pas comment un enfant si jeune avait pu se retrouver là. Pourtant, il sentait qu’il venait de trouver quelqu’un d’important. Le gamin avait été capable d’expliquer à Gaëspûr par où il était arrivé là. Gaëspûr avaient ouvert la porte à cet endroit…

Dés leur sortie, tout deux furent très étonnés : ils se trouvaient sur un petit rocher, en plein océan ! Le garçon demanda à Gaëspûr comment ils feraient pour retrouver la terre ferme, mais Gaëspûr, les larmes aux yeux, mit longtemps à répondre.


*J’ai compris… D’où venait cette étincelle que j’ai perçue. Ma sœur… ma sœur a vécu ici. J’en suis certain. Je ne sais pas où est passée l’île sur laquelle elle vivait, mais j’en suis sûr, c’était ici. Je peux encore ressentir sa joie de vivre, je peux sentir son plaisir, ses rires, ses tristesses et ses pleurs.*

- Gaëspûr ?

*C’est maintenant certain, jamais je ne reverrai ma sœur… Elle a trouvé la mort, ici-même… Ce pour quoi je me suis battu durant presque dix ans…*

Gaëspûr tomba à genoux. Sans qu’il sache pourquoi, sa sœur avait du vivre là. Peut-être sur un bateau… Il pouvait ressentir maintenant qu’elle se trouvait au fond de l’eau…

- Gaëspûr ?

*Evola, je suis désolé de ne pas t’avoir sauvé. Je jure que maintenant, je protégerai tous les citoyens de notre pays. Ce sera ma punition et ma manière de me rattraper de mes erreurs. Evola, je ne t’oublierai jamais. Je me battrai pour toi !*

Il se releva. Les larmes ne coulaient plus. A présent, il lui fallait rentrer. Et faire quelque chose pour ce gamin, il ne pouvait pas le garder et le ramener au temple. Il le prit dans ses bras.

- Allons-y, Voji.
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