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Glarthi'oc ATHENIEN

Age : 23 Inscrit le : 30 Juil 2006 Messages : 372 PV; PC : PV : 77/171; PC : 53/158 Postule pour : Armure d'or du Taureau Emploi : Ministre de la culture
| Sujet: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 13:26 | |
| Préface
Voilà, j'en avais un peu marre de mon gros nounours tout noir qui connaissait que des malheurs, alors voilà une biographie très différente, pour me relaxer le cerveau ! Pour info, je me suis inspiré de certaines références hors forum, d'où certaines choses qui ne colleront peut-être pas (notamment la liste des commandants de l'armée de Poséidon...). Bon, je me tais et vous laisse lire. Toute l'équipe de rédaction de cette fic (c'est à dire moi) est heureuse de vous inviter à passer un agréable moment en sa compagnie...
NB : comme vous le comprendrez vite, l'histoire se passe au moment de Saint Seiya... Rien à voir avec l'antiquité, donc...
Prélude
A la fin des années 70, dans une Allemagne de l’Est ravagée par les conflits, les luttes de pouvoir et les restrictions, est né un jeune garçon aux cheveux blonds et aux grands yeux clairs. Son père, qui servait dans l’armée, avait décidé de l’appeler Karl. Alors que toute forme d’opposition au gouvernement était lourdement réprimée, c’était l’armée qui était envoyée et les simples fantassins comme le père de Karl formaient les premières lignes. Ce rôle n’était bien évidemment ni sympathique ni à l’abri de tout danger.
Alors que les manifestants se regroupaient, liés par la détresse et la colère, les soldats attendaient l’ordre de passer à l’action, entassés dans un fourgon russe à demi rouillé et puant le gazole à plusieurs centaines de mètres. Tous avaient été réveillés en pleine nuit par une alarme stridente et sans s’en rendre compte, avant que leur propre conscience ne les effleure, tous s’étaient retrouvés habillés et prêts à partir. Mais aucun ordre de départ de venait. Il était 5h30 du matin, l’aube n’allait pointer que dans une heure, un peu plus, surement… Comment une manifestation pouvait-elle avoir lieu si tôt ? S’ils étaient si vaillants, ils n’avaient qu’à chercher un travail honnête au lieu de casser les rues. Et l’ordre de départ ? Pourquoi se faisait-il attendre ? S’étaient-ils levés pour rien ? Autour du café serré, les remarques de plus en plus vives allaient bon train. Le manque de sommeil, le réveil brutal, l’attente interminable et la caféine montaient en chacun comme un cocktail des plus explosifs. Trois heures. Trois heures d’attente insupportable. Trois heures à ressasser sans cesse sa colère et son impuissance face à cette immobilité stupide. Lorsque la porte s’ouvrit dans un fracas et que le sergent hurla l’ordre du départ, tous se jetèrent dans le fourgon, trop pressés de quitter leur cage.
Alors que tous grimpaient à l’arrière du véhicule, le sergent donnait rapidement ses ordres. Mais tous les connaissaient déjà par cœur. Comme d’habitude, des manifestants s’étaient rassemblés. Comme d’habitude, il fallait les disperser, dans le calme si possible. Mais comme d’habitude, il fallait aussi donner une bonne leçon à ces étudiants qui contredisaient le gouvernement et voulaient briser l’union de la sainte patrie. Comme d’habitude, ils allaient de voir servir d’exemples, afin d’éviter que ce genre de choses ne se reproduise. Comme d’habitude, quelques soient les circonstances, l’affront allait être des plus violents. Les hommes à la fois hébétés par le manque de sommeil et énervés par tout ce qui leur arrivait depuis leur réveil sursautèrent légèrement lorsque les pneus du fourgon se bloquèrent et que les portes s’ouvrirent, laissant pénétrer tout à coup un flot de lumière particulièrement éblouissant. Mais ce n’était, malheureusement pour eux, pas celle du salut divin. Plutôt celle que devaient entrevoir les gladiateurs sortant des caves pour monter dans l’arène…
Deux par deux, les hommes sortirent rapidement, plissant les yeux et tenant fermement, d’une main leur matraque, de l’autre leur bouclier. Les cris de foules résonnaient entre les allées bien droites des rues de Bonn, amplifiant ainsi leur portée, comme si des milliers de spectateurs ivres de sang et de haine haranguaient soldats et manifestants à se lancer dans un combat violent. Mais les hommes avaient atteint un stade moral ou toute considération autre que physique n’est plus. Lorsque le dernier militaire sorti du wagonnet un coup de sifflet strident parcourut la ville, avant que d’autres, plus loin ne se fassent entendre.
Comme un seul homme, l’unité se mit en marche vers la foule de manifestants. A peine à cinquante mètres des manifestants, une pluie d’objets lourds vînt heurter les boucliers. Pavés, pierres, bouteilles, tout ce qui pouvait servir à blesser… Les soldats n’attendaient que cela pour passer leurs nerfs…
Quelques minutes après, le contact entre soldats et manifestants se fit. Violent, brutal, irréfléchi. Un affrontement extrêmement rude, qui dura une éternité.
Alors que la situation s’apaisait, le père de Karl était en train de « terminer » un manifestant, comme on disait dans le jargon. Ses bottes heurtaient coup après coup les côtes inertes d’un jeune allemand, dont le visage, méconnaissable dans la poussière, n’était plus qu’un masque de souffrance. Soudain, un coup rude sur son épaule l’envoya au sol. Valsant dans les décombres un instant, le militaire se releva, prêt à canaliser sa colère sur celui qui avait osé le mettre à terre !
Mais c’est alors que l’homme ne vit qu’un de ses collègues, appelé Karl, allongé sur le sol, son bouclier recouvert de flammes. Un cocktail incendiaire avait été lancé sur le militaire et Karl l’avait sauvé en le protégeant de son bouclier… Se jetant à terre afin de voir si son sauveur allait bien, il put voir que ses jours n’étaient pas en danger. Apparemment le projectile était lourd et avait dévié le bouclier. L’homme avait le souffle court, une partie du visage brûlée, mais le bouclier avait encaissé une grande partie du choc. Il s’en tirerait. Ce qui n’aurait pas été le cas du père de Karl s’il avait reçu le projectile directement…
Délaissant « son » étudiant, l’homme emporta Karl sur une de ses épaules afin de le mener dans un endroit plus sûr où il pourrait recevoir des soins adaptés…
Plusieurs mois plus tard, à l'hôpital Wiensbargen naissait un petit homme à la chevelure blonde. En remerciements pour l'acte de bravoure de Karl, le petit porta son nom...
Ensuite, les années s'écoulèrent paisiblement, si l'on peut parler de calme et de paix dans un pays ravagé par les restrictions. La mère de Karl s'était éteinte quelques années après l'accouchement, morte d'épuisement, de faim et de froid. Après une période pendant laquelle le jeune allemand ne prononça plus le moindre mot, il chercha un but à l'existence de chacun. Sa mère n'avait put mourir comme cela, sans raison. Son père n'avait put être sauvé pour faire un enfant, et sa mère mourrir peut aprè sa naissance. Tout cela n'avait aucun sens pour Karl, mais, murissant l'espoir que tout être a un destin, il essayait de comprendre la voie qu'on avait tracée pour lui... Sans y arriver.
Quoi qu'il en fut, en grandissant, le jeune garçon comprenait quel métier faisait son père. Et les remarques incessantes et plus dures les unes que les autres de ses camarades ne faisaient que s'ajouter à son désarroi. Son père était un bon père, mais, lorsqu'il quittait la maison, il faisait pleuvoir la violence et le sang sur la ville, d'après ce qu'on rapportait à Karl...
Un soir, alors que Karl et son père venaient de finir leur maigre repas, le garçon osa :
- Père... Pourquoi... Pourquoi dois-tu tuer des gens ? Pourquoi... Je croyais que tu voulais rendre la ville plus sûre... Pourquoi ?
Les larmes de Karl trahissaient la souffrance qu'il supportait depuis trop longtemps. Il savait que ces questions apporteraient la discorde sous leur toit, mais le garçon ne pouvait plus endurer le silence...
- Karl... C'est, compliqué...
- Compliqué ? Tuer des gens, comment ça pourrait être compliqué ?, rétorqua Karl, trop vite. Une giffle violente lui fit baisser le ton. Mais il finit néanmoins sa phrase.
- Lorsque mère est morte... Peux-tu la ramener ? Non ! Non ! Non !, martela le garçon. Alors pourquoi tuer ces gens ! Ils ont une famille aussi !
Une autre giffle parti, plus violente que la précédente. Rejeté à terre le garçon pleurait désormais en silence toutes les larmes de son corps.
- Je ne pensais pas en arriver là avec toi, Karl.déclara son père sur un ton excessivement calme qui contrastait avec l'énervement dont il venait de faire preuve. Je... Je crois que je n'ai pas été un bon père après tout. Tu ne me le pardonneras surement jamais. Mais la décision que je viens de prendre... Tu risques de me haïr toute ta vie pour ça...
L'homme se tourna pour se diriger vers sa chambre. Avant de quitter la pièce, il dit à voix basse, sans regarder Karl, les yeux dans le vague :
- A partir de demain, je ne suis plus responsable de ton éducation...
Sans plus d'explication, le soldat laissa son enfant sur le sol poussiéreux, misérable. Ses larmes de chagrin, de colère et de peur se mêlaient avant d'exploser et de se répandre sur le plancher... _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

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| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 13:27 | |
| L'enlèvement
Karl resta sur le sol, immobile, toute la nuit. Pleurant sans relâche, il revoyait sa vie, sans cesse, ressassant inlassablement les trois événements les plus importants. Le sauvetage de son père, la mort de sa mère et… et le gouffre qui venait de se creuser entre son père et lui. Karl n’avait ni frère, ni sœur. Aucun ami, à peine quelques connaissances. Karl était seul. Définitivement seul. Et chaque larme qui perlait à ses yeux et gouttait le long de son visage le laissait encore un peu plus faible…
Combien de temps Karl resta-t-il ainsi ? Il n’aurait su le dire. Une éternité peut-être. Huit ou dix heures, plus probablement. Malgré son infinie tristesse, Karl avait entendu son père quitter leur appartement, un peu après leur dispute. Mais, incapable de bouger, incapable de parler, l’enfant n’avait même pas émis un son. Le cliquetis de la serrure qui l’emprisonnait dans sa propre maison, le lieu qu’il avait toujours considéré comme son refuge, avait peut-être augmenté sa peine, mais l’accablement de Karl était tel que cela n’était plus aussi grave. Son esprit s’était fermé à tout, il avait dressé autour de lui des murailles de tristesse et de chagrin. Qu’est-ce qu’une porte à côté de ce sentiment ? Même le lourd verrou qui la fermait… Etait-il si robuste qu’il pouvait concurrencer la solitude dans laquelle se sentait enfermé Karl ? Le parquet imbibé de larmes semblait penser que non.
Lorsque le voile noir de la nuit se désépaissit, revêtant une couleur plus grise, l’obscurité se défit aussi dans le cœur tiraillé de l’enfant. Les yeux brûlants et desséchés, le visage crispé, la mâchoire durcie par le refoulement de ses cris, les cheveux hirsutes, parsemés de poussière grisâtre, Karl subissait l’étape la plus difficile de ceux qui viennent de vivre un drame. Malgré la douleur, malgré l’envie de tout laisser et de partir en courant, loin de tout, malgré la répulsion que faisait naître en lui l’idée même de tenir un raisonnement, son cerveau se mit à fonctionner à nouveau. Comme un vieux disque rayé qui buttait sur une déchirure et la repassait inlassablement, Karl, dépassa la douleur et se mit à réfléchir. Son père était parti, trop tôt pour aller travailler, mais aussi trop tard pour aller dans un bar pour y murir sa décision, plongé dans la vodka. Peut-être avait-il erré sans but, avant de se rendre directement à la caserne… Non, c’était impossible. Se présenter à la caserne ni rasé ni lavé…Son père n’aurait jamais fait ça. Qu’avait-il bien pu faire ?
C’est alors qu’un constat éclata dans l’esprit du garçon, sans qu’il ne le veuille. Rapidement, Karl tenta de chasser cette idée de son cerveau, se prenant la tête entre les mains, mais il était trop tard, désormais. Son père n’était pas allé dans un bar, il ne s’était pas promené sur les rives du Rhin. Non. Bien sur que non. Son père n’avait pas eu la moindre hésitation. Il avait pris sa décision, fermement. Et lorsqu’il avait déclaré qu’à partir de demain, il ne serait plus responsable de son éducation, son père ne voulait pas livrer Karl à lui-même, mais le remettre à quelqu’un. En ce moment, une discussion se tenait pour savoir comment le "changement " se ferait. Un coup d'œil rapide par la fenêtre révéla une teinte rosée. Si cette discussion avait été décidée, elle avait déjà eu lieu… Mais Karl ne s'attendait pas à ce que la porte se mette à cliqueter rapidement avant de s'ouvrir dans un grincement légèrement strident…
Le souffle coupé et la peur au ventre, Karl se retourna. Dans l'encadrement de la porte, aussi agiles que des chats, deux ombres obscures se détachaient du couloir beige. Sans forme distinctes, elles semblaient sortir tout droit des Enfers, comme les monstres qu'avait aperçu Karl sur les devantures des cinémas. La pénombre s'en était allé, chassé par le petit matin et, bien que les volets fussent restés mi-clos, le petit appartement ne laissait plus d'obscurité dans laquelle se réfugier.
Les deux ombres se regardèrent, et, d'un hochement de tête, se permirent d'avancer à pas souples. Effrayé par la vision d'horreur, Karl se remit debout, prêt à passer par la fenêtre s'il le fallait. Ses muscles raidis par l'immobilité des dernières heures et l'inconfort du parquet rechignèrent à l'effort, ce ne fut que grâce à une forte dose d'adrénaline que Karl réussit à se relever rapidement, puis à se baisser, évitant ainsi l'étau qui avait failli l'enserrer. Karl n'eut pas à regarder autour de lui. Il connaissait cette maison comme sa poche. Et il savait dans quelle situation il se trouvait. Ou presque. Enfin, il en savait assez. Il avait évité les bras d'une des deux ombres, mais il avait du reculer dans un coin sans fenêtre… Il était pris au piège. Son cœur tambourinait et ses tempes semblaient sur le point d'exploser à cause de l'afflux soudain de sang. Reculant lentement, espérant découvrir une ouverture dans les murs qu'il n'avait jamais descelle, et qui n'avait jamais existé, Karl voyait avec terreur les ombres s'approcher, petit à petit. Leur proie était acculée, ils n'avaient rien à gagner à se hâter…C'est à ce moment que le petit allemand se rendit compte que les ombres étaient des hommes. Emmitouflés dans une longue veste en cuir noir, portant des bottes, un chapeau et une cagoule de la même couleur, ils étaient humains. Mais pas moins effrayants que les monstres de cinéma. En fait, la réalité les rendait autrement plus terrorisants que les affiches !
Les bras en avant, prêts à bondir pour saisir l'enfant, le piège se refermait. Karl aurait voulu devenir aussi petit que possible, disparaître. Dans un ultime sursaut, l'enfant se jeta sur le côté. Mais il n'avait pas fait un pas qu'une large main le plaqua contre le mur, sans aucune douceur. Karl tenta de se défaire de l'étreinte, mais deux mains vinrent plaquer chacune de ses épaules contre le mur, immobilisant ses bras avec leurs coudes. Une fraction de seconde plus tard, Karl sentait ses pieds immobilisés, maintenus au sol par deux pieds bien plus solides que les siens. Luttant contre l'étau d'acier qui l'emprisonnait, l'enfant fit une erreur : il leva la tête. Avant qu'il ne s'en rende compte, son menton était maintenu en l'air par une main puissante qui avait glissé de son épaule.
Un silence de mort tomba, enveloppant l'immobilité glacée… Un petit bruit se fit entendre, que l'enfant ne sut comprendre. Que faisait-on. Il ne voyait plus rien, son visage était levé vers le plafond, sa vue brouillée par l'excitation. Il eut le sentiment, plus qu'il ne perçut, qu'un des hommes se retourna attendant un ordre. La seconde qui suivit fut parquée par une piqure vive dans la gorge de Karl. On lui injectait quelque chose par la jugulaire. Toute volonté lui échappa et rapidement, il devint un légume. Ses muscles se détendirent en une seconde. Incapable même de se tenir debout, Karl se serait écroulé sur le sol, s'il n'avait pas été aussi bien maintenu. Des étincelles lumineuses passaient devant ses yeux. L'obscurité emplissait son regard, mais elle était vrillée de tâches irisées, fugitives, mais presque éblouissantes. L'inconscience profonde dans laquelle tomba Karl lui fit perdre toute notion de temps et d'espace.
– C'est votre fils ?
– Oui. C'est lui, monsieur.
– Dites-lui adieu. Vous ne le reverrez plus, maintenant. Plus jamais.
– Je sais. C'est ce que je souhaite.
Le temps s'écoula, indéfinissable. Karl était plongé dans un profond sommeil, sans rêve. De temps à autres, sa conscience revenait à la surface. Mais trop vite pour que l'enfant ne retire la moindre information de ces instants, une nouvelle injection le replongeait dans les ténèbres. Quelques fois, une conversation, par bribes, lui parvenait.
– J'ai fini ! J'ai fini ma construction, Sergeï ! J'ai fini !
- Cet élu s'appelle Jarred. Il montre des dispositions impressionnantes. En quarante-huit heures, il a déjà montré plus de talents que tous les autres réunis !...
–J'ai fini ma construction, Sergeï !
- Attention, le votre se réveille…
[HRP] Désolé, j'ai pas pu m'en empêcher… [/HRP]
Karl était plongé dans l'obscurité. Un rêve, sans aucun doute. L'enfant bascula la tête sur le côté, mais la réalité se rappela à lui. Une douleur fracassante failli lui faire exploser le crâne. Karl leva ses mains afin de maintenir sa tête. L'enserrant aussi fort que le lui permettaient ses muscles endoloris, l'enfant essayait de contenir le chaos qui régnait dans son crâne. La douleur était insoutenable et des hochets étouffés trahissaient la souffrance que subissait l'enfant.
Roulé en boule sur une sorte de matelas, les mains contre les tempes et les genoux sous le menton, Karl s'était laissé rouler sur le côté. Le jeune garçon mourrait d'envie d'appeler sa mère à l'aide, mais il se refusait à le faire. Il savait qu'elle ne répondrait pas à son appel. Alors, autant ne pas vivre une déception de plus. Karl n'en était plus capable. Il sentait ses yeux se remplir de larmes chaudes.
**Non ! Ne pas pleurer ! Pas ça ! Je dois rester fort ! Je…**
Alors que le jeune Karl rassemblait les derniers soupçons de courage dont il disposait, il se rendit compte qu'il était attaché à une cheville par une sorte de chaine. Sa migraine atroce lui interdisait de tourner la tête et de chercher où allait l'autre extrémité de la chaine. De toute manière, une autre remarque lui fit perdre toute envie de savoir où cette chaine se rendait, occupant la totalité de son esprit. Il était entièrement nu. Le contact du matelas ne l'avait pas choqué, et la douleur lui avait caché cela. Mais le frottement froid et dur de l'acier contre sa cheville lui fit prendre conscience de sa totale impotence.
En un instant, le garçon s'était rendu compte qu'il était plongé dans l'obscurité totale, dans un lieu inconnu, entouré de personnes visiblement hostiles et puissantes, délaissé par son propre père, tiraillé par la douleur de son crâne et la raideur de ses muscles, enchainé comme un chien, entièrement nu…
A ce moment, Karl n'avait qu'un seul souhait. Mourir. Mourir rapidement. Partir. Quitter ce monde atroce où il n'avait plus que souffrances et horreur autour de lui. Aller rejoindre sa mère.
Comme seule réponse, un trait de lumière jaillit dans la pièce.
Malheureusement, la providence divine n'était pas au rendez-vous. Une odeur d'éther envahit la petite pièce dont Karl pouvait vaguement estimer les limites. Trois mètres de long et deux de large, environ. Son nouveau monde. Son univers risquait fort de se limiter à ces six mètres carrés, jusqu'à ce qu'enfin, on veuille bien exhausser son vœu, que l'enfant ne put s'empêcher de prononcer à voix haute.
– Tuez-moi… Je veux mourir… S'il vous plait… Pitié… Laissez-moi mourir…
Le rai de lumière disparut, caché par une ombre que les pupilles dilatées de Karl n'arrivaient pas à discerner clairement.
– Bienvenue chez toi. Je suis le Professeur Hanneim. C'est moi qui vais m'occuper de toi, désormais… La plupart des élus veulent retourner chez leurs parents… Je vois que ce n'est pas ton cas. C'est bien. Car je ne vais pas te mentir…Tu ne les reverras jamais. Quant à mourir…
Le professeur laissa un silence lourd retomber avant de poursuivre, surement un sourire aux lèvres :
– Mourir n'est pas une option pour toi. Alors, tu vas devoir vivre. Nous allons te donner à manger et à boire. Je repasserais te voir plus tard…
L'ombre disparut, emportant le rai de lumière avec lui. Quelques secondes plus tard, un nouveau rai de lumière, d'une vingtaine de centimètres, apparut, au niveau du sol. Un plateau en profita pour passer.
Alors que le rai de lumière disparaissait à son tour, une lampe s'alluma au plafond de la pièce. Sa lumière jaunâtre et blafarde suffit à attiser à nouveau la migraine du garçon, qui tenta d'emprisonner sa migraine entre ses poings serrés… _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

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| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 13:30 | |
| L'arrivée au Centre
A peine les bruits dissipés, Karl s'était serré contre lui-même. Petit à petit la migraine que lui avaient infligée les doses à répétition de somnifères s'estompait. Mais Karl n'osait pas bouger. En évaluant la situation, le garçon avait jugé que se relever ne pouvait que raviver son mal de crâne, et de plus, la nourriture était peut-être, voire surement droguée. Non, Karl ne voyait vraiment pas ce qu'il aurait à gagner en se relevant… Et alors que le mal le quittait, la fatigue le remplaça et rapidement, Karl sombra dans un profond sommeil.
Lorsque la porte s'ouvrit, faisant entrer plus de lumière dans la petite cellule, l'enfant se réveilla en sursaut. Hébété, il se releva sur ses jambes, balayant du regard les environs. Il n'était pas chez lui. Ce n'était pas un cauchemar… Ou plutôt si, c'en était un, mais Karl le vivait, pour de bon. La silhouette immobile du Professeur Hanneim se dessinait devant lui. Le professeur gardait un air neutre et sa fixité ne faisait qu'accroitre son air de statue. Peut-être celui-ci avait-il deviné les pensées de l'enfant car il brisa le silence :
– Rebonjour ! Alors, tu n'as rien mangé ! Ni bu !.. Pourtant, le " sommeil" a dû te donner soif ! Enfin, tu as dormi un peu, cela te permettra de mieux entendre tout ce que j'ai à te dire… Mais, maintenant que tu es réveillé, manges.
le ton qu'avait employé le professeur ne faisait pas de ces dernières paroles un ordre, mais plutôt un conseil avisé. Malgré cela, Karl resta immobile.
– Qu'y a-t-il ? Tu dois bien avoir faim ! s'exclama Hanneim, songeur.
Puis, souriant, il s'agenouilla et saisit la cuillère qui était déposée sur le plateau, la remplie de l'espèce de purée beige qui composait le plat principal et porta le tout à sa bouche, avant de déglutir, un sourire forcé aux lèvres. Ensuite, il saisit le petit pichet, se versa de l'eau dans un gobelet et but de longues gorgées. Après avoir reposé le verre, le professeur regarda le garçon, droit dans les yeux et plissa ses joues fermes en un sourire qui devait vouloir dire " tu vois, tu peux manger sans crainte. De toute manière, je ne te veux aucun mal" . Mais aucun mot n'était nécessaire. Karl saisit rapidement la cuillère et se mit à manger rapidement, sans quitter le professeur des yeux.
– Bien… Alors, maintenant, je vais t'expliquer ce que tu fais là… Profites-en pour bien manger. Une fois que je t'aurai tout dit, nous irons faire un tour…, dit le professeur, en se relevant. Alors, comme je te l'ai déjà dit, je suis le professeur Hanneim et c'est moi qui vais te prendre en charge, désormais… Ici, nous sommes… dans un complexe, un grand bâtiment, avec des laboratoires, un gymnase, des bureaux… Plein de choses. Et toutes ces choses, et les personnes qui y travaillent sont en partie là pour s'occuper de toi…
Haussant les sourcils, Karl ne semblait pas comprendre comment tout cela pouvait être lié à lui… Mis à part le fait qu'il était enfermé dans cette cellule, quel pouvait être le lien entre cet homme en blouse blanche et l'enfant qu'il était ?.. Mais le professeur répondit à la question que son esprit avait à peine formulé.
– Oui, tu as bien entendu. Tout cela a été mis en place pour s'occuper d'enfants présentant un grand… potentiel. Ces enfants sont, la plupart du temps, orphelins, et n'ont nulle part où aller. Alors, nous les recueillons, nous nous occupons d'eux.
Vu comme cela, la situation prenait un aspect bien moins effrayant. Un orphelinat un peu spécial, mais pas une prison...
– Dans ton cas, par contre, la situation est un peu différente…, reprit le profeseur. Ta famille t'a rejeté. Et plutôt que de te mettre à la rue, ton père t'a confié à nos soins. déjà, car il savait que tu serais bien traité, mais aussi et surtout parce qu'il savait qu'ainsi, il était certain de ne plus jamais te revoir…
Les mots du professeur brûlèrent le torse de Karl, le vidant de toute énergie. Même s'il avait déjà compris quelle avait été la volonté de son père, se l'entendre expliquer par un parfait inconnu rendait la situation encore plus violente…Mais Karl n'eut pas le temps d'approfondir cette pensée, Hanneim poursuivait son exposé :
– …que cela est contraignant, mais, tu devras t'y faire, car ce n'est nullement négociable. Et toute tentative de ta part pour déroger à cette règle sera sévèrement punie. Alors, acceptes-tu ?
Déboussolé, Karl se rendit compte que lors de ses réflexions, le professeur avait énoncé une chose extrêmement importante. Mais, d'après le ton qu'il avait employé pour poser sa question, aucune autre réponse que celle que donna Karl n'aurait pu être acceptée.
– Oui, j'accepte.
– Bien. Alors, allons marcher, maintenant. Je vais te montrer l'endroit où tu vas passer tes prochaines années. Et je t'expliquerai aussi ce que l'on attend de toi. Car vois-tu, certains enfants que nous recueillons montrent un talent exceptionnel. Bien plus doués que les autres enfants, ils ont droit à certains privilèges et sont suivis par les meilleurs spécialistes… Et, la première partie de notre travail va être d'estimer si tu fais partie de ces élus parmi les élus. Mais nous verrons cela plus tard. Termine ta purée et suis-moi.
Attiré par la curiosité et refreinant l'appréhension qui le tiraillait, Karl déposa le plateau à côté de lui, sur le sol et se leva.
– Par contre, il te faudra mettre cela., dit le professeur, désignant du doigt un tas de vêtements verts soigneusement pliés dans un coin de la chambre.
Honteux de réaliser seulement maintenant qu'il était resté nu depuis le début de la conversation, Karl sentit son visage s'empourprer et courut s'emparer des habits avant de se réfugier dans un coin de la chambre que l'on n'apercevait pas de l'extérieur. Même en sachant que cela ne rimait à rien après son exhibition prolongée, l'enfant ne pouvait s'empêcher d'être pudique…
Alors que Karl s'habillait, il se rendit compte que son maillot, son pantalon de toile, ses chaussettes et même ses sous-vêtements étaient discrètement marqués du nombre 27. Sans savoir pourquoi, mais sachant que ce nombre allait surement prendre une importance capitale dans sa vie, l'enfant mit les vêtements, et enfila les sandales qui étaient dissimulées dessous. Tout était à sa taille, et bien que les vêtements ne furent pas neufs, le jeune garçon apprécia ce changement de peau plus qu'il ne l'aurait pensé…
Une fois arrivé à la porte, il se rendit compte que de chaque côté du couloir, un homme en blouse blanche aux muscles saillants bloquait toute échappatoire. De toute manière, Karl avait trop mangé et ses muscles étaient trop tendus pour qu'il ne tente de courir. Sans leur prêter une grande attention, Karl passa devant les deux hommes et suivit docilement le Professeur Hanneim.
Pas une fenêtre, nulle part. Uniquement des néons et des lumières emprisonnées dans des cages grillagées. Aucun effort de décoration n'avait été fait. Les murs rectilignes en béton avaient été recouverts, visiblement à la hâte, d'une peinture beige. Une ligne colorée à mi hauteur, d'une dizaine de centimètres de hauteur, ainsi que de grands chiffres à l'extrémité de chaque couloir semblaient délimiter des zones. Bien que Karl ne saisisse pas le fonctionnement des codes de couleur, il se rendit néanmoins compte que la pièce dans laquelle il avait été enfermé se situait dans une zone bleue ciel, portant le numéro 18. Et lorsqu'il s'aperçut que les portes étaient numérotées en A-18-XX, un petit coup d'œil en arrière et un calcul rapide lui indiqua qu'il " logeait" derrière la porte A-18-12. Quelques fois, des pleurs ou quelques cris arrivaient à filtrer à travers les épaisses portes. Alor, les deux homes qui suivaient l'enfant étaient pris d'une étrange et bruyante quinte de toux, qui suffisant amplement à couvrir ces quelques sons inopportuns.
La visite fut assez courte, mais impressionnante. Les dédales de couloirs menaient à des salles gigantesques. Alors que le professeur poussait une porte à deux battants, ouvrant la voie au garçon, un gymnase suréquipé se révéla. Recouvert de tapis verts pâles et durs, la salle ressemblait à un jardin morose. Pourtant, les cris d'efforts y résonnaient sans fin. Ici, deux garçons s'exerçaient à la lutte, là, une jeune fille grimpait sur mur d'escalade, plus loin, un jeune homme rouge de fatigue s'épuisait à frapper de toutes ses forces un énorme sac qui ne réagissait presque pas aux coups fulgurants qu'on lui assénait… Au total, une quarantaine d'enfants étaient pris dans un effort dans lequel ils semblaient se jeter sans répit, au centre d'un petit groupe, à chaque fois d'au moins trois ou quatre personnes. Prenant des notes, donnant des conseils, ou encourageant, chacun avait un rôle…
– C'est ici que se déroulent les exercices physiques. Tous les élus doivent y passer au moins quatre heures par jour. Souvent, ces quatre heures sont largement dépassées…, commenta le Professeur, le visage illuminé de satisfaction.
Tournant sur ses talons et entraînant Karl avec lui, Hanneim marcha quelques temps avant de se retrouver dans un couloir qui se démarquait par de larges fenêtres, de part et d'autre. Ressortant d'une des salles située derrière une baie vitrée, une jeune fille essuyait le sang qui coulait de son bras, largement entaillé. Elle portait sur le visage de nombreux hématomes et plaies superficielles et ses cheveux étaient en broussaille. Derrière elle, une femme sorti, vêtue d'une sorte de kimono beige et portant une longue épée dans une main. Pointant sa lame vers son élève, elle commença à dire à haute voix :
– Et la prochaine fois que tu laisses ta garde ouverte à ce point, je te transperce d'un s…
Laissant ses mots mourir sur ses lèvres, la femme ne put contenir sa colère en voyant Karl et son escorte. Comme elle n'en avait pas fini avec son élève, mais ne voulant pas non plus continuer son discours en public, elle lança son arme dans la salle d'où elle sortait et courut jusqu'à son élève et reprit son sermon à voix basse. A ses côtés, la jeune fille tentait vainement de retenir sa tristesse ou sa douleur, les larmes lui venant aux yeux. Afin de détourner l'attention de ce spectacle, le Professeur expliqua :
– Ici, nous entraînons les élus à maîtriser les arts du combat, comme tu peux le voir. Cette section est réservée au combat au corps à corps. Les meilleurs maîtres d'armes de la république sont ici !
– Les arts du combat ?…, répéta Karl, visiblement perdu.
– Oui. Le monde est, malheureusement, dangereux. Il est primordial pour nous que nos élus sachent se défendre… Viens, allons par ici !
Le Professeur n'avait pas trouvé d'autre échappatoire qu'un nouveau couloir à la discussion difficile dans laquelle il n'était pas à son aise... Karl, perdu dans le dédale de couloirs restait très proche du professeur. Car sil comprenait que le petit groupe venait de traverser plusieurs sections grâce aux couleurs sur les murs, l'enfant aurait été incapable de se rediriger vers la pièce d'où il venait. Alors que Karl faisait ce constat, son esprit se mit à tourbillonner. Rentrer dans cette cellule ? Etait-ce devenu son refuge, désormais, comme l'avait été autrefois sa maison ? Cet autrefois ne datait que de quelques heures… Un jour au maximum… Avait-il déjà accepté de sn plein gré de vivre ici et de ne jamais retourné chez lui, alors même qu'il n'avait pas encore fait le tour du bâtiment ?
– Et voilà la section médicale !, décrit le Professeur, sortant Karl de ses pensées. C'est ici que nous contrôlons une fois par semaine la santé de nos élus. Nous faisons aussi beaucoup de recherche pour tenter de comprendre ce qui fait d'eux des être exceptionnels… Si nous comprenons cela, nous pourrons surement les aider à devenir encore plus exceptionnels !
Alors que d'innombrables machines toutes plus étranges les unes que les autres s'exposaient à droite et à gauche de Karl, le Professeur Hanneim parlait avec passion de ces salles. Pendant quelques temps, il avait dû y travailler lui-même. Peut-être y travaillait-il encore, d'ailleurs. Karl n'osa pas poser la question et laissa le visite se dérouler.
Le Professeur guida le garçon, toujours accompagné des deux gorilles, vers de petites salles. Quelques tables et chaises dans le plus pur style soviétique, un grand tableau noir surplombant craies et brosses ainsi que divers posters et affiches en toile remplissaient les petites pièces. D'après le Professeur, les élus y recevaient l'éducation dont ils avaient besoin pour se débrouiller dans le vaste monde… Les plus jeunes devaient y passer leur matinée, chacun suivi par un précepteur particulier. Ensuite, les leçons devenaient plus spécialisées et nécessitaient un équipement qui se trouvait dans d'autres salles. Dès demain, et ce, chaque matin, Karl serait accompagné de sa " chambre" jusqu'ici, afin d'y suivre des leçons.
Ensuite, la visite se poursuivit dans d'autres sections, plus ou moins grandes, plus ou moins intéressantes. Ce qui choquait Karl était que malgré la taille des couloirs et le nombre important de salles, il n'avait croisé quasiment personne… le bâtiment était-il aussi vide qu'il en donnait l'impression ou bien tout était-il fait pour que les contacts entre les enfants soient aussi restreints que possible ? Là encore, bien que mourant d'envie de poser la question, Karl se retint.
Lorsque le groupe s'arrêta, se fut devant la porte A-16-10. Etait-ce le numéro que Karl avait pensé trouver, alors qu'il quittait le couloir ? Il n'aurait su le dire. Tant de choses étaient passées dans sa tête et devant ses yeux lors de la visite que son esprit était complètement embrouillé.
Le Professeur entra dans la pièce et expliqua à Karl, toujours dans le couloir :
– Bien ! Alors voilà comment va se dérouler la journée ce soir et demain... dans quelques minutes, un repas va t'être apporté. Vingt minutes plus tard, la lumière s'éteindra. Tu pourras te laver le visage et te brosser les dents dans le petit lavabo. Nous t'avons mis tout ce dont tu as besoin. Demain matin, lorsque la sonnerie retentira, tu auras un petit déjeuner. Tu auras vingt minutes pour l'avaler et t'habiller. Ensuite, on t'emmènera prendre ta douche, puis ton professeur te fera ta première leçon. C'et aussi ton professeur qui t'emmènera manger à midi. L'après midi sera consacrée aux exercices physiques, au gymnase.
Alors que le professeur terminant sa phrase, un jeune homme arriva, portant un plateau à bout de bras.
– Voilà ton repas ! Il faut que jet te laisse, maintenant. Repose-toi bien.
Sortant rapidement de la pièce et poussant le garçon à y entrer, le Professeur ferma la porte, après que le repas fut posé sur une table. Puis les pas s'en allèrent.
Seul au milieu de la pièce, Karl restait sans bouger. Il était fatigué, il avait faim, mais son esprit était en lambeaux. Comment était-il arrivé là ?... Mais la douce fumée du plateau vint stopper ces considérations, ou plutôt les mettre en attente. L'enfant se rempli l'estomac de pain et de purée, faisant passer le tut à grandes gorgées d'eau. Lorsque toute nourriture eut disparut de sa vue, le sommeil tiraillait tant le garçon qu'il s'effondra sur son lit, toujours habillé… _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

Age : 23 Inscrit le : 30 Juil 2006 Messages : 372 PV; PC : PV : 77/171; PC : 53/158 Postule pour : Armure d'or du Taureau Emploi : Ministre de la culture
| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 13:42 | |
| Le début de l'entraînement
Karl s'endormi d'un sommeil profond et bien que la sonnerie stridente le réveilla en sursaut, il ne mit pas plus de quelques secondes à se rendormir.
Lorsque les néons, du haut de leur cage métallique se rallumèrent en grésillant et la sonnerie perçante et agressive du matin résonna entre les murs de la petite pièce. Les yeux de Karl, embrumés par la lourdeur du sommeil dont on venait de le tirer se mirent petit à petit à s'ouvrir. Mais son odorat ne mit pas longtemps à repérer, devant la porte, le fumet du pain grillé et l'odeur de lait chaud.
Avant de sauter sur la nourriture, Karl enleva son maillot, de peur de le tâcher, et s'assit confortablement. Le reste ne fut qu'une formalité, expédiée rapidement… Mais, en plus de se nourrir, le jeune allemand faisait le point sur sa situation. Il était seul et avait été rejeté ou abandonné par tous… Pour une raison qu'il ignorait, certaines personnes pensaient qu'il pouvait avoir un don… Et ces mêmes personnes étaient prêtes à faire des investissements considérables pour s'occuper au mieux de leurs protégés montrant certains talents… Quel genre de dons cherchaient-ils ? Pourquoi ? Comment ? Toutes ces questions ne pouvaient trouver de réponse que dans l'imaginaire d'un enfant… Mais même Karl restait soupçonneux vis-à-vis de ses propres facultés de déduction… Quoi qu'il en fût, le jeune garçon avait trouvé un moyen de se reconstruire une vie…
Ainsi, lorsque la porte s'ouvrit et qu'un des gorilles de la veille emmena le garçon prendre sa douche, ce dernier était déjà prêt et sans un mot, il se mit en route vers la salle d'eau… A sa sortie de la douche, il n'avait toujours pas aperçu, si ce n'était à un angle de couloir, d'autre enfant. Mais un personnage d'un certain âge l'attendait. Habillé d'une longue blouse blanche sur laquelle on pouvait aisément remarquer de traces de craie, l'homme semblait avoir été taillé tout entier dans ce matériau blanc et friable…
– Bôjour, je suis le professeur Arkarrov. C'est avec moi que vôs allez prendre vôs leçons, vingt-sept., dit le vieil homme avec un fort accent russe.
– Vingt sept leçons ?Lâcha Karl soulagé de ne pas en avoir plus avant de se faire reprendre.
– Nô, 27, c'est vôs. Vôs êtes le numéro 27…
C'est alors que le garçon se remémora le nombre qui était apposé sur ses vêtements. 27. Karl voulut se présenter à son enseignant, lui dire son nom, mais… Mais quelque chose lui disait que ce numéro n'était pas qu'un repère afin de marquer ses vêtements. Ce nombre allait devenir sa seule identité désormais.
En quelques minutes, 27 se trouva habillé, assis à une table en bois devant un grand tableau noir d'école. Un stylo entre les mains, le garçon se retrouvait à faire sa première dicté… et commençait à reconsidérer son enthousiasme vis-à-vis de sa situation…
Après un repas simple et consistant pris seul dans sa chambre, le professeur Hanneim fit lui-même les présentations entre l'élève et le tuteur des exercices physiques, tout en demandant au garçon comment il s'adaptait à sa nouvelle vie. Que répondre à cela, sinon par l'affirmative ?
Monsieur Reigh semblait un être forgé dans le métal. Contrairement au russe de la matinée, le bavarois était une force de la nature. Tout en lui respirait la puissance. En contemplant le corps d'athlète de son tuteur, 27 ne put s'empêcher de désirer un jour pouvoir afficher la même assurance, être certain que quoi qu'il arrive, rien ne pourrait entailler son corps indestructible. Mais si le garçon avait l'air impressionné devant son maître, le sentiment n'était pas réciproque. Monsieur Reigh exprima à haute voix son inquiétude vis à vis du frêle jeune homme qui se tenait devant eux. Pour montrer la véracité de ses dires, il ôta le maillot vert du torse du garçon d'un geste rapide. Le garçon senti sa tête se décrocher de ses épaules sous le manque de délicatesse de son professeur. Mais il ne montra rien de sa douleur. Ce n'était pas du tout le moment. L'enfant se sentait l'effet d'être une pièce de bétail que les deux professeurs estimaient, notant tour à tour les nombreux défauts du corps qu'ils examinaient. Las d'entendre des critiques sur lui et d'être considéré comme un objet, l'enfant dit à mi-voix :
– Entraînez-moi…S'il vous plait…
Monsieur Reigh passa devant le garçon en un clin d'œil, le visage rouge. Le garçon venait de commettre une grave erreur, bien qu'il ne savait pas exactement laquelle et avant qu'il n'eut le temps d'y réfléchir, une gifle d'une puissance inouïe l'envoya au sol. Peu avant, son père l'avait giflé aussi. Son père était militaire depuis bien avant sa naissance et il n'était pas quelqu'un de faible. Pourtant le coup qu'il avait reçu de la part de son père et qui l'avait laissé allongé, en pleurs, était une douce caresse du vent, à côté du formidable choc que l'enfant encaissa. Heurtant le mur de la petite pièce, le garçon tomba par terre, presque sonné. Autour de lui, des lumières blanchâtres dansaient, comme pour le narguer. A ses côtés, des voix passaient et repassaient, sans qu'il ne puisse les capter. Et lorsque les comètes désormais irisées se mirent à ralentir, que ses sens envoyèrent à nouveau des informations cohérentes, le garçon tenta de se relever, le plus adroitement possible. Mais à peine avait-il ramené ses bras à ses côtés afin de prendre appui sur le sol, qu'il senti qu'une force vigoureuse le retournait et l'agrippait par les épaules et le soulevait comme un fétu de paille.
– Alors, veux-tu encore me dire ce que je dois faire ? Te crois-tu capable de me dire, à moi, qui je dois entrainer ?
La douleur rendait l'apesanteur difficilement supportable et le garçon ne savait que faire ou dire. Son cerveau lui disait ou plutôt l'implorait de garder le silence, de ne rien dire. Peut-être que l'homme s'en irait et un tuteur moins brutal serait proposé. Mais alors, cela serait considéré comme une première faute. Sans savoir comment, 27 savait que l'homme qui tenait sa vie entre ses mains était aussi la personne la plus à même de faire de lui un des "élus parmi les élus". Une telle opportunité ne se laissait pas passer…
– Entraînez-moi… Entraînez-moi…
Les yeux de l'entraîneur s'écarquillèrent. Apparemment, jamais personne n'avait osé prendre la parole après une de ses démonstrations de force. Yeux dans les yeux, 27 n'était plus capable de faire preuve d'une force aussi grande qu'il l'aurait voulu, mais le garçon essayait de faire transparaitre toute sa volonté dans son regard. Soudain, la traction s'évanouit et le garçon retomba à terre. Mais un rire grave et puissant, bien que peu sonore emplit la pièce.
– Hahaha ! Alors, si tu tiens tellement à m'avoir comme maître, je vais m'occuper de toi. J'ai toujours aimé les défis ! Faire de toi quelqu'un de fort sera le challenge le plus difficile que j'ai jamais tenté !
Se tournant vers le Professeur, il lui signifia qu'il prendrait en charge la formation du garçon à condition de s'occuper aussi de ses entraînements au combat, ce à quoi le Professeur n'opposa aucune objection, bien au contraire. Pendant ce cours échange, 27 s'était relevé et avait pris une posture droite, sorte de garde à vous non règlementaire… La joue gonflée et rendue rougeoyante par l'impact était un premier avertissement. Les erreurs seraient peut-être permises, mais il ne valait mieux pas les accumuler, car le garçon n'était pas certain de pouvoir survivre à un traitement continu de coups et blessures…
Cinq minutes à peine s'étaient écoulées depuis qu'ils avaient quitté la pièce lorsque les portes du gymnase s'ouvrirent. 27 n'avait pas remis son maillot et était pieds nus. D'après son maître, c'était mieux ainsi, alors sans réfléchir, l'élève avait fait ce qu'on lui conseillait.
Faisant le tour des différentes zones du lieu d'entraînement, monsieur Reigh expliquait comment fonctionnait chaque appareil, chaque objet, chaque ligne sur le sol. Quels muscles étaient développés, quels exercices étaient complémentaires afin d'avoir une musculature homogène, quelles erreurs devaient être évitées à tout prix. Ces haltères servaient à renforcer les biceps et augmentaient leur puissance. Cette zone servait à la course et servait à détendre des muscles rabougris par les poussées de cet appareil. Ce mur servait à muscler les extrémités, tout en faisant travailler l'agilité du reste du corps. Cet engin étrange servait à coordonner les muscles lors d'efforts intenses et ne devait pas être utilisé sans un échauffement longuement préparé. Ces anneaux faisaient travailler bras, abdominaux, dos et cuisses…
A chaque instrument, le garçon prenait place et travaillait une dizaine de minutes, le temps de trouver la bonne position, de bien assimiler les gestes, de garder un rythme régulier… Les efforts n'étaient pas très intenses car les poids étaient largement réduits, les longueurs diminuées, les rythmes plus longs. Au cours des essais, un homme portant une blouse blanche, identique à celle du Professeur Hanneim, était venu se joindre au duo, prenant des notes, posant des questions au professeur, examinant le garçon. Une heure plus tard, une autre personne s'était jointe à eux, habillée dans un costume noir. Le médecin avait fait un rapport à l'homme en costume, tout en prenant inlassablement ses notes, puis ils étaient partis, alors que le garçon essayait un des derniers appareils du gymnase.
Lorsque le dernier appareil fut essayé, le jeune allemand était ruisselant de sueur. Les exercices, séparément, n'étaient pas très difficiles. Mais leur enchainement, sans pause, les rendait petit à petit plus difficiles. Alors que 27 attendait que son professeur le reconduise à sa chambre, immobile, ce dernier semblait perdu dans ses pensées. Après avoir fixement regardé le garçon pendant d'interminables secondes, l'homme lança :
– Les anneaux te feront du bien. A force d'en faire, tu auras des muscles bien souples… Oui, on va commencer par les anneaux.
– B… Bien, Monsieur.
Alors qu'il n'en avait pas la moindre envie, 27 se dirigea rapidement vers les anneaux. Il était encore à l'âge insouciant où l'on peut fournir un effort épuisant presque sans fin… Et bien que couvert de sueur, le garçon se mit à trottiner vers les anneaux… Après les longues séries d'exercices sur les anneaux qui firent énormément travailler son dos, le garçon enchaina avec des longueurs de course et de sauts. Les haltères suivirent, de différentes tailles et poids, afin de muscler tour à tour, les épaules, les bras, les avant-bras, le dos, les jambes… Les pompes furent particulièrement douloureuses… Et lorsque les prises du mur d'escalade lui échappèrent à cause de la tétanisation de ses muscles, le garçon retomba méchamment sur le sol. Personne n'aurait pensé que le maître, ému par tant de bonne volonté ne se porte au secours de son élève. Heureusement, d'ailleurs. Car la seule consolation que reçut le garçon pour son échec du mur fut une série de coups violents qui le laissèrent un instant sans souffle. Quelques minutes plus tard, à peine capable de respirer par saccades, 27 était déjà installé sur un plan incliné, tête en bas et se retrouvait à pousser une planche à roulette lestée de fonte avec ses jambes…
Lorsqu'une sonnerie se fit entendre, au loin, le garçon comprit que l'heure du repas était passée. Seul dans le gymnase avec son maître, il répétait inlassablement des exercices de sauts que ses jambes meurtries n'arrivaient plus à faire… Et lorsque la seconde sonnerie retentit, 27 venait de s'endormir debout… Une violente gifle le ramena à la réalité, mais à peine l'exercice recommencé, le sommeil tirailla si brutalement le jeune garçon que se dernier ne put y résister.
Lorsque la sonnerie réveilla 27, il était dans sa chambre, enfermé dans un sarcophage de souffrance. Chacun de ses muscles raidis par les exercices de la veille semblait vouloir crier plus fort que les autres à quel point il était mal en point… Mais la même journée que la veille se répéta, plus intense encore. Et encore une autre.
Au fur et à mesure des entraînements, les muscles de 27 s'habituaient à leur traitement rude et se développèrent, ni en volume, ni vraiment en puissance, mais en endurance. Bien sur, à côté de son maître, le garçon était ridiculement rachitique ! Mais les exercices qui le faisaient tant souffrir auraient été bien plus aisés aujourd'hui. En effet, en une quarantaine de jours d'efforts intenses, 27 et son maître avaient accoutumé ses muscles à fournir de gros efforts de manière répétée.
Un mois plus tard, Monsieur Reigh jugea qu'il était temps pour 27 de passer à des épreuves plus variées, telles que le combat à main nue. S'entrainant sur un lourd sac rempli de sable, le garçon frappait sans relâche, fortifiant encore un peu plus ses mains. Son maître lui apprenait à déplacer correctement son poids pour être efficace et stable, rapide et vigoureux… Lorsque ses progrès parurent suffisants, l'élève fut invité à passer du gymnase à la zone de combat au corps à corps…
Monsieur Reigh montra à son apprenti comment envelopper ses poignets et ses mains dans des bandages suffisamment serrés pour en augmenter la résistance, mais qui ne couperaient pas la circulation sanguine. Puis, entrant dans une salle vide, il se mit au milieu et se planta devant son élève.
– Bien, ferme la porte et prépare-toi. Nous allons mettre un peu en pratique ce que tu t'entraines à faire sur le sac de sable. Je crois qu'il n'y a que ça qui te montrera qu'il est dangereux de donner trop d'amplitude à tes mouvements… Un sac de sable ne riposte pas. Moi, si. Et je ne me gênerai pas ! Allez, attaque-moi ! _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

Age : 23 Inscrit le : 30 Juil 2006 Messages : 372 PV; PC : PV : 77/171; PC : 53/158 Postule pour : Armure d'or du Taureau Emploi : Ministre de la culture
| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 13:52 | |
| Monsieur Reigh examinait le jeune homme qui se trouvait face à lui... Il avait bien changé depuis son arrivée, son corps habitué à endurer la souffrance pénible des entrainements, devint plus saillant et plus galbé. Oui, le matricule 27 était devenu plus fort, et malgrès tous cela, il était loin de devenir l'arme ultime que le Centre désirait avoir...
Une arme... oui, c'est bien de celà qu'il s'agissait ! Une arme sans conscience et sans âme, prêt à agir et même à tuer pour le seul interêt du pays ! Pour l'instant, malgrès "l'estime" qui lui portait, Reigh savait qu'il devait petit à petit, briser les faibles liens qui les unissaient, afin d'oter sa part d'humanité qui résidait encore dans l'âme de son disciple.
Reigh craqua alors ces articulations dans un bruit maccabre comme pour montrer sa détermination à faire le plus de mal possible à son élève. Il se devait de le frapper avec toute sa force et toute sa volonté... Il se le devait...car en mission, les ennemis ne font pas de cadeaux ! S'il était doux et bienveillant envers cette enfant, ce dernier ne pourrait pas devenir l'arme que l'organisation esperait avoir.
- Très bien, 27 ! Avant toute chose, je te doit d'annoncer les règles...
Reigh se tût un moment, se racla la gorge et reprit :
- Dans chaques combats, tu ne peux lancer qu'un certain nombre d'attaques physiques... Choisis-bien l'instant où tu peut les lancer, et n'hesite pas à faire des feintes de corps et à te servir de l'envrionnement pour combattre. C'est grâce à cela que tu peut exprimer le plein potentiel de tes attaques et ainsi terraser l'ennemi !
Reigh s'avança alors vers l'élève d'un pas lent, se baissant légèrement pour abaisser son centre de gravité et arriver à la taille du jeune garçon. Serrant ses poings bandés, il poursuivit :
- N'oublie jamais ce que je t'ai dit, 27 ! Et si jamais tu es blessé, il te faut créer des occasions te permettant à la fois d'échapper aux attaques de tes adversaires tout en contre-attaquant. Je vais te donner un exemple... Imagines que nous t'envoyons dans la région sableuse de la Namibie, qui comme tu le sait, fut jadis une colonie de notre pays.
Le terrain sableux est très difficile, et y combattre demande de nombreuses astuces. Sur un terrain meuble, tu te fatigues plus vite, et tes mouvements y sont donc forcément plus lent... Tu doit donc prévoir les mouvements de ton adversaire et les tiennes avec un coup d'avance. De plus, tu peut te servir du sable, pour le lancer dans les yeux de ton adversaire pour l'aveugler momentanément et ainsi avoir le champs libre pour le frapper...
Reigh brandit alors son bras vers le disciple et lui fit signe d'attaquer :
- Mais comme tu le vois, ici, il n'y a ni sable, ni élement pouvant t'aider à combattre... Je te laisse l'initative du combat, pour jauger de ta force et de tes talents de "tacticiens". Et tu verras que la défense et le contre-attaque peuvent être tous aussi cruciales que l'attaque brute !
Reigh se mit en défense et attendit que l'apprenti l'attaque... _________________
Dernière édition par le Lun 16 Juil 2007 - 14:24, édité 1 fois |
|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

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| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 14:00 | |
| Premier combat Première dérouillée
Karl écouta les conseils de son maître, attentivement. Entendre des conseils sur la manière de porter des coups sur un sac de sable était bien différent de se retrouver avec les mains bandées, en face d’un humain réactif… L’entraineur faisait craquer ses articulations avec un air étrange… Le garçon comprit très vite ce que signifiant ces bruits. Bientôt, ce seraient ces os qui craqueraient… Cet exercice avait un but simple : faire mal. Tout en sachant que cela ne servait à rien, au contraire, l’enfant ne put s’empêcher d’hésiter et d’avoir peur. Mais c’était un passage obligé. Depuis qu’il était arrivé au Centre, le garçon avait été soumis à de nombreuses épreuves, plus difficiles les unes que les autres. Et même si ses progrès lui semblaient considérables, 27 savait pertinemment qu’il était encore très loin de ce qu’attendaient de lui ses précepteurs. Le Professeur Hanneim l’avait d’ailleurs averti. Si ses résultats ne s’amélioraient pas de manière significative, ses tuteurs se lasseraient de lui… Et bien que n’imaginant pas vraiment ce qu’un tel abandon signifierait pour lui, le garçon refusait cette éventualité avec force. Aujourd’hui, le aître avait choisi de passer au combat à mains nues… 27 n’en ressortirait certainement pas sur ses jambes… Mais la douleur ne serait rien. Rien à comparé de celle qu’il subirait si son entraineur le laissait… Le cou trempé de sueur froide, le garçon s’approcha, comme un taureau dans une arène. Le résultat était connu d’avance, mais il fallait faire le spectacle.
Alors que Monsieur Reigh parlait, le garçon tirait quelques conclusions toutes personnelles de ces paroles.
**Quelques attaques physiques… Des coups simples...**
27 se demandait comment ses muscles, qui restaient ceux d'un enfant pourraient renfermer assez de puissance pour venir à bout de quelqu'un. Bien sur, contre une personne de son gabarrit, il avait ses chances, mais... Il n'allait tout de même pas combattre des garçons comme lui ! On lui avait dit qu'il combattrait pour la nation ! Alors, si c'était le cas, il aurait à affronter des hommes ! De vrais hommes adultes, et peut être formés au combat ! Comment pourrait-il les vaincre ?
Ici, la question ne se posait même pas. Si le garçon pouvait lancer ne serait-ce que toucher son maître, cela serait tout à fait exceptionnel ! 27 avait trouvé son objectif. Il devait toucher. Traverser la défense de son professeur et le toucher. Même si sa force était insuffisante pour causer la moindre blessure, il devait bien y avoir un moyen de contourner la défense de son maître !
**Des feintes de corps… Utiliser l’environnement…**
Bien qu’il comprenne chaque mot, l’élève voyait mal comment il pouvait mettre cela en pratique. Les feintes de corps, Monsieur Reigh lui avait expliqué ce que c’était. Lorsqu’un individu se bat, il dit conserver un maximum de stabilité afin de porter des coups à la fois précis et rapides. Or, pour garder cette stabilité, le combattant va faire de petits gestes, que son adversaire pourra "lire". Ainsi, un homme habitué au combat pourra connaître les intentions de son adversaire avant que les coups ne partent où qu’il se déplace, uniquement grâce à ces gestes inconscients. Et un adversaire qui n’est pas surpris est un adversaire intouchable… Ainsi, afin de maintenir une certaine tension sur son adversaire, il était souvent bon de sacrifier un peu de sa stabilité, en faisant croire à une attaque ou un déplacement de côté. L’adversaire modifierait alors sa défense en fonction de ce qu’il pensait lire. C’est cette modification que le combattant aguerri devait savoir exploiter, afin de prendre un avantage, physique et moral. Physique, car si la feinte était réussie, le défenseur aurait plus de mal à contrer efficacement l’attaque. Morale car un adversaire surpris peut se mettre à douter, à rester sur la défensive… Voire à se laisser dominer en perdant sa combattivité…
Quant à utiliser l’environnement… 27 écouta ce que lui expliquait son maître, bien que tout cela lui semble évident… Mais alors que les explications avançaient, le garçon étudiait déjà ce qu’il pourrait faire ici…Le sol…Un tapis dur et lisse, avec de grands éléments serrés les uns contre les autres. Quelques traces d’usure, mais rien d’utilisable en combat… Les murs… Encore plus lisses et inutilisables que le sol. Trois parois bétonnées, une vitrée. Rien à en tirer. Et l’enthousiasme modéré du garçon ne s’améliora pas en vérifiant que le plafond était très haut, éclairé par de nombreux néons protégés par des cages grillagées…
- Je te laisse l'initiative du combat, pour jauger de ta force et de tes talents de "tacticiens". Et tu verras que la défense et le contre-attaque peuvent être tous aussi crucial que l'attaque brute !
Terminé le temps de la réflexion… Il fallait passer à l’attaque. Vite. Trouver un moyen de frapper. 27, relevant sa garde malhabile, examinait ce qu’il avait comme possibilités… La défense de Monsieur Reigh n’était pas bonne. Elle était absolument infranchissable. Pour atteindre les quelques endroits non protégés de sa défense, il faudrait que le garçon s’expose longuement aux poings du maître. Et il était clair que cela signifierait la fin de l’exercice. De plus, le jeune disciple avait un désavantage flagrant : celui de la carrure. Il n’avait pas la moitié de l’allonge de son maître et leurs gabarits étaient si différents ! C’est en pensant à cela qu’une idée germa dans l’esprit de 27. Ou, plus qu’une idée, un constat. Si Monsieur Reigh était grand et fort, lui était petit et rapide… Mais comment l’exploiter ?
**Peut-être que si je me reculais et que je me préparais à me défendre… Monsieur Reigh s’énervera et passera à l’attaque… Je pourrai en profiter pour contre attaquer… Non. Je DOIS attaquer ! Il faut que je le force à avoir une faille dans sa défense…**
Sachant ce qu’il voulait faire, 27 se mit à tourner autour de son maître, avec de petits pas. Cela obligeait le maître à tourner sur lui-même, ce qui était toujours préférable à une défense fixe. A chaque fois que le maître allait déplacer son poids, le disciple faisait bouger ses épaules, afin d’harceler son adversaire. Il ne savait pas vraiment si ses feintes étaient efficaces ou non, mais aucune faille dans la défense du maître ne se voyait.
Trois tours ! Trois tours complets ! 27 venait de tourner trois fois autour de son maître et ce dernier gardait une défense où les maigres talents de l’élève ne savaient détecter de faille exploitable. Exaspéré, 27 ferma son poing droit plus fort et le lança de sa hanche vers le visage de son adversaire, le visage déformé par une grimace qui exprimait toute sa volonté et sa hargne face à sa propre impuissance... _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

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| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 14:22 | |
| Reigh esquissa un sourire lorsqu'il vit le matricule 27 tourner autour de lui... Une tactique bestiale en vérité qui peut être facilement esquivée lorsqu'on a la perception de tous ce qui vous entoure...
Chacun des pas de 27 fut analysé par Reigh, tantôt celui-ci accélérai le mouvement, et parfois il ralentissait. Reigh ferma alors les yeux et ne se fia qu'à son ouïe et à cette perception qui va au delà du toucher, et qui differencie un combattant d'un maitre d'arme. Reigh prefera ne pas voir le matricule 27, et resta toujours dans sa posture défensive, immobile.
Le souffle du garçon... Le deuxieme tour était entamé...
Cela en était presque prévisible... Reigh sentait que la respiration de son "disciple" devenait de plus en plus court, de plus en plus rapide. Celui-ci allait sans doute vouloir lui porter une attaque ou plutôt tenter quelques choses qui y ressemble. Reigh voyait clairement que le disciple n'était pas prêt à s'attaquer à un être vivant capable de le blesser. S'entrainer, frapper un punching ball, soulever des haltères et autres fontes ne fait pas de vous, un vrai combattant. Non...tous cela n'est utile que pour endurer les coups et les blessures que les adversaires infligeront.
Les pas sourds et discrets de 27 cachaient en vérité une certaine angoisse...
Le troizième tour était entamé, et Reigh remarqua facilement que le matricule 27 avait tendance à accelerer lorsqu'il se trouvait face à lui, mais qu'il ralentissait lorsqu'il se trouvait derrière lui. Peut-être se sentait-il plus en sécurité en se trouvant derrière son maitre que face à lui ?
Reigh resta muet et se concentra uniquement sur le bruit des pas du garçon, lorsque soudainement, il entendit les pas devenir plus "vivants"... 27 allait attaquer !
Quelle erreur !
Sans même attendre que le disciple n'attaque, et malgrè que celui-ci fùt en situation de lancer une attaque, Reigh leva sa jambe et d'un saut, frappa la cheville de l'apprenti avec la pointe de son pied. Cela n'est pas un hasard... 27 n'avait fait que tourner dans un sens et pour cela il devait se pencher latéralement, mettant sa cheville sous une certaine tension. Le fait de tourner autour d'un point fixe qu'était Reigh en le regardant, en le fixant du regard pour ne pas subir d'attaque, a mis le disciple dans cette position indélicate.
Pourtant dans tous combats, dans tout arts martiaux, le plus important n'est que l'appui ! L'appui qui conditionne le maintient du corps et qui permet à la fois de porter une attaque que de se défendre. En voulant affaiblir la défense de Reigh, le jeune apprenti en avait oublier les règles les plus élémentaires.
Ainsi touché, 27 perdit l'équilibre qui vascilla sur le coté, quand le poing de Reigh, qui s'était stabilisé après son assaut, longea l'abdomen du garçon, remonta vers la gorge pour le frapper en plein menton : un uppercut violent et terrible dont l'impact l'anesthésia sur le coup. Mais une une douleur violente au niveau de son abdomen qui le tira de sa léthargie momentanée.
Reigh avait utilisé l'autre poing pour frapper violemment 27 en plein abdomen, ce qui eut pour conséquence de projetter le garçon contre le mur de la salle d'entrainement, lui faisant cracher un peu de salive mélée de sang.
Trois coups... Reigh n'avait enchainé que trois coups, avant de faire tomber son adversaire. Il était inutile de continuer, l'inoffensif apprenti semblait deja être hors d'état de nuire. Nuire ? Mais l'était-il seulement capable de le blesser ? Reigh s'arreta alors, et lui tourna le dos afin de s'avancer vers le centre de cette arène improvisée
- Matricule 27... Tous les entrainements du monde ne serviront à rien, si tu ne sais pas te battre et analyser les mouvements de ton adversaire. Si, j'étais un ennemi, j'aurai porté des coups supplémentaires, voire même...
Reigh s'arrêta alors de parler... Son regard croisa celui de l'apprenti, et il poursuivit avec un ton plus franc et direct :
... plus !
Reigh craqua alors les os de son bras, et regarda son disciple se relever péniblement... Il devait encore s'améliorer pour que se transformer en un agent efficace. Reigh savait qu'il avait fait preuve de faiblesse, il aurait dù porter les autres coups au risque d'envoyer 27 aux soins intensifs. Mais au fond de lui, il savait...il savait que cet apprenti était different des autres enfants.
Tout son être, toute son âme semblaient n'exister que pour vivre, que pour avoir l'illusion de protéger quelqu'un ! Reigh savait également que sa propre force ne serait rien face à cet enfant qui avait des dons exceptionnels... Mais il se devait de les éveiller en le plaçant dans une situation périlleuse où sa propre vie serait menacée pour que 27 libère toute sa puissance. Mais cela, n'était pas encore le cas... Oui, Reigh avait échoué, il semblait qu'il s'était attaché à cet enfant.
- Allons lève-toi, 27 ! Leve-toi et déchaine toute ta force, toute ta volonté dans une attaque ! Frappe moi comme si ta vie en dépendait, frappe moi comme si je menaçais tes intérêts ! Trouve la force nécessaire de me combattre, si tu ne veux plus revoir ton cachot où tu seras enfermé jusqu'à la mort !
Reigh se mit alors en défense, et ne souhaitait qu'une chose : Que 27 ait la force de se relever et de lui porter un coup ! _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

Age : 23 Inscrit le : 30 Juil 2006 Messages : 372 PV; PC : PV : 77/171; PC : 53/158 Postule pour : Armure d'or du Taureau Emploi : Ministre de la culture
| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 14:27 | |
| Aïe
Le choc contre la paroi en béton avait laissé l’enfant sans souffle. Lorsque ses pieds retombèrent sur le sol, les jambes du garçon n’étaient plus en état de le porter et il tomba à quatre pattes, les poumons vidés. Essayant de remplir à nouveau ses poumons enflammés d’air, le disciple relevait le visage, écoutant les reproches de son maître. Qu’espérait-il ? Pensait-il avoir transformé en quelques mois un jeune garçon en un grand combattant ? Monsieur Reigh avait-il vraiment eu cet espoir ? Alors il lui faudrait reconsidérer tout ce qu’il avait fait… Car 27 savait qu’il était incapable de frapper un adversaire aussi rapide que son maître.
Lorsque monsieur Reigh en eut terminé avec ses conseils et demanda au garçon de se relever, le garçon laissa malgré lui échapper un sourire…
Frappe moi comme si ta vie en dépendait, frappe moi comme si je menaçais tes intérêts ! Trouve la force nécessaire de me combattre, si tu ne veux plus revoir ton cachot où tu seras enfermé jusqu'à la mort !
Ca, le garçon n’avait aucun mal à se l’imaginer. Tout simplement parce que c’était la vérité… En à peine quelques mois, le garçon avait, petit à petit, compris que ceux qui ne montraient pas de disposition suffisante pour mériter un bon professeur disparaissaient du centre, sans que personne ne s’en inquiète, visiblement… D’un jour à l’autre, il semblait que ces enfants n’avaient jamais existé… S’il ne se relevait pas rapidement, le numéro 27 serait rapidement porté par un autre élu… Il n’en était pas question !
Confinant la douleur qui le tiraillait dans un coin de son esprit, 27 concentra toute son énergie et toute sa volonté de vivre dans son poing fermé. Sans réfléchir, il allait frapper. Avec son cœur, avec sa hargne, plus qu’avec sa tête. Le garçon s’élança en avant, le visage déformé par ses émotions. Mais à peine avait-il bougé qu’un violent coup de pied circulaire vint s’abattre sur son côté gauche. Sans ménagement, monsieur Reigh lui avait asséné un coup qui laissa le garçon immobile, sur le sol. Lorsque son maître s’approcha, le pitoyable disciple essaya de rouler sur le côté afin de s’éloigner d’un coup qui aurait pu venir, mais ses côtes, le rappelèrent à l’ordre. Le feu qui s’embrasa dans tout le corps du garçon fit monter un flot de douleur que 27, malgré toute sa volonté ne put retenir totalement, laissant s’échapper un misérable gémissement.
– 27 ! N’écoutes-tu pas ce que je te dis ! La volonté est indispensable pour frapper son adversaire ! Mais ce n’est pas elle qui t’assure la victoire ! Si tu te jettes sur un ennemi plus fort ou plus intelligent que toi comme tu viens de le faire, tu peux être aussi déterminé que tu le veux… Tu mourras quand même. Analyse ton adversaire !
Tu me déçois beaucoup…
Tout en laissant retomber ses derniers mots, Monsieur Reigh avait tourné le dos au garçon et commençait à ôter ses bandages. Au fond de lui, le maître n’était pas si déçu que cela de son élève. 27 s’était relevé, malgré la première rafale de coups… Ce petit avait du courage. Peut-être qu’avec un bon entrainement, on en ferait quelque chose. Peut-être pas l’arme ultime dont rêvait le centre, mais un bon agent, sans aucun doute…
Quelques minutes plus tard, 27 était à l’infirmerie, entre les mains du Professeur Hanneim. Le garçon devait se remettre au plus vite, car demain, comme chaque jour, une nouvelle série d’épreuves l’attendait. Et un élève à moitié brisé est moins performant qu’un élève…dans un état légèrement meilleur…
Quelques mois s’écoulèrent encore, de la même manière. Une année était presque révolue lorsque 27 se rendit compte que ses enseignements avaient été… "orientés". Les entrainements physiques n'avaient pas été modifiés, mais les enseignements théoriques s'étaient laissé porter vers des sujets précis… La biologie n'était vue que par la capacité de certains animaux à se défendre ou attaquer d'une manière originale. L'anatomie se concentrait sur les moyens de guérir ou de blesser un individu, voire de le tuer. Même les entrainements au combats portaient le signe d'un but clair, d'une orientation choisie par Monsieur Reigh, le professeur Hanneim ou quelqu'un d'autre encore… 27 apprenait à se déplacer discrètement, à surprendre son adversaire, utilisant au mieux son agilité, sa patience et son intelligence. Alors que l'apprentissage se poursuivait, de nouvelles salles s'ouvraient au garçon. La première fois, le garçon pensa que c'était la fin et que cette nouvelle salle allait être la dernière… Mais, lors de l'épreuve à laquelle il fut soumis, 27 put montrer qu'il était digne d'être gardé par le centre…
Lorsque les portes s'étaient ouvertes une grande salle s'était dévoilée. Faiblement éclairée, elle semblait avoir été dévastée par une explosion. Partout, des débris, des monticules d'acier et de béton, recouverts de poussière. Une des lames qui éclairait la pièce se balançait au bout d'un long fil, animant les ombres comme une armée de morts-vivants prêts à sortir des ténèbres…
– 27, je t'ai préparé à cet instant depuis de nombreux mois… Tu as intérêt à réussir. Un échec signifiera la mort. Tu as vingt secondes pour te dissimuler dans cette arène. Ensuite, nous ferons entrer un prédateur. Un jeune garçon qui aura pour but de te tuer… Ce n'est pas un jeu. Si tu ne le tues pas, il profitera de ta faiblesse et en finira avec toi …
– Mais… Ce garçon…
– N'oublie pas ce que je t'ai appris ! 29…28…27…
La peur au ventre, 27 regarda son maître de longues secondes, avant de se rendre compte qu'il ne plaisantait pas. Monsieur Reigh n'avait pas plaisanté une seule fois en un an. Il n'allait visiblement pas commencer aujourd'hui… Tendu, désorienté, 27 s'enfonça donc dans la semi-obscurité, hésitant. Ses pensées se bousculaient. Depuis qu'il était entré au centre, il avait apprit comment blesser un adversaire, mais il n'était pas un combattant hors norme, loin de là. Que pourrait-il faire face à un "prédateur" ? Tout ce qu'il avait entendu à propos de ces personnes était qu'ils étaient entrainés à tuer, violemment et rapidement. Leur but était de tuer une cible précise, mais de manière brutale, dans des effusions sanguinaires… S'il voulait survivre, 27 ne devait pas compter sur ses capacités martiales, trop insuffisantes face à un tel adversaire, mais sur ses propres capacités. L'environnement était propice à la discrétion. Et le garçon surprit son esprit affuté à analyser rapidement la situation. A force d'exercices, l'enfant avait déjà examiné la situation. Dans sa tête, le compte à rebours défilait, sans interruption. Plus que 15 secondes… Courant avec légèreté vers l'amas de béton le plus haut, 27 l'escalada sans souci. De là-haut, il apercevait toute la zone… La partie gauche était légèrement moins éclairée… Sautant de son perchoir, le garçon se rapprochait d'un capharnaüm métallique dans lequel il aurait pu se dissimuler aisément. Mais alors que ce dernier était en vue, le garçon changea d'avis. Une fois camouflé dans la structure métallique, que pourrait-il faire ? Tous les tubes et les crochets le gêneraient dans ses mouvements. S'il était découvert, il ne pourrait se défendre et périrait sans avoir put faire quoi que ce soit. Non. Il fallait penser différemment. L'avantage de 27 n'était pas uniquement sa capacité à se dissimuler… Il devait avant tout tirer partie de son plus gros atout : il était entré dans la zone avant son adversaire. Il avait une connaissance des lieux que le prédateur n'aurait pas. C'est là-dessus que tout devait se passer… Comment exploiter cet avantage ? 27 avait put grimper le grand amas de béton, mais pour cela, il avait du parcourir une partie de la zone… Le garçon savait que cette partie serait sans danger, mais le prédateur, lui, serait sur ses gardes. Il tenterait d'avoir un aperçu de la salle, de sa disposition, de son éclairage, tout en restant à l'abri d'une attaque. Dévoiler sa position ne serait pas grave pour lui, alors il chercherait à se renseigner rapidement sur la topologie du lieu…
27 fouillait ses souvenirs. Avec un bon entrainement, il arrivait désormais à mémoriser la disposition d'objets étalés sur une couverture… L'exercice était le même pour le cerveau, lorsqu'il fallait se rappeler de la disposition des débris qui composaient le relief de la pièce…3…2…1…
Un bruit métallique se fit entendre, un grincement strident, accompagné d'un rai de lumière blafarde, qui mourut rapidement, laissant place au silence… 27 se rendit compte qu'il n'avait plus le temps de chercher la cache idéale. Balayant d'un coup d'œil les alentours, il trouva une pile de béton ébréchée. Elle constituerait un bon perchoir. La vue était dégagée, et toute attaque surprise serait exclue à cause de la hauteur…
Respirant lentement par la bouche, 27 attendait. Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité et il distinguait désormais tout ce qui l'entourait. Et lorsque la lampe-pendule éclaira un peu mieux la zone qui s'étendait sous lui, le garçon put voir des empreintes de pas, bien visibles. Concentré sur les monticules de métal et de béton, 27 ne s'était pas rendu compte qu'il avait laissé des traces bien distinctes dans la poussière… Si le prédateur les suivait, il se retrouverait bientôt sur le garçon… Bien sur, le prédateur ne serait pas assez stupide pour suivre les traces de pas de trop près, mais… Un piste était une piste et si les rôles avaient été inversés, 27 aurait parcouru la salle, lentement, en passant de hauteur en hauteur, tout en se repérant par rapport aux marques sur le sol… Si tout ce passait comme cela, l'adversaire du garçon ne tarderait pas à arriver dans les parages… Comme 27 était revenu sur ses pas, cela l'avait rapproché du prédateur… Il fallait se dissimuler rapidement. Mais la colonne sur laquelle était juché le garçon était trop isolée pour passer sur un autre obstacle sans faire de bruit… Il n'y avait qu'une chose à faire : descendre de la colonne. Ou du moins, ne plus être au sommet. En un instant, 27 se retrouva en train de pendre sur un côté de la colonne de béton. Il allait se laisser tomber sur le sol, lorsqu'un léger bruit se fit entendre, de l'autre côté. Le prédateur se déplaçait lentement, à l'affut de toute trace de sa proie… Mais il préférait une situation sure et en hauteur à une autre plus discrète… Il devait suivre les traces de pas, comme prévu… Si 27 lâchait prise tout de suite, il alerterait son adversaire qui se ruerait sur lui. Et le tuerait aisément… Alors que le garçon cherchait un appui, il aperçut une petite tige de métal qui ressortait du béton. Au moment où il posait son pied dessus, soulageant ses doigts de la tension qui les brûlait, la colonne vibra. Le prédateur avait trouvé un moyen de sauter par-dessus l'allée… Il escaladait pourtant la colonne avec un manque d'agilité qui contrastait avec son exploit ! La secousse à peine ressentie, 27 dégagea ses doigts du haut de la colonne de béton et s'agrippa par de petites prises. Les défauts dans la structure lisse n'étaient pas très profonds et cet appui peu stable fatiguerait rapidement le garçon.
Pendant ce temps, le prédateur était arrivé au sommet et se hissait de toute sa hauteur. La colonne était légèrement penchée et camouflait 27 qui se collait à la paroi. Mais sa sueur ne tarderait pas à le trahir… Il fallait trouver quelque chose à faire. Et vite. Le prédateur avait sauté sur la colonne en voyant les traces de pas s'en approcher… Il essayait de faire fondre la distance entre eux… S'il lui semblait avoir une piste, peut-être se jetterait-il à sa poursuite, sans vraiment réfléchir…
Un instant, le garçon voulut lancer une de ses chaussures d'un côté afin de faire un bruit suffisant, avant de se raviser. Un tel bruit serait forcément un piège… Il fallait quelque chose de crédible…27 retira une de ses mains des entailles dans lesquelles elles s'étaient agrippées et agrippa un petit morceau de béton, avant de le lancer doucement, quelques mètres sur son côté gauche…
A peine le petit projectile avait-il heurté le sol que le prédateur se pencha au-dessus du vide, prêt à frapper. Mais le danger ne venait de là où il le pensait. 27 agrippa le bras qui était le plus proche de lui et tira dessus de toutes ses forces, utilisant au mieux l'appui sur de ses jambes et sa position en contrebas. L'élan du chasseur aidant, il fut projeté dans le vide, roulant par-dessus ses épaules. Dans sa chute, il avait presque fait un demi-tour et lorsqu'il heurta le sol, ce fut avec le bas du dos. Grognant de douleur, le prédateur ne put rien dire d'autre. 27 s'était lancé de son perchoir, pieds en avant et avait frappé la nuque de son adversaire. Et lorsqu'il s'était relevé, prêt à prendre la fuite afin de se camoufler à nouveau, il vit que le prédateur ne bougeait pas et que sa tête était posée sur le sol d'une manière étrange… Le coup avait été fatal au jeune garçon…
Ensuite, tout alla très vite. La lumière se ralluma et une dizaine de personnes entrèrent, la plupart chargées de notes et de cahiers… Monsieur Reigh entra en dernier, un sourire énigmatique au visage et remmena 27 dans sa chambre…
– Bien ! Bien ! Tu seras finalement plus utile que prévu ! Tu as bien utilisé ce que je t'ai enseigné… C'était un adversaire facile à vaincre dans cet environnement… Mais je ne pensais pas que tu aurais le courage de le tuer ! Bravo !
Le tuer… Ces mots résonnèrent dans l'esprit de 27 durant une interminable nuit blanche… Il avait tué un autre être humain… Lui qui avait tant reproché à son père de se livrer à de tels actes, il avait tué un de ses semblables, sans que cela ne le gène vraiment… Mais bien sur, cela n'avait rien à voir. Son père avait tué pour avoir un métier… Lui, il ne faisait que défendre sa vie. Mais la mort qu'il avait donné n'était pas la seule raison de son malaise… Non… Après avoir cherché durant de longues heures, 27 trouva ce qui l'embêtait tant. Il avait repensé à son père. A sa vie, avant le centre. L'époque à laquelle on l'appelait encore par son prénom…Quel était ce prénom, déjà ?.. Peu importait. Il ne signifiait plus rien aujourd'hui. 27, voilà qui il était !
Plusieurs années passèrent. Les entrainements repoussaient toujours plus les limites de 27. Avec le temps, le matricule de 27 avait disparu. L'élu 27 avait reçu le nom de code de Kunée. Ce nom était lourd de signification… C'était le casque que portait Hadès, le dieu des morts. Ce casque, fabriqué par les puissants cyclopes avait le pouvoir de rendre invisible son porteur… Et c'était sur ce point que l'entrainement de l'élu portait. Devenir invisible. On ne peut tuer ce que l'on ne peut discerner… Le contraire n'est pas contre qu'une illusion ! L'entrainement au corps à corps se poursuivait, accentuant toujours plus sur la grande qualité de Kunéê : son endurance. En effet, le garçon, après ses quatre années passées au centre était devenu un combattant avec une technique asse particulière : au lieu de foncer tête baissée sur sa cible, il essayait de la prendre par surprise. Et si la cible était avertie de sa présence, Kunéê passait son temps à esquiver et dévier les coups portés par son adversaire, afin de le vider de ses réserves. Une fois affaibli, le défenseur devenait enfin plus agressif et se créait petit à petit un avantage psychologique, avant de terminer le combat rapidement. La technique de Kunéê était très spéciale et il ne la maitrisait pas encore parfaitement. La plupart de ses combats se terminaient par une victoire, mais avec un prix élevé… Couvert de plaies et d'ecchymoses, dues aux coups parés avec difficulté… _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

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| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 14:30 | |
| Le pouvoir de la volonté...
Un jour, monsieur Reigh décida de faire un entrainement au corps à corps. Il fit chercher Kunéê au gymnase et le fit conduire dans une salle, faiblement éclairée par une lumière bleutée… A peine entré dans la salle, et ne voyant pas son maitre, le jeune homme s'était mis contre un mur et avait adopté une posture défensive. Monsieur Reigh attaquait des fois sans préavis, mieux valait se tenir prêt. Mais une série de lampes s'allumèrent au centre de la pièce, révélant le maitre, au centre d'une plateforme circulaire. Le disque en question, soutenu par de lourdes armatures métalliques, trônait au centre de la salle, surélevé de deux bons mètres. Une échelle métallique permettait l'accès à la zone de combat…
Sans un mot, Kunéê se préparait au vieux rituel de l'entrainement au combat, écoutant les conseils et règles de l'entrainement tout en marchant calmement.
Tomber complètement de la zone signifiait Perdre. Et perdre signifiait mourir en situation réelle. En entendant cela, Kunéê passa sa main le long de ses côtes. Les restes d'une brûlure profonde, fruits d'une erreur lors du dernier entrainement en zone enflammée… Oui, l'apprenti ne le savait que trop bien, même s'il s'agissait d'un entrainement, le niveau de ces épreuves pouvait transformer toute erreur en mort douloureuse…
Avant de monter, Monsieur Reigh demanda à son élève de se dévêtir et de ne garder que le strict nécessaire. Pieds, jambes et torse nu, le disciple reprit son avancée.
Une fois que Kunéê eut gravit l'échelle, il posa une première main sur la surface de combat, après l'avoir examiné. Mieux valait ne pas poser ces mains n'importe où… Monsieur Reigh aurait bien été capable de mettre de 'acide au dessus de l'échelle pour voir si son élève aurait eu la bêtise de vouloir s'accrocher à la surface sans rien en savoir…
Mais la zone était recouverte d'une surface étrange. Des pics la parcouraient, plus ou moins rapprochés, plus ou moins grands, et surtout, plus ou moins durs… Passant ses mains sur les reliefs, Kunéê remarqua que certains étaient cassants et durs comme du verre, alors que d'autres étaient flexibles comme du papier mâché, d'autre encore étaient solides comme de l'acier… Intelligent. Très intelligent, même. Savoir que l'on va souffrir en posant le pied sur une surface permet d'appréhender la douleur. Mais, le doute, lui, la renforce. A chaque pas, Kunéê devrait se demander si son pied n'allait qu'effleurer une zone tendre, s'enfoncer douloureusement dans un pic de verre ou s'écorcher salement sur une pointe en acier… Oui, à chaque pas, à chaque appui, les combattants seraient déconcentrés par le doute…ce doute qui s'insinue dans l'esprit, qui prend la place de la concentration et mène à l'erreur…
Une fois ses mains posées sur le rebord, l'apprenti aperçut sur l'arène plusieurs zones surélevées. A peine assez larges pour y posez deux pieds côte à côte. Mais visiblement, leur surface était lisse.
Avec agilité et calme, Kunéê monta sur l'arène et, d'un long pas, prit appui sur une zone élevée et attendit les consignes de son maitre. Repérant et mémorisant l'emplacement des différentes zones "sures"
Mais pour toute information, monsieur Reigh s'élança d'une zone à l'autre et s'approcha rapidement du jeune homme. Sans perdre un instant, ce dernier s'élança dans une direction transverse. Sur la droite. Passant de "nuage" en "nuage", Kunéê essayait de gagner du temps. Son maitre était plus endurant que lui, mais moins patient. Le petit jeu ne pourrait donc pas durer, mais bien utilisé, il pourrait s'avérer utile… Passant avec une agilité impressionnante d'un perchoir à l'autre, esquivant au passage quelques attaques faibles de son maitre, Kunéê attendait le moment propice pour agir. Mais, alors qu'il essayait de prendre son maitre à contre-pied, l'apprenti glissa. Son entrainement lui permis de se récupérer tant bien que mal et de ne pas tomber de tout son long, mais désormais, il avait perdu la sécurité des perchoirs. Par chance, il n'avait pas touché de trop près les pics les plus durs et les quelques écorchures qu'il avait gagné ne représentaient rien…
Se retournant vers monsieur Reigh, le jeune homme put voir avec crainte le sourire qui lui traversait le visage. Il était en position de force et comptait bien l'utiliser au mieux !
Le maitre s'élança dans les airs, un pied en avant. L'apprenti essaya d'esquiver le coup, mais la rapidité de l'élève n'était pas encore suffisante. Se servant de cet appui, monsieur Reigh réussit à retomber sur une plateforme, tandis que Kunéê s'affalait sur le sol, le dos poignardé par plusieurs pointes de verre et griffé par le métal. Les blessures n'étaient pas mortelles, loin de là. Mais la douleur n'aidait pas à se concentrer…
– Comme toujours, tu veux donner au combat la trajectoire qui te plait. Mais sans jamais surprendre ton adversaire… Lorsqu'il s'agit d'affronter un adversaire en terrain couvert, tu es devenu habile ! Mais dès que le combat a lieu en face à face, tu ne fais plus preuve d'aucune inventivité !, sermonna le maitre.
Mais le disciple ne répondit pas. Mieux valait ne rien dire et réfléchir… Dans cette position, il ne pouvait rien faire. Prenant appui sur ses épaules, le jeune homme se releva prestement et releva sa garde. Il lui fallait retourner sur une plateforme. De là où il était, il ne pouvait rien faire. Mais laquelle ? Pour retrouver de la hauteur, il fallait soit se retrouver dans la zone d'action du maitre, soit lui tourner le dos… Aucune option n'était vraiment envisageable…
**Tout droit. Droit sur lui. C'est le seul moyen… Mais comment passer ?...**
C'est alors qu'un des enseignements, un des tous premiers, revint à l'esprit de l'élève. Les feintes de corps. Il fallait tromper monsieur Reigh et le faire agir en premier… D'un rapide coup d'œil, le jeune homme regarda le sol sur lequel il avait glissé, puis son regard remonta jusqu'à son maître. Tournant rapidement sur ses talons, le disciple fit semblant de se diriger vers la zone de laquelle il était tombée. Seules les pointes vraiment dangereuses restaient visibles et il avait plus de liberté de mouvement. Essayant de couper court à ce mouvement, le maitre se lança en avant, vers la zone en question, mais à peine le poids du maitre avait-il quitté la plateforme que Kunéê changea de direction et, roulant sur le sol pour éviter d'être frappé, se rapprocha de la zone ciblée. Quelques pointes lui lacérèrent encore le dos et les épaules, mais ces sacrifices étaient nécessaires. Lorsqu'il retrouva son entière stabilité, Kunéê posa son pied sur la plateforme, se retournant pour se mettre en garde. Mais son enchainement avait été trop long. Déjà, le maitre était repassé à l'attaque. Et lorsque son poing frappa avec force le visage du jeune homme, ce dernier s'écroula au sol, à la limite de l'arène, prêt à tomber.
– Dommage ! C'était bien pensé ! Mais tu restes trop prévisible. Au lieu de repartir au contact tout de suite, tu aurais dû utiliser ton appui pour gagner une zone plus en sécurité ! A cause de ton erreur, tu vas voir ta défaite !
Calmement, le maitre descendit de son perchoir et s'approcha du jeune homme. Arrivé portée, il lança son pied en arrière et le propulsa vers son disciple. La fin du combat était arrivée. Ou du moins le pensait-il. Alors que le pied allait frapper avec violence le visage de l'élève, ce dernier avait remonté ses bras devant lui en une défense compacte. Kunéê n'avait jamais eu la force de contrer ainsi son maitre. Mais là, une puissance époustouflante le traversait coulant dans ses veines et ses poumons. Ses bras semblaient irradier d'une énergie froide, mais concentrée. Sans savoir ce qui s'était passé, le disciple, saisit l'occasion de renverser le combat et saisit le pied qui allait le frapper pour renverser son maitre. Tirant de toutes ses forces ers lui afin de déséquilibrer monsieur Reigh, l'apprenti réussit à le faire chanceler. Un coup de pied dans la cheville valide du maitre finit par lui faire perdre tout équilibre. Allongé sur le sol, Kunéê bénéficiant effectivement d'un meilleur appui que son maitre. Une dernière secousse violente sur l'épaule de Monsieur Reigh finit par le faire tomber de la plateforme…
Kunéê avait gagné. Pour la première fois, il avait réussit à vaincre son maitre… Cette révélation eut plusieurs effets. Tout d'abord, le jeune disciple prenait enfin conscience de ses capacités et gagnait une assurance qu'il n'avait pas auparavant. Ensuite, une question le tiraillait. S'il avait réussit à vaincre Monsieur Reigh, qu'allait-il faire ? Aurait-il un maitre plus compétent ? Ou était-ce la fin de son apprentissage ?
Mais les changements les plus visibles étaient liés à l'attitude du professeur. Dès lors, il savait qu'il avait perdu son invincibilité aux yeux de son élève, et il était partagé entre un sentiment de fierté face aux exploits de cet élève qui paraissait si peu doué au départ, et un sentiment de colère, car même si la défaite venait de son élève, elle n'en restait pas moins défaite !
Au fur et à mesure, les entrainements prirent une toute autre tournure. Il semblait évident à monsieur Reigh, qui était resté le maitre de Kunéê, que le potentiel de son disciple ne s'exprimait vraiment qu'en situation de danger extrême. Ainsi, plusieurs mois passèrent, pendant lesquels les épreuves les plus périlleuses s'enchainaient. Lors des exercices de combat, Monsieur Reigh était assisté de deux autres individus, encore plus forts que le maitre, bien que moins compétents. Leur fonction était assurément de rouer de coups l'élève afin que sa puissance puisse rejaillir.
Chaque soir, dans sa cellule, Kunéê lavait ses blessures, un art dans lequel il était désormais expert. Et, même lorsque les lumières étaient éteintes, le jeune homme s'asseyait sur sa couchette, fermait les yeux et laissait ses émotions l'envahir. La colère, la douleur, la hargne, aussi. Saisissant une à une chacune de ces sources d'énergie, l'apprenti les mêlait en une seule qu'il faisait exploser…
Avec le temps, le disciple avait maitrisé cette puissance. "L'énergie", comme il l'appelait, ne faisait plus qu'un avec lui. Monsieur Reigh, épaulé par une dizaine de maitres, peinait encore à lui fournir les dernières instructions qu'il pouvait laisser à son élève. L'entrainement touchait à sa fin… Bientôt Kunéê serait envoyé pour faire ressurgir la gloire de la mère patrie !
Une seule question tournait encore dans l'esprit du jeune homme. Une question que l'apprenti n'osait pas poser mais qui le tourmentait. Qui était le second élu ? Qui possédait aussi la maîtrise de "l'énergie" ? Qui pouvait-il sentir le soit, s'exercer, tout comme lui ? Qui pouvait bien laisser son énergie exploser de temps à autres en pleine journée ?... _________________
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|  | | Glarthi'oc ATHENIEN

Age : 23 Inscrit le : 30 Juil 2006 Messages : 372 PV; PC : PV : 77/171; PC : 53/158 Postule pour : Armure d'or du Taureau Emploi : Ministre de la culture
| Sujet: Re: Un nouveau commandant Lun 16 Juil 2007 - 14:31 | |
| L'éveil…
Les entrainements physiques ne devinrent rapidement plus que des formalités. Kunéê avait développé sa connaissance de "l'énergie" et même les attaques groupées ne parvenaient plus à le mettre à mal. Son véritable entrainement, il le faisait le soir. Lorsque le silence retombait dans les couloirs, lorsque plus aucune lumière n'éclairait sa chambre…
Kunéê, fermant les yeux, arrivait à matérialiser son énergie. Chacun de ses battements de cœur était plus profond, chacune de ses respiration semblait plus intense, la moindre contraction de ses muscles paraissait pouvoir détruire l'acier. Seul avec lui-même, le disciple essayait de comprendre ce qu'un vieil homme lui avait apprit, au détour d'un couloir…
…
Kunéê pouvait désormais circuler à sa guise dans les couloirs. De toute manière, s'il avait voulu s'échapper, qui aurait pu l'en empêcher ?.. Mais, alors que le jeune homme se rendait au gymnase, une voix grave lui parvint. Se retournant, pour chercher d'où provenait cette voix, il n'aperçut qu'un couloir vide… C'est alors que le disciple comprit que la voix arrivait directement dans son esprit, directement, sans passer par ses oreilles…
– Argès ! Ecoute-moi. Concentre-toi sur ma voix ! Tu ne pourras pas sortir de ce piège sans éveiller ton cosmos jusqu'à son paroxysme… Alors, concentre-toi, et n'écoute que ma voix, Argès. C'est lorsque tu es aux portes de la mort que ton cosmos, cette énergie si fabuleuse que tu maitrises à peine, peut s'éveiller… Alors, concentre-toi. Si tu ne fais pas ressurgir toute la puissance de ton cosmos, tu mourras.
– Mais comment faire, maître ?
En entendant la réponse, Kunéê comprit que ce n'était pas à lui que l'on s'adressait. Il était le témoin inattendu d'une conversation… Bien intéressante. Cet homme qui maitrisait l'énergie, s'appelait donc Argès… et le vrai nom de l'énergie était donc "cosmos"…
– Argès, ne lutte pas. Laisse-toi emporter par la souffrance. Et tires-en l'énergie dont tu as besoin pour faire exploser ta cosmo-énergie… Le cosmos est… une sorte d'explosif, que contiendrait ton corps, comme chaque atome de l'univers… Seuls quelques êtres sont élus pour maitriser cette puissance. Et tu en fais partie… Cette énergie, qui dépasse tout ce que l'homme connaît, est une infime parcelle, un grain de poussière, laissé par les dieux dans la matière. Cette énergie peut brûler, voire exploser, si l'on sait la maîtriser. Et elle est suffisamment puissante pour qu'un homme puisse ouvrir une montagne d'un seul coup de poing ! Avec le temps, tu parviendras à te familiariser avec cette force, et vos ne formerez plus qu'un… Mais pour l'heure, tu as encore besoin de conditions exceptionnelles pour développer ton pouvoir. Car il s'agit bien de cela, de pouvoir ! Celui qui maitrise le cosmos peut réveiller en lui l'étincelle divine qui sommeille !
Le pouvoir. Le pouvoir. Ces mots résonnaient en Kunéê si fort qu'il avait l'impression que cet écho allait le trahir ! Mais le maître poursuivit, écouté attentivement par deux élus…
– Argès, la manière dont tu fais jaillir ta puissance t'est personnelle. Certains puisent dans leur espoir, d'autre, dans leur envie dévorante de vengeance… Aucune voie n'est préférable à une autre. Trouve la tienne et suis-là jusqu'au bout ! Laisse tes émotions t'envahir, puise ta force dans ta rancœur, dans ta colère ou dans ta simple envie de survivre. Laisse-toi emplir de tout cela et |
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